‹ Itinéraire descriptif et historique de l'EcosseChapitre 33 sur 75 · SD · texte numérisé non relu

SD

De I.OCHGILPIIEAD : à a KIELS, b à CAMPBELLTOWN et au MCLL DE CANTYRE.

o.— I KIELS.

17 m. i/a Roule de voilure.

Après avoir traversé le Crinan Canal (7. route 19), et dépassé (5 m.) Ballanoch ( V . route ï 9), on se dirige au S. -O., puis au S., au milieu d’une presqu’île étroite qui est baignée, à l’O., par le détroit de Jura; à l’E., par le Loch Sivin. Durant ce trajet qui n’offre aucun intérêt, on ne voit pas le Loch Swin, si ce n’est près de l’auberge de — 11m. 1/2 — TayvilKch. Un bac conduit de Kiels à Laggs, dans l’ile Jura (F. route 22), qui n’en est éloignée que de 8 m. 1/2.

b. — A CAHPBELLTO WS et au «DLL DE CANTYRE.

1« Parla côte occidentale de Cantyre.

50 et 60 m. roule de voilure. — On ue peut sc procurer de char qu’à Lochgilpheud et à Campbelltown. Les piétons ne devront pas s'éloigner de la route parce qu’ils s’exposeraient ù trouver des terrains trop marécageux.

La longue presqu’île du comté d’Argyle, qui s’étend du Crinan Canal, au S., jusqu’au Mull de Cantyre, est divisée en deux parties inégales par un isthme étroit resserré entre le West Loch Tarbert et YEast Loch Tarbert. Sa partie septentrionale se nomme Knapdale, sa partie méridionale s’appelle Cantyre. La rive orientale de Knapdale, que suit la route de voiture décrite cidessous, n’offre rien d’intéressant. La rive occidentale devrait donc lui être préférée par les piétons ; car, en

ROUTE 24 . — DE LOCHGILPHEAD A KIELS, ETC. 241

s’embarquant sur le Loch Swin à North Knapdale (10m.de Lochgilphead), on peut venir débarquer près des ruines du Château de Svin, ou Sueno, ancien château royal, jadis très-fortifié, puis, visiter, à Erlan More , petite île située à l’entrée du Loch Killisport, les restes d’une très-ancienne chapelle et d’une cellule voûtée, d’architecture normande, qui contiennent un sarcophage sculpté, et près desquelles on remarque un autre sarcophage de pierres unies, et les débris d’ure croix.

On compte 12 m. 1/2 de Lochgilphead à East Loch Tarbert. Après avoir traversé le Crinan Canal, la route, fort monotone, passe à Ardrishaig, près d’Inverneil House, à Crins, à Mucroy, et devant Bar more Ifouse. last Tarbert est un pauvre village bâti sur des rochers entièrement nus, et dont les habitants ne vivent que des produits de la pèche. On y trouve deux auberges. Le Loch qui porte son nom n’est qu’une baie du Loch Fyne. On chercherait en vain, dans toute l’Écosse, des rivages plus nus, plus inanimés, plus tristes, plus monotones. Le seul objet qui attire les regards, dans cet affreux désert, sont, à l’E. du village, les ruines do Tarbert Castle, bâti par Robert Bruce (?) pour mettre ce pays à l’abri d’une attaque des Irlandais.

L’isthme qui sépare East Loch Tarbert du West Loch Tarbert, s’appelle Kilcalmonncll. 11 n’a que 1 m. 1/2 de large. 10 minutes après avoir quitté les rochers et les marécages d’East Tarbert, on découvre West Loch Tarbert, longue baie aux rives gazonnées, et quelquefois boisées, aux nombreux promontoires, et tout parsemé de petites îles. West Tarbert n’est pas un village, mais une jetée avec un quai, construite pour l’embarquement ou le débarquement des marchandises et des passagers; car chaque semaine un bateau à vapeur, parti de Port Askaig à Islav (K. route 22), touche à West

242 ROCTE 24. — DE LOC1IGILPHEAD A KIELS, ETC.

Tarbert (23 m.), et, pendant la belle saison, ce bateau correspond avec un autre steamer qui fait un service régulier entre East Tarbert et Glasgow. Le West Loch Tarbert a 40 m. de longueur. Les collines qui le bordent sont généralement cultivées. On remarque à droite, en le descendant, Escairt Ilouse , Dumnore et Ardpatrick, et, à gauche^ Dippen Cottage, Stonefield House, Grassfield, Kilhammaig et Kintarbet. A peu près à moitié chemin (48 m.), près de Stonefield House, et du village de Laggavoulin , est l’auberge de Whitehouse, où le chemin se bifurque ; celui de droite, indiqué ci-dessous, suit la rive occidentale de Cantyre; celui de gauche (b. n° 2, page 244) va longer la rive orientale.

Au delà de (22 m. 4/2) l’Auberge de Skinikell, située près de l’extrémité du West Loch Tarbert, on découvre, à l’O., les montagnes des ilesd’Islay et de Jura, la table de Gigha et l’ile de Rathlin sur la côte d’Irlande, et on cotoye, entre les sables de la mer et une chaîne de collines rocheuses de 30 à 60 mètres de haut, une petite plaine large d’un 4 /2 m., et couverte de pâturages naturels ou de champs cultivés. On y trouve successivement 29 m. 4/2. — Clachan Tajanloan (auberge).

36 m. 4/4. — Clachan Barr (auberge).

48 m. 4/4. — Dunmore (auberge).

Une quatrième auberge a été établie à l’extrémité septentrionale ( 43 m. 4/4) de la baie de Mackerihanish, bordée de brisans dangereux, et, d’où, se dirigeant au S.-E., on gagne, par une petite vallée fertile, large de 2 m., élevée seulement de 42 mètres au-dessus du niveau de l’Océan, qui a dû y passer autrefois, et appelée le Laggan ou Ho w de Cantyre ,

60 m. — Campbeiitown, bourg royal, ville de 7.000 hab., située au fond d’une baie commode et sûre, abritée par une jetée artificielle qui réunit à la côte septentrio-

nOI'TE 21. — DE LOCHGILPHEAD A KIEL8, ETC. 243>

nale de la presqu’île la petite île de Davar. Sa principale industrie est la fabrication du whisky, aussi ne cultivet-on que l’orge dans les environs. On y compte de 25 à 30 distilleries. On remarque sur la place du marché une des plus grandes et des plus belles croix de pierre du Cantyre , qu’on dit avoir été apportée dlona. Elle a pour patron Kilkerran, qui introduisit le christianisme dans ce pays, au vie siècle, et dont on voit encore le tombeau du côté sud de la baie, près du château du même nom. Ce château, fortifié par Jacques V, en 1536, dans son expédition contre les Macdonalds et autres chefs insoumis, fut repris après son départ par son ancien possesseur Macdonald, qui pendit le gouverneur en vue de la flotte royale^

Campbelltown a été le siège primitif de la monarchie écossaise. La paroisse s’appelait autrefois Dalruadhain, parce qu’elle avait renfermé la capitale du royaume Dalreudinien, ainsi appelé de Cairbre Ruadh ou Cairbre le Rouge , fils de Conan II, roi d’Irlande, le chef de la Colonie des Scols, qui émigra d’Irlande, au m® siècle, et qui s’empara du Cantyre, après avoir assassiné Oscar, le fils d’Ossian. Expulsés de leur conquête, les Scots revinrent au ve siècle dans le Cantyre, et l’un de leurs chefs, Fergus, y fonda la monarchie écossaise. Son royaume était borné, au N. par celui des Pietés, à l’E. . par celui des Bretons Strathclyde, dont la capitale était Balclulha, aujourd’hui Dun-Barton ou I)un-Briton.

Un bateau à vapeur fait un service régulier ( 2 fois par semaine), entre Campbelltown et Ayr (K. route 16); il touche à Arran (F. route 18). De Campbelltown à Glasgow on ne paye que 7 sh. 1re classe, 5 sh. 2* classe, et 3 sh. 3e classe (bateau à vapeur et chemin de fer).

On peut de Campbelltown aller visiter le MuH ou promontoire de Cantyre (10 m., 60 m. de Loch-

2 U ROUTE 24. — DE LOCHG1LPHEAD A KIELS, ETC.

gilphcad), mais cette excursion n’ofTre rien d’intéressant. A Ballychastle , on trouve un bac pour l’Irlande. A l’E. du phare s’élevait autrefois le vieux château de Dunaverty, où Angus Og reçut Bruce fugitif. En <647, le général Leslie y assiégea un corps de 300 Irlandais, qui étaient venus au secours de Montrose, les força de se rendre à discrétion, et les fit mâ'ssacrer. A 3 m. environ du rivage, près de ce château, entièrement détruit aujourd’hui, on remarque Sanda, le lieu de rendez-vous des flottes Scandinaves. Un grand nombre do chefs norvégiens et danois ont été inhumés dans le cimetière voisin de la vieille chapelle, dont on voit les ruines sur cette ile de 4 m. I /2 de long et de 1 /2 m. de large.

Les Transactions of the Cambridge Camden Society (part. 2 et 3) contiennent un remarquable travail de M. Howson sur les antiquités ecclésiastiques du comté d’Argyle.

2o Par la côte orientale de Cantyre.

CO m. \/'i. II u’y a aucune espèce de rou’.e entre Ea»t Tnibcit et Skipncss.

< 2 m. 4/2.— East Tarbert ( V. ci-dessus page 244).

4 8 m. — Whitehouse ( V. ci-dessus page 242 ).

23 m. 4/2. — Clunaig (auberge). Si l’on veut visiter le château de Skipness, il faut remonter, à 2 m., la céto au N.-E. Ce château, le mieux conservé de l’Argyleshire, à l’exception de Kilchurn, est entouré d'un mur de 2 mètres d’épaisseur, 4 0 mètres de hauteur et 4 35 mètres de circonférence. Sa tour principale de quatre étages est encore habitée. A peu de distance, près des ruines d’une chapelle, se voit une telle croix sculptée. Cour House est située entre Clunaig et

32 m. 4/2. — Grogport (auberge).

ROI TR 22. ISLAV, -CRA ET COLOXSAY. 2i5

36 m. 1/2.— Carradcll (auberge). Près do Carradell House, les ruines du fort Danois, appelé le Caslle of AirJ, couronnent un rocher qui domine la mer. Au delà de Carradell Kirk, on passe à peu de distance du, chateau moderne de Torrisdale.

Sadell [bonne auberge). L’abbaye dr>

badell date du xii* siècle. Elle avait il mètres de long et près de 8 mètres de large. Ses cloîtres formaient une cour carrée contre lune des ailes. Deux châteaux qui portent son nom s’élèvent à côté de ses ruines. Lo plus ancien est habité par quelques familles pauvres.

7 m. plus loin, on passe devant les ruines de l’église de h’ilkouslan avant d’arriver à

oO m. 1/2. Campbell town ( F. ci-dessus p. 242).

60 m. 1/2. Mull of Cantyro( F. ci-dessus p. 243).

routie sa.

ISLAY, JURA et COLO.YSAY.

ISIH.

33 m. ,1-East Tarl.ert. Bateau à vapeur. {V. le» Time Table,).

Après avoir traversé l’isthme qui sépare East Loch Tarbert de iV est Loch Tarbert, 2 m. (F. route 21), on s embarque à West Tarbert, et, au sortir de West Loch Tarbert, 10 m., on se dirige à l’O. sur Port Askaig, 23 m. (35 m. de East Tarbert), où l’on débarque. Durant ce trajet, on laisse au N. ou à droite l’ile de Jura, qui, en face de Port Askaig, n’est séparée d’Islay que par un détroit de 4 m . de largeur.

L Ile d’Islay, l’une des Hébrides, a environ 30 m. do long et 24 m. de large dans sa plus grande largeur. Une

246 ROUTE 22. — ISLAY, JURA ET COLONSAY.

large baie, Loch-inrDcial, qui s’ouvre au S., s’avance de <2 m. dans l’intérieur des terres, et lui donne une forme très-irrégulière. Elle n’a pas de montagnes proprement dites, mais elle est couverte de collines plus ou moins élevées, surtout à l’E., au N. et à l'O. Les produits de son sol, généralement fertile et bien cultivé, dépassent en quantité et en qualité ceux des autres Hébrides. Elle élève un grand nombre de bœufs, de moutons et de chevaux ; ses côtes sont très-poissonneuses. On y exploitait autrefois avec profit des mines de plomb aujourd’hui abandonnées. Sa principale industrie est la fabrication du whisky, car ses distilleries payent chaque année des sommes considérables à l’État. Malheureusement elle ne possède pas do forêts qui puissent mettre ses villages à l’abri du vent, et elle a trop souvent à se plaindre de l’humidité. Sa population s’élève à 13,000 habitants, qui parlent en grande partie le gaélique. Enfin elle se divise en 3 paroisses, Killarroiv, Kilchoman et Küdalton. Le gouvernement y a bâti 3 autres églises ; et l’église libre d’Écosse y a déjà fait construire 3 édifices destinés au culte. 6

La capitale d’Islay, la petite ville do Bowmore, est située à 1 1 m. de Port Askaig, à l’extrémité du Lochin-Daal, sur sa rive orientale. On compte, en outre, dans Plie quatre villages : Portnahaven, 25 m. de Port Askaig, à l’extrémité occidentale de l’ile, près de la Point of Rhinns, Port Ellinor et Laggavoulin sur la côte orientale (13 et 15 m. de Bowmore), et port Charlotte, sur le bord N. -O. du Loch-in-Daal.

Quand le siège de la monarchie écossaise eut été transféré de Canlyre à Forteviot dans le comté de Perth au ixe siècle, les îles et les côtes occidentales de l’Écosse furent conquises par Ilarold Harfager, roi de Danemark, qui y établit un vice-roi dans l’ile de Man. Au commen-

ROUTE 22. — ISLAY, JURA ET COLONSAY. 247

cernent du xne siècle, Somerled, chef puissant de Cantyre, épousa Effrica, fille d’Olaus, le vice-roi de l’ile de Man, se déclara indépendant dans le Cantyre, et conquit Argyle, Lorn et quelques îles qu’il réunit à son royaume. A sa mort ses fils se partagèrent ce vaste domaine. Celles de la terre ferme, à l’exception de Cantyre, échurent au cadet, nommé Dugal, l’aïeul des Mac- Dougals de Lorn ; Réginald, l’aîné, d’où descendirent les Lords des Iles, hérita des îles et de Cantyre. Pendant trois siècles, leurs descendants conservèrent ces possessions, tantôt comme princes indépendants, tantôt comme tributaires de la Norwége, de l’Écosse, et même de l’Angleterre. Les rois d’Écosse ne parvinrent à les dominer complètement que vers la fin du xve siècle et dans les premières années du xvi®. Or, Islay fut la principale résidence de ces célèbres et redoutables vassaux, et plus tard d’une branche de la famille du grand Macdonald, le plus puissant peut-être des Lords ou Rois des Iles. Ces Macdonalds, qui, au commencement du xvu* siècle, furent supplantés par les Campbells, avaient une garde d’honneur de 500 hommes divisés en deux corps : le premier de ces corps, appelé Ceathamaich , se composait des insulaires les plus grands et les plus robustes ; seize d’entre eux, nommés Buannachan , suivaient leur seigneur partout où il allait, même à la promenade. Ils jouissaient de certains privilèges, dont leurs compatriotes avaient tellement à se plaindre, qu’un jour un nommé Macphail, s’en étant emparé par un stratagème, les décapita et s’enfuit en Irlande avec ses fils. Le second corps s’appelait Gillean-Glasa ; les hommes qui le formaient étaient chargés de défendre les forteresses de leur seigneur, dont la plus grande et la mieux fortifiée était Finlagan.

Les châteaux de toutes les Hébrides, construits tous

248 ROUTE 22. — ISLAY, JURA ET COLONSAY.

sur un môme plan, n’étaient réellement que des habitations de guerre ; une fois les clans désarmés et la paix établie dans les lies de par la loi , ces habitations incommodes furent successivement désertées par les lairds, qui aujourd’hui logent tous sans exception dans de jolies maisons bien distribuées qu’ils ont bâties dans la plaine, au pied du rocher au haut duquel s’élevait le château. v Bien des causes, dit M. Frédéric Mercey, se réunissaient pour rendre ces châteaux inhabitables. Us étaient suspendus, en quelque sorte, à do hautes pointes de rochers, au sommet de monts qu’il fallait péniblement gravir. Comme les matériaux ne pouvaient que difficilement se transporter à ces hauteurs, on les avait ménagés. La plupart de ces châteaux ne se composaient donc que d’une tour massive à laquelle étaient accolées une ou deux tours plus petites. La tour principale était divisée en trois étages au plus ; ses murs avaient dix pieds d’épaisseur à leur base, et à peu près cinq pieds d’épaisseur vers le sommet. Des fenêtres étroites étaient percées dans ces lourdes murailles. Un escalier en colimaçon conduisait d’un étage à l’autre; le haut de la tour était recouvert d’un toit en pierre en forme de toit de pigeonnier; des créneaux, et quelquefois, dans les constructions plus considérables, d’étroits mâchicoulis couronnaient ces tours. Ces mâchicoulis servaient au jet des poutres ferrées, du plomb fondu ou do l’huile bouillante que la garnison précipitait sur les assaillants au moment do l’assaut. Ils dominaient d’ordinaire la porte et les pontslevis, car l’assaut se donnait toujours de ce côté, les fenêtres étant trop étroites pour livrer passage au corps d'un homme, et les créneaux trop élevés pour que des échelles pussent y atteindre. L’escalier, construit en pierres, afin qu’on ne put y mettre le feu, était placé dans l’un des coins de la grosse tour. La garnison occu-

BOUTE 22. — ISLAY, Jl’RA ET COLONSAY.

paît le dernier étage et le rez-de-chaussée de ces édifices. La famille du laird se tenait dans l’étage du milieu que défendait un double mur ; ces demeures étaient donc sombres, étroites, et on ne peut plus incommodes. Un grand puits, des caves creusées dans le rocher, et au fond de ces caves un cachot, telles étaient les dépendances de ces châteaux. Une trappe donnait entrée dans le cachot au fond duquel on descendait le prisonnier par une échelle ou avec une corde, do façon à ce qu’une fois la corde et l’échelle retirées, il fût impossible d’en sortir.»

Au xviii* siècle (4760), une escadre française, commandée par l’amiral Thurot, vint se ravitailler à Islay, et paya généreusement tout ce qu’elle consomma; mais douze ans plus tard, le fameux corsaire Paul Jones y fit une descente et y captura le paquebot de West Tarbert. Enfin, en 4813, le 4 octobre, un pirate américain, qui depuis a été arrêté, jugé, condamné et exécuté, eut l’audace de pénétrer jusqu’au fond de Loch-in-Daal, et mit le feu aux bâtiments marchands qui se trouvaient à l’ancre dans le port Charlotte. La perte fut évaluée à plusieurs millions.

On compte 11 m. de Port Askaig au chef-lieu de l’ile, Bowmore. Dans ce trajet, on laisse, à gauche, l’église et le presbytère de Kilmenny (4 m.), et 3 m. plus loin, on atteint l’auberge de Bridgend , d’où l’on découvre Islay House, appelée par les habitants de l’ile The MVhite House , et le loch in 2>aal, jusqu’à la Point of Rhinns. En revenant de Bridgend à Port Askaig, après avoir visité Bowmore, on peut aller visiter le Loch rinlagan, à 5 m. au N.-E. d’Islay House, et 3 m. de Port Askaig. Sur une île de ce lac se voient encore les ruines de la principale forteresse des Macdonalds.

Bowmore, située à 3 m. de Bridgend, au S. O., contient une population de 1,000 à 1,200 habitants. Elle ne

250 ROUTE 22. — ISL.VY, JURA ET COLONSAY.

fut fondée qu’en <768. Du haut de la colline qui domine sa rue principale, on découvre un beau point de vue sur Islay liouse et le Loch-in-Daal. De petits bâtiments côtiers peuvent charger et décharger leurs marchandises le long de son quai, qui est solidement construit. Ses principaux édifices publics sont son église et son école.

Si on ne se contente pas de cette excursion à Bowmore, on peut aller jusqu’à Portnahaven (47 m. de Bridgend), station des pécheurs de morue, petit port de 60 maisons, situé au fond d’une petite baie, qu’une île, sur laquelle on a construit un phare, met à l’abri des vents d’ouest. Dans ce trajet, on traverse, au delà de la baie de Sunderland, le village de Port charlotte. Enfin, de Portnahaven on peut revenir à Bridgend, en suivant la côte du N.-O., et visiter ainsi, outre la grotte de Saneymore , près de laquelle ÏExmouth s’est perdu, le 27 avril 4847, avec 240 passagers et son équipage, le Loch Gruinard, sur les sables duquel les Maedonaids d’Islay et les Macleans de Mull se livrèrent, en 4598, un combat sanglant. Cette excursion, de Bridgend à Portnahaven et de Portnahaven à Bridgend, peut se faire en un jour avec un bon poney et un guide actif.

Dans la partie S.-E. de l’ile d’Islay, on visite la baie de Laggan ; le château ou fort de Dun Aidh, bâti sur le rocher qui forme l’extrémité occidentale de la Point of Oe ou Kcanmoulh ; la grotte de Stoc Mhaol Doraidh, accessible seulement en bateau et par un beau temps ; Port Ellinor; Laggavoulin et A rdmore House.

Page 1