‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 103 sur 865 · ROUTE 1] NOTRE-DAME DE BROU. — PONT-D'AIN · texte numérisé non relu

ROUTE 1] NOTRE-DAME DE BROU. — PONT-D'AIN

qui l'a exécuté se nommait Conrad Meyt. Le prince, représenté vivant sur la table principale, quoique couché, revêtu de son armure et de son manteau ducal, la tête appuyée sur un carreau d'une riche broderie, le pied gauche sur un lion, a les mains jointes et inclinées du côté de Marguerite de Bourbon, sa mère, et la tête tournée vers Marguerite d'Autriche, son épouse. Nous signalerons surtout à l'attention particulière des visiteurs les Génies qui l'environnent.

Douze piliers, trop chargés d'ornements d'un travail exquis , surtout ceux qui contiennent des sibylles, soutiennent la table de marbre noir sur laquelle cette belle statue est étendue. Dans l'espace qu'ils entourent, la figure du prince mort , étendu sur un suaire, recouvre une autre table de marbre noir. Cette statue est un chef-d'œuvre d'expression, de modelé et de fini.

Le troisième mausolée , celui de Marguerite d'Autriche, se trouve placé à la porte g. du chœur. Comme les deux autres, il est surchargé d'ornements, mais la perfection de la sculpture fait oublier ce manque de goût. Il présente trois faces. On y remarque sur une corniche la devise de la princesse : Fortune , infortune, fort une, souvent répétée dans l'église. Marguerite d'Autriche y est représentée, comme son époux, rivante et morte.

Près du mausolée de Marguerite d'Autriche s'ouvre la chapelle de la Vierge, où l'on admire sur l'autel un grand tabernacle, haut de 5 met. 67, large de 4 mèt. , ouvert dans le milieu et divisé sur les côtés en petites niches ou cellules, qui forment trois étages, renfermant chacun en plein relief un mystère de la Vierge. L'Assomption de la Vierge remplit l'ouverture du milieu. Les deux angles de la chapelle, du côté de l'autel, sont décorés de deux grandes figures d'albâtre justement estimées : à g. , saint André, à dr., saint Philippe.

L'oratoire de la princesse avait une ouverture dans cette chapelle.

Les vitraux de l'église de Brou ne sont pas moins admirables que ses sculptures. Ils se distinguent par la beauté des couleurs, par la pureté et la largeur du dessin, et par les sujets qu'ils représentent1. Les plus beaux sont ceux de la chapelle de Garrevod, de la chapelle de Marguerite d'Autriche, du chœur et de la chapelle de Notre-Dame des Sept-Douleurs.

En quittant la station de Bourg, on aperçoit à g. l'église de Brou, et en face la chaîne du Jura; sur la dr. s'étend une vaste plaine un peu nue.

Bientôt on traverse dans une profonde tranchée la forêt de Seillon.

47 kil. La Varrette, hameau de la commune de Tossiat. On se rapproche du Revermont, au pied duquel la Reyssouze prend sa source, et bientôt on en longe la base après avoir traversé le Surand, qui va se jeter dans l'Ain à 3 kilom.

57 kil. Pont-d'Ain (hôt. de V Europe), ch.-l. de c. de 1371 hab., est situé sur la rive dr. de l'Ain, au pied du Mont-Olivier, dont le sommet n'a que 307 mèt. Il doit son nom à un ancien pont remplacé par un pont suspendu de deux arches. On y franchit l'Ain sur un beau pont en pierre de six arches.

62 kil. Ambronay, village situé au pied du Jura, à plus d'un kil. de la station, possède les ruines d'une célèbre abbaye.

69 kil. de Mâcon \ 43 kil. de Lyon ,

1 MM. Didronet Dupasquier ont publié une monographie în-fol. illustrée de l'église de Brou. Les dessins, coupes, plans, vitraux et détails ont été exécutés à Lyon, d'après les travaux de M. Dupasquier, par deux élèves de M. Vibert, MM. Duchéne et Thomassin.

2. Tous les trains s'y arrêtent et y changent de direction, c est-à-dire que la tête du convoi y devient la queue, et la queue la téte. Le service y est donc assez compliqué, et chaque jour des erreurs fâcheuses y sont commises par des voyageurs qui, malgré les écriteaux apposés en téte de chaque train et les avis réitérés

DE PARIS

A GENEVE

f» 10 kil. de Paris. Ambérieux, cherlieu de canton de l'arrond. de Belley (Ain), dont la population est de 2782 habit, , est situé sur la route de poste de Paris à Chambéry . au pied du Jura et au débouché de la vallée de TAlbarine dans la vallée de l'Ain.

Il offre un aspect agréable. Parmi ses nombreuses habitations, le château des Échelles, que son propriétaire actuel, M. Bonnet, a récemment fait restaurer, attire surtout les regards.

La station d'Ambérieux a été établie à peu près à égale distance (1 kil. environ) d'Ambérieux et de Saint- Venis-le-Cliaunson, dominé par une tour carrée, — le uernier débris d'un ancien château détruit par luron, — qui couronne à Hô() met. la dernière ramification du Jura.

un entre dans le Jura par la vallée de l'Alkirine. Bientôt on aperçoit à g. au-dessus de Saint Germain, les ruines du château de ce nom.

81 kil. Saint-Rambert de- Joux.

chef lieu de canton de l'arrond. de Belley (départ, de l'Ain), peuplé de 2ô97 hab., est situé sur la rive dr.

de lAlbarine à sa jonction avec le brevon. be nombreux hameaux en dépendent. Il est fort ancien. Sun ancien château fort, appelé Cornillon, a été démoli sur l'ordre de Henri IV, en lboU, lors de la réunion du Bugey à la France , par le duc de Uiron, comme presque tous les châteaux «.u Bugcy. Un eu voit encore quelques débris, mais il ne reste que des fragments dénaturés et un dais gothique, en terre cuite émaillée , d'une ancienne abbaye de Béuédictins qui se trouvait située à 500 m' t. du bourg actuel, dans le vallon étroit où le Brevon forme plusieurs cascades avant de tourner les

des employés, se trompent de train. On devra donc, si l'on descend de voiture ou si l'on est condamne, par les nécessités du service, à ce qui s'appelle un transbordement, avoir aoin de piendre des renseignements exact».

roues des moulins adossés au rocher derrière l'église de la ville.

Saint-Rambert se distingue dans le départ, de l'Ain par son industrie (filatures de soie et laine, papeterie, fabrique de linge de table, fabrique de faux, etc.).

La vallée de l'Albarine devient encore plus étroite et plus sauvage; ce n'est plus qu'une énorme scissure ou séparation des rochers qui, coupés perpendiculairement , restent presque toujours à une égale distance et dont les couches se correspondent. Leurs plus hauts sommets atteignent 800 met. A dr. et à g., pendant la saison des pluies, des ruisseaux descendus des montagnes forment de jolies cascades.

87 kil. Tenay possède une filature de soie et laine, une blanchisserie <ie toile et des moulins pittoresques.

On laisse à g. PAibarine, qui descend d'un vallon étroit où elle fait plusieurs chutes remarquables.

Pour passer de la vallée de l'Albariue, afiluent de l'Ain, dans la vallée du Khône, le chemin de fer s'engage, en quittant ïenay, au fond d une gorge étroite, aride, sauvage, que traverse aussi la route de poste.

Les eaux qui tombent dans cette gorge, n'y trouvant pas d'écoulement suffisant, y forment trois étangs, dont le plus considérable avoisine le hameau des Hôpitaux. Les deux premiers se déversent dans l'Albarine , le troisième donne naissance au Surand, qui va se jeter dans le Phone.

Près du moulin des Tuffières ou Touvières, une source abondante jaillit d'un rocher, et forme de jolies petites chutes.

101 kil. Rossillm fut jadis, sous les comtes de Savoie, la capitale de Valromay. On y remarque les ruines d'un château, construit vers Pan 1263, au sommet d'un mamelon isolé , par le prince lioniface de Savoie, et détruit par Biron en 1602. Après avoir dominé à une assez grande hauteur la jolie vallée de Surand, où

LE COLOMBIEH. — CULOZ.

serpente la route de Belley, on s'enfonce cJans un tunnet long de 572

et. , au sortir duquel on voit à dr.

le lac de Pugieu.

108 kîl. Yirieu-leGrand est un chef-lieu de canton de 830 hab. , dont les vins sont estimés. Il n'a conservé que des ruines insignifiantes de son vieux château, où Honoré d'I'rfé, baron de Château-Morand (pour qui il fut érigé en marquisat sous le titre de Valromay) , composa la plus grande partie de son célèbre roman de 1'j4itféf.

112 kil. Artemart est un hameau dépendant de la commune voisine ♦l'Ameyzieu; les touristes devront s1 y arrêter, s'ils veulent aller visiter la cascade de Cerveyrieu ou faire l'ascension du Colombier.

La Cascade de Cerveyrieu (1 kil.

du village) est formée par la petite rivière le Seran qui , au sortir d'un étroit canal, tombe de plus de .f>0 m? t. du haut d'une paroi calcaire presque perpendiculaire dans le parc de M. Collet Meygret. Elle est surtout très-forte et très-belle au printemps, après la fonte des neiges ou à la suite de grandes pluies : on l'entend alors de très-loin. Tout pr's de cette chute curieuse, le Groin s'élance avec impétuosité d'une profonde crevasse qu'il s'est creusée dans les rochers et que traverse le pont de Saint-Germain.

Le Colombier est la haute montagne que Ton commence à apercevoir sur la g. du chemin de fer, et dont on va longer la base en la contournant jusqu'à Anglefort. Le point culminant atteint lâ34 mèt. audessus de la mer. Il domine au nord le Signal de Cuerme, qui n'a que 1446 mèt. On y découvre un vaste et beau panorama sur la vallée du Rhône, les lacs du Bourget, d'Annecy et de Genève, le Jura, les Alpes àu Daupbiné et de la Savoie, la chaîne du Mont-Rlanc et les Alpes suisses. Quand le temps est clair, on y voit Lyon très-distinctement.

Il faut environ 8 h. pour aller de la station d'Artemart à celle de Culoz, en passant par le Colombier. Mais, en général, il vaut mieux monter par Culoz et redescendre par Artemart.

On compte 4 h. environ de Culoz au sommet du Colombier. Une trèsbonne route de voitures conduit en 2 h. 30 min. sur un plateau élevé de 1230 m* t., d'ort 1 h. 30 min. suffisent pour atteindre, par un assez bon chemin, le point culminant. Dans cette dernière partie de la montée, on passe par le Signal de Cuerme.

Du reste, le plateau offre déjà une vue admirable. Divers chemins, difficiles à trouver sans guide, descendent du Grand-Colombier à la station d'Artemart.

Pivs d'Artemart on traverse le Seran. Sur la g. , au pied des dernières pentes du Colombier, on aperçoit Ameyzieu, Talissîeu, puis B^»n f où l'on remarque une sorte de château. Sur la dr. s'étendent de vastes prairies marécageuses appelées le marais de Lar ours, où la consolidation de la voie a été sinon difficile, •lu moins longue et coûteuse. Le Jura est traversé; on le laisse derrière soi, et Ton entre dans la vallée du Rhône, au fond de laquelle les montagnes de la Savoie bordent la rive gauche du fleuve. A l'extrémité méridionale du marais, assez près du Rhône, s'élève une masse calcaire isolée haute de 3'27 mèt., au pied de laquelle est le village de Lavours.

D'autres éuiinences semblables, qui ont reçu le nom de molars, attirent les regards du même côté. A l'horizon se montrent les montagnes du Dauphiné et les glaciers de la Savoie.

119 kil. (Ô60 kil.) Culoz, commune de 1453 hab., est située à la base méridionale du Colombier, sur la rive droite du Rhône, à 236 mèt. au dessus de la mer. C'est à la station de Culoz que descendent, pourchanger de voiture, les voyageurs qui vont à Aix-les-Bains, à Chambéry et à Turin ^R. 4).

Digitizatl by^OOgle

DE PARIS A GENÈVE

A partir de Culoz, le chemin de fer prend la direction du nord pour remonter la vallée du Rhône. Le fleuve qui formait sur ce point les limites de la Savoie et de la France, coule dans un vaste lit tout parsemé d'îles, et variant pour ainsi dire chaque jour. On laisse à g. , à la base du Colombier, Angle fort, entouré de riches vergers. On longe ensuite le Rhône sur une digue construite tout exprès pour le chemin de fer. Les regards sont attirés sur la dr. par la gorge étroite et pittoresque d'où sort le Fier pour se jeter dans le Rhône, puis on traverse Seyssel.

135 kil. Seyssel (hôt. de YÉcu de France, poste aux chevaux); ch.-l.

de c. de Parrond. de Itelley (Ain) , dont la population se monte à 1235 hab., est situé sur la rive dr. du Rhône, vis-à-vis de Seyssel, bourg savoisien de 1619 habit., qui borde la rive g.

Un pont suspendu de deux arches réunit les deux Seyssel.

C'est à Seyssel que le Rhône commence à devenir navigable. On y construit chaque année un certain nombre de bateaux et de radeauï.

L'exploitation des mines d'asphalte de Pyrimont-Seyssel y répand aussi une certaine activité.

De Culoz à Seyssel, le chemin de fer a nécessité la construction de plusieurs chaussées destinées à le mettre à l'abri des inondations du Rhône, dont il rétrécit quelquefois le lit trop étendu. Au delà de Seyssel le fleuve coule dans un vallon rocheux qu'il a creusé lui-même et qui, en certains endroits, ne laisse à l'homme aucun passage possible entre ses parois, escarpées. De nombreux et difficiles travaux d'art ont dû y être entrepris pour y ouvrir un chemin aux locomotives. Dans cette partie du trajet on a constamment en face de soi la belle montagne du Credo, dont le sommet atteint 1624 met., et qui de loin semble fermer la vallée du Rhône. Avant de passer devant l'embouchure des Usses, on re-

marque sur la rive dr. l'église de Bassy et le château de Don. A 5 kil. environ de Seyssel, au-dessous du village de Chanay, les ruines pittoresques du château des Dorches dominent une jolie cascade. Un peu plus loin, une courbe du chemin permet d'apercevoir le beau viaduc en tôle qui franchit la Vézéronce, et dont l'arche princicipale, haute de 37 mèt., n'a pas moins de 50 mèt. d'ouverture.

La traversée du viaduc de la Vézéronce ne dure pas assez longtemps pour qu'on puisse contempler à" loisir, sur la g.» la jolie chute que fait ce torrent; sur la dr. on n'a aussi que le temps d'apercevoir les mines d'asphalte de Pyrimont , où une station a été établie, car, la Vézéronce franchie, on s'enfonce dans un premier tunnel, le tunnel de Surjoux, long de 152 met. et creusé dans des terrains mobiles dont la consolidation a exigé de longs et coûteux travaux.

Une tranchée lui succède. Quand on en sort, on voit tout près de la voie une grotte peu profonde, creusée par la nature dans les rochers qui bordent le Rhône , et devant laquelle tombe une petite cascade. Les dépôts de cette cascade ont produit un cône pierreux et poli. Sur la dr. , on domine à une plus grande hauteur — le chemin de fer monte jusqu'au souterrain du Credo — le Rhône qui est de plus en plus encaissé. Une autre petite cascade attire les regards sur la rive g. Mais déjà on entre dans la tranchée qui précède le tunnel de Rognes, long de 450 mèt. Au sortir de ce souterrain, on ne revoit le Rhône qu'un instant ; une nouvelle tranchée le dérobe presque aussitôt à la vue.

Les tunneh de Genissiat et de Paradis, qui sont très-rapprochés l'un de l'autre , ont , le premier , 840 mèt , le second, 1025. Les rails y sont à 343 mèt. ; la voûte du premier est à 56 mèt. au-dessous du sol; celle du second à Gti mèt.

Quand on sort du tunnel de Paradis, on revoit à dr. le Rhône , et à g. le

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