PAR LA ROUTE DE TERRE
"20 kil. environ. — Voitures à volonté (10 & 12 fr., prix variables). Il vaut mieux, quand on a l'intention de séjourner, faire venir une calèche de Divonne avec un char pour les bagages, que de prendre des voitures à Genève.
A 11 kil. de Genève, c'est-à-dire un peu au delà de Versoix, on quitte la route de poste de Genève à Lausanne (R. 14), pour prendre celle qui, s'en écartant à g. , monte sur un coteau d'où l'on découvre une vue admirable.
A 10 min. du point de bifurcation, on traverse Mies, qu'un petit cours d'eau sépare de Tannay. 20 min. plus loin, on rejoint la route de Coppet à Commugny, v. pittoresquement situé, à 422 mèt., sur une éminence qui offre de magnifiques points de vue. Au delà , la route , inclinant de plus en plus au
N.-O., se dirige sur le Mussy et le Jura, traverse un petit bois, après avoir laissé à dr. la Châtaigneraie, puis gravit la petite chaîne de collines qui s'élève entre Commugny et le bassin de la Versoix. — Arrivé à (30 min.) Chavannes de Bogis, on laisse à dr.
la route conduisant par (2 kil.) Bogis à (4 kil.) Crassier (K. ci-dessous), et l'on descend dans le bassin de la Versoix, au fond duquel on aperçoit, en face, au pied du Mussy, Divonne, dominé par le château de ce nom. La Versoix (10 min.) forme la limite de la Suisse (canton de Vaud) et de la France. Après l'avoir franchie, on passe devant une briqueterie, au delà de laquelle une avenue de noyers conduit à (20 min.) Divonne.
2° PAIl coppet.
On peut aller de Genève à Coppet soit par la route de poste, soit par le chemin de fer, soit par le bateau à vapeur (R. 14). — Coppet est à 8 kil. (1 h. 30 m. à pied) de Divonne; on trouve à Coppet des voitures particulières.
Au sortir de Coppet, on passe devant le château, puis, longeant le parc, à l'extrémité duquel on croise le chemin de fer, on se dirige à l'O. sur (15 min.) Commugny. A l'entrée de ce village, le chemin se bifurque; les deux bras vont rejoindre à peu de distance la route directe de Genève à Divonne, décrite ci-dessus.
3# PAI\ FEBNBY.
7 kil. de Genève àFerney. (4 kil. env. de Ferney à Divonne.
De Genève à Ferney (1 h. 25 min.) la route a été décrite à la page 32.
Au delà de Ferney, on continue de suivre pendant 4 kil. la route de Gex, qui traverse (6 kil.) Ornex. Après avoir laissé à gauche le hameau de Villarstacon , on quitte cette route à Maçonnez pour se diriger au N. sur (8 kil.) Versonnex, arrosé par l'Oudar, un des affluents de la Versoix.
On laisse ensuite à dr. Sauverny avant d'atteindre (11 kil.) CriMy, l'une des
promenades favorites des baigneurs de Divonne, car il n'est éloigné de Divonne que de 3 kiL (F. ci-dessous).
Divonne (établissement hydrothérapique de M. le docteur Paul Vidart; aub. la Balance et la Truite; appartements meublés , chambres meublées dans un grand nombre de maisons) est un village de l'arrondissement de Gex (Ain), agréablement situé, à 470 mèt. euviron, sur la Versoix, qui y prend sa source, à la base septentrionale du mont Mussy. H se compose de six hameaux : Arbère, le Château, Plan, Pied-de-la-Montagne, Saint-Gix et Villard. Sa population totale se monte à 1356 hab.
A l'extrémité du village, au pied du petit mamelon que couronne le château de Divonne, s'étendent plusieurs bassins de superficie inégale et d'une profondeur de 1 mèt. env. L'eau qui les remplit est d'une pureté comparable à celle du Rhône quand il sort du lac de Genève ; elle se renouvelle sans cesse, on la voit jaillir constamment en diverses places du fond sablonneux des bassins destinés à la recevoir. Elle soulève le sable comme si elle était chauffée par un feu souterrain, et, à contempler les bulles d'air qui s'en échappent, on la croirait bouillante. Mais c'est une des eaux les plus froides qui sortent des entrailles de la terre; elle n'a que 6 degrés 1/2: sa température reste la même, quelle que soit la température de l'air : seulement, avant ou après un orage, elle perd un peu de sa limpidité; et son niveau s'élève quand la tempête commence à se calmer. D'où vient-elle ?
on l'ignore. On a supposé que c'était l'eau du lac des Rousses qui traversait tout le Jura, sans pourtant en dissoudre et en emporter avec elle les terrains calcaires, pour venir sourdre ainsi à sa base; rien ne le prouve toutefois. Qu'elle descende du lac des R eusses ou d'un réservoir inconnu, elle reste invariablement froide; elle
Dl VON NFS
est excellente à boire ; elle coule si abondamment qu'à peine sortie de terre elle forme une rivière assez forte pour faire tourner les roues d'un grand nombre de moulins.
La Divonne ou la Versoix, — ces belles sources ont deux noms, — alimentent l'étaMissement bydrotbérapique de M. Paul Vidart, fondé dans les bâtiments d'une ancienne papeterie, et qui contient, outre tous les appareils inventés jusqu'à ce jour pour le traitement des maladies par l'eau froide , trois vastes piscines d'eau courante, une douche monstre dite douche de Priessnitz, des douches de vapeurs médicamenteuses, sulfureuse et autres , des bains d'air chaud chargé de vapeurs térébenthinées, employés avec succès dans les affections rhumatismales chroniques, les névralgies, la sciatique, les catarrhes bronchiques chroniques et toutes les affections des muqueuses , et des bains à rhydrofère par La pulvérisation des liquides. (Traitement par l'eau de mer et les eaux minérales naturelles). En général le prix de la pension varie, suivant l'exposition, l'étendue et l'ameublement des appartements occu- , de 7 fr. à 13 fr. par jour pour malades et de 5 fr. à 10 fr. 50 c.
pour les personnes qui accompagnent les malades. Un beau salon, où se donnent des bals et des concerts, réunit tous les soirs les pensionnaires qui préfèrent les plaisirs de la société aux charmes de la solitude.
Enfin M. Vidart a transformé un bâtiment voisin en un charmant théâtre dont les représentations du samedi soir (suivies d'un bal) sont très-animées et les acteurs (les malades) fort applaudis : distraction aussi utile qu'agréable dans un pareil établissement.
Partout où Ton tourne ses pas autour de rétablissement, on se promène non-seulement dans un parc ravissant , mais on découvre une partie du lac de Genève, les Alpes et le Jura. Les couchers de soleil sur les Alpes y sont souvent féeriques. On
peut aller sans fatigue soit À la base orientale du Mussy, à (10 min.) Arhère y puis à (30 min.) Grilly; soit, dans la direction opposée, à (30 min.) Crassier y v. vaudois, qu'un ruisseau (le Boiron) descendu du Jura sépare de la France, et qui a vu naître Vinet et Bridel, dout le père, pasteur du village, avait succédé dans le presbytère à M. Curchod, père de Mme Necker. — Le tour du château ne demande que 45 minutes. — La ville de Nyon (R. 14) n'est qu'à 6 kil. 200 mèt. de Crassier. Une route charmante y conduit en passant par Borex et Eysins. Ne craint-on pas de monter un peu, on suit la route de Gex jusqu'à (20 min.) Saint Gix, d'où L'on jouit d'un admirable panorama.
Peut-on supporter une plus grande fatigue, on gravit, en 20 ou 25 minutes, le Mussy, petite montagne isolée, haute de 300 mèt. env. au-dessus du lac et de 668 mèt. au-dessus de la mer, large de 1 kil., longue de 5 kil., couverte de champs, de bois, d'arbres variés (surtout des châtaigniers), de terrains vagues, sur les flancs et au sommet de laquelle on peut multiplier ses excursions à l'infini, en admirant, à chaque pas que l'on y fait, de beaiflt points de vue sur la plaine, le lac, les Alpes et le Jura. Le chemin le plus fréquenté s'ouvre, à g. de la route de Gex , à peu de dislance de l'avenue du château de Divonne, presque vis-à-vis de l'endroit du parc inférieur où jaillit, sous un beau massif d'arbres, la première source de la Versoix.
Enfin, de Divonne on atteint en 45 min. la base du Jura, et plusieurs chemins d'exploitation conduisent, en 2 h. 30 min. ou 3 h. , à travers les bois, jusqu'à la crête de la chaîne qui offre un panorama presque aussi beau que celui de la Dole. Nous recommanderons surtout aux amateurs la route que M. le comte de Divonne a fait établir il y a peu d'années (entre Saiut-Gix et Villa ni) et le mamelon couronné de sapins, en forme d'arc, qui domine Vesancy.
à la
18 kil. environ. — 3 ou 4 h. à pied. On peut monter de Vesancy à la fontaine Napoléon sans passer par Gex. Un peu au delà de la fontaine Napoléon on peut prendre l'ancienne route, plus courte, mais moins intéressante que la nouvelle.
La route laisse à g. le château de Divonne, longe la base septentrionale du Mussy jusqu'à (2 kil.) Saint-Gix, hameau dépendant de Divonne, où, changeant de direction , elle monte au S.-O., entre le Mussy à g. et le Jura à dr., jusqu'à (4 kil. 1/2) Vesancy, qui exploite d'importantes carrières de pierres. Gex est à 2 kil. I /2 de Vesancy. On traverse Gez-la-Ville avant d'atteindre Gex (R. 10).
A partir de Gex, la roule monte constamment jusqu'à (11 kil. de Gex) la Faucille (R. 10 1 ).
Asoeasloo de la Doit.
( Course très - recommandée. )
La Dôle ou la Dôlas, l'une des principales sommités du Jura, située entre le Noirmont et le Chatel (canton de Vaud), est élevée de 1308 mèt. audessus du Léman et de 1683 mèt. au- (fêssus de la mer.
« Vue des environs de Genève, a dit de Saussure, elle paraît comme une excroissance qui s'élève sur la première ligne du Jura. On voit auprès d'elle un autre monticule situé plus au nord. Ce monticule se nomme la Vouarne; il n'est séparé de la Dôle que par une petite gorge.
« La Dôle, vue de près, parait une vraie montagne qui s'élève de 175 à 200 mèt. au-dessus de la plus haute ligne du Jura. Elle a une ressemblance frappante avec le grand Salève. Elle est, comme lui, composée de grandes assises d'un roc calcaire blanchâtre; ces bancs paraissent à peu piès horizontaux vers le milieu de leur lon-
I. N. B. On peut, de la Faucille, gagner Sajnt-Cergues,par la Vattay et Vasserollc, pour redescendre par Gingms.
gueur, mais s'inclinent rapidement à leurs extrémités.
« Le sommet de la Dôle , dit encore de Saussure, coupé à pic sur toute sa longueur du côté de la Suisse, forme du côté de la France une belle terrasse, couverte d'un tapis de gazon.
« .... Ce qui forme un magnifique coup d'oeil du haut de la Dôle, c'est la chaîne des Alpes. On en découvre une étendue de prCs de cent lieues, depuis le Dauphiné jusqu'au Saint- Gothard. Au centre de cette chaîne s'élève le Mont-Blanc, dont les sommités neigées surpassent toutes les autres cimes, et qui , même à cette distance d'environ vingt-trois lieues, paraissent d'une hauteur étonnante.
La courbure de la terre et la perspective concourent à déprimer les montagnes éloignées, et, comme elles diminuent réellement de hauteur aux deux extrémités de la chaîne, on voit les hautes sommités des Alpes s'abaisser sensiblement à dr. et à g. du Mont-Blanc, à mesure qu'elles s'éloigent de leur majestueux souverain. »
En tournant le dos aux Alpes et au lac de Genève, la vue s'étend à l'O.
par-dessus les chaînes parallèles du Jura, au milieu desquelles on distingue particulièrement le mont Poupet, près de Salins, sur les plaines de l'ancienne Bourgogne, jusqu'aux montagnes des départements de la Côte-d'Or et de Saôue-et-Loire.
Divers chemins conduisent au sommet de cette montagne dont l'ascension doit être faite de préférence du côté de la France, car on se ménage ainsi le plaisir de la surprise.