‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 107 sur 865 · DE LYON A GENÈVE · texte numérisé non relu

DE LYON A GENÈVE

169 kil. — Chemin de fer. — Trois départs par jour (cinq pour A mbérieux). — Trajet en 4 h. 30 min. et 5 h. — 1'» cl., 18 fr. 80 c; 2# cl., i't fr. 10 c; 3« cl., 10 fr 35 c.

L'embarcadère provisoire du chemin de fer de Lyon à Genève était situé à l'extrémité septentrionale de la ville , sur la rive dr. du Rhône, dans le faubourg Saint-Clair. Maintenant laUgne de Lyon à Genève est reliée dans la gare de Perrache aux chemins de Paris à Lyon, de Lyon à la Méditerranée, de Lyon à Grenoble, de Lyon à Saint-Étienne et au Puy, etc.; une

gare — la gare principale — a été établie en outre aux Brotteaux. Quand on a contourné la Guillotière et les Brotteaux, avant de rejoindre la gare de Saint-Clair, on traverse le Rhône sur un pont-viaduc, long de 304 mèt., et composé de huit arches de 30 mèt. , élevées de 15 mèt. 60 cent, au-dessus des basses eaux.

Le fleuve franchi, le chemin de fer remonte la rive dr. du Rhône, parallèle à la route de poste qu'il laisse à g. Le Rhône forme de nombreuses îles appelées sur ce point (les des Brotteaux. Au delà de Crépieiix , qui appartient déjà au département de l'Ain, on passe devant le château de la Pape, ainsi nommé du jurisconsulte Guy Pape qui l'habita au xv« s. Quand le temps est clair, on découvre à l'horizon, du côté de l'est, le Jura, la chaîne des Alpes et les montagnes du Dauphiné.

1? kil. Miribel, b. de 3139 hab., de l'arrond. de Trévoux (Ain), situé à la g. du chemin de fer, occupe l'emplacement d'un ancien castrum romain. Des ruines de son vieux château, qui couronnent la colline, on jouit d'une vue étendue. A 1 kil. de Miribel, on s'éloigne du Rhône pour longer la route de poste.

22 kil. Beynost confond ses habitations avec celles de Saint-Maurice.

26 kil. Montluel, ch.-l. de c. industriel de 2737 hab. (Ain), est situé au débouché d'un petit vallon arrosé par la Sereine, entre deux coteaux plantés de vignes. Un château moderne, sans style, a remplacé l'ancien château de 1096, dont la tour plus ancienne encore, aurait , dit-on , servi de phare aux Romains, et où l'empereur Sigisraond érigea, en 1416, la Savoie en duché pour Amédée VIII.

Entre Montluel et Dagnieu, dont les maisons se touchent pour ainsi dire, on traverse le Cotey. 3 kil. plus loin , quand on quitte la direction de l'E. pour prendre celle du N. E., on entre dans le bassin de l'Ain, rivière qui se jette dans le Rhône à 8 kil.

GENÈVE

39 kiJ. Meximieux, ch. -l.de c. de Farrond. de Trévoux (Ain), V. de hab., est située au point de jonction des routes de Bourg et de Genève à Lyon, à la g. du chemin de fer. La fondation du château qui couronne Péminence au pied de laquelle elle est assise , et qui a été souvent reconstruit, date de la seconde moitié du xi* s. A 3 kil. environ de Meximieux on traverse l'Ain sur un beau pont de pierre de 7 arches de 22 mèt., puis on s'en éloigne' pour se diriger sur le Jura dont les dernières ramifications viennent former à L'est la rive dr. du Rhône.

47 kil. Uyment, situé à 2 kil. de la station. Les regards sont attirés sur la dr. par le château et le parc de la Servette , et plus loin par la tour de Saint-Denis-le-Chausson. Au delà de Saint-Denis-le-Chausson on traverse l'Albarine et la route de poste avant de s'arrêter dans la gare d'Ambérieux.

52 kil. Ambérieux. (R. 1.)

117 kil. d'Ambérieux à Genève (R. 1.)

169 kil. de Lyon. Genève. (R. 3.)— Buffet restaurant en face de la gare.

Renseignements généraux.

Hotels : de la Métropole, sur le Grand- Quai , 84 , vis-à-vis du Jardin anglais ; un des plus beaux hôtels de la Suisse (belle vue du lac); — Grand hôtel ae la Paix (ouvert en 1865), et l'hôtel du Beau Rivage et d'Angleterre (ouvert en 1865), près de la place des Alpes, sur le quai

— des Bergues, sur le quai de ce nom (rive droite du Rhône), belle vue du Mont-Blanc ; — de VÊcu de Genève, à l'extrémité du pont des Bergues (rive gauche du Rhône), place du Rhône, 2;

— de la Couronne, sur le Grand-Quai, 43;

— Victoria, rue du Mont-Blanc, t 4 ; — d'Angleterre, en face de la gare ; — de la Balance, rue du Rhône, 2; — du Grand- Aigle, rue du Rhône, 48 ; — du Rhône, nie du Rhône, Il ; — du Lion-d'Or, rue du Rhône, 40 ; — du Lac, quai et rue du Rhône, 169*, — de France, place de Longemalle, 4 ; — du Nord (ancienne Couronne)) rue du Rhône, 82 ; — Hôtel garni,

derrière l'hôtel des Postes (bien tenu et prix modérés);— du Mont-Blanc, rue du Rhône (allemand), 64, etc.

Les sept hôtels nommes en téte de cette liste ont à peu près les mêmes prix (3 fr. la chambre et au-dessus; 4 et 5 fr. le dîner, t fr. 50 c. le the ou le café; 1 fr. le service ; I fr. la bougie.) Les prix des autres hôtels, c'est-à-dire des hôtels de deuxième rang sont un peu plus modérés.

On trouve dans tous les hôtels des domestiques de place nommés par l'administration.

A'. B. Les étrangers qui veulent séjourner à Genève peuvent se mettre en pension dans une maison bourgeoise. Une permission de séjour leur est nécessaire. Ces permissions, qui se délivrent à l'hôtel de ville, coûtent de i fr. à a fr. yo c. par trimestre.

Pensions : 80 fr. à 300 fr. par mois. Les suivantes méritent d'être recommandée» :

Mme Busrarlet, quai du Mont-Blanc (belle situation); — Mme Achird-Galland , Grand-Quai, près de l'hôtel d'Angleterre ;

— Mme Pimr.i, Grand-Quai, près de l'hôtel de la Métropole ; — Mme Picaud, rue du Rhône, 31 ; — Mme Bovet, aux Pàquis; — Mme Arhez Deshusxes, 7, place des Alpes.

Cafés : du Nord et de la Couronne ;sur le Grand-Quai ; — de la Métropole (bonne bière de Munich), derrière l'hôtel; — de la Perle, à côté de l'églis? catholique ; — du Chemin de fer, près de l'embarcadère;

— Pesprez, près de l'hôtel de ville ; — de la Poste, rue du Mont-Blanc ; — du Tfiédtre; — Au Cha'et du Mont-Blanc, à l'entrée du quai des Pàquis.

Glaces : dans les cafés, à l'ile Rousseau, au pavillon du Jardin anglais, chez les confiseurs, etc.

Restaurants: en face de la gare; — du Nord, tenu par Decheverens. Grand- Quai, entrée rue du Rhône, 172 (meilleur marché au second qu'au premier ) ; le salon du 1er étage, élégamment meublé, jouit d'une belle vue sur le lac. Déjeuners et dîners à la carte. Salons particuliers ; — llaag, rue du Rhône, 126. Dîners à la carte. Table d'hôte à raidi, I fr. 75 c; à 6 h., 2 fi*.; — Bichter, place de la Fusterie, 73, à la carte; "— Bexson-Lnyrin , rue du Rhône , à la carte et à 'prix fixe, bon et prix modérés; — Longet, rue du Rhône, 92 ; — la Coquille (t fr. 50 c. par diner), place du.Bourg-de-Four, 52 (excellente cuisine) ; — la mère Valloz, rue du Rhône, 20 (bonne cuisine à midi, avec vin, 3 fr. 50 c).

Bains chauds. Marin, me du Rhône, 173 ; — de la Poste, rue du Stand ; — de la Rire, rue du Bourg-de-Four.

Bains froids : quai Neuf de la rive g., près de la jetée ; — Bains flottants sur le Rhône, place de la Petite-Fusterie et quai Besançon-Hugues, aux PAquis, à Plain- Palais et à Carouge.

JV. B. L'Arve est très-froide ; sa température ne dépasse pas en été 11 ou 12 degrés centigrades. En effet, elle ne met que dix-huit à vingt heures pour descendre des glaciers de la vallée de Chamonix, où elle prend sa source, jusqu'à Genève. En outre, elle a une vitesse moyenne de I mèt. 60 c. à 3 mèt. par seconde. Aussi ses eaux sont-elles utilisées par la médecine pour donner de la force aux constitutions affaiblies. On ne fait en quelque sorte que s'y plonger, car on ne pourrait pas y rester plus de deux minutes.

Poste aî:x lettres. Place du Bel-Air; de 7 heures du malin à 8 heures du soir; le dimanche les bureaux sont fermés à 2 heures. — Succursale : rue de Lausanne, près de la gare et à l'extrémité du Grand- Quai, près de l'Entrepôt.

Outre la boite principale, il y a dans les principales rues des boites où Ton fait quatre levées par jour ; mais il faut aller au bureau pour l'affranchissement facultatif ou obligatoire.

Le bureau des télégraphes, au premier étage, est ouvert tous les jours, comme celui de la pot»te aux lettres, de 7 heures du matin à 9 heures du soir.

Messageries kédéhai.es. place du Bel- Air, derrière la Poste.

Chemins de fer. Pour la France et pour la Suisse, gare commune à l'extrémité supérieure de la rue du Mont-Blanc.

Omnibus américain, ouvert en 186a.

Section : Genève, Carouge. A Genève, place Neuve ; à Carouge, place du Rondeau.

Départs tous quarts d'heure : to c. — de Genève à Chénc, ouvert en 1864.

Diligences. — Pour Sallanchcs, Saint- Gervais, Chamonix, Grand-Quai, 10 et 12, Longemalle, 144, et Croix-dOr, 35 ; et pour Aix-les-Bains. par Annecy, place du Bel-Air.

Poste aux chevaux. — Rue du Cendrier, 128, et rue Kleber. - 1 fr. 50 c. par cheval et par poste; 75 c. pour le postillon.

OMNinrs. — Pour : la gare (30 c; 20 c. par chaque colis), — Bonneville, Boége% Longemalle, 17, 2 fois par semaine. — Ferner et Veisoix (irréguliers). — Prix : 5(»o. Station, place Cornavin. — .Vorn#j,

A 8 h 1/2 m. et 6 h. f '2 s. — Prix : 1 fr. 20 c. Station, Croix-d'Or, 11. — Saint- Julien. — Prix : 50 c. Station, Petite-c.orraterie. — Lancy, à chaque heure du jour.

— Prix : 25 c Station, place Neuve, devant le café du Théâtre. — Ch én e 'irréguliers).

— Prix : 30 c. Station, cours de Rive. Voituri s de place. — Les voitures

stationnant sur le quai du Rhône, les places Neuve et du Bel-Air, sont tenues de marcher aux prixûxés par le tarif suivant:

Chaque heure 2 fr 50 c.

Chaque quart d'heure en sus. » 65 Une course dans fa commune

de Genève 1 SO

A'. B. Il est bon de débattre à l'avance le prix de la course ou de la promenade avec le cocher, car ces tarifs, qui ont souvent varié, ne sont pas strictement

exécutés.

Bateaux a vapeur. — Près du grand pont du Mont-Blanc.

Bateaux df. promenade si r le lac— Stations : Grand-Quai, Paquis, Eaux- Vives.

Bat. simp., sans batelier 1 h. <• f. 80

— avec 1 batelier 1*2 »

— à pavillon, avec 1 batelier, t * 3 •

— à voiles, sans batelier.... 1 » 1

— à voiles, avec 1 batelier... 1 » 2 »

Ci ltes. — Culte national réformé. — Temple Saint-Pierre. — Temple de la Madeleine—Temple de la Fnsterie.— Temple de Saint-Gervais. — Auditoire de Saint- Pierre, pour les Allemands. — Culte catholique. — Eglise de Saint-Germain, rue des Granges. — Église Notre-Dame, à Cornavin. - Culte luthérien. — Temple au haut de la rue Verdaine. — Culte angti- C(tfU chapelle, rue du Mont-Blanc. — Ètflixe évantjélique. — Chapelles de la Pélisscrie, de l'Oratoire, de Tabazan.— ftWf« israélite. - Synagogue à Plain-Palais.

— Culte grec. — Eaux-Vives, 8.

Consulats. — Autriche, rue Maurice.

— Belgique, quai des Bergues, tk. — Espagne, place des Bergues, 3. — États-Unis d'Amérique, Corraterie, 14. — franc*, Grande-Rue, 15. — Grande-Bretagne, rue Centrale, 2. — Portugal, Grande-Rue, 15.

— Italie, Corraterie, 8.

Bureau des passe-ports. — A l'hôtel de ville, ouvert de 9 h. du matin à 4 h., et de 9 à 10 h. du soir. Le visa est gratuit.

Librairies. — Beroud , librairie religieuse;^ Cherbuliez, éditions nouvelles de Paris, librairie universelle, guides; Dech'tt eau vieux , librairie cathodique ;

DE PARIS A GENÈVE

GENEVE

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GENÈVE

Garin; Delay, excellent bouquiniste; Desrogis rue du Rhône, librairie française et étrangère, nouveautés en tous genres, guides et itinéraires ; Jnllien frères, librairie classique; Georg, librairie française et étrangère et magasin d'estampes, Corraterie, IO;GishIetti, quai desBergues, 31 ; Mul- Ier Darier, librairie allemande ; Mme Marie Gay^ Marc-Mehling, librairie catholique.

Journal \. — Le Journal de Genève , la Sation suinte, le Messager de Genève, quotidiens : la S'tnaine religieuse, la Démocratie suisse; la Feuille d'Avis de Genève, qui parait trois fois par semaine, est utile à consulter pour les annonces.

Situation et aspect général.

Genève (ail. Genf, ital. Glnevra), la capitale du canton de ce nom, ville (française par la langue) de 41 415 liab., dont 24363 protestants, 16 564 catholiques, 1K* sectaires, et 301 israélites, occupe deux collines d'étendue et de grandeur inégales, séparées parle Rhône, à l'endroit même où ce fleuve sort du Léman, à 375 rnèt. au-dessus de la mer. Six ponts font communiquer le quartier de la rive dr. , appelé Saint-Gervais , avec celui de la rive g. ou la Cité proprement dite.

Genève se compose actuellement de deux villes bien distinctes: la Villeneuve et la vieille ville. La ville neuve, celle qui >*élève sur remplacement des fortifications démolies depuis 1849 et le long des quais, ressemble a toutes les villes modernes. Elle a de larges rues bordées de grandes maisons solidement construites; mais elle manque complètement d'originalité, de caractère, de style. Il n'en est pas de même de la vieille ville qui, entourée de murailles et de fossés, avait dû gagner en élévation cequ'el'ene pouvait plus obtenir en étendue. La colline sur laquelle s'étaient entassées ses maisons, les plus hautes de l'Europe après celles d'£dirnbourg, a conservé jusqu'à ce jour la Genève de Calvin, grave, sombre, austère. Le soir surtout le contraste est frappant.

La température moyenne de Genève est de 10 deg. cent.; elle est

très- variable; toutefois, le climat y est sain, car la vie moyenne est de 41 ans 6 mois.

Avant la Révolution de 1 792. les portes de Genève se fermaient le soir a une heure fixe, et, une fois fermées, on ne les ouvrait plus. Cette consigne changea complètement la destinée de Jean- Jacques Rousseau. « A l'âge de 16 ans, inquiet, mécontent de tout et de lui, sans goût de son état, sans plaisirs de son âge, dévoré de désirs dont il ignorait l'objet, pleurant sans sujet de larmes, soupirant sans savoir de quoi, » Jean-Jacques apprenait l'état de graveur chez un homme brutal et méchant. Un jour il s'attarda hors de la ville; comme il craignait un mauvais accueil de son patron, il prit le parti de quitter sa patrie, et il alla quelques jours après à Annecy se présenter à Mme de Warens.

Quand on arrive à Genève par le chemin de fer, on voit s'ouvrir devant soi, entre l'église catholique à dr. (au delà se trouve V hôtel d'Angleterre) et l'hospice des Orphelins à g., une large rue appelée la rue du Mont- Blanc. Cette rue (hôtel rktoria à g.) conduit au quai du Mont-Blanc, sur lequel s'élève Y hôtel des liergues.

Le pont du Mont-Mans, et le pont des Bergues , divisé en deux parties par l'Ile de J. J. Rousseau , réunissent le quai des Bergues au Grand-Quai, embarcadère ou débarcadère des bateaux à vapeur , le long duquel YÊcu de Genève , la Couronne et Vhôlel de la Mvtropale, *.e disputent l'attention et la préférence des étrangers (de lr* classe).

Histoire ».

Genève (Gen, sortie, ar, rivière, mots celtiques), ancienne ville des Allobroges,

1. On peut consulter sur l'histoire do Genève les excellents ouvrages de Spon, de Bérenger, de Picot, de Thourel, de dlvernois et de pictet de Sergy. Les Chroniques de Bnnnirnrd, imparfaitement imprimées en i»25. vont être publiées par M. Revilliod. — Nous devons aussi une mention particulière à 17/ù/oire littéraire de Genève, par Senebier.

fut conquise par les Fomains, dont elle Mit.it la domination pendant cinq siècles. Détruite par les Barbares en 4*26, elle devint tour à tour aux siècles suivants la capitaledes Bourguignons, des Ostrogoths, des Frank > et du second royaume de Bourgogne ; en 1034, Conrad le Salique la reunit à l'empire, mais elle en resta toujours séparée de fait, les empereurs ayant constitué eux-mêmes les évéques de Genève (Genève avait embrassé le christianisme dès le iv« ou le v« s.,\ princes temporels de la ville. Cette souveraineté des evéques leur fut longtemps contestée par les comtes du Genevois et les ducs de Savoie, et la bourgeoisie profita de ces discordes pour augmenter ses privilèges en soutenant l'un ou l'autre parti; mais, en 1041, le comté du Genevois ayant été réuni à la Savoie, les ducs, devenus toutpuissants, imposèrent à Genève des évéques pris dans leur famille ; dès lors la lutte se continua entre la bourgeoisie et le duc de Savoie, appuyé par les évéques de Genève. Maigre une alliance conclue avec Fri bourg (6 fév. 1508) et bien que le duc de Savoie eût été forcé (1530) de signer la paix de Saint-Julien, par laquelle il reconnaissait les droits de Genève l, les bourgeois de cette ville ne triomphèrent définitivement qu'après lïntroduction de la réforme; avec l'aide de Berne, ils chassèrent l'évéque (1535) et proclamèrent leur indépendance. Calvin arrivant au lendemain de cette « démarche audacieuse et décisive », donna à Genève une forte constitution dont il assura la durée par un système de répression énergique et quelquefois injuste. «Telle fut la considération dont jouit Calvin, dit Henri Zschokke, qu'à la lin rien ne se faisait contre sa volonté ; telle fut la gloire de son génie et tel le respect pour ses opinions, qu'en Suisse, en France et en Allemagne, les réformés furent surnommés les Calvinistes. •

Ce n'est pas ici le lieu d'apprécier l'œuvre et la conduite de Calvin ; nous rappellerons seulement qu'il lit arrêter à Genève, et brûler vif sur le champ du bourreau, ancien lieu d'exécution situé hors des

1. Les Genevois étaient alors divisés en deux factions, les Eidgenossen, alliés par serment (de ce nom allemand, prononcé Higuenos, dérive celui de huguenots, c)ui servit à désigner plus tard les réformés), champions de la liberté civile et religieuse, et les partisans des ducs et des véques surnommés Marne lues.

murs, le médecin espagnol Micfol Sercet, parce que cet infortuné, échappé de prison et s'enfuyant de Vienne en Dauphinc, professait une doctrine différente de la sienne (voir les Martyrs de la libre pensée, par Jules Bami, Genève). Déjà, pour de pareils crimes, il avait dénoncé comme hérétiques et fait exiler Castalsion, Bolsec, Gentilis, Blandrata, Okin, Alciat et plusieurs autres. (V. le livre ci-dessus cité p. 150.)

•Malgré la mort inique de Servet, Genève, devenue la métropole du calvinisme et la Rome protestante, fut le refuge de» persécutés de tous les pays pour cause de religion. Les registres du conseil montrent combien l'affluence y était grande. Ou trouve sous la date du lk octobre 1557, deux cents Français admis ce joQr-là à fixer leur résidence à Genève, cinquante Anglais, vingt-cinq Italiens et quatre Espagnols. Parmi les personnages les plus distingués qui vinrent y chercher un asile, on cite : Clément Marot, qui y traduisit les Psaumes, mis en musique par ordre de Calvin, Théodore de Bèze, François Portus, et le fameux prédicateur écossais, Jean Knox. A partir de cette époque, Genève s'appartint à elle-même et le duc de Savoie essaya vainement de la reconquérir par le hardi coup de main de Y Escalade (11 déc. 160*2), dans laquelle périrent deux cents Savoyards ; mais la paix extérieure qui favorisait le développement du commerce, des arts et de l'industrie, ne put donner à Genève la tranquillité intérieure dont elle avait besoin pour asseoir solidement ses libertés; le gouvernement, démocratique à l'origine, n'avait pas tarde à faire place à une aristocratie jalouse qui concentrait le ponvoiren ses mains; le peuple , réclamant ses droits, essaya de les conquérir par les soulèvements de 1707, 1738, 1762. En 1782, une dernière insurrection amena la chute du gouvernement, rétabli presque aussitôt par la France, Berne et la Sardai gne,qui imposèrent en outre à Genève une constitution restrictive des anciens droits du peuple. Les Genevois se soulevèrent de nouveau en 179*2 ; mais le parti victorieux ne se servit pendant deux ans du pouvoir qu'il avait conquis que pour commettre d'affreuses représailles. En 1795, les partis, fatigues de la lutte, signèrent une adresse dans laquelle ils abjuraient toute vengeance publique et personnelle et qui fut suivie de l'acceptation d'une nouvelle constitution démocratique ; ils n'en jouirent que trois années. Le 15 avril 1798, Genève fut occupée par les Français. Elle devint

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