ROUTE 35. — D’ EDIMBOURG A PERTH
crteff, de l’autre côté de laquelle on découvre une belle vue sur Perth et sur ses environs.
33 m. — Perth (P. route 35, page 328).
l)’él>IMBOUI\G à TEKTH
a par Stirling, b par Kinross et Loch Leven, c par Bcrntisland.
a. — Par STIRLING.
75 m. — Ch emin de fer,— EmbarcadérnauWaverleyBridgo 4 départs par jour. — Trajet en 3 h. — Prix : l,e classe, 8 sh.— 2* classe, 6 sli. 6 p.— 3* classe, 5 sh.
42 m. — D’Édimbourg à Stirling (F. route 28).
33 m. — De Stirling à Perth (F. route 34).
b. — Par KINROSS et LOCH LKTEÎI.’
44 m. — Route de voiture. — Depuis rétablissement des, chemins de fer il n’y a sur cette route de service public que d’Edimbourg à South Queonsferry 3 et A départs par jour, 10, Princes Street ( V , les Time Tables). — On peut aller aussi à South Queensferry par les bateaux à vapeur ( V . route 28).
On sort d’Édimbourg par le Dean Bridge (F. page 77), et on laisse, à droite, Dean Home, Craigleith Park, et, à gauche, Ravelston, Craigcrook et Corstorphine Hill, avant d’atteindre
4 m. — Bamton, village où l’on remarque la belle propriété du môme nom, et au delà duquel on traverse
5 m. — L’Almond Water, sur le pont do Cramond. Près de Haues Inn , on remarque, à droite, Dalmeny Park et les ruines du château de Dundas.
9 m.— South Queensferry [Hôtel: New Hall) (F.
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route 28). Huit fois par jour un bateau à vapeur passe de South Queensferry à
10 m. 1/2 — RTorth Quecn*ferry, petite ville située sur la rive opposée du Forth.
12 m. 1/2 — Inverkeithiog, bourg royal, petite ville maritime, compte 3,200 habitants. Sa baie est très-sûre, et un beau quai borde son port. On y fabrique uno grande quantité de sel. De la colline qui la domine, on découvre une belle vue sur Édimbourg.
17 m. — Aux Crossgates , on laisse , à droite, la route qui conduit à Kirkcaldv, et, à gauche, celle qui mène à Dunfermline, éloignée d’environ 3 m. (K. route 33); puis on traverse l’embranchement du chemin de fer qui relie Alloa à Thornton.
19 m. — Cowden Beath inn. A u delà de cette auberge, on traverse l'Ore et la Kelty Water, puis
25 m. — Le Gairney, et on côtoyé le Loch Leven, avant d’arriver à
27 m. — Kinro** ( Hôtel : The Salutation), petite ville de 3,000 habitants environ, chef-lieu du comté de ce nom, située sur la Leven, un peu au-dessus de son embouchure dans le Loch Leven.
De Kinross à Burntialand 15 m. [V. roule 28), au Crook of Devnn, au Moulin du Diable et à Stirling {V. route 32), à Dunfermline (fr. route 33).
Kinross House, située sur un promontoire qui s’avance dans le lac, est une grande et élégante maison, bâtie en 1685 par Sir William Bruce, le célèbre architecte.
Le Xoch leven, bordé, à l’E., par les Lomond Hills, au S , par la Binnarty Hill, à l’O. et au N., par uno vaste plaine , a 1 0 à H m. de circonférence. Ses truites sont renommées. Il contient quatre îles : la principale, l’île Serf, située près de son extrémité orientale , est
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ainsi nommée, parce qu’on y avait bâti un prieuré dédié à saint Serf ; celle qui porte les ruines du fameux château de Loch Leven se trouve à peu près au milieu, en face de Kinross. On ignore l’époque do la fondation de ce château. En <334, une armée anglaise y assiégea en vain la garnison qu’y avait placée David II. Alexandre III l’habita pendant quelque temps. Il servit ensuite do prison d’État. Patrick Graham, archevêque de Saint- André, et petit-fils de Robert III, y fut enfermé et y mouru^en 1478. En 1542, Jacques Y en fit don à Sir Robert Douglas. Lorsque les nobles écossais, auxquels Marie Stuart s’était rendue prisonnière après sa défaite à Carberry Hill, eurent pris le parti de l’enfermer et do la détrôner, ils lui donnèrent pour prison le château do Loch Leven. Ils choisirent ce château, non-seulement à cause de sa position, mais surtout parce que la royale captive devait y être placée sous la surveillance de la personne qui la détestait le plus, Marguerite Erskine, mère de William Douglas, le possesseur de Loch Leven Castle, et ancienne maîtresse de Jacques V. Autrefois belle, maintenant âgée, toujours dure et altière, la châtelaine de Loch Leven avait eu du père de Marie Stuart un fils qui était à ses yeux le véritable héritier de la couronne d’Écosse. Elle était fille de lord Erskine, et, dans la liberté des mœurs écossaises, elle prétendait avoir été la femme légitime du roi. Elle considérait donc Marie de Lorraine comme lui ayant enlevé le cœur do Jacques Y, et Marie Stuart comme ayant dépossédé Murray du rang et do l’héritage qui lui étaient dus. Au ressentiment de l’orgueil blessé et de l’ambition déçue, s’ajoutaient chez elle les sévères ardeurs d’une piété intolérante. Elle était zélée presbytérienne ; son caractère, ses croyances, sa parenté, ses rancunes, faisaient d’elle une gardienne inexorable de la reine captive.
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Après avoir été obligée de renoncer à la couronne en faveur de son fils, Marie Stuart fut encore soumise à une surveillance plus dure, de peur qu’elle ne s’adressât aux souverains étrangers pour réclamer leur appui, ou qu’elle ne concertât son évasion avec les amis qu’elle conservait en Écosse. « Elle ne pouvait écrire, dit M. Mignet, que durant les repas ou le sommeil de ses gardiens, dont les filles couchaient même auprès d’elle. Mais toutes ces précautions devaient être insuffisantes. Sa beauté, sa grâce, ses malheurs, exerçaient un irrésistible pouvoir sur ceux qui l’approchaient. L’un des fils de Marguerite Erskine, George Douglas, frère utérin du régent, se laissa gagner à sa douceur et toucher par ses afflictions. Bientôt même épris de la séduisante prisonnière, qui ne décou ragea point ses espérances, il résolut de la délivrer. Une première fois, trompant la surveillance de sa mère, il fit sortir Marie Stuart du château sous les vêtements de la blanchisseuse qui lui apportait son- linge à Loch Leven. La captive, ainsi déguisée, avaitfranchi toutes les portes sans être reconnue. Elle était entrée dans le bateau qui devait la conduire sur l’autre bord, où l’attendaient George Douglas, un des Simple et un des Béton. Elle se croyait sauvée ; mais, au milieu de la traversée, l’un des bateliers la prenant pour ce qu’elle semblait être, s’approcha d’elle et voulut, en forme de plaisanterie, soulever son voile. Marie y porta vivement la main, afin do ne pas laisser voir son visage, et le batelier, en apercevant cette main belle et blanche, devina sur-le-champ que c’était la reine qu’il conduisait. Ainsi découverte, Marie fit bonne contenance : elle commanda aux bateliers, sous peine de la vie, de la déposer sur l’autre bord ; mais, ceux-ci, redoutant plus la sévérité du Laird de Loch Leven que les menaces d'une princesse déposée, la ramenèrent dans la forteresse. Après cette malheu-
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reuse tentative du 25 mars, George Douglas avait fui le château, sans s’éloigner toutefois des environs du lac. La prisonnière, désespérant presque de sa liberté, qu’elle avait été si près d’atteindre, passa la fin de mars et le mois d’avril dans les angoisses, devenues plus intolérables, de la captivité. Elle cherchait partout des soutiens, et écrivait à Catherine de Médicis : «J’ai, avec grand’ peine, dépêché ce porteur pour vous faire entendre ma misère et vous supplier avoir pitié de mov. » Le 4cr mai, elle s’adressait à la reine Élisabeth, avec d’ardentes prières, en l’assurant que si elle lui venaiten aide, elle n’aurait jamais une plus affectionnée parente au monde. « Vous pouvés aussi considérer, lui disait-elle, l’importance de l'exemple pratiqué contre moi. » Elle demandait à Dieu de préserver cette reine de toute infortune, et de lui donner à elle-même la patience dont elle avait besoin. Le môme jour, elle conjurait Catherine de Médicis et Charles IX de la secourir, et leur disait : « Si vous ne me tirés d’ici par force, je n’en sortirai jamais.»
« Lorsqu’elle se croyait ainsi condamnée à un emprisonnement sans fin, elle touchait au moment de sa délivrance. George Douglas, mettant à son service un dévouement aussi ingénieux que passionné, n’avait pas cessé d’en chercher le moyen. Resté tout près de Loch Leven, il y avait entretenu des communications avec un page de sa mère, nommé le petit Douglas. C’est à l’aide de ce page, âgé de seize ans, qu’il prépara l’évasion de la reine, que les Seton et les Hamilton, avertis par lui, se tenaient prêts à recevoir à sa sortie du château. Le dimanche 2 mai fut le jour marqué pour cette seconde fuite, mieux concertée que la première, et devant être plus heureuse. Les repas se faisaient en commun à Loch Leven, et, pendant que tout le monde mangeait, les portes et la forteresse étaient fermées, et les clefs
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en étaient placées sur la table à côté du châtelain. Au repas du soir, le petit Douglas, en posant un plat devant le Laird, déroba adroitement les clefs, qu’il couvrit d’une serviette. Il courut ensuite avertir et prendre la reine, qui le suivit sous le costume d’une des femmes attachées à son service. Ils sortirent sans obstacle du château, dont le jeune page ferma aussitôt la porte pour empêcher toute poursuite. Ils entrèrent dans un petit esquif, que le page démarra en toute hâte, et qu’il conduisit à force de rames de l’autre côté du lac. 11 déposa heureusement, sur la rive opposée, Marie Stuart, qu’attendait George Douglas , et que rejoignit, quelques instants après, Lord Seton, placé avec les siens dans un village voisin. En possession de la liberté, et, croyant recouvrer bientôt son pouvoir, elle monta joyeuse et légère à cheval, se dirigea vers l’ouest, et galopa une partie de la nuit. Elle ne s’arrêta qu’à Niddry, résidence des Seton dans le Lothian occidental. Après s’y être reposée trois heures, elle poursuivit sâ route jusqu’au château fort d’Hamilton, où la reçurent l’archevêque de Saint-André, et le Lord Claude, qui était allé à sa ren contre avec 50 chevaux. » (K. Langside.)
Les clefs, jetées dans le lac lors de l’évasion de Marie Stuart, en ont été retirées en 1805 par un pêcheur, et sont déposées à Kinross. On appelle encore Mary’s Knowe, ou l’éminence de Marie, l’endroit où la reine fugitive débarqua sur la rive méridionale du lac.
Le village de Kinneswood , agréablement situé sur la rive N.-E. du Loch Leven, a vu naître le poëte Michaël Bruce, mort à vingt-et-un ans.
29 m. — Milnathort, village à droite duquel on remarque les ruines de Burleigh Castle.
32 m. 3/4. — Damhead inn. Au delà de cette auberge, on traverse les Ochill Hills par la vallée de Glen-
nOlîTE 315. — I>’ EDIMBOURG A PERTI1. 323
farg, à l’extrémité septentrionale de laquelle on laisse, à droite, Ayton House, et, un peu plus loin, Abernethy (F. ci-dessous).
40 m. — Bridge of Earn, village d’où part la route qui conduit aux Pitcaithly Wells , bains minéraux très-fréquentés pendant la belle saison. On découvre une belle vue avant d’arriver à
44 m. — Perth (F. ci-dessous page 328).