‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 108 sur 865 · ROUTE 3] GENÈVE · texte numérisé non relu

ROUTE 3] GENÈVE

lechef-lieu du département français du Léman et ne recouvra son autonomie qu'en 1814. Une charte , rédigée par un gouvernement provisoire, fut alors acceptée par la majorité des citoyens, et, le U septembre, ladiète reconnut Genève comme vingtdeuxième et dernier canton. Un article du congrès de Vienne augmenta son territoire de quinze communes détachées de la Savoie, et le traité de Paris y ajouta six communes françaises.

La charte de 1814, contre laquelle eut lieu l'insurrection de 1841 (11 nov.), fut remplacée (7 juin 1843) par une nouvelle constitution votée a la presque unanimité ; mais le parti radical, qui n'avait pu enlever au parti conservateur le gouvernement de la république, organisa une nouvelle insurrection qui, le 7 octobre, força le gouvernement à donner sa démission et le remplaça par un gouvernement provisoire chargé de reviser la constitution. Enfin le 11 mai 1847, cinq mille cinq cents votes, contre trois mille, sanctionnèrent la constitution démocratique représentative qui régit aujourd'hui le canton de Genève.

Le canton de Genève est le il* par l'ordre de son admission dans la confédération, le 21* par son étendue ('286 kil. car., 24S40hect.) et le !%• par sa population (82 876 Lab.), dont 40069 réf., 42099 cath., 331 sectaires et 377 juifs, il parle la langue française. Sa plus grande largeur, du nord au sud, est de 3 h.; sa {dus grande longueur, de l'est à l'ouest, de 6 h. 1/2. Il touche : au nord, à la France et au canton de Vaud ; à l'est et au sud, à la Savoie ; à 1 ouest, a la France. Il est divisé en 46 communes.

Quoique Voltaire ait pu dire avec raison : • Quand je secoue ma perruque, je poudre toute la république, » Genève, malgré sa petitesse, a produit plus d'hommes distingués que toute autre ville de l'Europe.

On cite surtout : Turretini, Diodati, Tronchin, Vernet, dans la théologie ; Estienne, Casaubon et Scaliger, dans la philologie ; Turquet de Mayerne, Jean et Théophile Bonnet, D- Leclerc, J. J. Manget, T. Troncbin, Butini et Odier, dans la médecine ; Jallabert, Fatio de Duillier, Micheli du Crest, A. Trembley, C. Bonnet, Senebier, de Luc et de Saussure, dans la physique et l'histoire naturelle; Tingry et Marcet, dans la chimie ; C. Pictet, dans l'agronomie -, parmi les hommes d'État, l'amiral Lefort et Necker; parmi lesjurisconsulteset les publicistes, Godefroy, Burlamaqui, Delorme, E. Dumont ei Bellot ; comme historientMallet; dans les lettres, J. J.Rousseau,

Mme Necker de Saussure ; dans les arts, Petitot, Liotard, Arlaud, Saint-Ours, de la Rive. — Parmi les contemporains (un grand nombre sont déjà morts) nous mentionnerons : le physicien Prévost, l'aveugle Hubert (l'historien des abeilles), le sculpteur Chaponnière et MM. A. Pictet et Pictet de Rochemont, les principaux rédacteurs de la Bibliothèque universelle, le sculpteur Pradier, le botaniste de Candolle, l'historien et l'économiste Sismondi, Tœpfter, l'auteur du Presbytère, des Nouvelles genevoises, des Voyages en zigzag, le général Dufour, le physicien de la Rive, le chirurgien Maunoir, Jes peintres Castan, Calame, mort à Menton en 1863, Humbert, Constantin, Hornung , Diday, Lugardon, les écrivains Merle, Cherbuliez, Bungener, Petit Senn, Chastel, Odier, les docteurs Hillkt, Lombard, etc.

édifices pobUos. — Collections.

Ooriosltés.

La Cathédrale . ou l'église de Saint-Pierre (pour la visiter, s'adresser au concierge), occupe, dit-on, l'emplacement «l'un ancien temple dédié au Soleil ou Apollon, sous le nom de Bellinus. Construite de 930 ou 950 à 1034, détruite en partie on ne sait par quel événement, elle fut reconstruite du xu* au xvi# s. (la tour du S. est de 1510), mais l'ordonnance générale du plan, ainsi que la nef presque entière et les bas côtés, sont du Xe ou du xi* s. En 1749, Allieri, parent du poète de ce nom, éleva, sur le modèle de la rotonde de Rome , le péristyle grec de la façade.

Saint- Pi erre a la forme d'une croix allongée. Divisée en trois nefs, elle se termine par un transsept, une abside et quatre chapelles établies sur la face orientale du transsept. A partir du sanctuaire, l'axe se brise et se dirige du coté méridional. Trois tours s'élèvent au centre et aux extrémités des transsepts. La plus haute a 38 met.

au-dessus du sol. Dans celle du nord est un belvédère d'où l'on découvre une vue magnifique. Elle contient uue cloche appelée Clémence, qui a près de 7 mèt. de circonférence.

On remarque à l'intérieur de Saint-

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