ARRAN
Pendant l’été il part tous les jours d’Ardrossan (V. roule 16) un lialeau à vapeur pour Arran, à l’arrivée du convoi de Glasgow. Ce bateau revient le soir à Ardrossan. Tons le* samedis soir il part ère outre, à l’arrivée du convoi qui a quitté Glasgow, à 4 h, 30 min., un autre bateau qui revient le lundi malin. (V . les Time 'J'aide s). Enfin les bateaux qui font le service entre Ayr et Campbelltown touchent à Arran.
L’Ile d’ Arra», l’une des Hébrides, est située près de l’embouchuro de la Clyde, entre la presqu’île de Cantyre et la côte occidentale du comté d’Ayr. Elle fait
partie du comté de Bute. Sa longueur est de 20 m., sa largeur varie de 8 à 41 m. Elle a une superficie de 165 m. carrés, ou d’environ 405,814 acres, dont 44,434 sont cultivés. A l’exception de quelques fermes, elle appartient tout entière au duc d’Hamilton. Sa population était en 1841 de 6,184 hab. Les savants, surtout les géologues et les botanistes, y trouvent d’intéressants sujets d’étude ; les simples touristes viennent y admirer les tableaux pittoresques que leur offrent ses côtes fertiles et ses montagnes arides, dont la plus haute, Je Goatfell, n’a pas moins de 790 mètres au-dessus du niveau de la mer ; enfin on assure que les amateurs de pêche y passent d’heureux moments.
Arran possède quatre routes : la 4 re fait tout le tour de ses côtes; la 28 la coupe en deux moitiés dans sa largeur, de Brodick à Blackwater ; la 3e traverse sa partie méridionale de Lamlash à Bein Na Carrigan, et la 4° réunit la 2e et la 3e, du Glen Scoradail au Clachan Glen. La 4 r®, décrite ci-dessous, est seule fréquentée par les touristes, car elle fait voir les principales curiosités de l’ile.
Le bâteau à vapeur débarque ses passagers à Brodick (20 m. d’Ardrossan ), où ils trouvent une petite auberge des guides pour l’ascension du Goatfell et des voitures pour visiter les principales curiosités de file. Autour de la baie qui porte le nom de ce village, s’étend une plaine bien cultivée, sur laquelle débouchent trois vallons ou Glens, arrosés par trois ruisseaux; au N., Glen Roza qui remonte jusqu’au Goatfell, àl’O., Glen Shirray, et, au S., Glen Cloy. Au N. et au-dessous du sommet de Goatfell, Brodick Castle attire les regards. Ce château était en ruine depuis des siècles, lorsqu’en 4845 le duc d’Hamilton, son propriétaire, le fit reconstruire tel qu’il était autrefois. D'après la tradition ce serait du haut de ses créneaux que Robert Bruce aurait aperçu le feu allumé, par
hasard, près du château de Turnberry, et qu’il prit pour un signal ( V. route 17 ).
L’ascension du Goatfeil, la plus haute des montagnes granitiques d’Arran, demande deux heures; elle n’est ni dangereuse ni difficile, Le sentier qui conduit au sommet part de l’auberge de Brodick. Quand on a atteintun réservoir de moulin, il faut, au lieu de descendre dans le vallon qui remonte le long du pic principal, se diriger à droite. Si le temps est clair, on découvre du point culminant un vaste et beau panorama, sur les énormes blocs et les grands murs de granit dont sont entourées les corries, ou gorges profondes des montagnes, la partie plate de l’île, les îles de l’Argyleshire, le Firth of Clyde, la Loch Fyne et la mer.
A 5 m. au S. de Brodick, au milieu d’une belle baie demi-circulaire, se trouve le petit village de X>am!ash. Cette baie, abritée par l’Ile-Sainte, offre un mouillage sûr aux navires de tous les tonnages. L’Ile-Sainte ( Holy Island) a environ 300 mètres de hauteur, et 3 m. de longueur. Elle est presquo entièrement couverte d’orbutus uva ursi. Ce fut là que se retira, pour y mener une vie plus solitaire, un disciple de saint Columba, nommé saint Molios, qui y vécut dans une grotte, et qui y fonda, dit-on, une cathédrale. Les amateurs de Cairns et de Cromlechs, ou autres monuments druidiques, peuvent aller en visiter dans les Glens Alaster et Meneadmer, derrière Lamlash.
On traverse le pauvre village de Kilbride avant d’atteindre l’extrémité méridionale de la baie do Lamlash que forme le cap appelé King's Cross Point, où Robert Bruce s’embarqua, dit-on, pour la côte de Carrick. De l’autre côté de ce cap, s’étend la baie Whiting , et à 1 m. de learn-a-Beg, s’ouvre le Glen A shdalc, qui renferme deux cascades, l’une de 30 mètres, l’autre de 15 mètres.
De Learn-a-Beg, on longe au bord de la côte les Dippin Rocks, jusqu’aux ruines du chàleau de Kildonan , en face desquelles on aperçoit la petite île de Pladda avec son phare. Au delà de Kildonan s’étend une plaine arrosée par le torrent qui descend du Glen d’Auchinhetc, où il forme une cascade de plus de 1 00 mètres appelée Essiemore, ou Eeiss-a-Mor. On laisse à droite une autre chute, haute de 21 mètres, avant d'atteindre Bcnan. Plus loin, sur la côte, entre Benanhcad et Torlin Watcr, au milieu d’une longue ligne de rochers basaltiques appelés les Struye Rocks, et qui ont de 110 à 150 mètres de hauteur, s’ouvre la Grotte du monstre ( Monster’s Cave), vaste caverne de 33 mètres de long, de 12 mètres de large et de 24 mètres de haut.
Après avoir traversé le ruisseau de Torlin, à l’embouchure duquel on remarque un port naturel , on trouve à I»ag une petite auberge. 1 m. au delà de cette auberge, on laisse à droite la route qui conduit à Lamlash, en traversant l’île du S. -O. au N.-E. On passe ensuite le ruisseau de Sloadridh (Sliddery) , à la base de collines arrondies appelées Leac-a-Breac, et on ne tarde pas à arriver à Kîlpatrick, village dans les environs duquel se trouve la Grotte de la prédication. Enfin, on laisse à droite la route qui mène à Brodick par la vallée de Shiskin, avant de franchir la Blackwater de l’embouchure de laquelle part un bac qui passe les voyageurs à Campbelltown (K. route 21), éloignée de 1 2 m.
A 1 m. environ de la route, entre la route la mer, près de Blackwaterfort, s'avance le promontoire basaltique de Drumidoon, près duquel s’ouvrent un grand nombre de grottes creusées par les vagues ; l’une de ces grottes, appelée la Grotte du Roi ( King’s Cave), passe pour avoir servi do retraite à Robert Bruce lorsqu’il so réfugia à Arran. Elle a 34 mètres de long, 13 mètres de
large et 1 4 mètres de haut. Les lettres M. D. R. sont gravées sur les murs près de l’entrée ; et à l’extrémité méridionale, on voit encore une scène de chasse grossièrement sculptée. D’après la tradition, Bruce lui-même se serait amusé à représenter ainsi un des épisodes de la vie qu’il menait à Arran. Les autres grottes plus petites portent les noms d’écuries du roi, office du roi, etc., et la colline qui les domine s’appelle la Colline do roi (King’s HUI). On trouve dans les environs, près de la ferme de Tormore , des débris d’un cirque druidique appelé Sindhe Choir Thiorm. A en croire la tradition locale, Fingal aurait attaché son chien favori Bran à l’une de ces pierres percée d’un trou .
Continuant à suivre la côte, on traverse successivement les ruisseaux de Mauchrie et û’Iorsa. Les seuls objets intéressants qu’on rencontre au delà d’Iorsa Water jusqu’au LochRanza, sont le petit lac de Corrie anLachan, situé au milieu des solitudes silencieuses de Beinn Mhorroinn, et, sur la route même, à North Thundergay , deux remarquables blocs de schiste ondulé, tombés des hauteurs au bord de la mer. Au village d'Immachar on trouve un bac qui passe à Saddell, dans le Cantyre, éloigné d’ Arran de 4 m. 1/2. Enfin, après avoir dépassé la baie et le Glen Catacol, et tourné le cap Choillembor , on arrive au loch Rama, lac de 1 m. de long, et de 1/2 m. à 1 m. de large, où, pendant la saison de la pèche, on voit souvent 300 barques à l’ancre. Ce lac, ou plutôt ce golfe, car il communique avec la mer, est enfermé entre des chaînes de montagnes parallèles que dominent les pics de Caistael A bdael et Cains na Caelleach , et dans lesquelles s’ouvrent les Glens étroits de Chalmadale et Eis na Bearradh. Au S. se dresse Goatfell, appelé aussi Ben Ghoil, ou la montagne du Yent. Les ruines du Loch Ranza Castle se voient encore sur un
promontoire qui s’avance au S. Ce château , bâti au xrve siècle, se composait de deux tours carrées réunies par des murs élevés ; c’était un des châteaux royaux de l’Écosse.llest détruit depuis longtemps. De ses ruines, près desquelles on trouve une auberge, on aperçoit sur la côte de Cantyre le château de Skipness, éloigné de 5 m.
Walter Scott' a fait, dans le 4e chant du Lord des Iles (stance XIII) , une description poétique de l’arrivée de Robert Bruce au Loch Ranza.
The sun, ere yet bc sunk bchind
Ben Ghoil “the mountain ofthe wind”!
Gave bis grim peaks a grecting kind And bade loch Ranza smiie,
Avant de descendre derrière Ben Ghoil, la montagne du vent, le soleil dora d’un rayon d’adieu ses pics sauvages et lit sourire le Loch Ranza .
Au delà du Loch Ranza, la route, s’éloignant un peu du rivage de la mer, se dirige au S.-E. sur Corrie; il faut s’en écarter à gauche si l’on veut aller visiter à Scriden, c’est-à-dire à la pointe septentrionale de l’ilo, un curieux éboulement de rochers,— il y en a un autre non moins intéressant à 2 m. au N. du Glen Sannox, — et le Cock d’Arran, énorme bloc de pierre bien connu des marins auxquels il sert de signal, et dont le sommet, aujourd’hui détruit, ressemblait autrefois à la crête d’un coq. Avant d’atteindre Corrie, la route traverse le Glen Sannox , séparé du Glen Rosa par une chaîne de montagnes rocheuses, et fermé au N. par Suithi Fheargus, ou le trône de Feargus; au S. par le pic conique du Ciodhua Oigh, ou la poitrine de la jeune fille; à l’E., par Cir Mhor et Ceum na Cailleach. Ce glen est le plus sombre, le plus silencieux, le plus désolé et le plus sauvage de l’ile d’Arran.
Corrie, où l’on trouve une auberge, doit son nom au remarquable vallon ou Corrie, qui s’ouvre derrière lui. Après l’avoir quitté, on laisse à gauche deux blocs do granit tombés des montagnes ; et, à droite , deux petites cascades; on longe la colline de Maolden, Ion dépasse le cap de Merkland, et bientôt on arrive à Brodick, où se termine le tour de Me.
On peut consulter, sur Arran, The Geology of the Island of Arran, by Andrew Crombie Ramsay. — Arran and ifs natural Ilistory , by the Rev. David Landsborough.
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De GLASGOW à OBAX.
Par le canal Crinan.
129 ni. — Balc.ni à vapenr ton* tes jonrs pendant la saison d’été. — Traict rn lin jour (V. les Time Tables). — Pour gagner de 1 II. 30 min. à 2 (i. on prend le chemin de fer jusqu'à Grernock.
26 m. — De Glasgow à Greenock par la Clyde ou par le chemin de fer (F. route 15).
Au delà de Greenock, le bateau à vapeur longe la rive gauche de la Clyde, parsemée de maisons de campagne, et bientôt il arrive à — 3 m. de Greenock, —
29 m. — Gourock (Hôtel : The royal Arms), village de 1,000 hab., situé à l’embouchure delà Clyde, et près duquel, le 21 octobre 1825, la Comète , coulée bas par l’Ayr, perdit70 de ses 80 passagers. On y découvre une belle vue, surtout en allant par terre au pharo Cloch ; on aperçoit, au N., le Loch Long, qui conduit à Lochgoilhead (F. route 23) ; au N.-O., le Holy Loch, au bord duquel une ligne presque ininterrompue de villas réunit Kilmun à Dunoon (F. route 23) ; et à l’extrémité du pro-
montoire qui s’avance entre le Loch Long et le Holy Loch, le village de Strone, très-fréquenté pendant l’été. Quand on a dépassé la tour ruinée do Leven, et le phare Cloch, on voit s’ouvrir, au S., le .Golfe de la Clyde (Firth of Clyde).
Dunoon ( Hôtel : The Wellington) est un village de plus de 2,000 hab., qui voit doubler sa population pendant la belle saison. Les habitants de Glasgow et des rives de la Clyde viennent y prendre des bains de mer et y respirer un air moins saturé de fumée. Son vieux château, au pied duquel on jouit d’une belle vue, était jadis une résidence royale et une forteresse. La famille Argylel’a habité jusqu’à la fin du xvn® siècle.
Après avoir quitté Dunoon, le bateau à vapeur suit la côte occidentale du golfe de la Clyde ; mais on aperçoit sur la côte du comté d’Ayr Ardgowan, puis au fond d’une petite baie le village d 'Innerkip, Kelly House , Wemyss , sur la baie de ce nom, où le Kellyburn sépare les comtés de Renfrew et d’Ayr, et enfin le Château de Skelmorlie, situé en face de l’extrémité de la presqu’île do Cowal, appelée Toward Point. Sur ce promontoire s’élèvent un phare, les ruines de Castle Totvard et le château moderne du même nom. Après l’avoir dépassé on entre dans la baie de Rothesay ; on aperçoit sur la côte orientale de l’île de Bute Mount Steicart, la résidence du marquis de Bute , entouré d’un beau parc ; et sur la rive opposée du comté d’Ayr, on voit s’ouvrir, au delà de Knock Castle et de Brisbanc House , la baie de Largs , qu’un canal étroit sépare de la grande Cumbray. Au milieu de la mer, au-dessus de l’ile de Bute, se montrent, quand le temps est clair, Aisla Craig et les montagnes d'Arran.
45 m. — Rothesay ( Hôtel : The Bute Arms), le cheflieu de l’ile et du comté do Bute, est une petite ville de
234 R0UTB 49. — DE GLASGOW A OBAN.
4,000 hab., très-fréquentée pendant la saison des bains de mer par leshabitants de Glasgow. Les collines qui l’entourent protègent contre les vents d'ouest la baie, en forme de croissant, à laquelle elle a donné son nom ; sa prôpreté, son climat doux et sain , sa jolie situation, ses agréables villas y attirent chaque année de nombreux visiteurs ; les hauteurs qui la dominent offrent de charmants points de vue, et son vieux château, tout couvert de lierre, est l’une des plus belles ruines de l’Êcosse. Ce château, bâti au xi® siècle, fut longtemps une résidence royale ; Robert 111 y mourut. Les soldais de Cromwell y commirent de grands dégâts, et un frère du duc d’Argyle acheva de le détruire en 4685 ; il donne le titre de duc au prince de Galles. A côté de ses ruines on remarque la prison et le tribunal.
L’ile de Bute a environ 48 m.de long et 5 m. de large. Sa partie la plus intéressante est la vallée qui s’étend de la baie de Rothesay à la baie Scalpsie, et qui contient le Loch Fad , sur les bords duquel Kean, le tragédien, a longtemps résidé. En montant sur une éminence gazonnée , à l’O. de Rothesay, on découvre à ses pieds toute cette vallée qui est bien cultivée et plantée en certains endroits de frênes, de hêtres et de sycomores.
En quittant Rothesay, le bateau à vapeur se dirige, au N. -O., vers les Kyles of Bâte, long détroit dans lequel on laisse successivement, à gauche, la baie et le port Bannatyne et Kaims Castle; à droite, Achinwillan , le Loch Slravon, et le Loch Ridden. A l’entrée de ce dernier Loch, à peu près au milieu des Kyles, la petite lie d’Kîangreig porte les ruines d’un château, où le comte d’Argyle avait mis une garnison lors de sa malheureuse tentative en 4685, et qui fut détruit par des vaisseaux anglais. Argyle voulait, de concert avec le duc de Monmoutb, délivrer l’Écosse du fanatisme intolérant de
Jacques II. Arrivé de Hollande avec trois frégates, des munitions et des armes, il choisit Eilangreig pour le centre de ses opérations. Mais, avant son débarquement, la cor ruption avait refroidi le zèle de ses partisans ; son secret était mal gardé ; des divisions d’opinion sur le plan d’attaque causèrent un retard fatal; vaincu sans avoir combattu, Argyle dut fuir presque seul, et des soldats qui le cherchaient l’arrêtèrent à Inchinnan, près de Renfrew. Envoyé à Édimbourg, il fut condamné à mort et exécuté avec la Maiden (guillotine écossaise). Avant son exécution on lui fit souffrir les plus durs outrages, pour lui rappeler les cruautés exercées contre Montrose, et dont on prétend qu’il avait été le témoin triomphant ( V. Édimbourg, page 48 ).
Au sortir des Kyles of Bute, entre le cap Ar diamant à l’O., et la baie d ’Ellerick à l’E., on découvre, au S., l’île ou Inch Marnoch et les hautes montagnes d’Arran, et, après avoir doublé Ârdlamont Point, on se dirige, au N., vers le Loch Fyne, laissant à gauche la petite île Slate et la presqu’île aride do Cantyre que l’isthme de Kilcalmonell réunit à celle de Knapdale ( V. route 21 ). Les coteaux de Cowal sont aussi désolés et aussi monotones que ceux de Cantyre.
72 m. — A East Tarbert ( V. route 21 ) débarquent les voyageurs qui veulent visiter Knapdale ou Cantyre , ou prendre, à West Tarbert, de l’autre côté de l’isthme, le bateau à vapeur del’ile ù’hlay (K. route 22).
Continuant à remonter le Loch Fyne, on passe près de l’ile Barmore, peu de temps avant d’atteindre, au delà du cap ArdrisbaJg, qui porte le village de ce nom, et à peu de distance du gros village de i.ochgilpbead (Hôtel : Ardrishaig Arms), l’entrée du
85 m. — Canal Crinan (Crinan Canal). Ce canal, qui traverse, dans sa partie supérieure, la presqu’île de
Cantyre, abrège de 200 m. environ (aller et retour compris) le trajet de Glasgow aux îles de l’ouest , car avant sa construction (1810), tous les bâtiments qui avaient cette destination étaient obligés d’aller doubler, en s’exposant souvent à de grands dangers, le Mull de Cantyre. Il a 9 milles de longueur et 3 mètres de profondeur. 1 5 écluses en règlent le nivellement ; malheureusement, les bâtiments d’un fort tonnage ne peuvent point y passer. Sept ans après son ouverture, c’est-à-dire en 1817, des réparations indispensables en nécessitèrent la fermelure. Une espèce de vers, destructive des bois de charpente, avait rongé les portes des écluses ; ses bassins s’étaient envasés. En neuf mois, l’entrepreneur chargé des travaux et auquel on avait accordé un an le rendit à la navigation. Il faut de trois heures et demie à quatre heures pour le traverser, malgré la dextérité et la promptitude avec laquolle se fait le service des écluses. Au delà de la première écluse, on laisse, à droite, Lochgilphead et Kilmorxj Castle; puis se succèdent, à gauche, Oakfield House ou Auchindarroch , la ferme de Craiglass , les hameaux de Cairnbaan, Cairndhu Dell et Tyna Lechan ; à droite, s’étendent de vastes marais, baignés par l’Add et ses affluents. Enfin, un peu au delà du village do Ballanoch, on sort du canal pour entrer dans le Loch Crinan (94 m. de Glasgow).
A la pointe septentrionale du Loch, ou plutôt de la baie de Crinan, Duntroon Castle, vieux château modernisé, attire de loin les regards. Après l’avoir dépassé, on laisse, à droite, le Loch Craignish , bras do mer parsemé d’îies boisées ; et, à gauche, on aperçoit Scarba, Jura , aux montagnes coniques (V. route 22), et Islay (F. route 22). Entre Jura et Scarba s’ouvre le gouffre fameux de Corryvrekan, dont on entend le bruit à de grandes distances, et qui a déjà englouti un nombre
considérable de navires. Ce gouffre doit son nom à un prince norvégien, Vrekan, qui s’y perdit. A la marée montante, l’Océan s’y porte avec une violence extrême ; et, par un gros temps, la résistance qu’il éprouve soit des rives prochaines, soit des roches cachées sous ses flots, cause une tourmente redoutable. Des abîmes se creusent de toutes parts. La vague, arrivée sur leurs bords, y descend de toute sa pesanteur comme un torrent. Refoulée, elle remonte, et, rencontrant celles qui la suivent , elle se résout avec un fracas horrible en nuages épais chargés d’écume. C’est un effroyable tumulte, un spectacle affreux, un danger que les petites embarcations ne bravent jamais impunément.
Le bateau à vapeur, longeant la côte de l’Écosse, laisse, à droite, les îles de Shuna et de Luing. Quelquefois il passe dans le détroit qui les sépare. L’île de Shuna est plantée de bois, dont la verdure contraste avec l’aridité et la nudité de celles qui l’entourent. L'ile de Xiuing est, comme la plupart des Hébrides, une riche ardoisière. Ses carrières sont à fleur d’eau. A son sommet, on aperçoit les restes d’un fort ; elle a un petit port qui se nomme Kilchattan , et qui est situé vis-à-vis du Melford Loch. Le marquis de Breadalbane, son propriétaire, en tire, dit-on, un revenu considérable. Les bateaux qui passent par le détroit de Luing, c’est-à-dire de l’autre côté de l’ile, laissent, à gauche, Scarba, Lunga , Balnahuay, et plus loin, à l’O., les îles Garveloch et l’ile de Mull.
Le détroit de Cuan (3 m. de long) sépare la pointe septentrionale de l’ile Luing de la pointe méridionale de l’ile Seil, qui, à l’E., communique, à Clachan , avec l’Écosse, par un pont, et à l’O. de laquelle sont les deux îles ardoisières d’Easdale et d’inish.
Au delà du cap Ardincaple, Ben Cruachan apparaît
au N.-Ev au fond du J^nch Feochan. Cette baie dépassée, on s'engage dans le Détroit de Kerrera. L’île qui lui donne son nom a 4 m. de long et 1 à 2 m. de large. Son sol est volcanique ; on y trouve deux bons mouillages, Ardintrive et Horse-Shoe-Bay. Vers le milieu du xme siècle (1249', ce dernier vit mourir le roi Alexandre II, qui y avait réuni une flotte contre les Danois. Son extrémité méridionale est couronnée des ruines du château danois tiylen, ancienne résidence des Mac Dougals do Lorn, détruit par les Campbells, qui, pour se venger de l’hospitalité accordée à un de leurs ennemis, s’en emparèrent de force, l’incendièrent et en massacrèrent les habitants.
129 m. — Oban ( Hôtels : TheCaledonian, The King’s Arms, The Argyle) est un petit village moderne, — il a été fondé en 1713, — situé sur le détroit du Mull, au fond d’une baie demi-circulaire, qui porte son nom, et que l’île de Kerrera abrite contre les vents d’ouest. Audessus de la ligne blanchâtre de ses maisons à deux étages, s’élève une jolie église libre (Free Church) avec une tour basse d’architecture normande, surmontée d’un élégant clocher. Dunolly Castle, vieux château couvert de lierre, ancienne résidence des Mac-Dougals de Lorn, descendants du puissant Somerled des Iles, couronne un rocher isolé qui forme le promontoire septentrional de la baie, et qui n’est accessible que d’un seul côté. Au N. de Dunolly Castle, on peut aller visiter les ruines du vieux Château de Dimstaffnage, dont on trouvera la description dans la route 24.
Oban est très-fréquenté pendant l’été et l’automne. On vient de toute l’Écosse y prendre des bains de mer, car l’air y est tellement sain qu’on le recommande aux malades ; et c’est en quelque sorte le centre où viennent aboutir, et d’où rayonnent, toutes les lignes des bateaux
ROUTE 20. — DE LOCHGILPHEÀD A OBAN. 239
à vapeur de l’ouest. Durant la belle saison, un bateau à vapeur part d’Oban tous les jours pour Glasgow et pour Fort William ; tous les deux jours pour Inverness, 3 fois par semaine pour Staffa et Iona ; 2 fois par semaine pour Skye; 4 fois par semaine pour Stornoway. En outre, il en part tous les jours deux voitures publiques pour Glasgow, l’une par le Loch Lomond, l’autre par Inverary.
D'Oban a Inverary (roule 23}. — An lac Loroond (roule 21'. — A Iona, Stafla e| Muil (roule 45‘. — A Skye (roule AG) au Fort William el à Inverness (roule 47). — A Stirling (route 31). — A Perlli (route *3).
De LOCUGILPI1EAD Ù OBAN par terre.
A4 ni. environ. Roule de voilure peu intéressante, qui ne doit être suivie que par les personnes que la traversée du Crinan Canal à Ohan effraierait eu cas de mauvais temps.
Iiochgilphead (F. route 47, page 235).
8 m. — A Kilmartîn, on remarque les ruines du château de ce nom, et on rejoint la route de Crinan. 4 m. plus loin, on laisse à gauche les ruines du château du Carnassary .
46 m. — Barbreck.
24 m. — Au delà de Kilmelford, situé à l’extrémité du Loch Molford, le pays que l’on traverse devient de moins en moins cultivé.
33 m. — A K-ilmiuver, on longe la rive méridionale du Loch Feochan ; puis, après avoir franchi le ruisseau qui verse dans ce loch celle du Loch Nell, on laisse à droite la route qui conduit directement, par Lorn, au bac du Connel (4 4 m.), et de ce bac au’fort William (F. route 48)
43 à 44 m. — Oban(F. route 49, page 238).
240 ROUTE 21. — DE LOCIIGILPHEAD A KIELS, ETC.