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elles tombaient comme la neige un jour de Noël. Beaucoup d’Écossais furent tués, et peut-être que, comme à Falkirk, les archers eussent décidé la victoire, si Bruce, qui avait prévu ce danger, no les eût fait charger par un corps de cavalerie d’élite qu’il tenait en réserve dans cette intention, et (fbi s’avança sur eux au grand galop. Ces archers n’avaient pour toute arme que leur arc et leurs flèches, qui leur devenaient inutiles lorsqu’on les attaquait corps à corps. Les cavaliers écossais en tuèrent un grand nombre et dispersèrent le reste. La superbe cavalerie anglaise s’approcha alors pour soutenir * les archers et attaquer l’armée écossaise. Mais, parvenus à l’endroit où le sol était rempli de trous et de fossés, les chevaux s’abattirent, et leurs cavaliers, tombant les uns sur les autres, furent tués sans pouvoir se défendre ni se relever, accablés comme ils l’étaient sous le poids de leur armure. Le désordre se mit dans les rangs de l’armée anglaise, et le roi d’Écosse, profitant du moment, les attaqua avec toutes ses forces réunies.
« Un événement bizarre décida la journée. Les domestiques et les conducteurs écossais s’étaient retirés, comme on l’a dit plus haut , derrière Gillies Hill. Mais , lorsqu’ils virent que leurs maîtres allaient remporter la victoire, ils s’armèrent de tout ce qu’ils trouvèrent sous leurs mains, et sortirent de leur retraite, afin d’avoir aussi leur part do gloire et de butin. Les Anglais, les voyant débusquer tout à coup, prirent ce ramas confus pour un corps d’armée qui venait soutenir les Écossais, et perdant tout courage, ils ne songèrent plus qu’à se sauver de leur mieux ; Édouard lui-même s’enfuit du champ de bataille à bride abattue. Douglas, à la tête d’un corps de cavalerie, le poursuivit jusqu’à Dunbar ; Patrick , comte de March, gouverneur de cette ville, qui tenait encore pour les Anglais, recueillit
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Édouard et lui procura un bateau de pêcheur, sur lequel ce prince réussit à gagner l’Angleterre. »
Jamais, ajoute Walter Scott à ce récit, ni avant, ni depuis cette époque, les Anglais ne perdirent de bataille plus complète que celle de Bannockburn, et jamais les Écossais ne remportèrent de victoire plus éclatante. Une foule de seigneurs et de gentilshommes, l’élite de la noblesse d’Angleterre, restèrent sur le champ de bataille ; un plus grand nombre encore furent faits prisonniers; en un mot, toute cette armée du roi d’Angleterre, la plus belle qu’on eut encore vue, fut entièrement détruite ou dispersée. Après cette grande défaite, bien loin d’être en état de soutenir leurs droits prétendus sur le royaume d’Écosse, ni d’envoyer des armées pour lo soumettre, comme ils- l’avaient fait pendant près de vingt ans, les Anglais réussirent à peine à défendre leurs frontières contre Robert Bruce et ses vaillants soldats.
D’après la tradition, l’étendard royal fut planté dans une pierre percée d’un trou rond et appelée The Bore- Stone. On montre encore sur la petite éminence de Brocks Brae, au S.-O. du village de St. Ninians , un fragment de cette pierre, entouré d’une grille de fer.
A 1 m., à l’ouest de Bannockburn, se livra, en 1488, la bataille de Sauehieburn, dans laquelle Jacques III fut battu et tué par les nobles de son royaume. Au milieu du tumulte de la mêlée, Jacques III, déjà effrayé par certaines prophéties dont l’accomplissement lui semblait certain, perdit, tout à coup la tète et s’enfuit du côté de Stirling. Son cheval l’emporta vers un moulin, et épouvanté par une cruche posée à terre, se jeta de côté et le désarçonna. Les gens du moulin vinrent le relever, car il était sans connaissance, et le mirent au lit. Lorsqu’il reprit ses sens, il pria ses hôtes delui amener un prêtre. La meunière lui demanda son nom. « Ce matin j’étais
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voire roi, » lui répondit-il. La pauvre femme courut à la porte et se mit à crier : » Un prêtre, un prêtre pour le roi. » « Je suis prêtre, » dit un inconnu qui passait. Il entra, s’agenouilla auprès du lit et demanda à Jacques si ses blessures étaient mortelles. « J’en puis revenir si je suis bien soigné, répondit le roi, mais avant tout, je veux me confesser et recevoir l’absolution. Voilà qui te donnera l’absolution, » s’écria l’inconnu, et, tirant un poignard, il en frappa le roi au cœur ; puis il chargea le cadavre sur son dos et l’emporta sans qu’on ait jamais pu savoir ni qui il était ni ce qu’il en fit.
St. Ninians , ou comme on l’appelle plus communément, St. Aingans, est un beau village situé à < m. environ de Stirling. Les Highlanders firent sauter en <746 sa vieille église qui leur servait de poudrière, mais par un hasard singulier le clocher resta debout. Une église nouvelle a été bâtie près de ce clocher si miraculeusement conservé.
42 m. — Stirling (Hôtels: The Royal Hôtel, The Golden Lion ), bourg royal , chef-lieu du comté de ce nom, ville de 8,000 hab., est située près de la rive droite du Forth, sur une éminence qui domine au loin les plaines de la basse Écosse, et dont son château couronne l’extrémité occidentale. Sa position rappelle celle d’Édimbourg. On peut y visiter des fabriques de tapis et de tartans, ses écoles, ses hôpitaux, le musée agricole de MM. Drummond et quelques édifices publics indiqués ci-dessous ; mais sa principale, et on peut le dire, sa seule curiosité est son château.
Le Château do Stirling, l’un des quatre châteaux de l’Écosse qui, aux termes de l’acte d’Union, doivent être constamment fortifiés et gardés, n’offrirait par lui-même aucun intérêt s’il ne rappelait aucun souvenir historique, et si de ses remparts on ne découvrait pas une des plus
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belles vues de l’Écosse. On ne trouve dans son enceinte que trois ou quatre bâtiments réguliers, transformés en casernes et qui semblent n’avoir jamais eu d’autre destination. La chapelle, construite par Jacques VI, est devenue un arsenal. L’ancienne salle du parlement s’est changée en manège, et les appartements royaux n’ont conservé aucune trace de la magnificence avec laquelle ils étaient, dit-on, décorés. Quant au palais construit par Jacques V, et qui se trouve près de la porte d’entrée, son architecture et ses ornements appartiennent à un genre à moitié grotesque ; il serait impossible de bâtir un édifice plus ridicule et plus laid.
A quelle époque le château de Stirling fut-il fondé? On ne le sait pas d’une manière positive. Au xue siècle, les Anglais le demandèrent et l’obtinrent avec d’autres forteresses, en garantie du payement de la rançon de Guillaume-le-Lion. Si les rois écossais n’en firent, pas leur résidence habituelle avant l’avénement des Stuarts, du moins ils y tinrent leur cour et leur parlement. Jacques Ier l’habita après sa longue captivité en Angleterre. Ce fut là qu’il essaya de rétablir l’empire et le respect des lois, d’apaiser l’esprit d’insubordination que la noblesse entretenait parmi le peuple, de dompter les nobles eux-mêmes, et de rendre à la couronne le prestige qu’elle avait perdu. D’abord il y avait mis la prudence, la lenteur et la mansuétude qui le caractérisaient ; et, comme il n’y réussissait point, la rigueur qu’il y voulut employer lui coûta la vie. Les nobles, conjurés contre lui, le surprirent dans Perth et l’y massacrèrent. Cette fin tragique n’intimida point son fils, Jacques II. L’abaissement des barons, que son père avait tenté, à l’exemple de Robert Bruce, il se proposa de le consommer. Le huitième comte de Douglas, William, était à la tête des opposants : appelé à Stirling , il s’y rendit , avec un sauf-conduit
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qu’il avait exigé. On voit la chambre où le roi lui donna audience. Leur entretien s’échauffait par degrés. Jacques II pressait son interlocuteur de rompre la ligue qu’il avait formée, et, comme il refusait péremptoirement, « De par le ciel, mylord, s’écria-t-il, si vous no voulez pas rompre la ligue, voilà qui la rompra ; » et en disant ces mots il lui enfonça son épée dans la poitrine. Quelques jours après, les frères de la victime s’emparaient de la ville do Stirling, qu’ils livraient au pillage ; mais ils ne purent pas se rendre maîtres du château.
Ce fut du château de Stirling, sa résidence favorite, où il n’admettait que rarement les nobles, que Jacques III partit pour aller se faire battre et égorger à Sauchieburn ( V . ci-dessus page 291).
L’infortuné Jacques IV y naquit, et il y est enterré. Jacques V y reçut la couronne, ainsi que Marie Stuart. Jacques VI y fut baptisé, et Buchanan y commença son éducation. Sous la république, i! fut assiégé par Cromwell et par Monk. En -1745, le prince Charles Édouard, à qui la ville s’était rendue, l’assiégea en vain ; l’arrivée du duc de Cumberland le força de se retirer dans les Highlands.
L’arsenal du château de Stirling contient, entre autres curiosités historiques, une chaire dans laquelle Knox a souvent prôché.
La vue qu’on découvre, du haut des remparts du château de Stirling, jouit d’une réputation méritée. A l’E. , coule le Forth, grossi par les affluents qui s’épanchent de son double rivage. La vallée qu’il arrose est peuplée, parsemée de maisons, de campagnes fertiles, fécondées par une culture habile. On le suit des yeux jusqu’à Édimbourg, où il semble déjà, à cause de sa largeur, s’ôtre confondu avec l’Océan. A l’O. , s’étend une valléo admirablement cultivée. Au N., se dressent, au-dessus
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d’une première chaîne de collines , les sommets de Ben Ledi, Ben Vorlich et Ben Loraond. L’horizon est borné, auN.-E., par les Ochill Hills; au S.-E., par les Pentland Hills; au S. -O., par les Campsie Fells.
C'était sur la petite éminence qui s’élève au nord du château, près des Goivling Hills, qu’avaient lieu autrefois les exécutions.
Thou, o sad and fatal tnound,
That oft lias heard the deaUi-axe Sound,
Toi, ô morne et fataleéminence,quias souvent entendu retentir le son de la bâche du bourreau,
dit Walter Scott dans la Dame du Lac. Là, et en vue de leur château de Doune, et de leurs vastes domaines, en 4424, Murdoch duc d’Albanv, oncle du roi, Duncan, comte de Lennox, son beau-père, et ses deux fils, Walter et Alexandre Stuart, furent décapités par l’ordre de Jacques Ier. Robert Grahame, son fils, le comte d’Athol, et plusieurs autres de leurs complices, y eurent la tète tranchée, après avoir expié, dans les tourments les plus horribles, leur participation au meurtre de ce monarque. L’archevêque Hamilton, primât d’Écosse, y fut pendu en 4571. Cette colline, appelée The Heading Hill , ou la colline de la Décapitation, porte aujourd’hui le nom de Hurley-Hacket, parce, qu’elle fut, par la suite, appropriée à un genre d’amusement qui rappelle les montagnes russes. La pente étant rapide et unie, Jacques V et ses courtisans se laissaient glisser, du sommet à la base, dans un siège disposé à cet effet.
Au S., on remarque dans la colline du château une dépression appelée Valley , dans laquelle se donnaient autrefois les tournois; le rocher qui la domino, au S., porte le nom de Roche des Dames ( Ladies iîocfc); là
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sans doute étaient les places réservées. Une ceinture d’arbres verts, superposés les uns aux autres, forme de ce côté une espèce d’amphithéâtre, dont les gradins, demi-circulaires, sont de petits sentiers couverts par le 1 , feuillage. Au S. -O. est le Parc du Roi, entouré d’un mur,
et dans lequel on entretenait autrefois des troupeaux de daims. Enfin, le sentier étroit, escarpé, qui descend du côté de l’ouest dans la ville, s’appelle Ballangcich, mot gaélique signifiant chemin en zigzag. Lorsque Jacques Y sortait déguisé de son palais pour aller surveiller luimôme l’administration de la justice, ou courtiser incognito une Gabrielle , il s’appelait le Fermier de Ballangeich.
Une vaste esplanade s’étend du château de Stirling à la cathédrale, Greyfriars Church , qui s’est assez mal trouvée de ce voisinage. Dans le siège que le général Monk fit du château, il dressa ses batteries au milieu du cimetière de cette église, et la garnison, en ripostant à son feu, cribla de boulets la tour et les toits de la cathédrale. Les dernières cicatrices du vieil édifice datent de 4746, quand le château fit une décharge de ses batteries sur l’église où les rebelles avaient l’insolence de célébrer leur victoire de Falkirk, à une portée de mousquet de la citadelle. Greyfriars Church fut fondée en 4 494, par Jacques IV, etagrandie par le cardinal Beaton ; son architecture est lourde quoique de la seconde époque du gothique. Depuis la réforme elle a été divisée en deux églises, appelées Eastet West Churches. Le comte d’Arran, régent du royaume, y abjura le catholicisme en 4543, Jacques VI y fut couronné le 29 juillet 4597, et John Knox y prêcha le jour de cette cérémonie.
Au nord de la cathédrale sont les ruines d’un vieux bâtiment, appelé Marr’s Work ou l’œuvre de Marr, parce qu’il fut construit, en 1570, par le Régent, comte
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de Marr, avec les ruines de l’abbaye de Cambuskenneth. La Maison d’Argyle ( Argijle Lodging), bâtie par Sir William Alexander, premier comte de Stirling, dont les armes sont sculptées avec soin au-dessus de la porte, est presque contiguë au Marr’ s Work ; elle sert aujourd’hui d’hôpital militaire.
La Chapelle Épiscopale de Stirling mérite d’être visitée. Une belle Chapelle Presbytérienne a été bâtie à côté.
A l’entrée de Stirling, du côté de l’est, le Forth, traversé par deux Ponts , forme le premier plan d’un charmant paysage ; l’un de ces ponts date de 1298, il est contemporain de Wallace et fut construit en remplacement du pont de bois, situé 1 m. 1/2 plus haut, bâti en 857, auquel les Anglais, battus par Wallace sur ce lieu même, avaient mis le feu pour que leurs vainqueurs ne pussent pas les poursuivre. L’autre pont, tout à fait moderne, est aussi commode que l’ancien est étroit et escarpé, mais en revanche il est bien moins pittoresque.
b. — Par LE FOR TB.
50 m. — Bateau à vapeur plujicurs fois par jour ( V . les Time Tables ) partant deJGranton Pier ( V. page 88) oii conduit un chemin de fer et relâchant à Queensferry, Charleslon, Bownesi, Kincardinc et AUoa. Trajet en 3 h- Prix : 2 sh.
Le Golfe du Porth ( Firth of Forth), qui a de 15 à 20 m. de large à son ouverture dans la mer du Nord, n’en a déjà plus que 6 à 7 entre Leith ou Granton Pier et Burntisland. Au delà de Leith il se rétrécit peu à peu jusqu’au détroit qui sépare South Queensferry de North Queensferry, et qui n’a que 1 m. 1 /2 de large ; puis il s’étend de nouveau avec une largeur moyenne de 2 à 3 m. jusqu’à Alloa, où d’un beau lac il devient un beau fleuve qui se transforme insensiblement en une rivière ordi-