‹ Itineraire descriptif et historique de l'AllemagneChapitre 84 sur 328 · L£ RHIN DE MAYENCE A COBLENZ · texte numérisé non relu

L£ RHIN DE MAYENCE A COBLENZ

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131 DK MAYENCE

époque de sa construction, appartient aux comtes de Greifenklau.

Mais c’est surtout le chAtcau de Johannisberg qui depuis longtemps déjà attire les regards.

Toutefois Winkel mérite au moins un souvenir littéraire. (Vest de ce long village, « si long dit Gœthe, qu’il excite l’impatience de ceux ui le traversent, » que Bettina ’Arnim, la sœur de Clément Brentano, écrivit à la mère de Gœtbe le touchant récit du suicide de Caroline de Gunderode, cette jeune chanoinesse, poète sous le nom de Tian, qui, en 1800, se tua à Winkel d’un coup de poignard sans qu’on ait pu savoir pouniuoi ; elle avait vingtsix ans. « Elle se promena longtemps sur les bords du Khin ; puis elle courut chez elle prendre un essuie-mains. Le soir on la chercha inutilement; le lendemain on la trouva morte sur le rivage sous les saules. Elle avait rempli l’essuie-mains de pierres et l'avait noué autour de son cou ; sans doute elle avait eu l'idée de se jeter dans le Khin, mais le coup de poignard qii’elle se donna dans le cœur la fit tomber k la renverse, etc. » T.e chiUeau de M. Brentano - Birkenstock , de Francfort, est situé à l’extrémité O. du village. 11 est souvent cité dans la correspondance de Gœthe et de Bettina.

Le château de Johannisberg

couronne une colline élevée de 113 mèt. au-dessus du Rhin, et entièrement couverte de vignes.

Depuis 1813, il appartient à la famille de .Metternich qui l’a fait agrandir et restaurer en 1826. Les étrangers peuvent le visiter, mais l’intérieur, fort simplement meublé, ne contient aucun objet d’art d'une grande valeur. On y remarque surtout des portraits et des statuette s d’empereurs, d’électeu rs et de princes I.a chapelle, bâtie au xii' sii'cle et restaurée récemment, renferme un monument élevé par le prince de Metternich k son précepteur, l’historien Ni-

A COBLENZ. [Koltk 17.]

colas Vogt, né k Mayence en 1750.

mort k Francfort en 1836. En face de la chapelle, k cété du château, se dresse une belle statue de saint .Tean-Baptiste, de Geertz de Louvain (18.54j . — La terrasse offre une vue magnifique surleltheingau, le Rhin, le Niederwald, le Ilundsrlick et le mont Tonnerre.

Les caves sont remarquablement grandes, elles s’étendent sous une partie de la colline.

Ce sont des moines qui ont planté les premières vignes du .lohannisberg. D’après d’ancien nés chroniques, Rulhard, archevêque de Mayence, fonda, en 1009, sur cette colline, un prieuré, converti vingt et un ans plus tard en un monastère, sécularisé en après avoir été incendié en 15.')2, ar le margrave Albert de Brandeourg. Dans la guerre de Trente ans, les Suédois détruisirent les débris que les flammes avaient laissés debout. En 1716, l’abbé de Fulda, s’étant rendu acquéreur de la colline, y, rebâtit non plus un couvent mais un château, et y fit replanter de la vigne. 11 y récolta bientôt un vin excellent. On ne vendangeait jamais sans un ordre écrit de sa main : une année, soit maladie, soit oubli, l’ordre n’arriva que lorsque les raisins étaient déjà k moitié pourris ; on n’en vendangea pas moins, et le vin s’en trouva meilleur. Depuis lors, la vendange s’est toujours faite au Johannisberg quinze jours plus lard que partout ailleurs. Les meilleurs crus sont ceux qui avoisinent le château ; on appelle le vin qu’ils produisent Schlosn JohannUherger ; les autres sont inférieurs en qualité. Aussi, quand on vendange, on ramasse avec une fourchette particulière tous les grains qui se détachent des gr.appes, et on verse dans des cuves distinctes les raisins soigneusement triés. — La propriété a une étendue d’environ 63 arpents.

.Année commune, elle rapporte de 75,000 à 80,000 fl Un fût de 1,350 bouteilles a été vendu une

[Route 17.] GEISENHEIM.-

année 18,000 fl. c.-à-d. plus de 27 fr. la bouteille. C’est le prix le plus élevé qui ait été jamais atteint. Les acquéreurs étaient pour moitié, le roi d’Angleterre et le roi de Prusse. Le vin est toujours livré en bouteille avec le cachet du prince. — En 1802, le prince d’Orange (le roi des Pays- Bas, Guillaume !•'') avait acheté cette importante propriété. Mais en 1805, Napoléon en fît don au maréchal Kellerinann (duc de Valmy) qui la conserva jusqu'à l’époque où l’empereur d’Autriche en gratifia le prince de Metternich.

Près du Johannisberg, on remarque, outre le V. du môme nom (env. 700 hab.), la maison de campagne deM. Mumms, riche marchand de vin à Francfort.

C’est presque en faceduJohan- .

nisberg que le Rhin atteint sa plus grande largeur. Elle es,t le double de celle qu’il a au-dessous de Bingen. Ce n’est plus un fleuve, c’est un lac que terminent le Niederwald à dr., et le Rochusberg à g., qui s’élèvent à mesure qu’on s'en approche.

Geiseuheim (Hôt. : Belle Vue, Stadt Frankfurt), d'environ

2,850 hab. attire un moment les regards sur la rive dr. par les tours Çoihiques à jour (1836) de son eglise du xve siècle, qui renferme le tombeau de Jean-Philippe de Schœnborn, électeur de Mayence (•{■ 1765), et par ses maisons de campagne appartenant au comte d’ingelbeim età M. de Zwierlein, dont la femme, Adelheid von Stolferfoth, est connue comme poète. — Cette dernière villa possède de curieux vitraux et 600 espèces de vignes sont cultivées dans son jardin. Le vin de Geisenheim est estimé, mais celui de Ilothenber^, colline voisine qui offre une jolie vue mérite la préférence. — Près à'Eibingen, on voit encore un couvent de femmes, fondé en 1148, supprimé en 1802. Un peu plus loin, en se rapprochant des montagnes, on trouve les ruines du couvent Nothgottes, consacré en

1390 (voir ci-dessous Rüdesheiro), aujourd’hui métairie de M. de Zwierlein.

8ur la rive g. entre Geisenheim et Rüdesheim, on aperçoit les v.

de Gaulskeim et de Kempten, traversés par la route de terre de Mayence à Bingen. Ce dernier est situé au pied du Rochusberg, que domine la chapelle de Kochus (voir ci-dessous Bingen). Un bac met en communication Kempten et

Rüdesheim [Darmslædler llof, Rbeinstetn), pet. V. de 2,500 hab.

env., qui récolte sur les coteaux voisins l’un des meilleurs vins du Rhin. D’après la tradition, ces vignobles auraient été créés par Charlemagne qui aurait fait venir tout exprès des plants de Bourgogne et d'Orléans ; les plus estimés s’appellent Berg et Hinterhaus.

C’est à Rüdesheim que commence et que finit d’ordinaire une excursion dans le Niederwald (voir cidessous), mais cette petite V. possède des ruines et des châteaux qui méritent une visite; d’abord une tour du moyen âge pittoresquement ornée de lierre et d’arbustes, puis \a.Niederburg, appelée aussi Brœmserburg, et enfin ï'Obereburg ou lioosenburg, tour carrée, appartenant au comte de Schœnborn. Ltt Brœmserburg ou le château des Brœmser, après avoir appartenu aux archevêques de Mayence, aux nobles de Uüdesheim-Brœmser (famille éteinte en 1688), puis à divers propriétaires, a été vendue par le prince de Metternich au comte d’Ingelheim qui l’a fait réparer. Elle date du xiie siècle. C’est une masse de pierres carrée, de 30 mèt. de long, 28 mèt. de large et 20 mèt. de haut, composée de trois étages et dont les murs ont de 3 à 4 mèt.

d’épaisseur. — « f.’admirable manoir que ce donjon carré ! dit l’auteur du Rhin, des caves romaines, des murailles romanes, une salle des chevaliers dont la table est éclairée d’une lampe fleuronnéc pareille à celle du tombeau de Charlemagne, des vitraux de

—RÜDESHEIM.

136 DE MAYENCE A COHEEXZ [Rocte 17.]

la Renaissance, des lanternes de fer du xiiie siècle accrochées aux murs, d’élroits escaliers à vis, des oubliettes dont l’abime effraye, des urnes sépulcrales rangées dans une espèce d'ossuaire, tout un ensemble de choses noires et terribles , au sommet duquel s’épanouit une énorme touffe de verdure et de Heurs, d’où l’on contemple les magnificences du Rhin. 11 y a des allées dans ce monstrueux bouquet et l'on s’y promène. De loin c’est une couronne, de près c'est un jardin. > Le Brremserhof proprement dit, transformé aujourd’hui en habitations privées, était situé au milieu de la ville.

A l’époque où saint Bernard prêchait la croisade à Spire, Hans Brœmser de Rüde&heim partit pour la Palestine. Il s’v distingua par son courage, car if y tua un épouvantable dragon qui était devenu la terreur de l’armée chrétienne ; mais au retour de cette heureuse expédition, attaqué par un détachement de Sarrasins, il fut fait prisonnier et jeté dans un cachot où il resta trois années. Sa captivité commençant à lui sembler trop longue, un jour il promit à Dieu de lui consacrer sa fille si jamais il revoyait son château du Rhin. Sa prière fut exaucéa, et il voulut tenir sa promesse. .Malheureusement Giselle, ainsi se nommait la fille de Brremser, aimait un jeune et beau chevalier dont elle était aimée. N’ayant pu fléchir son père, elle se jeta dans le Rhin, et le lendemain on retrouva son cadavre près de la tour de Hatto.

Aujourd’hui encore, danscertaines soirées d’automne, l’ombre de Giselle apparaît, au dire des habitants de Rüdeéheim, sur les ruines du vieux château de son père, et l’on entend ses gémissements se mêler aux plaintes mélancoliques de la brise. Cependant Brœmser, désolé de la mort de sa fille, fit vœu de bâtir une église pour le repos de son âme. Mais ce second vœu il ne le tint pas. Une nuit il

vit le dragon qu’il avait tué en Palestine se dresser menaçant devant lui; il allait périr dévoré par le monstre lorsque l’ombre de Giselle, accourue à son secours, lui sauva la vie. Au même moment leschaînes qu’il avait portées dans sa captivité et qui étaient accrochées <i la muraille, tombèrent avec fracas. 11 se réveilla en sursaut. Le lendemain matin on lui apporta une image du Christ qu’un bœuf avait déterrée en labourant, et qui s’était mise à crier nu secours. Ce miracle et ce cauchemar lui rappelèrent son vœu. 11 se hâta en conséqu'ence de faire bâtir une église et un couvent à la place où l’image du Christ avait été découverte. Ces deux fondations de Brœmser qu’il avait appelées Nolhgottes ou besoin de Dieu, n'existent plus aujourd’hui.

Mais on peut voir encore dans l’église de Riidesheim située sur la place du Marché, et bâtie au xiv* siècle, l’image miraculeuse que Gœthe décrivait ainsi dans son voyage nur le Rhin, le Mein et le Neckar, 1814, 1815. «C’estun Christ agenouillé d’environ huit pouces de haut, les mains levées au ciel dans l’attitude de la prière ; probablement la figure principale d’un groupe représentant la Passion sur la montagne des Oliviers. Les mains sont trop longues pour le corps, mais les articulations des doigts et les ongles sont bien rendus. En somme c’est un échantillon remarquable delà sculpture à une époque où l'art ne faisait que de naître. * On montrait autrefois au Brœmserhof le lit, la table et les chaînes de Brœmser, ainsi uc les cornes du bœuf qui avait éterré l’image du Christ. Ces objets ont été transportés, dit-on, dans le château de Johannisberg.

A Wiesbade, 4 mil.; R. 19; — à Mayence, par le chemin de fer, R. 18.

A peine le bateau à vapeur a-t-il dépassé Rüdesheim, qu’il s’arrête à Rive g. Bingen (Hôt.: Uicforta, Relltvue, Weisses Rosi; hdt. de 2'

Digliliiea oy t b

rRocTK 17] DINCtEN.— LA CHAPELLE SAINT-ROCH. 137

rang: Rhein. Hof; Engl. Hof; Riesel (Poste). — Bain s sur le Rhin), V. commerçante (vins et blé) de 5,500 bah.

située sur la rive g. ou hessoise du Rhin, à l’embouchure de la Nahe, qui forme les limites de la Hesse et de la Prusse. « Pressée à g. par la rivière, à dr. par le lleuve, elle se développe en forme de triangle autour d'une église gothique adossée à une citadelle romaine. Du côté de Mayence rayonne, étincelle et verdoie la fameuse plaine Paradis qui ouvre le Rheingau. Du côté de Coblen/ les sombres montagnes de Leyen froncent le sourcil. » V. Hugo.

Dingen {Bingium) est d’origine romaine. Son pont sur la Nahe s’appelle encore pont de Dnt.w.^. Il a été bâti probablement sur l'ancien pont romain que les Treviri avaient renversé en 70, par l’archevéque Willigis au je siècle, puis détruit et rebâti au XV ne .siècle. L’aigle de Prusse et le lion de la Hesse ornaient autrefois le parapet de ce pont ; ces armoiries, renversées en 1848, ne se voient plus maintenant qu’au fond de la rivière quand les eanx sont basses.

Il ne reste pas plus de traces du château que du pont romain. 11 devait s’élever sur l’éminence que couronnent aujourd’hui les ruines du Klopp, vieux château féodal détruit, en 188!), par les Français, et dont les ruines, la propriété du comte Mengden, sont entourées de l'ancien jardin Faber, ouvert à tous les étrangers (l’entrée est derrière l’hôtel du Cheval-Blanc, Weisses Ross, pourboire, 12 kr.)..

Au moyen âge Bingen appartint aux archevêques de Mayence et de Trêves. Une colonie de marchands lombards, d’Asti, en Piémont, vint s’y établir pour s’y livrer à d’importantes et lucratives opérations de commerce. En 1302 elle avait résisté & l’empereur Albert ; mais dans la guerre de Trente ans et dans la guerre de la Succession elle fut prise par toutes les parties belligérantes.

Enfin la France s’en empara en

1797, et elle la garda jusqu'en 1813.

Depuis 181C elle appartient à la Hesse-Darmstadt.

Bingen n’a par elle-même rien de curieux à montrer aux étrangers. Son église, qui date du xv' siècle et qui a été restaurée de 1833 à 1837 , possède cependant une crypte byzantine et des fonts baptismaux que les antiquaires font remonter à l'époque carlovingienne. Mais sa position est charmante, et ses environs offrent les plus agréables promenades que l’on puisse faire s\ir les bords du Rhin.

D'abord on monte au Klopp (voir ci-dessus) qui mérite un souvenir historique. Ce fut dans ce château que les fils de Henri IV enfermèrent leur malheureux père contre lequel ils s'étalent révoltés (1105). D’après une tradition contestable il y aurait été déposé. Ce qui est positif, c’est qu’il y écrivit à Philippe I", roi de France, une lettre touchante pour le prier de venir à son secours.

La vue de la Chapelle de Saint- Roch (Rochus Capetle) esi plus belle etplus étendue que celle du Klopp.

Il faut 30 min. pour y monter, par un chemin ombragé seulement dans sa partie supérieure (prendre à g. à l’entrée du bois). On petit y aller en voiture (2 th., y compris la course au Scharlachkopf). Cette chapelle, fondée en 16G6, pendant la peste, détruite kda fin du siècle dernier, rebâtie en 1814, s’élève à 120 mèt. au-dessus du Rhin, au sommet d’une colline escarpée.

Le dimanche qui suit le 6 août, il s’y célèbre, chaque anrw'e. une rande fête, dont Gœthe a fait une escription animée. Elle est consacrée au culte catholique. Ses décorations intérieures se font remarquer par leur mauvais goût.

On y montre un tableau donné par Gœthe et représentant saint Roch au moment où il quitte son château du Languedoc, renonçant à l’opulent héritage de sa famille et aux grandeurs de son rang pour prendre le bâton de pèlerin. De la chapelle et de la montagne île

138 DE MAYENCE A COBLENZ. [Roütk 17.]

Saint-Roch, on découvre le Rhin en amont et en aval. En se tournant du côté de Mayence, on remarque surtout, outre le Rhin, qui ressemble à un lac parsemé d'îles, et les montagnes du Taunus, qui dominent le Rheingau, sur la rive dr., Rüdesheim, Eihingen, Geisenheim, Winkel, CEstricTi, le Johannisberg et Eberbach (voir ci-dessus), et sur la rive g., Ober et Nieder Ingelheim, Gaualgesheim, Ockenheim, Gaulsheim et enfin Kempten, au pied de la montagne.

Si l’on se tourne, au contraire, du côté de Coblenz, on voit la ville de Bingen, l’embouchure de la Nahe, le Ruppertsberg, la tour des RatsetrEhrenfelsJvoirci-dessous), De la chapelle de Saint-Uoch on iHMif aller (3ü min.) au Scharlachkopf (il faut prendre le sentier ({ui s’ouvre à g. sur le chemin de Bingen, au delà d'une petite chapelle); on donne ce nom au point culminant du Scharla(.hberg, montagne dont les vignobles produisent des vins estimés. Le sentier serpente à travers de petits bouquets d’arbres. De la terrasse circulaire garnie de tables et de bancs, on découvre une belle vue sur la vallée de la.Xahe et le mont Tonnerre. Pour apercevoir le Rhin, il est nécessaire de s'élever jusqu’au haut d’un pavillon construit tout auprès. —Ni. B. Du Scharlachkopf on peut redescendre à Bingen, en 30 rnin., par les sentiers un peu escarpés qui traversent tes vignes. Le chemin, qui est plus facile, est aussi plus long. Il passe devant le cimetière (a 8 min. du Rhin) sur lequel on remarque un monument en l'honneur des soldats français de l’empire. La deuxième pierre à l’entrée , à droite, contient une inscription funéraire à double sens. C’est un acrostiche d'un mari en souvenir de sa femme (•]• 18iii). A la première lecture les vers sont tout élogieux; mais en y regardant de plus près on s’aperçoit qu’en ne lisant que le premier mot de chaijue vers on trouve le sens

suivant: « Elle est en paix et moi aussi. * (Wohl Ist Ihr Und Auch Mir). On dit que c’est un tour que le spirituel notaire du lieu joua au mari désolé qui lui avait demandé un sonnet. On ne s’aperçut de la rusequ’après bien des années.

Sur la rive g. de la Nahe, en face du Scharlachberg, s’élève le Ruppertsberg, où se trouvait autreluis le couvent fondé, en 1148, par sainte Ilildegarde de .^ponlieim, l’amie du pape Eugène III, et de saint Bernard. Ce fut là que cette femme extraordinaire eut ses visions (voir Wiesbade, R. 19, à l’article Bibliothèque), et qu’elle écrivit sur des sujets de mysticité, de morale et de théologie ces lettres ou ces traités qui eurent une si grande vogue, que chaque année pilusieurs milliers.de pèlerins vinrent la visiter dans sa cellule, jusqu’à sa mort qui eut lieu le 17 scptejnbre 1179. Pendant la guerre de Trente ans, ce couvent, qui n’avait jamais cessé de prospérer, fut détruit par les Suédois (1632), et la dépouille mortelle de sainte Ilildegarde transférée à Eihingen.

Une fontaine , qui donne une eau excellente, porte encore le nom de .Sainte-Hildegarde. La petite chapelle moderne située près de la Nahe est habitée aujourd'hui par un tisserand.

Pour jouir d’une vue plus belle encore oue celle du Rochusberg et du Scharlachberg, il faut monter, soit par la nouvelle route de Trêves (voir R. 32), jusqu'à (30 min.Jla ï’erra.tse, plantée d’arbres et garnie de bancs, qui se trouve près du V. de 'Weiler, soit à (30 min.

également) l’Elisenhœhe. hauteur eu éloignée ( à dr.), élevée de 33 met. au-dessus du Rhin, et au sommet de laquelle on a construit, en 182.5, un petit temple pour la reine de Prusse.

Mais, de toutes les excursions des environs de Bingen, la plus intéressante est celle du Niederwald (voir ci-dessous).

De Bingen à Mayence, par terre, R.

[Route 17.] LE NIEDERWALD. 139

18; — à Trêves, R. 32;— à Creuznach, R.

2 et 32.

Le niederwald.

Rxcursîon de 3 ou 4 h., si Ton ne veut pas la prolonger davantage. — L’itinéraire qui doit être suivi de préférence qst celui-ci : se faire descendre en bateau jusqu'à Rbeinstein ou Asmannshauseu ; monter au Rossel et au Temple; redescendre à Rüdeshem, puis revenir en bateau à Bingen.

Un bateau pour Asmannshausen et Rheinstein i;oûte, de une ê 3 personnes, 54 kr; 4 pers. 1 fl. 12 kr ; chaque personne en sus 18 kr.

De Rüdesheim à Bingen 1 à 3 pers.

12 kr, chaque pers. en sus 4 kr.

De Rüdesheim à Rheinstein et Asmannshausen, le bateau 1 fl. 54 kr.

De Asmannshausen à Rheinstein, 1 à 3 pers. 15 kr; chaque pers. en sus, 5 kr.

Une voiture à 2 chev., pour aller à Rheinstein et retour, coûte 2 th.

Un dne coûte, de Asmannshausen au chAteau de la Chasse, 48 kr ; au Rossel et au Temple, 1 fl. 12 kr.; à Rüdesheim, 1 fl. 24 kr.

Un dne coûte, de Rüdesheim aü Temple, 42 kr.; au chAteau de la Chasse, 1 fl , A Asmannshausen, 1 il. 24 kr.

On donne toujours davantage. Du reste, les bateliers sont fort avides, ils demandent toujours plus qu'il ne leur est dû.

Un Guide, de Asmannshausen A Rudesheim, et vice versd, se paye de 10 à 15 sgr. Il faut faire le prix d'avance. Si l'on n’est pas pressé, on peut s'en passer.

De Bingen A Rheinstein et à Asmannshausen (20 min. en bateau, voir ci-dessous). A Asmannshausen on quitte la barque . qui remonte seule, pour continuer sa route à âne ou à pied. Un peu au delà de l’église les piétons pourront prendre à dr. un sentier qui serpente à travers les vignes, puis dans un petit bois de chênes, et enfin dans la belle forêt appelée Niederwald ou Forêt Inférieure.

Dans ce trajet on laisse à g. le v.

à' Aitlhausen, habité par des potiers

et situé en face de l’ancien couvent des femmes, Marienhausen, aujourd’hui une métairie. 1 h. suffit pour s’élever par ce chemin jusqu’au Jagdsc}doe.i, château de chasse du comte Bassenheim, propriétaire du Niederwald. On peut s’y procurerdes rafraîchissements.

10 min. plus loin est la Bezauberte H(Me ou la Grotte magique. Un souterrain conduit dans un pavillon à trois fenêtres. Des ouvertures habilement pratiquées dans la forêt laissent apercevoir: la première, le château de Falkenburg etïe'glise de Saint-Clément (voir ci-dessous), la deuxième, Rheinstein (voir cidessous), la troisième, le Schweiserhaus {voir ci-dessous: pourboire à la personne qui ouvre les portes et les fenêtres). De cette espèce de diorama naturel on monte en 5 min., toujours sons de magnifiques arbres, au Rossel, ruine artificielle bâtie au-dessus de l’Ehrcnfels et du Bingerloch (voir cidessous), et d'où l’on découvre une des plus belles vues des bords du Rhin. Le Rhin, la Nahe, le Taunus, le Rheingau, le mont Tonnerre, le Hundsrück, attirent surtout les regards (pourboire si l’on monte au haut de la tour).

Du Rossel au Tempel on compte 30 min. En y allant par la forêt dont les beaux arbres (hêtres et chênes) excitent l’admiration des amateurs , on croise la route de chars qui monte en 45 min. de Rüdesheim au château de la chasse. Le Tempel ou Temple est un petit bâtiment circulaire supporté par huit colonnes, et construit sur la lisière de la forêt à 240 mèt. au-dessus du niveau moyen du Rhin. On y jouit d’une vue aussi belle que celle du Rossel, mais différente. On ne voit le Rhin oue de Bingen à Bieborich ; , Rüdesneim, le .lohannisberg, le Feldberg, le Melibocus (en ligne directe au-dessus de Rüdesheim), le Rochusberg, le mont Tonnerre sont, outre le beau fleuve qui Tanime, les points les plus saillants de ce magnifique paysage. Du

140 DK MAV'F.NCK

Teinpel on descend en .'io min., mais par les vignes, à Uüdesheiin (il faut 45 inin . pour y monter).

Dans cette dernière partie du trajet on traverse quelques un.s des vignobles qui produisent les vins si justement estimés de lUideslieiin (voir ci-dessus).

De Bingen A Coblenz

8 1/4 mi). Descente en 2 h. 1/2; remonte en 4 h. Pris : 1 th. 6 sgr. et î t sgr.

A peine a-t-dn quitté Bingeh et laisse à g, l'embouchure de la Nahe, que l’on passe à côté d’un rocher de quartz qui s’élève du milieu du Rhin à l’endroit où le fleuve, se rétrécissant, s’est frayé un passage entre le Taunus qui le presse sursa rive dr., et le Hundsrûck qui domine sa rive g. Sur ce rocher on voit encore les débris d’une vieille tour carrée appelée Masusethurm , et dont les légendes du Rhin racontent ainsi 1 nisloire. Un archevêque de Mayence, nommé Hatto, spécula sur les blés qui, par suite d’une mauvaise récolte, augmentèrent au point que les paysans mouraient de faim.

Une espèce d’émeute éclata. Le peuple entoura le palais de l’archevêque, demandant du pain.

Hatto fit enfermer ces affamés dans une grange où il les brûla tous, hommes, femmes, enfants.

Ses victimes, se tordant de douleur au milieu dos flammes, poussaient des cris lamentables. 11 n’en fit que rire et dii t « On me doit vraiment de grandes obligations d'avoir délivré ce pays des souris qui mangeaient tout son blé. » Le lendernain.une multitude de souris se répandit dans la ville.

« U’était un fléau, c'était une plaie, c’était, dit l’auteur du Rhin, un fourmillement hideux. > Les sou- • ris mangèrent d'abord tout le blé que l’avare et méchant archevêque avait amassé, puis elles se précipitèrent sur le palais où il s’était réfugié. Il s’enfuit alors dans la tour qu’il s’était bâtie sur un Ilot du Rhin ; mais elles l’y sui-

A COüLKNZ. [Rootb 17.]

virent, passèrent le fleuve à la nage, grimpèrent sur la tour, rongèrent les portes, le toit, les fenêtres, les planchers, les plafonds, et enfin dévorèrent l’archevêque tout vivant. Depuis lors, d’après la légende, cette tour s’est appelée Mxnselhiirm ou la Tour des Souris. Dhistoire n’est pas d’accord avec la légende. A l’en croire, cette tour ne lut bâtie <)u’au xiii* siècle par l’archevêque Siegfried, c’est-à-dire deux siècles après la mort de Hatto, et elle doit son nom à son usage, car elle servait à percevoir un droit de passage sur les bateaux. On l’appela tour du Péage , Mauth ou Maus voulant dire péage. D”autres étymologistes ont pensé que mæuse venaitdc inuserie, qui signifiait canon.

Quoi qu’il en soit, la légende (mise en vers’ par le poète anglais Southey) est devenue trop populaire pour pouvoir être, passée sous silence. La tour a été restaurée en 18.50. En avant de la tour est un grand contre-fort surmonté d’un pavillon qui sert, de signal aux bateaux.

En face du Mæusethurm, sur la rive droite du Rhin, se dressent les ruines pittoresques d’Ehreafels, château construit en 1210, souvent habité par les archevêques de Mayence qui s’y retiraient avec leurs trésors quand ils ne se croyaient plus en sûreté dans leur ville, pris d’assaut en 10‘15 par les .Suédois, et détruit en 1089 par les Français. Ses ruines sont entourées des meilleurs vignobles des bords du Rhin, après le Johannisberg et le Steinberg. C’est à leur base que croit le fameux vin de Rüdesheim.

Les vins blancs du Rhin peuvent se classer ainsi d’après leur qualité; l" .lohannisbcrg et Steinberg; 2” Rüdesheim, Markobrunnen et Rotherberg; 3° Hochheim (sur les bords du MCin); 1“ Erbach, Hattenhcim, Laubenheim, Nierstein, etc. Le meilleur vin rouge du Rhin est celui d’Asmannshausen ; les plants en ont

[RonTB 17.] LE BINGERLOCH. — RHEINSTEIN. 141

été apportés de la Bourgogne. En général les plants cultivés sur les bords du Rhin sont connus sous le nom de Riessling. L’Orléans et le Bourgogne y donnent des vins ni ont plus de force, mais moins e fumet. La vendange a lieu énéralement au milieu d’octorc. Dans les vignobles les plus estimés on la retarde souvent jusu’au mois de novembre, c'est-àire jusqu’au moment où les grains, presque pourris, sont prêts à tomber des grappes. C’est du reste un travail aussi ingrat que diüicile. Les récoltes sont souvent mauvaises.

Un peu au delà du Mæusethurm et de l'Ehrenfels, on traverse le Bingerloch (trou de Bingen); on nomme ainsi le canal artificiel creusé en cet endroit dans le lit du Rhin, qui ôtait obstrué par une digue rocheuse. Los derniers travaux datent de 1830 à 1832, Ils ont été exécutés aux frais du gouvernement prussien, par M. Van don Bergh, comme en témoigne l’inscription du monument élevé au bord do la route (rive g.), nu pied de l’Eliàenhœhe, aven des fragments de rochers tirés du fleuve. La largeur du passage navigable a été décuplée ; elle est actuellement de 70 met. Aussi le Bingerloch, si redouté autrefois des bateliers, n’offre plus aujourd’hui aucun danger. Seulement, le courant plus rapide qu’ailleurs y forme encore des tourbillons.

Le Bingerloch franchi, on aperçoit sur la rive droite A-smannsnau- ■ten (Ilôt. : Anher, Krone) ancien village dont les vignobles sont renommés et qui possède une source minérale chaude C’est là que copimence ou se termine l’excursion du Niedcrwald (voir cidessus).

En face, sur la rive gauche, on découvre un joli chalet suisse avant d’atteindre Rheinstein, un des plus anciens châteaux des bords du Rhin. Il s’appelait autrefois Faizberg et Voiglsherg. On ne connaît pas au juste la date de sa

fondation, mais il existait déjà en 1279. C’était un fief dépendant do l’archevêché de Mayence. En 1825, le prince Frédéric de Prusse s’en est rendu acquéreur, et il l’a fait reconstruire et restaurer par Lassaulz. L’intérieur a été meublé. • dans le style moyen Age. Outre d’assez beaux vitraux de couleur, on y remarque une collection de vieilles armes. Les étrangers peuvent le visiter (de 5 à 7 1/2 sgr. de pourboire); mais la vue y est assez bornée.

Au-dessous du Rheinstein, la route est resserrée entre les rochers et le fleuve. Ce passage, élargi à diverses reprises par les ingénieurs français et les ingénieurs prussiens, était autrefois beaucoup plus étroit. On y avait établi un péage imposé seulement aux Juifs qui le trav'crsaient. De jietits chiens étaient dressés, diton, à découvrir et à saisir les tributaires parmi les passants. Un peu au delà s'élève l'église gothique de Saint- Clément, restaurée parles soins de la princesse Frédéric.

De Bingen à Coblenz. le Rhin coule entre des montagnes d’une hauteur à peu près égale, nues ou plantées de vignes sur la rive dr., arides, cultivées ou Couvertes de petits bouquets de bois sur la rive g. Sur la rive dr., qui appartient au Nassau, une voie fertée doit être construite entre Rüdesheim et Lahnstein. La route de voitures et le chemin de fer établis le long de la rive g. (rive prussienne) sont preque toujours étroitement resserrés entre les rochers qui les dominent et le fleuve qu’ils cétoient. Le chemin de fer longe la route en la serrant de près. Ce défilé est sévère et grand. On y cherche vainement des paysages riants et pittoresques. Alais l’attention y est constamment attirée sur les ruines des vieux châteaux qui se succèdent sans interruption le long des deux rives. Ces vieux châteaux ont presque tous été bâtis et habités par ces seigneurs bandits du moyen âge, qui

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142 DE MAYENCE A COBLENZ. [Route 17.]

n’avaient pas d’autre occupation que de détrousser les passants ou de leur faire payer un tribut; ils ont été pour la plupart détruits au XIII' siècle, soit par Rodolphe do Uabsburg, soit par la ligue des villes du Rhin qui s’étaient associées pour mettre un terme aux exactions et aux vols de leurs possesseurs. On a à peine le temps de lire leur histoire à mesure que le bateau à vapeur passe devant eux.

D’abord, tout auprès de Rbeinatein, c'est le Reichenstein ou la Falkenburg. Détruit par la ligue du Rhin, en 1252, ce ehdteau fut bientôt rebdti par ses anciens possesseurs; mais Rodolphe de Uabsburg vint l’assiéger, le prit et pendit tous ses défenseurs. Les comtes palatins le reconstruisirent au xivf siècle, puis il tomba en la possession des archevêques de Mayence. Les Français, en 1689, et le temps, en ont fait la ruine qui appartient aujourd'hui au général prussien do Barfus.

Un peu au délit du Reichenstein s'ouvre, sur la mémo rive, le Morgenbachthal , dont la longueur est de 45 min. env. Après avoir dépassé ensuite Tretchlingshaunen (Hôt. : Stein). on laisse, toujours à g., Sonneck, château bâti en 1015, déiruii en 1282 par Rodolphe de Uabsburg, reconstruit au xiv' siècle, et restauré en 18.94 par le roi de Prusse et ses frères, qui en sont devenus propriétaires. Plus loin, rive g., les ruines de la Heimburg ou Hohneck dominent le V. de iVifderheimbach (hôt. ; Schiffehen). N. li.

Les voyageurs qui viennent de ('oblenz et qui désirent visiter le Niederwald, peuvent descendre à Niederheimbaoh. Ce village n'est qu’à 1 h. du château de Rheinstein.

Lorch (rive dr.) (Hôt. : Schwan, llhemi.Hcher Hof), V. de 1,800 hab., se trouve située à l’embouchure de la Wisper dans le Rhin. On l'appelait anciennement Laureactim. Au moyen âge elle comptait, parmi scs habitants, un grand

nombre de nobles dont on y remarque les maisons. Son église du XII'' siècle, agrandie ou rebâtie depuis en partie, contient, outre un maître-autel debois sculpté, un tombeau de Joh, Hilgen, contem-

Œ'n de Franz de Sickingen. La maison de la Renaissance qui estai! bord du Rhin, bâtie en L540, lui appartenait. Devant l’église s’élève une croix de pierre sculptée qui date de 1491. .Sur la rive dr. de la Wisper se dresse un rocher escarpé appelé Véchelle du Diable (Teufelsleiter), et couronné des ruines du château Nollicht ou Nollingen. Le chevalier Sibo de Lorch refusa un jour l'hospitalité à un nain quiétaitvenu la lui demander par une nuit d’orage. Le nain, — c lîtait un diable, — s’en vengea en enlevant et en faisant transporter sur le Kedrich, — on appelait ainsi la Teufelsleiter, — la fille de .Sibo, nommée (Jarlinde. Le père désolé , essaya vainement de parvenir jusqu’à la captive, qui était, du reste, parfaitement bien soignée. Quatre années se passèrent ainsi. Enfin sa fille lui fut rendue par un jeune chevalier nomme Ruthelm, q^ui la délivra pour l'épouser, à Laide d'une échelle qu'un autre bon diable lui fit construire. \ en croire la légende, cette échelle subsista longtemps. On n'en trouve aucune trace aujourd'hui. Le nom seul et le souvenir en sont restés.

En remontant le Wisperlhal, où l'on trouve les ruines de plusieurs châteaux, on peut se rendre à Langen-Schwalbach (voir R. 20), en 7 à 8 h. de marche. A 15 min.

de Lorch, s’ouvre, à g., dans cette vallée le Sauerthal, qui renferme, à 1 h. de Lorch et dè Caub, les ruines de la Sauerburg, ancien château fort de ta famille de Sickingen, détruit en 1689 par les Français. Le dernier rejeton des .Sickingen est mort en 1836 dans le Sauerbergerhof.

En deçà de Lorch, on remarque une jolie petite île cultivée au milieu du Rhin. Un peu plus loin

-de

|Kocte1“.] la FUnSTENBima.— BACirAHACH. 143

se dresse sur la rive g., au-dessus du V. de Rheindiebach, la Fûrstenburg, prise par les Suédois en 1632, détrui'e pur les Français en 1689, aujourd’hui propriété do la princesse Fréd. des l’ays-Bas, sœur du feu roi de Prusse. Le ruisseau qui se , jette dans le Khin h Kheindiebacn, formait autrefois les limites des archevêchés de Mayence et de Trêves. En remontant son cours, on trouve, dans le vallon qu’il arrose, le v. d’Obrrdiebach (beau tableau de maitreaütel par Gerhard de Küpelpen), et celui de Manubach (bons vins).

Un peu plus loin, rive g. du Rhin, est le ham. de Medenscheid. presque en face du v. de Lorchhausen (rive dr.).

Fürstenburg a sa légende qui mériterait d’être racontée longuement. Au' xiiie siècle, Franz de Fürst, seigneur de ce château, épousa Kunigunda de Flœrsheim.

Ue mariage lut d’abord heureux ; mais bientôt la fille d'un seigneur du voisinage, dont le château avait été détruit, vint demander etobtint un asile à laFürstenburg; on l’appelait Amina. Elle était ambitieuse, cruelle, capable de tout. Elle se fit aimer do son hôte, qui avant son mariage avait eu une jeunesse plus que dissipée, et, dès lors, la mort de Kunigunda fut résolue. Un matin on apprit qu’elle avait cessé de vivre. Quelque temps après, Franz épousait Amina. .Mais Kunigunda avait laissé un fils appelé Hugo. Le pauvre enfant fut abandonné aux soins d’une nourrice aussi méchante que sa marâtre. Une nuit, cette femme, réveilléeen sursaut, vit apparaître le fantôme de la mère de son nourrisson. Le lendemain, quand elle raconta ce qui s’était passé pendant la nuit, Amina furieuse l’accusa de mensonge; puis, voulant s'assurer de la vérité, elle prit le parti de veiller elle même le fils d.' sa victime. A minuit, 1 enf.ini crie, le fantôme accourt, la même scène se renouvelle. Amina, hors d'elle-

même, s’élance sur l’ombre qui disparait en lui faisant un geste menaçant. Le lendemain matin, Amina allait se réfugier dans un cloître pour y expier sa faute, et Franz, touché de repentir, confiait son fils au pasteur de Medenscheid et se retirait au milieu des bois dans un ermitage où il mourut en demandant à Dieu le pardon de son crime.

Medenscheid touche presque à

Rive g. Bacharach (Hot. ; Post), V. de l,5(Jt) hab., appelée au moyen âge Ara Dacchi, et célèbre depuis longtemps par la qualité de ses vins. « On dirait qu’un géant, marchand de bric-à-brac, voulant tenir boutique sur le Rhin, a pris une montagne pour étagère et y a disposé, du haut en bas, avec son goût de géant, nn ta.s de curiosités énormes ; cela commence sous la surfacedu Rhin môme. Il v a là, à Heur d’eau, un rocher volcanique selon les uns, un peulven celtique selon les autres, un autel romain selon les derniers. Puis au bord du fleuve, deux ou trois vieilles coques de navires vermoulues, coupées en doux et plantées debout en terre qui servent de cahutes à dos pêcheurs. Puis, derrière ces cahutes, une enceinte jadis crénelée, contre-butée par quatre tours carrées, les plus ébréchées, les plus mitraillées, les plus croulantes qu'il y ait; puis, contre l'enceinte même, où les maisons se sont percé des fenêtres et des galeries, et au delà, sur le pied de la montagne, un indescriptible pêle-mêle d’édifices amusants, masures-bijoux, tourelles fantasques, façades bossues, pignons impossibles dont le double escalier porte un clocheton poussé comme une aspergesurcbacun do ses ilegrés, lourdes poutres dessinant sur des cabanes- de délicates arabesques, greniers r-n volutes, balcons à jour, ehcininées figurant des tiares et de- coiiron nés [ibilosophiquemenl pleines de fumée, girouettes extravagantes Dans

cct admirable fouillis une place, une place tortue faite par des blocs de maisons tombés du ciel au hasard, ^ui a plus de baies, d’îlots, de ri cifs et de promontoires, qu’un golfe de Norvège. D’un côté de cette place, deux polyèdres, composes de constructions gothiques, surplombant, penchés, grimaçant et se tenant effrontément debout contre toute géométrie et tout équilibre. De l’autre côté, une belle et rare église romane (Saint-Pierre), percée d’un ortail à losanges, surmontée d'un aut clocher militaire, cordonnée à l'abside d’une galerie de petites archivoltes à colonnettes do marbre noir, et partout incrustée ds tombes de la Renaissance comme une châsse de pierreries. Au-dessus de l’église byzantine, à mi-côte, la ruine d’une autre église du XV' siècle (Saint- Wrrner), détruite par les Suédois dans la guerre de ■Trente ans, en grès rouge, sans portes, sans toit et sans vitraux, magnifique squelette qui se profile fièrement sur le ciel. Enfin, pour couronnement, au haut de la montagne, les décombres et les arrachements couverts de lierre d’un Schloss, le château de Stahleck , résidence des comtes palatins au xiie siècle. Tout cela est Bacbarach. » Hugo.

Ün découvre une belle vue du haut de la.Stahleck, dont les ruines appartiennent à lareine de Prusse.

A travers les embrasures des montagnes, on aperçoit cinq autres châteaux en ruine : rive g., Fürstenburg, Sonneck et Heimburg ; rive dr., Gutenfels et Nollingcn.

Pris et repris huit fois pendant la guerre de Trente ans, ce château a été détruit en 1689 par les Français.

Les vins de Bacharach ont toujours été célèbres. Æneas Sylvius, le pape Pie II, s’en faisait acheter un tonneau chaque année, et, si l’on doit en croire la tradition, la ville de Nuremberg obtint son affranchissement moyennant la redevance annuelle de quatre barils remplis de vin de Bacharach,

A COBLE.V'Z. [Routk 17.]

A Simmern, R. 32 à Creuzoacb, R.

23 et 2.

Au-dessous de Bacharach, le Rhin s’engouffrait autrefois dans un entonnoir de rochers, en imitant l’écume et le bruit de l’Océan.

Ce mauvais passage, appelé Wilde Gefæhrt, a été élargi et creusé, en 1850, parle gouvernement prussien. A un détour du fleuve, on aperçoit, au milieu, un château pittoresque, construit sur un Ilot rocheux. C’est la Ffalz ou le Pfalzgrabenstein. Ce château, bâti au XIV' siècle par l’empereur Louis le Bavarois, servait autrefois à commander le passage et à exiger un péage de tous les bateaux qui voulaient le franchir. D’après une tradition généralement répandue, les princesses palatines y venaient faire leurs couches, darre les temps de troubles. Voici ce que rapporte à ce sujet la légende : Le comte palatin Conrad y avait enfermé sa fille , pour la conserver intacte à l’époux que voulait lui imposer l’empereur Henri VI. Mais l’amant de la jeune fille, Henri de Brunswick. parvint à surmonter tous les obstacles et à s’introduire chez elle. Le père, pour sauver l’honneur de sa fille enceinte, consentit alors au mariage, mais voulut qu’à l’avenir toutes les princesses palatines donnassent le jour à leurs héritiers dans l’étroit réduit du château.— Il appartient aujourd’hui au duc de Nassau. On y montre un

fiuits creusé dans le roc et dont 'eau n’est pas celle du Rhin.

En face de la Pfalz, sur la rive dr. du Rhin, est Caub (Hôt. : Grünewald, Na.ssauer IJof), V. de 1,550 hab., la seule localité des bords du Rhin où les navires qui remontent ou qui descendent ce fleuve soient encore obligés de payer un droit de passage perçu par le duc de Nassau. Au moyen âge, on ne comptait pas moins de trente-deux péages différents. C’est à Caub que, la nuit du 1" janvier 1814, l'armée prussienne, commandée par Blücner, passa le Rhin.

Caub est dominée au N. par le

J{0i:te 17.J SClllENBEUG.— OUEKWKSEI.. 145

cliàtcuu de Outenfels. Ce clxàteau est fort ancien. En 1178, les seigneurs de Falkenstein le vendirent an palatinat avec la ville de Caub.

Il (joii son nom rocher de Guta) à la belle Béalrix Guta ou Guda, su!ur de Philippe de Falkenstein, dont Kichard de Cornouailles, élu roi des lioinains, devint éperdument amoureux , lorsqu'elle lui accorda l’hospitalité à son passage, et qu'il se décida plus lard à épouser. En lôOl , le landgrave Guillannie do Hesse l’assiégea vainement. Hans la guerre de Trente ans Gustave-Adolphe y tenta inutilement aussi, pendant six jours, de déloger les Espagnols, qui, sous les ordres de Spinola, occupaient et défendaient la rive g.

En 181)4, il fut donné au duc de Nassau, qui y entretint pendant cinq ans une petite garnison d’invalides, mais qui, en 1807, en fit une ruine par mesure d’économie.

Il appariient aujourd’hui iiM. l’archiviste Habel de Schierstein. On peut s’en procurer la clef chez le maître d'ccole de Caub.

Gutenfels dépassé, Schœnberg apparaît bientôt sur la rive g. C'est le berceau de la célèbre famille de ce nom, d’où descendait ce maréchal Schomberg qui. après avoir été au service de la France et de la Prusse, périt ii la bataille de la Boyne, qu il avait gagnée contre les Stuarts, pour Guillaume III.

D’après la légende, un comte de Schœnberg laissa sept filles aussi belles que coquettes et insensibles ; elles firent tant de victimes que la fée du fleuve, Lurlei, résolut de les punir. Un jour qu’elles se rendaient à leur château de Roinberg, un orage violent s’éleva, la barque qui les portait chavira, et, précipitées dans le fleuve, elles furent changées en rochers. Quand les eaux sont basses, les bateliers montrent aux voyageurs les sept (temoiseUes. — Depuis 1815, le château appartient au prince Albert de Prusse.

-\u-dessous de Schœnberg, se tronve Oberwesel (Hôt. : Rheini-

scher Hof, Goldener Pfropfenzieher :

l’enseigne de ce dernier, peinte par un artiste de l’école de Düsseldorf, nommé Schrœdier, est ex posée actuellement dans la salle à manger), la Vesalia des Romains, est une "V’. de 2,600 hab. , « une belle ville féodale, à mi-côte, jusqu’aux bords du Rhin, avec d’anciennes ! rues, comme on n’en voit à Paris que dans les décors de l’Opéra; quatorze tours crénelées, plus ou moins drapées de lierre, et deux grandes églises de lu plus pure école gothique. » Notre-Dame (si- ; tuée hors de la ville) a été consa- ! crée en 1.381 ; on y remarque, outre ses portails sculptés, son chœur,

I haut de 26 mèt. 66 cent., un mai- , tre-autel de bois sculpté et doré,

I des monuments funéraires des

■ Schomberg, et deu.x vieux tableaux

■ de 1504, d’un chanoine nommé , Petrus Liilern. Devant cctie église,

on a élevé, en 1833, un monument , à la mémoire d'une dame de Lu- ; bienieck, qui périt d’un accident.

: L’autre église. Saint - Martin, est j plus ancienne; elle contient une ] descente do croix par Diepenbeck,

^ élève do Rubens, et deux vieux I tableaux sur bois de l’école alle- I mande. L'hôtel de Ville a été. reconstruit eitJL 1849, dans le style de I l’ancien. Lu jolie tour Octisenihun» ,

1 qui s’élève à l’extrémité inférieure ! de la ville, faisait autrefois partie I des fortifications. On y a établi : une sorte de phare pour les bai teaux. Enfin, on remarque au bord du fleuve une petite chapelle irigùe a l’endroit où, selon la tradition, un enfant du pays nommé Werner aurait été égorgé par des juifs, en 1287, à cause de sa piété. Le cadavre de la victime, jeté dans le fleuve, serait, au lieu de descendre à Saint-Goar, remonté jusqu’à Bacharach, où il fut, dit-on, recueilli, iuhunic, puis canonisé.

' Les peintres allemands viennent soiix’cnt faire des études de paysage dans les vallées rocheuses des en- ! virons qui produisent des vins es- I timés, surtout la Engehœll.

I C’est en face du Rosstein, rocher

.âl.I.HMAr.NK nt' X.

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146 DE MAYENCE A COBLENZ. iRoutk 17.1

qui s’élève un peu au-dessus d’Oberwesel, sur la rive dr. du Rhin, que les sept demoiselles se laissent apercevoir quand les eaux sont basses. Le lit du Rhin se resserre :

de chaque côté se dressent des roches arides, parmi lesquelles la Lurlei, sur la rive dr., attire principalement l’attention. On dirait un escalier écroulé. Il y a là un écho plus célèbre que sonore qui répète, dit-on, sent fois tout ce qu’on lui crie. Mais l’expérience est loin de réussir toujours.® Quand le bateau à vapeur passe , a dit Eugène Guinot, un homme, posté sur la rive gauche du fleuve, tire des coups de carabine pour donner aux passagers le divertissement d’entendre la détonation répétée par l'écho. Ce carabinier est entretenu aux frais de la navigation du Rhin. » Les étudiants allemands s’amusent à demander à !

l’écho quel est le bourgmestre [ d’Oberwesel , et l’écho répond:!

Esel, c’est-à-dire âne.

Sur les bords du Rhin iei veut dire rocher, ou plutôt rocher d’ardoise. Lore, en anglais, signifie encore aujourd’hui chant, musique, influence magique. Lurlei ou Lorelei, j c’est donc le rocher du chant, le rocher enchanté. La légende raconte que les bateliers voyaient; autrefois apparaître au sommet du rocher une femme d'une beauté merveilleuse. Pendant qu’ils l’écoutaient chanter, leur barque se brisait contre les rochers, et ils'} périssaient engloutis. Un comte' palatin voulut voir cette sirène!

dont on lui avait vanté les charmes, j et fut victime à son tour. Le père i du jeune homme ordonna à ses !

soldats de lui amener la magi-i cienne morte ou vive. Mai.s au mo- i ment où ils allaient la saisir pourj la précipiter aans le Rhin, elle in-j noqua le fleuve d’une voix si douce !

vue celui-ci se souleva, et. don-j nant à ses plus grosses vagues la [ forme de deux chevaux blancs, il j enleva la pierre sur laquelle elle] était assise, et l’entraîna avec elle j jusqu’au fond de son Ml. l>e retour^

au château, les soldats y trouvèrent leur jeune maître que la sirène avait rendu à son père. Depuis, elle a cessé de se montrer; mais elle continue de se faire entendre et de se jouer des bateliers, en imitant le son de leur voix. — On dit que la statue de la fée par Hopfgarten, se dressera bientôt au sommet du rocher.

La Lurlei a donné lieu k beaucoup d’autres légendes. Les plus célèbres sont celles de Clément Brentano et de Henri Heine.

Les environs de la Lurlei août habités par un certain nombre de pêcheurs. Autrefois on y prenait chaque année une grande quantité de saumons. L’établissement des bateaux à vapeur a diminué considérablement les produits de cette industrie. Le bruit des roues effraye les poissons qui se cachent.

En face de la Lurlei débouche un tunnel du chemin de fer. suivi immédiatement d’un autre beaucoup plus long.

Dès que l’on a dépassé la Lurlei, on cherche à voir la Bank, banc de rocher caché près de là rive g., sous les eaux du fleuve qui forment en cet endroit des rapides et des tourbillons {Gewii rc).

•< D’un côté le gouffre, de l’autre l’écueil. On trouve tout sur le Rhin, môme Charybde efScylla. »

Mais ce passage, 'difificile pour les radeaux, n’offre aucun danger aux bateaux à vapeur. On l’a à peine franchi que Sf-Goar apparaît en face de St-Goarshausen.

Sanct-Goar 'Hôt.: Lilie, Krone), y. de l,50ü hab., doit son origine et son nom à saint Goar, qui sous le règne de Siegbert, roi d’Austrasie (570), vint y bâtir une chapelle et y prêcher l’Evangile. Elle fut jusqu’en 1794 le chcf-lieu du comté de Katxcneinbogen , qui faisait partie de la Hesse électorale. Située sur la rive g. du Rhin, elle apjiartient aujourd'hui à la Prusse. On s’y arrête souvent pour visiter ses charmants environs. Par elle-même, elle n’oflVe rien irinfércssant. .'^on l'gliso pro-

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[UotiTji 17., M.-GOAH.MIAL'SK.N. 147

testante, bâtie en 1468, restaurée avec la date du mois et de l’année, à l’intérieur en 1842, a été cons- s'appelait H.iniseî. Cet ordre étrange truite sur la crypte de l’ancienne jouissait d une telle célébrité, que église détruite par un incendie, le landgrave Georges de liesse C-ette crypte où saint Goar avait confirma tous ses privilèges en été enseveli contient des tom- 1627, et, de plus, défendit à tous les beaux do plusieurs princes lies- marchands étrangers qui n’en n’ausois. VEgiise catholique possède raient pas été reçus membres, do une vieille image en bois de saint faire des opérations de commerce Goar. L’ancienne abbaye de béné- .avec les habitants de St-Goar. dictins dont les bâtiments servent ! En face de St-Goar, Sanctde mag.asins, a été supprimée ep j Goarshausen (Hét. : .idirr) s’étend 1624. Cette abbaye était fort riche, , .sur la rive dr. du lleuve, à l’entrée car il venait chaque année à ! de la vallée suisse, entre le Chat, St-Goar un très- grand nombre de [ .a dr. en débarquant, et la Souris, pèlerins pour y adorer la châsse à g. Le Chat {die Katze) est un audu saint homme qui avait un jour , cien château des comtes de Katsuspendu son manteau à un rayon zenelnbogen (coude du chat), bâti de soleil, et qui après sa mort con- : par le comte Jean, en 13Î92. 11 tinuait à faire des miracles. ! passa, lors de l’extinction de cette

Le propriétaire de l’hétel lur famille (1470). à divers princes Lilie possède les derniers livres du j hessois. l.es Français l’ont détrpit Uœnseln, ainsi que la couronne et ; en 1806. Il appartient aujourd’hui les coupes qui ont servi, de 1713 à M. de Lützow. Ou jouit d’une jusqu’au commencement de ce belle vue du haut do ses ruines, siècle, à cçtte société fameusedont ; — .V. B. La clef est à St-Goarsla fondation remonte à Charle- hausen (18 kr. de pourboire). La magne. Avant l’établissement des Souris {die Maus), appelée aussi bateaux à vapeur, faut voyageur! Thurnberg , ou Kunoherg , a été: qui venait pour la première fois construite, en 1363, par Kuno de à St-Goar, et qui v demandait Falkenslein, pour tenir le Chat en l’hospitalité à l’un de ses habi- respect. « Désormais, dit-il, ce tants, était conduit à la douane ; sera la souris qui fera peur au là on lui passait au cou uu collier chat. » « Il avait raison, dit l'au- J’argent,.préaent do Charlemagne, ; teur du Rhin. La Souris, en effet, selon la tradition, et on lui don- ; quoique tombée .aujourd’hui, est nait le choix entre le baptême du encore une sinistre et redoutable vin et le baptême de l'eau. Choi- commère, sortie jadis, armée et sissait-il le premier, on lui faisait | vivante, avec ses hanches de lave boire trois coupes d’excellent vin, et de b.asalte, des entrailles mêmes à la santé de l’empereur, du pro- de ce volcan éteint, qui la porte, priétaire du sol et de la société ce semble, avec orgueil. » La .Soudes bons compagnons (avant le ris est> une ruine bien conservée ; XVII' siècle c'était à la santé des ' ses murs sont entiers, car elle a moines). Puis on lui mettait sur la ; été longtemps habitée. Le chemin tête une couronne dorée et on lui j qui y monte (de Welmich, voir cirécitait, avec une solennité affec- - dessous) est escarpé , mais on y tée, les lois de l'ordre qui lui ac- ! jouit d’une belle vue. cordaient le droit de pêcher sur La vallée suisse «jui s’ouvre à la Lurlei et de chasser sur la lî.ank. ; 8t-Goarshausen , au-dessous du Malheur à ceux qui préféraient le [Chat, n’a rien d’alpestre, le ruisbaptéme d'eau; on leur versait sur seau qui l’arrose y fait tourner les la tête un énorme baquet, qui avait I roues de plusieurs moulins, entre été rempli daus le Khiii. Le livre j deux versants plus ou moins rosur lequel les amateurs du vin | cheux et boises. Toutefois, on étaient tenus d’inscrire leur nom, i peut y faire une promenade

148 liK MAYENCE

agré«ble, en la remontant (I b.

env.) jusqu'au château de Reichenberg, bâti en 1280 par le comte Guillaume I"' de Katzenelnbogen, détruit en 1302, reconstruit par Baudouin de ïriives dans le style asiatique, détruit par Tilly dans la guerre de Trente ans, habité jusqu’en 1806, vendu pour être démoli en 1818 et possédé actuellement par M. l’archiviste Habel de Schierstcin. On peut, si l’on va visiter le Reichenberg, revenir à St-Goarshausen par le v. de Patersberg, qui récolte de bons vins, et d’où Ion découvre une belle vue sur le Rheinfels.

Au-dessus de St-Goar (rive g.) se dresse le Rheinfels, la ruine la plus vaste qu’il y ait sur les bords du Rhin. Ce chàteau-fort a été btUi par un comte Diether de Katzenelnbogen (1215) dans le seul but de contraindre les marchands ui montaient ou descendaient le euve à lui payer un tribut. Comme les prétentions de ce bandit devenaient de plus en plus exorbitantes, les bourgeois des villes voisines se réunirent pour se venger. Mais ils l'assiégerent en vain pendant quinze mois. Alors se forma sur des bases plus larges cette confédération du Rhin qui détruisit un si j^rand nombre de châteaux, et affranchit la navigation des péages iniques qui l'entravaient. Plus tard , Rheinfels tomba en la possession du landrave de Hesse. Ce souverain en t une forteresse moderne tellement formidable qu’en 1692 une armée française, commandée par le maréchal Tallard et composée de 25,000 h., ne put pas s’en emparer. Il était alors défendu par le général hessois Gortz. En 1794, il se rendit presque sans coup férir il l’armée de Sainbre - et - Meuse qui le fit sauter trois années plus tard. Les princes de Prusse ont acheté, en 1813, ses vastes ruines d’où l’on découvre une belle vue.

M. B. Un hôtel a été construit près du Rheinfels , mais si l’on veut visiter les ruines, il faut de-

A COBLENE. [Houte 17 -j

mander la clef à 8t-Goar (10 sgr.

de pourboire).

Après avoir dépassé St-Goar on aperçoit à g. un pont du chemin de fer, rejiosant sur deux arches, et sur la rive dr. la petite église gothique de la V. de \V el— mirh, que domine la Souris (voir ci-dessus). Se montrent ensuite sur la même rive Ehrenthal, v. où l’on exploite des mines d’argent, de plomb et de cuivre, puis Nieder et Ober Kestert, en face desquels on aperçoit (rive g.) Hirze- •nach, avec son église oâtie en 1170. Bientôt après, on laisse sur la rive g., au'milieu d’une forêt de cerisiers le v. de Smlzig, qui doit son nom à une source d’eau salée, et en face duquel se dressent, audessus de l’ancien couvent Bornhofe.n, les châteaux de Liebenstein et de Sternberg appelés généralement les frères ou les jumeaux.

D’après une légende mise en vers par Henri Heine et par d’autres poètes, ces deux châteaux auraient apj^rtenu à deux frères qui, épris de la même femme, se seraient tués en duel dans un accès de jalousiCvUne tradition plus répandue raconte ainsi leur histoire : La femme qu’ils aimaient était une orpheline recueillie par leur père, et nommée Elise. Elle préféra Conrad à son frère cadet Albert qui, désolé mais résigné, s’engagea au service de l'empereur. Cependant, avant de se marier avec Elise, Conrad partit pour laterresainte. Deux années après, il en revenait avec une jeune Grecque qu’il y avait épousée. Albert, furieux de son infidélité, le provoqua en duel. Déjà les deux frères croisaient l’épée lorsqu’Elise, se précipitant entre eux, les calma et les réconcilia; puis elle alla se réfugier dans un couvent où elle prononça des vœux éternels. ^Cependant l’épouse de Conrad, entourée d’adorateurs, trahit tous ses devoirs. Son mari indigné voulait la poignarder; mais, sur le conseil d’Albert, il la renvoya, et les deux châteaux devinrent dès

[Routk 17.] BOl'PAUI).— MAlUKN'llKia;. 149

lors mornes et mélancoliques i d'une 'visite : la Haiiptiirdie, bâtie oomme leurs possesseurs, qui ne vers l’an 1200, remarquable par laissèrent pas de descendants, ses deux clochers que réunit une

L’église de Bornhofen fut bâtie galerie semblable à un pont (les en 1435 par Johann Brœniser, le architectes vont étudier ou admitils de ce Brœinser de Küdesheim, rer ses arceaux aux formes vadont l’histoire-légende a été ra- riées, ses galeries intérieures, sa contée ci-dessus. En 1(>7(>, Joli, porte, à la g. de l’abside, etc.); et Hugo d’Orsbeck,' électeur de Trè- la Carmeliterkirche qui renferme, ves, agrandit cette église et fonda outre un curieux monument do la à côte un couvent de capucins, famille d’Elz, de riches sculptures Supprimé en 1H13, ce couvent a été malheureusement mutilées, du transformé en auberge; mais l’é- xvi' siècle. Parmi les vieilles mai glise, lieu de pèlerinage très-fré- sons de Boppard, le Bayerhaux at- (luenté, est rendue au culte depuis lire sunoutl’attention. Cettemai- 1821. Un sentier qui abrège de plus son fut habitée par la famille de il’une heure, à cause du grand dé- ce Bayer de Boppard qui aida tour du Rhin, conduit de là à Brau- puissamment Rodolphe de Habsbach. — Un chemin ombragé par ourg à détruire les châteaux-forts des arbres fruitiers mène le long des voleurs du Rhin. — Le Tempeldu fleuve à Kamp, v. qui doit, dit- rappelle le souvenir des temon, son nom à un camp qu’établi- pliers de Boppard qui montèrent rent en ce lieu les Romains. les premiers à l’assaut de Ptolé-

Au-dessous de kamp, sur la maïs, dans la troisième croisade, rive g. du fleuve, se trouve Bop- L’ancien coucrtit de Saint-Martin pard (Hét. : PosL dans la ville ; (au S.) qui appartenait au célèbre IVieinischer Hof, près du Rhin), la voj’ageur et naturaliste Ph. F. de Baudohriga dos Romains, V. de .Siebold, a été acheté par le gou- 4,200 hab. entourée de murs, aux vernement prussien, ainsi que le rues étroites mais pittoresques, couvent des Franciscains qui en est Elle doit son origine à un château voisin. Ils servent aujourd’hui de bâti par Drusus. On voit encore maisons de correction pour de au centre de la ville un dernier jeunes détenus protestants. Quant débris de ce ca.ttrum. On y a trouvé au couvent de femmes de Mades pierres portant l'in8cri|)tion rienberg, le vaste bâtiment qui do la 13“ légion. Los murailles s’élève derrière la ville, il a été d’enceinte datent du moyen âge. reconstruit en 17.38, à la suite d’un Les rois franks y eurent un palais incendie, et a servi tour à tour de dont il ne reste aucune trace. On manufacture de coton et d’école, croit qu’il était situé (au-dessous Dejiuis 1838c’est un établissement de la ville) sur le rocher appelé h}'drothérapique , trè.s-fréqucnté , aujourd’hui Altèurjj et arrosé par même par des Français, à cause le Kœnigsbach. Au xiVe siècle de la pureté do l’air et de la Boppard était une ville libre impé- bonne qualité de l’eau. Aussi, un riale. En 13121’empereur Henri VII établissement rival, le MülMad, la céda à son frère Baudouin, ar- a-t-il été fondé au-dessous de chevéque de Trêves, qui la réunit Boppard. La dépense totale d’un à l’électorat. En vain une partie malade varie par semaine, à Made ses habitants se soulevèrent rienberg, de 8 à 15 th., au Mi’ihlpour reconquérir leur liberté ; il bad, de 7 à 1.3 th. leur fallut céder k la force. Au- —

jourd'hui Boppard appartient k la [Une route de voitures conduit Prusse. Elle possède encore un de Boppard (4 1/2 mil.) à Simmern bois que lui donna Charles le (voir R. 32'. A 2 h. de Boppard, à Gros. g. de cette route, on ilécouvrc du

Boppard a doux églises dignes liant de la FlerkerthœUe un vaste

150 ÜJi MAYKNCE

panorama sur le Siebengebirge, l’Eifel, le Hochwald, l'idar et le Xaunus. Une voiture va tous les jours de Boppard k Siinmern en 1 h. 1/4, pour 1 11. 15 kr. De Simmern k Boppard on ne paye que 27 kr.]

Au-dessous de Boppard, k Filzfn (rive dr.), le Rhin qui coulait au N . prend pour un court trajet la direction de l'E. La rive g. exposée au S. est jilantéc de vignes.

On appelle ce versant de la montagne qui domine le fleuve, Bopparder llamm. On remarque sur la hauteur le Jakobshergerhof , et, dans un ravin qui avait jadis une fort mauvaise réputation, — on l’appelait coneetifus Latronum, — Petemach, couvent de femmes fondé du temps des Hohenstaufen.

N. B. Un sentier, plus court d’une heure que la route, conduit les piétons à Rhcnse (voir ci-dessous).

Sur la rive dr. la Liebeneck domine le bourg d'Osterspay.

Cependant, un moment détourné de sa route par le Bopparder Hamm, le Rhin reprend sa direction vers le N. vis-k-vis de la source minérale de Dinkhold (rive dr.). On laisse sur la rive g. les deux v. li’Oberspay, avec sa chapelle à demi ruinée, et de Niederspay, dont la plupart des habitants exercent la profession de pécheurs, car le saumon est assez abondant dans cette partie du fleuve. lY. B. Les piétons qui voudront visiter la Marxburg pourront traverser le Rhin de Niederspay il Braubach.

La Marxburg couronne sur la rive dr. le rocher qui domine Braubach Hùt. ; ZurPhilippsburg), V. de 1,500 hab., c nommée dans une charte do 1)33, fief des comtes d’Arnstein du Lahngau, ville impériale sous Rodolphe en 1279, domaine des comtes de Katzenelnbogen en 1283, qui échut k la Hesse en 1173, k Darmstadt en 1632 et on 1802 k Nassau. > Sou ancien château bâti, en 1568, au bord du Rhin par le landgrave

(V COBLENZ. [Route 17.]

Philippe le Jeune, a été transformé en auberge. On passe devant la vieille chapelle de St-Marlin, en montant de Braubach k la Marxburg. Ce château est le seul qui soit resté habitable et habité sur les bords du Rhin. On ignore l’époque de sa fondation. Appelé d’abord château de Braubach, il prit son nom actuel quand le comte de Katzenelnbogen y eut fondé, en 1437, une chapelle dédiée k saint Marc. Après avoir appartenu pendant plusieurs siècles à la Hesse-Darmstadt, il échut en 1803 au Nassau, qui en a fait une prison d’Etat, et y entretient une garnison d’une cinquantaine d’invalides. L’intérieur mérite d’être visité; (il suffit d’en demander la permission k la porte pour l’obtenir). C’est un échantillon assez complet d’un château féodal du moyen âge. Passages étroits, escaliers dérobés, voûtes obscures, profonds cachots creusés dans le roc, souterrains mystérieux, etc., rien n’y manque.

Du reste on jouit d'une fort belle vue au haut du donjon appelé ■WimjJel. N. B. Outre le chemin de piétons qui part de Braubach, une route de chars monte k la Marxburg.

De Braubach, on peut aller k pied, en 2 h. 1/2, k Ems (voir R. 35), par un chemin ombragé (rafraîchissements et belle vue dans la maison forestière de Lahnstein, k moitié chemin environ et non loin de F/iicht).

En face de la Marxburg, sur la rive g., se trouve le pet. v. de Brey, k peu de distance duquel est la V. de Rhense (Hût. : Zum Kcenigsituhl), la ville la plus ancienne des bords Ju Rhin. La plupart de ses maisons de bois datent des xiv«, XV* et xvi* siècles.

« ■\'oici, dit M. V. Hugo, que quatre hommes, venus de quatre côtés différents, se réunissent de temps en temps près d'une pierre qui est au bord du Rhin, sur la rive g., k quelques pas d’une allée d’arbres, entre Rhense et Capel-

, Kottk 17. j I.E KtE.N'K

len. Cesquatrelioininess'asseyent sur cftte pierre, et là il.s font et défontles empereurs d’Allemagne.

Ces hommes sont les grands électeurs du Rhin; cette pierre, c’est le siège royal, Koeiligsstuhl. — Le lieu qu’ils ont choisi, à peu près au milieu de la vallée au Rhin, Rhense, qui est à-l’électeur de Cologne, regarde à la fois, à l'O., sur la rive g. Capellçn, qui est à l’électeur de Trève^ et au N., sur la rive dr., d’un côté, Oberlahnstein, qui est à l’électeur de Mayence, et de l’autre, Brauhach, qui est à l'électeur palatin. En une heure, chaque électeur peut se rendre à Rhense de chez lui.

« Le Kœnigsstuhl, pris dans son ensemble, avait dix-sept pieds allemands d’élévation et vingtquatre de diamètre. Voici quelle en était la figure ; sept piliers de pierre portaient une large plateforme octogone de pierre, soutenue à son centre par un huitième ilier, plus gros que les autres, garant l’empereur au milieu des sept électeurs. Sept chaises de pierre, correspondant aux sept pilièrs au-dèssus desquels chacune d'elles était placée, occupaient, disposées en cercle et se regardant, sept des pans de la plateforme. Le huitième pan, qui reg.irdait le midi, était rempli par l’escalier, massif degré de pierre, composé de quatorze marches, deux marches par électeur. Tout avait un sens dans ce grave et vénérable édifice. Derrièrechaque chaise, sur la face de chaque pan de la plate-forme octogne, étaient sculptées et peintes les armoiries des sept électeurs. Ces blasons, dont les nuances, les couleurs et les dorures se rouillaient au soleil et à la pluie, étaient le seul ornement de ce vieux trône de granit...

C’était là qu’en plein air les antiques électeurs d’Allemagne choisissaient entre eux l'empereur.

Plus tard, ces grandes mœurs s’effacèrent, une civilisation moins épique convia autour de la table de cuir de Francfort les sept

iS.STUIlL. 151

princes, portés, vers la fin du xvne siècle au nombre de neuf par l’accession de Bavière et de Brunswick à l’électorat.

« Les électeurs montaient processionnellement sur la plateforme par les quatorze degrés, qui avaient chacun un pied de haut, etpreiiaientplace dansleurs fauteuils de pierre. Le peuple de Rhense, contenu par les arquebusiers, entourait le siège royal.

L’archevêque deMayence, debout, disait : Très-généreux princes, le Saint-Empire est vacant, puis il entonnait l’antiphone Fent, sancte Spiritus, elles archevêques de Cologne et de Trêves chantaient les autres collectesquien dépendent.

Le chant terminé, tous les sept

firêtaient serment, les séculiers, a main sur l’Évangile; les ecclésiastiques, la main sur le cœur; distinction belle et touchante, qui veut dire que le cœur de tout prêtre doit être un exemplaire de l’Évangile. Après le serment, on les voyait, assis en cercle, se parler à voix basse ; tout à coup, l’archevêque de Mayence, se levant, étendait ses mains vers le ciel, et jetait au peuple, dispereé au loin dans les haies, les broussailles et les prairies, le nom du nouveau chef temporel de la chrétienté; alors le maréchal de l’empire plantait la bannière impériale au oord du Rhin, et le peuple criait : Vivat Rex I »

Sous le gouvernement français, le Kœnigsstuhl était tombé en ruine. En 1807, on le détruisit pour construire la nouvelle route; mais en 1843, on l’a rebâti tel qu’il était autrefois et en partie avec les mêmes matériaux.

Presque en face du Kœnigsstuhl, sur la rive dr., les arbres d’un verger laissent voir une petite chapelle du xive siècle, recrépie et plâtrée, surmontée d’un chétif clocheton. C’est dans cette chapelle que, l’an du Christ 1400, les quatre électeurs du Rhin prononcèrent la déchéance de Wenceslas, empereur d’Allemagne, et

nommèrent à sa place le comte palatin Rupert III.

Au delà de cette chapelle historique, l’attention est attirée également sur les deux rives.

.Y droite, c’est Oberlahnstein (Hdt. ; chez Weller; Adler , V. de 1,700 hab., entourée de murailles, possédant, outre l'ancien château des électeurs, un château moderne (xviii* siècle), et dominé par les ruines de la Lahneckburg, très-ancien château détruit en 1688, par les Frant;nis, et chanté par (rœthe. Puis, sur la rive dr.

de la I.ahn, qui se jette dans le Rhin au débouché de la vallée que remonte la route d’Ems et de Nassau (voir R. 33), Niederlahn Stein(Hdt.;chez7>o'<i2Kt'C Schmidt), V. de 2,000 hab., l’entrepét de la Lahn, se montre derrière la Sl-Johanniskirche, église bâtie vers l’an 1100, détruite en partie par les Suédois et tombée en ruine pendant un procès qui dura quarante ans, sur la question de savoir si le propriétaire de la dlme était tenu de la réparer. Enfin, sur la rive g., le château de Stolzenfels domine le petit v. de Capellen (Hôt. : Zum Stohenfeh).

Stolzenfels, ou le Rocher Superbe, ce château si bien nommé, puisqu’il s'élève de 100 mèt. audessus du Rhin sur un rocher à pic et boisé, date du xiiie siècle, il fut bâti ou fortifié par l'archevêque lie Trêves, Arnold d'Isenburg, pendant les troubles de l'inlerrègne. Il servit souvent de résidence aux successeurs d’.Arnold.

1,’un d'eux, nommé Werner, y logea et v entretint,, de 1380 à 1418, des alchimistes, qui ne firent pas d’or, mais trouvèrent, en cheminant vers la pierre jdiilosophale , plusieurs des- grandes lois de la chimie. En 123.5, la princesse Isabelle, sœur de Henri III d’.Yngletcrre, et fiancée de l’empereur Frédéric II, y avait été reçue avec une suite nombreuse. Détruit par les Français, en 1088, il resta une ruine jusqu’en 1823, époque à laquelle la ville de Oo-

A COBLENZ. iRoixe 17.]

blenz, qui en était devenue propriétaire, l’offrit au prince royal, depuis Frédéric-Guillaume IV, qui , de 1836 à 1845, a dépensé 350,000 th. pour le reconstruire et le meubler, d'^irès les jilans de M. Schinkel. Le roi Frédéric- Guillaume IV l’habita, pour la première fois, le 14 sept. 1842, et au mois d’aojjt 4815, if y reçut la reine Victoria et le prince Albert, le roi et la rein^des Belges, et le grand-duc Fréd^ic d’.Yutriche.

I.’inténeur du château de Stolzcnfcls mérite d'étre visité, ne fùt-ce que pour les vues variées (jne l’on y découvre de ses tours et de ses balcons. De 15 à 20 min.

suffisent pour y monter par une excellente route de voitures, dont les pittoresques zigzags aboutissent à un viaduc. N’. Tt. On trouve à Capellen des ânes toujours sellés et bridés (12 sgr. pour monter et redescendre). Apris avoir dépassé le Khiuse (les écuries <>t remises) et traversé le pont-levis, on entre dans l’intérieur du château, où des guides-ciceroni attendent (ou font attendre) les étrangers (de 5 sgr. à 7 1/2 sgr. de pourboire pour une seule personne; de 12 à 20 sgr., selon le nombre des visiteurs'.

La décoration intérieure du château de Stolzenfels, remarquable surtout par sa simplicité, laisse souvent a désirer nu point de vue artistique. Elle manque de goût.

Scs principales curiosités sont ;

-Y l’étage du rez-de-chaussée par la porte d’entrée : 1" la rhnpeUe (inthiinie, consacrée le 3 août 1845; — 2" la petite xalle des chevaliers, ornée de fresques par le professeur ,8tilkc. Ces fresques sont des allégories expliquées à l’aide de compositions historiques : la Bravoure (le roi .Tean de Bohème, dit r.Yv'cugle, se fait tuer à la bataille de t'récy. 27 août 13461: la l'idélitc Hermann de Siebeneicher se sacrifie pour sauver l’empereur Frédéric Barberoussc, que menaçaient des assassins guelfes); l’,4nxmr Temperenr Frédéric 1 1 reçoit

[Route 17.] STOLZKNKEl.S. 153

sa fiancée Isabelle Plantagenet, sœur de Henri III); la Musique (Philippe de Souabe et son ('pouse ■ Irène descendent le Rhin en bateau, entourés des plus fameux ménestrels de leur époque); la Persévérance (G-odefroy de Bouillon suspend ses armes dans l’église du Saint-Sépulcre); la Justice (Rodolphe de Habsburg établit la paix générale). Le mur, percé de fenêtres, est décoré par les portraits de saint Géréon, saint Geor-

fe, saint Maurice et saint Rbeinold; — 3® La salle des chevaliers, qui a 16 mèt. 66 cent, de long, et 10 mèt. de largo. Elle contient une statue d’Arminius, un grand nombre de vieux pots, de vieux verres, de vieilles cruches plus ou moins remarquables , des groupes de bronze et une collection de vieilles armures; — i°L;i petite salle d’armes, où l’on montre les épées de Napoléon, de Murat, de Kosciusko, de Tilly,de Bliicher; un stylet du duc d’Albo, un verre et une fourchette d’Andréas Hofer; — 5« La cour-jardin avec la salle des arcades.

Au 1"' étage ; les appartements royaux ornés de nombreux objets d’art et de 64 tableaux, de vitraux de couleur et de statuettes. On remarque surtout parmi les tableaux ceux de la vieille école allemamle et une copie (par Beckenkamp) du Dombildde Cologne (voir Cologne, R. 1).

Les trois tours de Stolzenfels s’appellent : celle qui se trouve .*i la g. de In porte d’entrée, le Rauhe Thurm ; celle du N., la tour des Adjudants; et celle qui se trouve à dr. de la porte d’entrée, au S., la tour de la Vue. C’est de cette dernière que l’on découvre les lus beaux points de vue qu’offre tolzenfels. Au S., onvoitlaMarxburg avec Braubach à ses pieds; rès d’Oberlahnstein, la Chapelle lanche de Wenceslas, et vis-avis, à côté de la petite ville de Rhense, et caché par des arbres, le Kœnigsstuhl. Devant soi, les ruines du château de Lahneck dominent les tour» et les murs de

l'antique ville d’Oberlahnstein où le château de l’électeur de Mayence attire l'attention. Plus loin, dans la vallée solitaire de la Lahn, s’élève l’Allerhciligenbcrg 'montagne de Tous-les-.Saints;, dont la chapelle est visitée par de nombreux pèlerins. Devant Niederlahnstein, près de l'embouchure de la Xahe, se montre l’église' de Saint-.Tean. .\u N., s'étend au milieu du Rhin la Ipngue île d’Oberwerth. A dr., au-dessus de montagnes verdoyantes, se dressent les rochers d’Ehrenbreitstein, en face du fort Alexandre, et entre ces rochers et ce fort , Coblenz et Ehrenbreitstein communiquent par leur pont de bateaux. Enfin, à l’horizon apparaissent les hauteurs de Vallendar, la ville du même nom et sa nouvelle église.

La grande fresque extérieure, que l’on aperçoit du bateau à vapeur sous les murs de Stolzenfels, est de Lasinsky ; elle représente le comte palatin Rupert, élu empereur d'.Mlemagne sur le Kœnigsstuhl et venant rendre visite à l’électeur de Trêves dans le château de .Stolzenfels.

N. B. Pour descendre de Stolzenfels à Coblenz, une barque particulière coûte de 15 à iO sgr.

Voir Coblenz pour le prix ues voitures. — ,A pied , on met 1 h.

pour aller à Coblenz par la belle route qui longe le Rîiin.

l'n peu au-dessous do Niederlahnstein, la rive dr. du Rhin appartient à la Prusse comm,e la rive g. On laisse sur cette rive le V. de Horchheim, presque en face du moulin ftieghaus et de l’établissement hydrothérapique de Lauhach ; puis, après avoir dépassé l'ile d'Oberwerth, dont la maison de chanoinesses est devenue une métairie, le fort Alexandre à g. et celui de Pfafi'endorf K dr., on vient s’arrêter au débarcadère de

Coblenz (Ilêr. : le Géant {Riese); Bellevue; Rheinischer Ilof. — A*. B.

Ces trois hôtels sont sur le quai; Der Triersche Hof (Post), dans la ville; — Ilôt. de 3« rangi.lnier, Btadt

154 DK MAYENCE A COBLENZ, [Rodtk 17.]

Mannheim, Prcussitchcr Hof; Wildes Schu'ein, Colnischer IJof.

A Ehrcnbrcitstein : U'fisses Ross (1" classe).

Cafés : Rheinpavillon; Hofmann (Kleiner Paraileplatz). — Libraires :

Hergt, lib. française et étrangère.

Biideker. — Bains ; chavdt, chez Grohe, place Castor; froids, dans le Khin et dans la Moselle. Il y a une école de natation dans la Moselle.— Drosciiken : Les fiacres stationnent devant l’hétel du Géant, près du pont, et devant l’hôtel du Gouvernement, près de la porte de Mayence. Les courses suivantes, pourboire compris, sont tarifées :

3 ctier. 1 cher.

A Capellen (StoIzenfeU) ou à Labnttein. (de Labnstein à Ems- cbem. de n, ,pr. th. sgr.

fer en 45 min. ) 0 20 0 15

— Aller et retour et 3 b.

de séjour I 10 1 00

Au Kœnigsstuhl et retour

à Capellen.. 1 10 1 00

.4 la Chartreuse : jusqu’à la belle vue. aller et retour. 1 00 0 20 A la forioresse d’Ebrenbreitstein, aller et retour, et 2 b. de séjour.. 2 00 1 15

Omnibus pour le débarcadère de Labnstein, 15 agr.; bag., 5 sgr.

Coblenz doit son nom à saposition. Elle est .située au confluent du Rhin et de la Moselle, et les Romains, qui y bâtirent un fort treize ans avant Jésus-Christ, l’appelèrent Con/Iuentia ou Confluentes.

De ce mot latin, légèrement germanisé, est venu celui de Coblenz.

A l’époque où Antonin écrivit son itinéraire, cette forteresse avait environ 1,000 habitants. Cependant aux Romains succédèrent les rois franks, qui se bâtirent un palais à Conflnentia, appelé Cophelnuci. Quand les trois hls de Louis le Débonnaire se partagèrent l’empire de Charlemagne, les préliminaires du fameux traité de Verdun (843) furent discutés dans une diète impériale qui se tint à l’église de Saint-Castor, la cathé-

drale de Coblenz. Après avoir fait partie du royaume de Lorraine, à la suite de ce partage, Coblenz se vit rriinie à l'empire d’Allemagne, en 078, par Olhon le Grand. En 1018, Henri le Pieux la donna à Poppo, l’archevéque de Trêves. Les successeurs de Poppo la cédèrent aux comtes palatins du Rhin; elle passa parmariage à la maison de Nassau ; puis elle revint sous forme de gage à ses anciens pos.sesseurs, les archevêques de Trêves (12,73) . Mais, pendant ces deux siècles, elle s'était complètement afl'ranchie de leur juridiction, et sa bourgeoisie, qui avait secoué en partie le joug de la noblesse, en avait fait un des rincipaux centres commerciaux e l’Allemagne. Elle s'étendait alors non-seulement au-dessous d’Ehrenbreitstein, mais sur la rive g. de la Moselle, où l’on cherche vainement aujourd'hui les traces du petit Coblenz.

Vers la fin du xiii» siècle, les archevêques de Trêves, les souverains de Coblenz, voulurent fortifier cette ville sous prétexte de la mettre à l’abri d'une attaque extérieure, mais en réalité pour augmenter leur autorité et reprendre à la bourgeoisie les libertés qu'elle avait conquises. Les bourgeois avaient d’abord favorisé ce projet et voté des fonds pour la construction d'un mur d'enceinte ; ils s’y opposèrent ensuite quand ils virent le piège qui leur était tendu.

Une insurrection éclata. Après une guerre sanglante qui dura deux années, l'archevêque Henri l’emporta. Coblenz toutefois reconquit sous Diether, le successeur de Henri, les libertés et les

firiviléges dont il l’avait dépouil- 6e. Mais le successeur de Diether, Baudouin de Luxembourg (1354), la soumit de nouveau à son autorité absolue. Du reste il fut le bienfaiteur do la ville asservie; il l’entoura de fortifications, agrandit Ehrenbreitstein appelé alors Hermannstein, bâtit le vieux-Pont sur la Moselle, détruisit tous les

[Routb 17.1 COBLEN/. 1.55

châteaux situés sur son territoire, où des barons et des chevaliers exerçaient impunément la profession de voleurs de grand chemin, rétablit partout l’ordre et la paix, et, à sa mort, qui eut lieu en 1367, laissa Coblenx, sinon libre, du moins florissante.

A dater de cette époque l’histoire de Coblenz peut se résumer par un petit nombre de dates. Pendant la guerre de Trente ans, elle fut prise en 1632 par les Suédois, puis

Far les Français; en 1636 par les mpériaux ; en 1688 Boufllers ne pouvant s’en emparer la réduisit en cendres ; en 1786 elle devint la résidence des électeurs de 'Trêves ; en 1792 l’asile principal de l’émigration française ; prise par Marceau en 1794, elle fut plus tard le chef-lieu d’un département de l’Empire français (Rhin -et -Moselle). Depuis 1815 elle appartient à la Prusse qui la possède encore aujourd’hui. Elle est la capitale des provinces rhénanes de la Prusse.

Sa population s’élève à23,000 hab., à 29,000 en y comprenant la population d’Ehrenbreitstein et la garnison qui est de 5,300 hommes ; car Coblenz, comme point militaire, est un lieu important. « Ses trois forteresses, a dit M. Victor Hugo, font face de toutes parts. La Chartreuse domine la route de Mayence ; le Petersberg garde la route de Trêves et de Cologne ; TEhrenbreitstein surveille le Rhin et la route de Nassau. »

L’intérieur de Coblenz est peu intéressant; mais il ne faut pas se contenter de voir cette ville du ont des bateaux à vapeur ; des auteurs qui la dominent on jouit de magnifiques points de vue.

La vieille ville, la partie la plus rapprochée do la Moselle, est un peu animée, mais elle n'a que des rues étroites, tortueuses, malpropres. Si la ville neuve ou la ville de Clément, qui s’étend derrière le château royal, bâti de 1778 à 1786 par Clément Wenceslas, le dernier évôque électeur de Trêves, a des rues régulières et droites, des

maisons bien bâties, elle parait inhabitée, tant les passants y sont rares.

Le bâtiment qui s’élève à l'angle formé par la jonction du Rhin et de la Moselle, est l’ancienne maison de l’ordre Teutonique (Deutsches Haus). En face de l’église Castor, de l’autre côté de la place, on remarque le General Commando, ancien hôtel Leyen, puis hôtel de la préfecture sous le gouvernement français, aujourd’hui résidence du commandant général des provinces rhénanes prussiennes. Ce bâtiment, reconstruit en partie par les Français, date de 1500.

C’est dans la ville vieille, à l’angle formé par la jonction du Rhin et de la Moselle, et k l’extrémité deraffeaux mur qui prive le uai ou la Rhein-Strasse do la vue U fleuve , que s’élève l’Église Castor fondée au ix' siècle, incendiée au xi« siècle, rebâtie : le chœur, de 1157 k 1201 ; la nef et le transsept en 1208; les voûtes en 1498 ; restaurée en 1830 et peinte en rose k la grande joie de certains fidèles, au vif mécontentement des gens de goût. Les voûtes, assez lourdes, sont peintes en bleu et parsemées d’étoiles. Les parties les plus anciennes sont l’intérieur du chœur et les murs inférieurs des tours occidentales. Cette église rappelle plusieurs souvenirs historiques. Les envoyés des trois fils do Louis le Débonnaire s’y réifnireiit plusieurs fois en 843 pour y

fiartager le vaste empire de Charemagne. De nombreux conciles y furent tenus, surtout au x« siècle.

Saint Bernard y prêcha la croisade. L’empereur Henri IV s’en vit fermer les portes en 1105. Enfin, en 1338, l’empereur Louis le Bavarois nomma, devant sa façade, le roi d’Angleterre, Edouard III, vicaire de l’empire, pour qu'il , l’aidât dans ses projets contre la Franco. On remarque k l’intérieur :

dans le chœur, k g., le tombeau de l’archevêque Cuno de Falkenstein(+ 1388) orné de peintures sur fond d’or ; en face, celui de l’ar-

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chcvt'que Werner ;-J- MIS.; ii g. du chœur, celui de sainte llizza (moderne); et dans la partie supérieure du chœur postérieur, deuxfresques sur fond a’ or peintes par Settcgast en 1819 et 185-2.

En face de l'égli.se de Castor, une fontaine assez laide, la fon~ laine de Caxtor, se signale à l’attention des passants par les deux inscriptions suivantes:

As M. DCCC XII.

.MrvoBAm.E par i.a campaone CONTRF i.ES Rosses.

■SuDS LE PHÉKECTOKAT DE JoLEsDUAZAN.

Vd ET APPROCTÉ PAR NOUS

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