C. — Par BURSTISLASD
*5 m. — Chemin île for. —4 déparla par ionr. — Trajet en 3 II. 45 min. — tre classe, 8 sh. — 2* classe, 6 sh. 6 p.— 3* classe, S sli. — 4* classe, 4 sb. 4 p.
3 m. — Granton Pier (F. route 4, p. 88).
A Granton Pier, on s’embarque pour traverser le golfe de Forth sur un des bateaux à vapeur qui font le service de bac. La distance d’une rive à l’autre est do 5 m. Dans ce trajet, riche en points de vue, on laisse, à droite, Inchkeith, îlot qui contient les débris d’un fort construit par les Anglais au temps d’Édouard VI, et quo domine un beau phare élevé de 57 mètres au-dessus du niveau de la mer. On va débarquer à
8 m. — Bumtisland ( Hôtel : The Forth), village de 1,800 hab. Près de sa jetée, où les bateaux à vapeur peuvent, à marée basse, venir prendre ou déposer leurs passagers, on trouve l’embarcadère du chemin de fer. 2 m. plus loin est la jetée de Pettycur. Entre Burntisland et Pettycur, on remarque le précipice appelé King’s Crags, où, le 16 mars 4286, Alexandre III tomba de cheval et se tua sur le coup, accident qui eut les conséquences les plus désastreuses pour l’Écosse. Au delà do Pettycur, les géologues vont visiter des colonnes basaltiques, visibles à marée basse.
40 m. 4/2. — Kingborn, bourg royal do 4,300 hab.,
326 ROUTE 35. — IVKDIMROIIVG A PERTII.
qui donne le titre de comte aux comtes de Strathmore, et au-dessous duquel on aperçoit une tour carrée, dernier débris du château Seafield. On aperçoit, à gauche, la propriété de Raith, avant d’atteindre
1 J m. — Kîrkcaldy ( Hôtel : The George), bourg royal de 5,000 hab., aux rues irrégulières, étroites, mal pavées et malpropres , mais aux fabriques actives et prospères, aux bains de mer fréquentés; patrie de Michel Scott, le magicien, et d’Adam Smith, l’auteur de la Richesse des Nations. A l’E., les ruines du château de Ravenscraig, détruit du temps de Cromwell, couronnent un rocher qui domine la mer, près du village industriel de Pathhead.
15 m. — Sinclaîrtown. Au delà do cette station, on laisse, à gauche, Dunnikier llouse.
\ 6 m. — Dysart, bourg royal de 1 ,500 hab. , très-ancien , était si commerçant autrefois qu’on l’avait surnommé la Petite Hollande. Il exporte actuellement du sel et du charbon. La belle propriété de Dysarl House appartient au comte de Rosslvn. A 2 m. de Dysart, entre West Wemyss, ancien bourg royal à moitié ruiné, et East Wcmyss, habité surtout par des tisserands, se trouve situé le Château de Wenujss , où eut lieu la première entrevue de Darnley et de Marie Stuart. Ce château tire son nom des grottes, en gaélique Wem ou Wemyss, qui s’ouvrent le long de la côte. L’une d’elles s’appelle la Grotte du Roi ( King’s Cave). Un soir Jacques IV, qui voyage.ait seul incognito, s’étant égaré, y entra pour y chercher un abri. Elle était occupée par des voleurs. On lui offrit à souper et il accepta ; mais on apporta une assiette sur laquelle se trouvaient deux poignards. C’était un signal de mort ; il en saisit un dans chaque main, tua deux voleurs, et fut assez heureux pour so sauver. Le lendemain, il revint à la tète d’un corps do
not'TE 3 fi. — n’ÉniMBornc a peatii. 327
troupes et prit toute la bande. Un peu plus loin, on trouve les ruines du château de Macduff , les villages de Buckhax^en et de Methill , et celui de Levcn, situé à l’embouchure de la Leven dans la mer, et au delà duquel s’étend la Baie de Larçjo. Le village qui donne son nom à cette baie a vu naître Alexandre Selkirk , dont les aventures extraordinaires ont fourni à de Foé les principaux incidents de Robinson Crusoé.
Au delà de Dysart, le chemin de fer, s’éloignant de la mer, laisse., à gauche, Gallowton, et traverse l’Ore Water, avant de rejoindre l’embranchement qui conduit par Dunfermline à Alloa ( V . route 33).
18 m. 4/2 — Thomton Junctlon. On traverse le Lochly Water et la Leoen, et on laisse, à droite, Balgonie Castlc et Bal four Ilouse, et, à gauche, Leslie House, entre Thornton et
21 m. — MarkJnch, village au N.-O. duquel on remarque Balbirnie House.
2i m. — Falkland. A 3 m. de cette station, sont les ruines du palais de Falkland. David, duc de Rothsay, fils aîné de Robert III, et héritier présomptif, fut enfermé dans ce château et il y mourut de faim, bien qu’une femme eût essayé de le nourrir de son propre lait. Jacques V, le père do Marie Stuart, y rendit aussi le dernier soupir, en disant, lorsqu’on venait de lui apprendre que la reine était accouchée d’une fille : « Par fille elle est entrée, et par fille elle sortira , » faisant, allusion à la couronne d’Écosse dans la famille des Stuarts. Le château moderne do Falkland est situé au pied de la Lomond Ilill. On l’aperçoit, à gauche, en quittant
26 m. — Kingskettle, station au delà de laquelle on traverse l’Eden.
27 m. — A ladybank, on laisse, à droite, l’embran-
328 ROt'TE 35. — d’édimboirg a perth.
chement du chemin de fer qui conduit par Cupar à Dundee (K. route 37).
29 m. 3/4 — Collessle. Après avoir dépassé InchryeAbbey , Lindores House , et plus loin les ruines de Lindores Abbey, on découvre une belle vue sur la vallée et le golfe du Tay, dont le chemin do fer de Perth à Dundee longe la rive septentrionale (F. route 36). On remarque successivement, en portant les regards du N.-E. au S. -O., Castle Huntly, Errol et Kinfauns.
34 m. 4/4 — Newburgh, village industriel et maritime de 2,500 habitants.
37 m. 4/2 — Abcrnetby, village de 4,700 habitants, ancienne capitale des rois Pietés, et siège primitif de l’archevêché transféré plus tard à St. Andrews. Les Culdees y avaient établi une université. Sa tour ronde, haute de 22 mètres, et semblable à celles de l’Irlande, a beaucoup intrigué les antiquaires.
43 m. — A Bridge of £am, on traverse la roule de terre de Kinross à Perth (F. ci-dessus page 325), et bientôt après on rejoint le chemin de fer de Stirling à Perth (F. route 34), avant do traverser le tunnel au sortir duquel on découvre une belle vue sur Perth et ses environs.
45 m. — Perth ( Hôtels : The Royal George. The Salutation. The Star), ancien bourg royal, ville manufacturière de 23,797 habitants, est située sur la rive droite duTay, au milieu d’une belle plaine, entre deux vastes promenades gazonnées, qui s’appellent les Inches du nord et du midi. Elle a des rues larges et droites, mais scs maisons sont un peu noires. Elle fabrique surtout des cotonnades et des gants, et possède des blanchisseries considérables. Ses principaux édifices ou monuments publics sont: — Y Eglise Saint-Jean, divisée en églises orientale, occidentale et du milieu, et célèbre dans l’histoire d’Écosse (F. ci-dessous) ; — la County Hall, bâtie
ROUTE 35. — DÉDIMBOITRG A PERTIJ. 329
dans le style grec, et derrière laquelle est la nouvelle prison ; — le bâtiment, construit en 1 823, dans George Street, en l’honneur du prévôt Marshall, et contenant, au rez-de-chaussce, la Bibliothèque publique, et à l’étage supérieur, le Musée de la Société littéraire et des antiquaires, fondé en 4748, et l’une des plus riches collections provinciales de l’Écosse ; — Y Asile royal des aliénés , le Gazomètre, la Machine hydraulique, l’Hôpital, le Pénitentiaire établi dans le Dépôt bâti en 4842 pour loger des prisonniers de guerre ; Y Académie, etc.
Un vieux pont de 40 arches, trop étroit, mais long de 272 mètres, traverse le Tay entre les deux Inches. 11 a été bâti en 4772 ; on y découvre une jolie vue sur la ville qui s’étend à l’O., la rivière, plus large que profonde , le port, où ne peuvent malheureusement remonter que de petits bâtiments, le beau pont-viaduc du chemin do fer de Dundee, les deux Inches , la colline de Kinnoul, à l’E., et la colline de Moncrieff, au S.
Lorsqu’Agricola et son armée arrivèrent sur les bords du Tay, ils furent si frappés de la ressemblance que ce fleuve leur offrait avec le Tibre, qu’ils s’écrièrent dans un transport d’enthousiasme : Ecce Tibet! Ecce Campus Martius! Non-seulement Agricola établit son camp sur l’emplacement qu’occupe Perth, mais il y bâtit une ville, qui devint plus tard la capitale de l’Écosse, jusqu’au règne de Jacques III. Plusieurs parlements s’y rassemblèrent , et un grand nombre de familles nobles y résidaient. Son histoire ne manque pas d’intérêt. Les Anglais l’occupèrent sous le règno d’Édouard Ier ; Robert Bruce l’assiégea et la prit ; Jacques Ier y fut assassiné par une bande de conspirateurs, dans le couvent des moines noirs. Le 20 février 4 437, avant la réforme, elle possédait quatre monastères, deux couvents de femmes et un grand nombre d’institutions religieuses, dont il n’existe
330 iioute 35. — d’édimbocrg a pertii.
aucun vestige aujourd’hui. Ce fut dans son église de Saint-Jean que commencèrent ces dévastations qui eurent pour effet la destruction de presque tous les édifices consacrés, en Écosse, au culte catholique. Entraînéo par son penchant naturel et aussi par les instigations de ses frères, Marie de Guise, reine régente, avait résolu de détruire le protestantisme. Vainement ou lui rappelait les promesses qu’elle avait faites en des temps moins favorables. « Il ne faut pas, disait-elle, garder une si exacte mémoire des serments des princes, ni en exiger l’accomplissement rigoureux, à moins qu’il n’entre dans leurs convenances de les tenir. » (1559.) On s’indigna d’une si mauvaise foi. En apprenant que Perth avait accueilli la nouvelle doctrine, Marie ordonna que tous ceux qui la prêchaient fussent mis en jugement à Stirling. Les accusés se présentèrent, suivis de la clientelle qu’autorisaient les droits du vasselage et les privilèges des clans, usage que la faiblesse du gouvernement n’avait pu changer. Effrayée de ce rassemblement, la régente céda sous la condition qu’il se disperserait ; mais à peine eut-elle obtenu ce qu’elle souhaitait, que ses dispositions pacifiques s’évanouirent. Elle retourna à son premier plan. Aucun des accusés ne se rendit à la citation qu’il avait reçue, et un jugement les proscrivit en masse. Knox, qui joignait au fanatisme de son zèlo lo ressentiment des persécutions, qu’il avait essuyées, et de l’exil humiliant que ses partisans venaient de faire cesser, courut à Perth, où s’étaient retirés plusieurs pasteurs ou ministres, et les principaux chefs de la réforme, qu’on nommait la Congrégation. Il voulut partager leur martyre, ou les aider à faire triompher la cause commune. La fermentation produite par la perfidie de la reine et l'imminence du danger étaient extrêmes. Il monta en chaire et prononça une de ses harangues contre l’idolà-
II0UTX2 35. — d’ÉDIMBOURG a l'ERTII. 331
trie, où la raison et l’éloquence avaient moins de part que la véhémenco d’une passion effrénée. « Détruisez le nid, s’écriait-il souvent, et la couvée périra. » Ces paroles excitèrent, parmi les auditeurs, une fureur que fit éclater l’indiscrétion d’un prêtre qui se préparait à célébrer la messe immédiatement après. Ils se précipitèrent dans les églises, renversèrent les autels, déchirèrent les tableaux, brisèrent les statues ; puis, se ruant sur les couvents, en peu d’heures ils les rasèrent au niveau du sol. « Cette insurrection tumultueuse, dit Robertson, ne fut l’effet d’aucun concert ni d’aucune résolution antérieure. Censurée par les prédicateurs de la réforme, et généralement réprouvée par ceux qui avaient le plus d’autorité sur ses sectateurs, et qui leur inspiraient lo plus do confiance, on doit la considérer uniquement comme une explosion accidentelle de l’effervescence populaire. »
Gowrie Hôuse , la maison où se passa cet épisode mystérieux de l’histoire d’Écosse, qu’on appelle la Conspiration Gowrie, n’existe plus aujourd’hui. La salle du Comté est bâtie sur l’emplacement qu’elle occupait.
Pendant les guerres civiles, le marquis de Montroso s’empara de Perth à la suite de la bataille de Tippermuir. Enfin, en 1715 et 17i5, cette ville fut occupée par les Highlanders, qui y proclamèrent roi lo prétendant. Charles Édouard y passa plus d’une semaine occupé à organiser son armée et à jouer au souverain.
Ce fut sur lo Norlli Inch, où ont lieu maintenant les courses de chevaux, que, sous le règne de Robert III, les clans Kay et Chattan se livrèrent ce combat sanglant dont Walter Scott a fait un récit si intéressant dans son beau roman la Jolie fille de Perth,
Les environs de Perth offrent un grand nombre d’agrcables excursions. Il faut surtout, si on veut dé-
332 ROUTE 33. — d’ EDIMBOURG A PERTfl.
couvrir de jolis points de vue, monter sur la colline de MoncrieGT (rive droite du Tay), et sur celle de Kinnoul (rive gauche) ; des routes de voitures y conduisent. Au pied de la colline de Kinnoul est le beau château de Iünfauns (3 m. de Perth), dont le parc offre de délicieuses promenades. On peut aller visiter aussi Methven et Lynedoch ( V . route 43), Dupplin Castle (P. route 3i), Bridge of Earn, Abernethv, Pitcaithly Wells (P. route 35), et enfin, — à 2 m. 1 /2 de la rive gauche de Tay — le Palais de Scone, résidence du comte de Mansfield, qui représente l’ancienne famille de Stormont. C’est un immense édifice moderne crénelé, bâti sur l’emplacement du vieux palais des rois d’Écosse, et dans lequel on conserve, entre autres curiosités historiques, un lit de Jacques VI, un autre lit de velours rouge, brodé, dit-on, par Marie Stuart pendant sa captivité à Loch-Leven, et un lit de parade donné par George II au célèbre Lord Mansfield, des tapisseries de Beauvais, des portraits, etc. La galerie a 48 mètres de long ; elle occupe la place de la salle où les rois d’Écosse se faisaient couronner, sur la pierro do Dunstaffnage, qui est maintenant à l’abbaye de Westminster ( V . route 24, page 272). En 1715, le chevalier de Saint-George se rendit à Scone pour y rédiger des proclamations, et il y préparait son couronnement, lorsque l’approche d’un corps de troupes royales le força de s’éloigner. On découvre une belle vue des fenêtres du salon. L’abbaye de Scone, fondée en 838 par les Culdees, fut détruite à la réforme par la populace de Dundee. En 1115, Alexandre Ier en avait chassé les Culdees pour mettre à leur place des chanoines réguliers de l’ordre do Saint-Augustin. Il n’en rosto qu’uno aile. Quant à la ville do Scone, l’ancienne capitale du royaume des Pietés, et la résidence habituelle des souverains écossais à partir du Kennet, fils d’Alpin, elle ne
compte plus aujourd’hui que 3,000 hab. On y voit en core la vieille croix du Marché.
De Pcrlli à Dundee ( V . roule 36). — A Stirling, 34. — A Invcrncss, 41 — A Alicrdeen, 38. — A Braemar, 39. — A Dunkeld, 41. — A Oban et au Fort William par Cricff, et Loclicarnheail, 43.
De PEnTII à I)U\'DEE.
21 ni. — Chemin de fer. — Embarcadère dan* Princes Slrcol. 6 convois par jour. — Trajet en 4 h. — Prix : 4'e classe, 3 sh. 6 p.— 2e classe, 2 sli. 4 p. — 3e classe, 4 sh. 8 p.
On peut aussi aller de Perlh à Dundee en baleau à vapeur, par le Tay, c’est uu voyage fort agréable.
En quittant l’embarcadère, on traverse le Tay, dont on longe la rive gauche jusqu’à
3 m. — Kinfauns (K. route 35, page 332).
6 m. — Glencarse.
10 m. — Errol, village industriel de 2,880 hab., situé au milieu de la fertile contrée appelée Carse of Gowrie, et près duquel on laisse, à gauche, Meginch Castle. À droite s’étend le golfe du Tay ( Firth of Tay) ; au N., la vue est bornée par les Sidlatv Hills.
42 m. — Inchture, village au delà duquel on voit, à gauche, Castle Huntly.
4 4 m. — Iiongforgan.
47 m. — Invergowrie, village situé au bord du golfe du Tay, que longe le chemin de fer jusqu’à
21 m. — Dundee ( Hôtels : Royal Hôtel. British Hôtel), ville de 78,829 hab., la troisième ville de l’Écosse sous le rapport de la population, fondée par Malcolm Canmore , érigée en bourg royal par Guillaume-le-Lion, et située sur la rive septentrionale du golfe du Tay. On peut y visiter d’importantes manufactures do toiles do
toutes qualités, de toiles à voiles, de bougran, de fil, de cuirs, de cordages, des ateliers où l’on fabrique des machines à vapeur, des fonderies, des chantiers de construction, etc. En 4 850, elle a importé 43,866 tonnes de chanvre, valant 4 ,350,000 liv. sterl., et elle a exporté 600,000 pièces de toile, estimées à plus de 3,000,000 liv. sterl. Ses principales curiosités sont, outre quelques-uns de ses établissements industriels, son port, ses docks, qu’on agrandit constamment, et ses quais, qui s’étendent le long du Tav, sur une longueur d’un mille et demi de l’E. à l’O. En 4850, elle possédait 360 bâtiments, donnant un total de 60,000 tonneaux. En 4849, il était entré, dans son port, 4,924 navires, dont le tonnage s’élevait à 385,095 tonneaux.
Les rues do Dundee sont, en général, étroites et irrégulières, excepté dans les quartiers modernes. La place du marché, ou High Street, est une place carrée, de 4 08 mètres de long sur 30 mètres de large, où viennent aboutir Nethergaie, Seagate , Overgate et Murraygate , les quatre rues principales qui courent de l’E. à l’O., parallèlement au Tay. Castle Street conduit, de l’extrémité S.-E. de High Street, aux nouveaux docks, et contient, entre autres bâtiments, une chapelle épiscopale et un théâtre. A l’angle S.-E., on a construit un élégant édifice dans le style grec, destiné à servir de Bourse. Du côté S., s’élève la Toun Hall, bâtie en 4743, surmontée d’un clocher, et vis-à-vis de laquelle , à l’extrémité septentrionale de la nouvelle rue Reform Street, le même bâtiment réunit l’Académie et les écoles publiques. A l’extrémité orientale, la Trades’s Hall, monument simple, aux pilastres d’ordre ionique, et dont la banque orientale d’Écosse occupe les principales pièces, obstrue l’entrée de Murraygate. Parmi les autres édifices publics de Dundee, on remarque, sur le quai, le
bâtiment qui contient la Douane et V Excise, — VArc de Triomphe royal, élevé en souvenir de la visite de la reine, en 1 844,-^dansTCethergate, les ruines d’une vieille cathédrale, divisée en quatre chapelles, dont trois furent incendiées le 3 janvier 1841, et dont deux ont déjà été reconstruites, — près de cette église, une Tour gothique de 50 mètres de hauteur, — un grand nombre d’églises et de chapelles, un asile d’aliénés, un hôpital, une chambre de commerce, la société des Writers, une institution pour les ouvriers, des banques, des compagnies d’assurances, etc.
Dundee passe pour avoir été la résidence des premiers rois d’Écosse. Elle était entourée de murailles du côté de la mer, et défendue par un château ; mais il ne reste d’autres vestiges de ses fortifications que le Cowgate Port, d’oùWisbart, le martyr, prêcha, dit-on, au peuple, pendant la peste de 1544. Sous le règne d’Édouard Ier, elle fut prise deux fois par les Anglais. Wallace et Robert Bruce la reprirent. Robert Bruce en fit détruire le château sous Richard II ; et , sous Édouard IV, elle fut de nouveau prise et incendiée. Lors de la réforme, elle renonça publiquement, la première de toutes les villes d’Écosse, à la religion catholique, et elle adopta avec tant d’ardeur les principes du protestantisme, qu’on la surnomma « la Seconde Genève ». Montrose s’en empara en 1415, mais les Covenantaires étant accourus à son secours, il se vit forcé de l’évacuer. Monk la livra au pillage en 1651; chacun de ses soldats eut pour sa part 60 liv. sterl.; et un grand nombre d’habitants furent massacrés, car le carnage se continua pendant trois jours.
Du sommet du Dundee Lato, on découvre une belle vue sur l’embouchure du Tay, le pays appelé Carse of Gowrie , les châteaux de Claypotts et de Broughty , Dundee, son port, les deux rives de son fleuve, etc.
Dundee communique avec Perlh par un chemin de fer et le Tay (F. ci-dessus), avec Édimbourg par la mer et un chemin de fer (F. route 37), avec Aberdeen par deux chemins do fer (F. route 37).
D’EDIMBOURG à ABERDEEN a par mer. — b par Dundee. — c par Stirling et Pertii.
a. — PAU S ER.
De* bateaux à vapeur parlent du Granlon Pier 7 à 8 fois par mois. La durée du passage est de 9 heures ; lcjprix d’une place, de 8 >b. aux premières et de 4 sb. aux secondes. — On délivre des billets de retour valables pour 10 jours, moyennant 12 sb. aux premières {V . Jcs 'Time Tables).
I,cs bateaux à vapeur d’Édimbourg à Aberdeen no relâchent dans aucun port, pas même à Dundee, qui est desservie par des bateaux spéciaux partant de Lcith deux fois par semaine (1 sh. 6 p.).
De Granton Pier à Largo, la côte orientale de l’Écosse, en vue de laquelle reste presque toujours le bateau à vapeur, a été décrite dans la route 35, pages 325 et 326. Au delà de Largo, on découvre successivement, — au N. de Upper Largo, largo law, colline de 300 mètres de hauteur, dont le sommet offre une belle vue ; — les trois promontoires do Shooting , Heugh et Kingscraig (co dernier est percé de grottes, et l'une d’elles s’appelle Maciluffs Cave, parce que, selon la tradition, le Thano de Fife s’y serait réfugié pour ne pas être assassiné par Macbeth); — Elie, petite ville habitée par des tisserands; — Elie Housc; Elie Ness; — le village de Wadehaven;
Saînt-Monance, village de pêcheurs possédant une église gothique; — rittenweem , ancien bourg royal de 1 ,200 hab., où l’on remarque une grande grotte et les ruines d’une ancienne abbaye ; — West Anstruther, bourg royal de 400 hab. — East Ansruther, bourg royal de 4,000 hab., — Küreony, bourg royal de 1,500 hab. La côte devient très-rocheuse. En face do Ansruther s’élève, du milieu de l’Océan, l’ile de May. qui a 3 m. de circonférence, et qui n’est habitée que par les personnes chargées de la garde et do l’entretien du phare construit sous le règne de Charles Ier. Elle contient un petit lac, une bonne source d’eau douce et quelques pâturages. On y jouit d’une belle vue sur le Norlh Berwick Law, Bass Rock et la côte du Lothian onental.
Après avoir dépassé Crail, bourg royal, le promontoire appelé East Xculc of Fife et le Carr Rock, sur lequel s’élève un phare en fer, le bateau à vapeur, s’éloignant de la côte, laisse, à gauche, la baie de St-Andrews, et va passer entre l’embouchure du Tay et Bell-Rock (le Rocher de la cloche ) ou Inch Cape Rock, D’anciennes traditions expliquent l’origine de son nom. Elles veulent que les moines d’Arbroath y aient autrefois fait suspendre une cloche qu’agitait le mouvement du flux et du reflux. C’est un massif de grès (à 42 m. delà côte), pareil à celui qui forme le promontoire de Red Head. On lo voit à fleur d’eau à la marée basse. Sa longueur ne dépasse guère 130 mètres, il en a 66 de large. Par un temps calme, les plantes marines qui le couvrent, et dont quelques-unes sont étrangères au rivage le plus proche, le signalaient encore quand la mer était haute. Il n’était pas rare d’apercevoir des phoques couchés sur ce lit de sumbre verdure. Des oiseaux de mer s’arrêtaient aussi fréquemment sur les pics dont il était hérissé ; mais la tempête le rendait invisible. Plus d’une
338 nouTË 37. — u’éuiuuourg a abëiiueen.
fois, le matelot y avait vu s’évanouir l’espoir et la joie du retour ; et le port où il était près d’entrer, disparaissait tout à coup à ses yeux et pour jamais. La tradition rapporte qu’un fameux pirate, qui s’appelait Ralph, fut autrefois victime de sa propre méchanceté. Ayant enlevé la cloche pour jouer un tour à l’abbé d’Arbroath et aux marins qui fréquentaient ces parages, son navire, dans une violente tempête, fut poussé sur le rocher et s’y brisa. Southey a mis cette légende en vers dans son « Ralph the Rover ».
Jusqu’au commencement de ce siècle, on avait regardé comme impraticables tous les plans proposés pour la construction d’un phare sur Bell-Rock; mais, en 4800, le gouvernement chargea l’ingénieur Stevenson de lui soumettre un nouveau projet. D’abord rejeté par le parlement, à cause de la dépense énorme qu’il devait entraîner, ce projet ne fut adopté qu’en 4 806. Stevenson se mit à l’œuvre. Il choisit les ouvriers les plus habiles elles plus courageux do Saint-Andrews, de Dundee, d’Arbroath et des ports voisins, et ne les engagea que sous la condition de rester un mois entier sur le rocher de Bell-Rock, sans retourner à terre. Pendant tout ce temps, ils n’eurent pour demeure qu’une sorte de ponton solidement ancré à la roche et garni de lanternes. Du reste, il leur donna l’exemple. Un jour, ce ponton fut entraîné par un coup de vent. Il portait 32 hommes. Heureusement, la mer se calma et une barque qui venait de la côte les secourut. Stevenson leur fit alors construire un asile solide sur le rocher même. Les travaux préliminaires achevés, le 40 juillet 4808, on posa la première pierre. Dans les jours qui suivirent, plusieurs rangs de larges assises sortirent de terre. Ces assises étaient formées de blocs de granit à leur revêtement, et de grès à l’intérieur ; les blocs étaient joints
IlOUTE 37. — D'EDIMBOURG A ABERDEEN. 339
entre eux à queue d’aronde, et liés par d’énormes barres de fer et de bronze, de manière à ne composer qu’une seule masse compacte d’une solidité à toute épreuve. Dès lors, les travaux marchèrent rapidement; enfin, le 10 février 1811, f éclairage fut achevé et les feux brillèrent au haut de la tour. La dépense totale s’est élevée à 60,000 liv. sterl.
Le phare de Bell-Rock est un' des plus magnifiques ouvrages de ce genre. Il a 33 mètres de hauteur et 12 mètres de diamètre à la base. Les murs du léger édifice, épais de plus de 2 mètres au niveau de l’eau, n’ont pas plus de 50 centimètres au sommet, près de la corniche. Un paratonnerre surmonte la coupole de la tour. Un escalier de bronze, souvent couvert par les vagues, mène de la plate-forme du rocher à la porte de l’escalier intérieur. Les étages inférieurs de l’édifice sont habités par les gardiens. Une belle salle voûtée, qui contient une bibliothèque, des cartes de géographie, quelques instruments de mathématiques et un registre sur lequel chaque personne qui visite le phare doit inscrire son nom et une pensée, a été destinée au logement des curieux qui visitent l’intérieur du phare, et que souvent la mer condamne à une réclusion forcée.
« Durant les gros temps, dit M. F. Mercey, les solides assises de granit de la tour semblent mobiles et tremblantes; l’édifice frémit de la base au sommet, qui semble vaciller dans les airs. Chacune des détonnations des énormes vagues qui viennent se briser contre les murailles, avec le bruit du canon, le fait vibrer comme un tube de verre fragile, et cependant aucun des objets que renferment les différents étages • n’est déplacé par ces secousses qui agissent sur l’édifice entier, comme sur un corps élastique qui plierait et se relèverait tout d’une pièce, mais dont aucune des parties ne se disjoindrait. »
Les gardiens du phare sont au nombre de quatre : trois d’entre eux sont toujours au phare. Chaque gardien reste alternativement six semaines au phare, et deux à terre. Ils ont 50 livres sterling de paye par an. Ils sont nourris et habillés. Un cutter de 50 tonneaux, en station à Arbroath, est chargé de l’approvisionnement du phare de Bell-Rock et de ceux d’Inchkeith et de l’ile de May.
Après avoir dépassé Bell-Rock, le bateau à vapeur laisse successivement, le long de la côte, Arbroath, Montrose, Stonehaven et le château de Dunnottar, etc. (K. route 38).
Aberdeen (U. route 38, page 350).
b. -PU DU X DE K.
d’ÉDIMBDUTiG a dundee.
47 m. — Clicmin do Ter. A départs par jour, — Trajet en 3 h. 25 min. — I’rix : 6 sh., 5 sli. et 3 sh. 6 p.
27 m. — D’Édimbourg à Ladybank Junction ( V . route 35, page 327).
30 m. — Springfield.
32 m. — Cupar, chef-lieu du comté de ce nom, ville de 6,000 habitants, bourg royal, est située sur la rivo gauche de l’Eden. Une belle flèche couronne son église paroissiale.
35 m. 1/2 — Dairsie.
39 m. — leuchars. C’est à cette station que descendent les voyageurs qui veulent aller visiter St. Andrews, ou conduisent des voitures correspondant avec le chemin de fer.
St. -Andrews ( Hôtels : The Cross Keys. The Star Hôtel), est une petite ville maritime de 5,600 habitants, située au fond d’une baie spacieuse; elle possède un