‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 112 sur 865 · LES SA LÈVES · texte numérisé non relu

LES SA LÈVES

reut faire Fascension du petit Salève, il n'est pas nécessaire d'aller jusqu'à Monnetier. 20 min. après avoir quitté Mornex, on trouve un sentier qui mène directement en 35 min. au point culminant de la montagne , haut de 898 mèt. f et d'où Ton découvre un admirable panorama. « On aime, dit de Saussure, à promener ses regards sur ce lac qui ressemble à un grand fleuve dont les bonis sont élépimment découpés, et sur cette plaine bien cultivée, dont les champs paraissent à cette distance les carreaux d'un immense jardin. »

20 à 30 min. suffisent pour monter de Monnetier au sommet du petit Salève (902 met.). On peut aller visiter, en faisant un détour sur la g. , Y Ermitage, bâtiment construit en 1855, sot les ruines de l'ancien château fort de ce nom, qui portait autrefois cette inscription : Natci, pati, mon, ut que les Genevois détruisirent en 1589. Tout auprès, une saillie de rochers forme une espèce de grotte, appelée la Balme de F Ermitage, ou plusieurs centaines de personnes peuvent trouver à la fois un abri contre le mauvais temps.

Le col frai sépare les deux Salèves ( 15 min. ) domine un escarpement à pic. Ce passage, appelé le Pas-deïtchelle, nullement dangereux, est un peu roi de. Des marches y ont été taillées dans le roc , et des rampes de fer, placées de chaque côté, aident les promeneurs à monter et à descendre. La descente dure 15 à 20 min.

Parvenu dans la plaine, on y trouve \ auberge du Pa*-de-V Échelle y bâtie, il y a peu d'années, près de Veirier, v.

genevois de 567 hab., situé à- 428 raèt. sur la frontière de la France et de la Suisse. A Veirier on a le choix entre deux chemins à peu près d'éb'ale. longueur (l h. 15 min.) : l'un qui reste sur la rive g. de l'Axve, mène à Carouge ( V. p. 32) ; l'autre, plus agréable, passe par (15 min.) Sienne , traverse TArve sur un beau pont, monte eu 5 min. à fillette,

tourne à g. pour franchir la Seime (la route de dr. mène à Thonex et à Chêne), laisse à dr. une autre route qui conduit aussi à Chêne, et enfin gagne Genève (1 h. de Villette), par une allée de parc bordée de charmantes villas.

Le Grand Salèv».

L'ascension (très-recommandée) du grand Salève est susceptible de nombreuses modifications. On peut aller :

aux Treize-Arbres, ou au Grand-Piton ; monter aux Treize- Arbres, soit par Monnetier, soit par la Grande- Gorge; et au Grand-Piton, soit par la Grande-Gorge, soit par Beaumonî.

Pour aller aux Treize-Arbres , ou compte 3 h. ou 3 h. 15min. parla Grande-Gorge, et 3 h. 30 min. par Mornex. — A Mornex, on trouve des guides et des ânes.

Les deux routes de Genève à Monnetier par Veirier et par Mornex viennent d être décrites.

De Monnetier, un chemin roidf , mais sûr, mène sur le grand Salève; la montée cesse d'ôtre rapide aux (1 h. 25 min.) chalets des Treize-Arbres (1184 met.). De ces chalets, qui continuent à s'appeler ainsi, bien qu'il n'y ait plus que quatre arbres, et où l'on trouve des rafraîchissements, on gagne presque de plainpied, en laissant à dr. la Petite et la Grande-Gorge , le haut plateau du grand Salève (50 min.). — Près du chalet des Treize- Arbres, on a du reste une vue presque aussi belle que des Pitons (V. ci-dessous). On peut descendre dans la plaine par la Grande- Gorge, espèce d'entonnoir où plusieurs accidents déplorables ont eu lieu. Un sentier en zigzag y est enl retenu aux frais des Genevois. Aussi des troncs y sont placés pour recevoir la cotisation des promeneurs. On descend en 1 h. (I h. 30 min. sont nécessaires à la montée), à Bossey, v. français de 356 hab. , situé à 464 mèt. sur le frontière suisse, et à 1 h. 35 min. de Genève, par Troinex et Carouge

C'est au village de Bossey que J.-J.

Rousseau fut mis en pension chez le ministre Lambercier, « pour y apprendre avec le latin tout le menu fatras dont on l'accompagne sous le nom d'éducation. Deux ans passés au village adoucirent un peu, ajoute-t-il (Confessions, partie 1", livre 1er, 1719-1723), mon âpreté romaine et me ramenèrent à l'état d'enfant... La campagne était pour moi si nouvelle, que je ne pouvais me lasser d'en jouir. Je pris pour elle un goût si vif, qu'il n'a jamais pu s'éteindre. » La cure du ministre Lambercier a été restaurée, et le noyer planté par J.-J. Rousseau n'existe plus. Les vignes de Bossey, qui appartiennent à l'hôpital de Genève, produisent un vin estimé.

Si l'on continue de suivre la crête du grand Salève, on ne tarde pas à descendre dans une petite gorge qui la traverse. Au fond de cette gorge se trouve à 1179 met. (35 min.) le ham.

de la Croisette, d'où l'on peut aussi redescendre au ham. du Coin et regagner Genève en 2 h. 30 min. par Collonge, Troinex et Carouge. De là jusqu'au Piton (1 h. env.), sommité devenue célèbre, dit de Saussure, par les expériences de M. Deluc, les flancs de la montagne cessent d'être nus et escarpés ; ils sont couverts de bois et de verdure , et l'on n'aperçoit que de loin en loin des bancs de rochers. Le Piton, ou les Pitons, car on en distingue deux , sont à 1379 et 1344 mèt.

d'alt.; c'est le plus beau belvédère de la chaîne des Salèves.

On y découvre en effet le Mont- Blanc avec toutes ses Aiguilles , le Buet, le Grenier, la Pointe-du-Roi, le Vambion, les Voirons, le Môle, et Bonneville, qui est au pied; le Brezon, les Jallouvres, qui dominent la vallée du Reposoir, l'entrée de la vallée du Petit-Bornant, la pointe de Belle-à-Joux, les rochers de Soudinaz, la vallée des Bornes; au S.-O., une partie du lac d'Annecy et le mont de Sion ; à l'O. , la montagne de Vuache, la gorge étroite du Fort de l'Écluse ;

au N. , la longue chaîne du Jura, la plus grande partie du canton de Vaud, la ville de Genève et son lac.

On peut, du grand Piton, gagner Genève en 3 h. 10 min. par : — (35 min.) Beaumont, à 759 mèt. ; — (50 min.) Archamp , à 538 mèt. et au delà duquel on passe de la France dans le canton de Genève ; — (30 min.) Évordes; — (25 min.) Drise; — (30 min.) Carouge; — (20 min.) Genève. De Beaumont, on peut aussi se rendre au Chable, où l'on rejoint la route de Genève à Annecy.

Le Creux de Brifaut, ouverture de 15 mèt. env., qui traverse la montagne, la Caverne tfOrjobet, voisine du creux de Brifaut, et la Grotte de Balme, dont de Saussure a fait une longue description, méritent d'être signalés aux amateurs, — artistes ou géologues, — de ces sortes de curiosités naturelles. Pour aller les visiter, il faut se rendre d'abord au ham. du Coin, où l'on prend un guide.

Les Voirons.

Une journée aller et retour. Chemin de chars jusqu'aux hôtels par Bons et Boëge.* - Hôtels : Chalet et de r£rmitoge, établis, en 18S9,sur les Voirons, à 1378 mèt. au-dessus du niveau de la mer. On compte jusqu'aux hôtels : de Genève, par la Bcrgue, 4 h. par Saint- Ccrgues, 4 h. ; — par Boëge (en voiture jusqu'au chalet), S h.; — par Bons, (en voiture), 3 h. 1/2 à 4 h.; — de Bonneville par Boëge (en voiture), 6 h.; — de Thonon , par Bons (en voiture), 3 h. 1/2 à 4 h.

On trouve des guides, des voitures et des mulets a volonté aux villages ci-dessus désignés. S'adresser pour l'ascension : à Boëge, chez M. Paccot, hôtel des Allo* broges ; a Bons, chez M. Boccard, aubergiste ; à la Bergue, chez M. Millet, aubergiste.

N. B. Les personnes qui dés'rent séjourner aux hôtels des Voirons doivent écrire franco à M. Gaillard, mattre d'hôtel au Voiron, commune de BoëQt, Haute-Saooie.

La montagne appelée les Voirons est située à l'est de Genève. Sa pente

[route 3] les voirons. — divonne.

légèrement douce la rend accessible sur presque tous les points. Malheureusement les bois de sapins ont été remplacés sur le versant occidental par des pâturages plus productifs, et le versant oriental conserve seul sa physionomie agreste. Elle se termine par une crête étroite, d'où Ton découvre un panorama magnifique. Le plus beau point de vue est celui qu'offre une sommité isolée (1412 met), à Peitrémité la plus méridionale de la montagne, au-dessus du chalet du Pralaire. On embrasse d'un coup d'œil le lac de Genève, le Jura, une partie de la chaîne des Alpes et de la Savoie (le Môle, les montagnes d'Abondance, les Dents d'Oche, la Dent du Midi, les montagnes de la vallée de Sixt, le Buet, que dominent à une grande hauteur le Mont-Blanc et ses Aiguilles) , la vallée des Bornes, et la vallée de Boège arrosée par la Menoge. Du sommet, appelé le Calvaire (1486 met.), la vue est moins étendue et moins variée. A 15 min. du point culminant, près du précipice appelé le Saut de la Pucelle, sont les ruines d'un ancien couvent de Dominicains, fondé au xrv* s. et détruit par un incendie en 1745.

Le chemin le plus court et le plus fréquenté est celui de la Bergue, où l'on peut se faire conduire en voiture par (1 h. 30 min.) Chêne et Annemasse (R. 32\ A la Bergue (1 h. d'Anuemasse), à la Croix-Blanche chez Millet, on trouve des guides et des mulets que l'on ne paye qu'aux hôtels, car ils en dépendent. La montée est de 2 h. à pied ou à cheval. On passe par Lucinge, dont on voit l'église sur la hauteur, et par le Pralaire. Si l'on veut aller en voiture jusqu'aux hôtels, il faut passer par Bons ou par Boêge.

Les hôtels des Voirons (hôt. Chalet et de V Ermitage), situés à 1378 met.

et à peu de distance sur le versant oriental, sont entourés d'esplanades d'où partent des sentiers qui serpentent à travers les prairies et les forêts. Ils comprennent des salons,

une salle à manger, des bains, une salle de billard, des appartements pour familles. Le prix de la pension est de 5 fr. 40 c. par jour (déjeuner au café ou au chocolat, dîner à midi, souper à 7 h.). On y trouve du petit lait, du lait de chèvre et du lait d'ânesse. Si l'on doit en croire une analyse d'un pharmacien genevois, les sources voisines ont la propriété - de fortifier les fonctions digestives et d'enrichir le sang. » On peut aller en 10 à 15 min. de l'hôtel de l'Ermitage au Calvaire, en 5 à 10 min. au Saut de la Pucelle, en 5 min. au Signal, en 25 ou 30 min. au Pralaire.

Du Calvaire on peut redescendre à Saint-Cergues et gagner Genève en voiture par Présinge, Puplinge et Chêne ou par Moniaz , Jussy et Puplinge. On peut aussi redescendre à Boêge, soit du Calvaire, soit du Pralaire et revenir à la Bergue par Bonne. Pour Bons, V. R. 27.

Drvonn*.

On peut aller de Genève à Divonne : 1° par la route de terre la plus directe, c'està-dire par Versoix et Commugny; 2° par Coppet et Commugny ; 3* par Ferney.

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