ROUTE 1] BOURG. — NOTRE-DAME DE BROU
gothique, l'extérieur du style de la Renaissance ou plutôt gréco- romain.
La partie la plus intéressante est l'abside pentagonale du xv# s. ou des premières années du xvt*. La chaire est du xviu* s. Une seule chapelle, celle de Saint-Crépin et Saint-Crépinien, a conservé ses anciens vitraux.
Les boiseries de l'abside (68 stalles) sont du xvr s. ; le beau Christ d'ivoire , placé sur la partie orientale, qui date seulement de la fin du siècle dernier, ornait, avant 1789, la salle des États de la province de Bresse; enfin, on peut voir, dans la sacristie, cinq tableaux de l'école allemande du xvi- s.
On construit à Bourg, outre un hoiel de préfecture, un asile d'aliénés dont ou aperçoit du chemin de fer, à la g. de la ville , les vastes bâtiments. — Un obélisque a été élevé sur la place Joubert à la mémoire de Joutert, né à Pont-de-Vaux. — En avant de la promenade hémisphérique qu'on appelle le Bastion , sur la place G recette, a été érigée, le 24 août 1844, me statue en bronze à Xavier Bichat, lui est né à Thoirette, mais qui a fait «s premières études médicales à V hôpital de Bourg. Cette statue passe wec raison pour un des chefs-d'œuvre de David d'Angers. Bichat est représenté debout, étudiant sur un enfant le mouvement de la vie et ayant à ses pieds un cadavre disséqué. Un rouleau de papier, placé au-dessous de l'enfant, porte- le titre de l'un des pnncipaux ouvrages de l'illustre anatomiste : Recherches sur la vie et la mort. —Entre le Mad et le Quinconce cette inscription : Observatoire 17^*2, désigne la maison habitée par Lalande qui était né, comme le rappelle une autre inscription, dans la rue à laquelle on a donné son nom.
L'église de Brou, le monument religieux le plus intéressant que poss^ie cette région de la France , est à 800 mèt. de la ville, dans le faubourg de ce nom. Pour y aller il faut prenla route de Font-d'Ain et passer devant l'hôpital.
Philippe II. duc de Savoie, s'étant cassé un bras à la chasse, en 1480, la duchesse Marguerite, son épouse, fit vœu, s'il guérissait, de bAtir a Brou une église et un monastère de Tordre de saint Benoît. 11 guérit, mais elle ne put pas accomplir son vœu, car elle mourut trois ans après. Ce fut la femme de son fils, Margue rite d'Autriche, qui acquitta la dette qu'elle avait ainsi contractée envers Dieu. Les travaux , commencés en 151 1, furent achevés en l.V>6. Marguerite d'Autriche avait appelé à Bourg les artistes les plus habiles de l'Europe. Elle n'eut pas la satisfaction de voir son œuvre achevée; mais, avant de mourir, elle avait confié la garde et l'entretien de son église àdes moines Augustins de la congrégation de Lombardie, qui habitèrent le couvent voisin de l,'»u6 à lG*)9,etqui eurent pour successeurs en 1669 des Augustins réformés. Ces derniers s'empressèrent de faire dans l'église d'importantes réparations devenues urgentes (en lôol , lors du siège, on avait enlevé sur lacouverture 5676 livres de plomb).
Ils restèrent dans leur couvent jusqu'en 1790. Un décret de l'Assemblée constituante avait classé l'église de Brou parmi les monuments nationaux à conserver aux frais de l'État. Toutefois des dégradations regrettables y fuient commises. Plus tard elle devint un magasin à fourrage , et le couvent fut transformé en une caserne , puis en une maison de détention. Elle n'a été rendue au culte qu'en 1814.
Enfincn 18231e conseil général la céda avec ses dépendances à l'évôque de Belley pour y établir le grand séminaire. Depuis des travaux considérables de consolidation et de restauration ont été exécutés dans l'église , aux frais de l'Etat, avec autant de soin que de goût, sous la direction de M. Dupasquier, architecte de Lyon. Ainsi la façade occidentale a été presque entièrement refaite (les sculptures des galeries nouvelles sont de M. Regembal).
DE PARIS A GENÈVE
Le 17 novembre 1856, des recherches, dirigées par M. Dupasquier, firent découvrir la crypte funèbre où étaient déposés les cercueils de Marguerite de Bourbon, de Philibert le Beau et de Marguerite d'Autriche, sous le pavage môme du chœur qui supportait les trois mausolées. Les trois cercueils, revêtus de plomb, reposaient sur des chevalets en fer. Le plus important, qui était placé au centre, contenait le corps, en bon état de conservation, de Philibert le Beau; le cercueil placé au midi, la dépouille mortelle de Marguerite de Bourbon, sa mère, et enfin le cercueil du nord, celle de Marguerite d'Autriche, épouse de ce prince. Deux autres caveaux, correspondant aux mausolées placés dans le chœur, furent également ouverts; mais ils étaient vides.
L'église de Brou, bâtie dans le style gothique, à une époque où ce style était complètement abandonné partout, a la forme d'une croix latine; elle est longue de 70 mèt. dans œuvre , large de 36 mèt. à la croisée , 30 mèt. à la grande nef, et haute de 20 mèt. sous voûte. L'extérieur n'offre rien de particulièrement remarquable au point de vue architectural. Les ornements, trop nombreux et d'un goût contestable, se distinguent, à défaut de style, par la délicatesse du travail.
Parmi les statues du portail, nous signalerons celle de saint Nicolas de Tolentin, placée sur le pilier qui sépare les deux portes de l'église, et la grande figure de saint André, attribuée à André Golomban , dont elle est le portrait, si l'on doit en croire la tradition. Devant le portail est un vaste cadran horizontal , de forme ovale, où chacun peut voir l'heure qu'il est au soleil, en se plaçant sur la lettre qui indique le mois dans lequel on se trouve; ce gnomon, qui date du xvi» s. , a été reconstruit en 1757 par Lalande.
L'intérieur, composé de trois nefs avec chapelles latérales, présente un aspect plus satisfaisant que l'extérieur.
Il est simple, léger, bien proportionné; mais trop éclairé. Il produirait plus d'effet si les fenêtres étaient ornées de vitraux de couleur. Les anges qui supportent le dais de lu chaire sur lequel est le Christ sont de la princesse Marie. Le jubé a 12 mèt. de largeur et 8 mèt. de hauteur. Malheureusement ses belles sculptures, trop nombreuses, se font trop justement reprocher leur lourdeur. Sept grandes statues de marbre blanc (deux Ecce Homo, saint Nicolas de Tolentin, sainte Monique, saint Augustin, saint Antoine et saint Pierre) décorent la balustrade supérieure. Les stalles du chœur, en bois de chêne, sont ornées d'un grand nombre de statues et de sculptures, d'une exécution et d'une variété vraiment admirables. V autel, moderne, a été sculpté en marbre blanc de Carrare par deux marbriers de Lyon , MM. Jamey et Bernard , d'après les dessins de M. Pollet, architecte. Les quinze statues en bronze doré, représentant le Sauveur, avec les douze apôtres , et les deux évangélistes , saint Marc et saint Luc, ont été fondues à Paris, d'après les modèles d'un statuaire de Lyon, M. Legendre Hérald, et dorées à Lyon par M. Saulnier, inventeur et seul possesseur du secret de la dorure qui porte son nom.
Les principales curiosités de l'église de Brou sont les mausolées du chœur.
Le premier, à dr. , surchargé de sculptures remarquables, est celui de Marguerite de Bourbon. La statue de la princesse , en marbre de Carrare , couchée sur une table de marbre noir, vêtue de son manteau ducal, la couronne sur la tête, ayant à ses pieds une belle levrette, a le visage tourné du côté de Philibert le Beau, dont le tombeau s'élève au milieu du chœur.
On admire surtout la délicatesse des ornements, feuillages, chiffres, rameaux, niches, etc., et, parmi les statues, celles des pleureuses.
Le mausolée de Philibert le Beau est le plus beau des trois ; l'artiste
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