P4R LE RHIN
11 3/4 mil 5 bat. à vap. par j.; tra-
jet en 3 h. 3/4 ou 4 h , à la descente ; et en Oh. 112 à la remonte. — Erix : pour Bieberich, 5 et 3 sgr.; pour Eliville, 8 et 5 sgr.; pour Bingen (Rüdesheim), 14 et 9 sgr.; pour Bacharaih, 21 et 14 sgr.; pour Saint-Goar, 1 th. 2 sgr. et 21 sgr ; pour Boppard, 1 th. 9 sgr. et 26 sgr.; pour Coblenz, 1 th. 20 sgr., et 1 th. 3 sgr. — 00 livres de bagages franches de port.
N. B. En prenant son billet pour Coblenz. Cologne ou Rotterdam, ou peut s'arrêter à toutes lus stations intermediaires.
De Mayence à Bingen.
3 1/2 mil. — Descente en 1 h. 1/2 ou 2
h.; remonte en 2 h. 1/4 ou 2 h. 1/2.
A peine le bateau à vapeur at-il quitté .Mayence et Castel que l’on aperçoit à 1/2 mil. de distance (trajet en 1.5 min.)
Bieberich(IIôt. : de l’Europe, sur le quai, cil face des débarcadères des bateauxà vapeuretde l’embarcadère du chemin de fer de Wiesbade. Castel et Francfort; Rheinischer llof ; Hôt. Müller, Krone , Lewet. V. de 3,000 hab., où le duc de Nassau possède un beau château bâti en grès rouge au commencement du siècle dernier. Sa
[Route 17.] EIEBERICH.— NIEDERWALLUF. 131
plus belle façade donne sur le Rbin.
11 se compose de deux corps de bâtiment terminés par deux ailes et réunis par une sorte de rotonde dontla partie sùpérieure est ornée d'un groupe de statues. L’extérieur aurait besoin de réparations.
L’intérieur est richementmeublé.
On peut le visiter (moyennant un pourboire) quand le grand-duc est absent. Par derrière et par côté s’étend un parc magnifique, en partie ouvert au public. Un y admire des arbres remarquables fiar leur grosseur, surtout des châtaigniers et des saules pleureurs. Les merveilles les plus dignes d’attention de ce beau parc sont ses serres qui ont coûté plus d’un million, et le petit château féodal construit sur les ruines do l’ancien château de Penzenau. (Celui qui a donné son nom à Bieberich, IHburc, bi der bure, près du château, était situé plus haut sur le Rhin.) On jouit d’une belle vue du haut de sa tour et on y remarque les tombeaux des comtes de Katzenelnbogen, qui y ont été apportés do l’abbaye d’Eberbach. Durant ces dernières années, le sculpteur Hopfgarten y avait établi son atelier. (Entrée libre, 12 kr. de pourboire, de midi à 1 h., et de 3 h. à 7 h.). C’est là qu’il a sculpté la statue de la duchesse de Nassau, destinée à la chapelle de Wiesbade (voir R. 19). Le château de Penzenau s’appelait aussi le château de Mosbach, v. qui se trouve actuellement réuni à Bieberich.
A Castel, à Francfort et à Wiesbade, R. 19; — à .Schlangenbad et à Schwalbacb, R. 19. 20 ; — à Rudesheim, par terre, 3 3|1 mil ; chem. de fer (v. R. 18).
De Bieberich à Rudesheim, le bateau àvapeursuit constamment la rive dr. du Rhin. La rive g., que de longues et nombreuses Iles empêchent souvent d’apercevoir, n’offre aucun intérêt. La rive dr. , au contraire , couverte de villes et de villages, présente des paysages variés, car elle se relève par des pentes douces jusqu’aux
sommets boisés des montagnes du Taunus. — C’est le Rheingau , la contrée du Rhin la plus riante et la plus fertile, le verger de l’Allemagne le plus productif. Exposée au S., abritée des vents du N.
par la chaîne du Taunus, elle jouit d’un climat charmant. Bien nombreux sont ses arbres à fruits , mais plus nombreuses encore ses vignes, dont les vins (voir ci-dessous Johannisberg et Steinberg) * sont connus du monde entier. Sa partie inférieure est d'autant plus fertile qu'elle a été autrefois un lac, avant que les eaux qui la couvraient se fussent frayé un passage entre les montagnes du 'Taunus et du Hundsrück. A mesure que le bateau descend, le Rhin, tantôt resserré, tantôt large comme un lac, les montagnes qui dominent la rive dr. et celles qui semblent fermer l’horizon, forment une inépuisable série de jolis paysages. On laisse successivement derrière soi :
SchierStein(Hôt. :Drei Kronen), ville de 1,200 hab. L’archiviste Habel y possède une curieuse collection de tableaux et d’antiquités. A 30min. du Rhinsont les ruinesdu château Frauenslein. bâti au xiii»
siècle, près desquelles on remarque un énorme plalane dont les branches, devenues trop lourdes, sont soutenues par des étais.
Niederwalliif ( Ilôt. : Schtcan) , ancien v. connu déjà en 770. C’est là que commence le Rheingau, qui s’étendait autrefois jusqu’à Lorchhausen (voir ci-dessous), et qu’entourait pour le mettre à l’abri d’une attaque imprévue, une haie appelée Gehiick, (lanquée de tours, et défendue par des palis- .sades et des fossés. Ce district fameux appartenait alors .aux archevêques de Mayence : il avait une constitution et une milice particulières, et jouissait de franchises que chaque archevêque renouvelait et confirmait par un serment solennel, lors de son avènement. Aussi, d’après un dicton populaire, « l’air du Rheingau
aETranchissait. » Une route conduit de Niederwalluf par la vaille du Wallulbach et Obcrwalluf à Neudorf, où elle rejoint celles deBieberich et d’Eltville montant à Schlangcnbad (voir R. 20). Près de Neudorf, à 1 h. du Rhin au pied du Taunus , s'élève l’église de Rauenthal, v. que ses vins ont rendu célèbre et ilont les environs boisés offrent d’agréables promenades (belle vue, surtout de la chapelle ruinée de Babenhausen).
En face de Niederwalluf, sur la rive g. du Rhin, est le v. de Budenheim.
On laisse quelques jolies maisons de campagne sur des coteaux plantés de vignes (le Rheinherg attire principarement l’attention), entre Niederwalluf et Eltville ou Elfeld (Ilôt. : Hirsch, llheingauer Hof, Enyel), V. de 2,000 liab., chef-lieu du Rheingau. Son nom vient de alla villa. La tour pittoresqtte, flanquée de quatre tourelles, que l’on remarque dans sa partie supérieure, est tout ce qui reste de son ancien château, bâti en 1330 par l’archevêque de Trêves, Baudouin, détruit par les Suédois et par les Français. Les archevêques de Mayence habiti rent souvent ce château aux xiv' et xve siècles. Ils venaient y chercher un asile lorsque les émeutes des bourgeois les obligeaient à quitter leur capitale. Ce fut à Eltville qu'en 1349 Gunther de Schwarzburg, .assiégé par son rival Charles IV, résigna sa couronne, et mourut, probablement empoisonné. Les environs de cette
f)etite ville se font remarquer par eiirs belles maisons de campagne (celle du comte Elz possède, diton, une Susanne au bain par le Doininiquin). En remontant le cours du .Mühlbach qui l’arrose, on peut faire d’agréables promenades. 30 min. suflisent pour atteindre ffiederteh (Ilôt. : Krone), v. qui possède une eghse gothique, saint Valentin, fréquentée par de nombreux pèlerins et une chapelle gothique dédiée à saint Michel, con-
A COBLEN'Z. [Route 17. J
struite en 1440. La chapelle fait admirer surtout sa tour gothique â jour, son escalier en limaçon et ses feuillages sculptés, ün vante au contraire le portail, la façade, la voûte du chœur et les stalles en bois sculpté (1510) de l’église.
La colline de Græfenberg, plantée de vignes, qui produisent un vin renommé, porte encore la haute tour de l’ancien château de Scharfenstein, bâti vers la fin du xii® siècle par les archevêques de Mayence, détruit par les Suédois dans la guerre de Trente ans, et par les Français dans la guerre de la Succession. Les piétons peuvent aller de Kiedench , soit à.
Eberbach (voir ci-dessous), de 3Ü à 45 min. par les bois, soit à Rauenthal (vqir ci-dessus), 1 b.
env. par les coteaux boisés de Ilimmelreich, soit enfin à Schlangcnbad (voir K. 20) 2 h. env.
A mesure que l’on descend le Rhin, on aperçoit plus distinctement le château de .Johannisberg et le Niederwald. Au delà d’Eltville, on laisse, sur la rive dr., le Kappelhof, puis le Draiserhof, vaste dépendance de l’abbaye d’Eberbach , avant d’atteindre Erbach (Hôt. : Kngel, Wall/isch), très-ancien village du duché de Nassau, où l’on remarque la belle campagne de la princesse Albert de Prusse, qui a acheté le château et tous ses domaines au comte de Westphalen, leur ancien possesseur.
[On peut d’Erbach ou de Ilaftenheim (voir ci-dessous), aller visiter Eberbach ( 1 h. env.), ancienne abbaye, devenu un asile d'aliénés et une maison de détention. Cette abbaye est agréablement située au pied des montagnes du Taunus et presque entourée de bois. Elle fut fondée, en 1131, par saint Bernard, ün a élevé une petite chapelle appelée Bernardsruhe h l’endroit où, selon la tradition, saint Bernard, en reposant sur une pierre, vit un sanglier lui dessiner avec son museau le plan du nouveau ino-