DE PARIS A AIX-LES-BAINS ET A CHAMBÉRY. [ROUTE
et Von voit une belle cascade de la Doria. — Du Bout-du-Monde on peut revenir à Cnambéry par la rive dr.
de la Laisse, plus ombragée que la rive g.
30 min. Les cascades de Jacob. On suit la route de Lyon jusqu'à la pyramide, puis on prend à g. — Belles vues, surtout si l'on monte plus haut que les cascades.
La Dent de Nivolet (1555 met.) est Tune des sommités les plus élevées de la chaîne des Beauges qui sépare le bassin de Cnambéry de celui d'Annecy. Il faut 4 h. pour monter au sommet, mais on y jouit d'une vue magnifique. On peut aller en voiture jusqu'au Désert , à 2 h. 40 m. de Cbambéry.
Mais le pèlerinage obligé de tous les étrangers qui traversent Chambéry est une promenade aux Charme tte s (1 h. aller et retour), maison de campagne que le séjour de J.-J.
Rousseau et de Mme de Warens a immortalisée. « Entre deux coteaux élevés est un petit vallon, nord et sud, au fond duquel coule une rigole entre des cailloux et des arbres. Le long de ce vallon, à mi-côte, sont quelques maisons éparses, fort agréables pour quiconque aime un asile un peu sauvage et retiré. » (Rousseau, Confessions. )
Quand on a dépassé la grande caserne de cavalerie, on prend à dr. un sentier qui monte dans le petit vallon des Charmettes. % min. plus loin, on aperçoit à dr., au-dessus du chemin, un petit bâtiment régulier, de forme rectangulaire, couvert d'un toit rapide en ardoises, à quatre pans. Devant s'étend une terrasse environnée d'un parapet à hauteur d'appui. Le jardin est à dr. Ce sont les Charmettes. Audessus de la porte d'entrée sont les armoiries des anciens propriétaires :
on les a mutilées, à l'exception de la date de 1660, qui est parfaitement conservée. Dans le môme mur est incrustée une pierre blanche portant l'inscription suivante, placée par Hé-
raut de Séchelles, en 1792, lorsqu'il était commissaire de la Convention, avec l'abbé Simon et Jagot, dans le déparlement du Mont-Blanc, dont Cnambéry était le chef-lieu :
Réduit par Jean-Jacque habité,
Tu nie rappelles son génie,
Sa solitude, sa fierté,
Et ses malheurs et sa folie.
A la gloire, a la vérité
Il osa consacrer sa vie,
Et fut toujours persécuté
Ou par lui-même ou par l'envie.
Ces vers ont été attribués à Mme d'Épi nay. Le rez-tle -chausse^ se compose d'un vestibule, d'une petite cuisine, qui n'existait pas du temps de Mme de Warens, d'une première salle où était autrerois la cuisine, d'un salon communiquant directement avec le jardin (on y voit encore un clavecin et une montre ayant appartenu, dit-on, à J.-J. Rou seau), et de quelques autres petites pièces. La chambre que Rousseau a habitée est au-dessus du vestibule et de la porte d'entrée; elle n'a qu'une seule fenêtre ; celle de Mme de Warens occupe la façade septentrionale de la maison du côté du jardin.
L'escalier, en pierres de taille, est intérieur.
En allant de la maison au jardin, on passe sur une seconde petite terrasse où Jean-Jacques cultivait des fleurs, et u,ui a encore la même destination. Le jardin est situé entre la vigne et le verger. C'est à son eitrémité méridionale qu'étaient placées les ruches de Mme de Warens.
« Qu'est-ce que Chambcry sans Jean- Jacques Rousseau? se demande M. de Lamartine dans Raphaël. L'homme n'anime pas seulement l'homme, il anime toule une nature , il emporte une immortalité avec lui dans le ciel, il en laisse une autre dans les lieux qu'il a consacrés.... »
« Le lieu où naquit le premier amour ou le premier délice de ce beau jeune homme , la tonnelle où Roussean fit ses premiers aveux, la chambre où il rougit de ses premières émotions, la cour où le disciple se glorifiait de descendre aux plot humbles travaux du corps pour ser-