HOUTE 10] SAINT-LAURENT. — MOREZ. — LES ROUSSES
près d'une jolie cascade, on laisse à dr. un moulin voisin d'une seconde chute et on atteint le plateau aride, triste, accidenté, appelé le Val du Grandvaux, sur lequel se trouve :
50 lui. Saint-Laurent (hôt. del'tVude-France, M. V. Cherbuliez y a placé les premières scènes de son roman de Paule Mérê , poste aux che\aux, propre, mais cher). ch. -1. de c. (Jura) de 1258 hab., situé à 907 met,, à la jonction des routes de Champagnole , de Morez, de Clairvaux et de Saint- Claude. Un bureau de douanes y a été établi. L'agriculture, l'horlogerie, la fabrication des fromages forment les principales ressources des habitants, qui sont généralement dans l'aisance.
A 2 kil., on quitte le Grandvaux pour monter une longue côte dans une foret de sapins et d'arbres variés, puis on descend, par une route pittoresque, à
59 kil. Morbier, v. de 1660 hab., situé à 825 met. au sommet d'un plateau qui domine la vallée de la Bienrie, et enrichi par la fabrication de l'horlogerie ou de la clouterie. L'église, qui date de 1836, possède une belle horloge exécutée en 1842 à Morbier même. — La route décrit une grande courbe pour franchir le torrent de l'Evalude en descendant à
62 kil. Mores ( hôt. la Poste ) , ch.-l. de c. de 4762 hab., pittoresquement situé sur la Bienne à 700 mèt. au fond d'une gorge encaissée entre de hautes montagnes, bien construit et enrichi par l'industrie. Il s'y fabrique annuellement 30000 tournebroches, 400000 douzaines de verres de lunettes, 120000 horloges ordinaires et un grand nombre de grosses horloges, de la clouterie, des pointes de Paris, des caisses d'horloges en bois, etc. On y trouve aussi des forges , des moulins, des scieries, une manufacture pour la fabrication des couverts et de l'orfèvrerie en général, etc. Une école d'horlogerie y a été fondée en 1855. — L'église date de 1 827 , l'hôpital de 1860. — La
maison commune (1820-184?) contient une salle de spectacle. — Une fontaine monumentale décore la place d'armes.
— On peut visiter la Doye-Gabet (a Morez le-Bas), grotte en forme de voûte qui s'ouvre sur la rive dr. de la Bienne et d'où il sort parfois un volume d'eau considérable; et la source de la Doye-Magnin , qui jadlit au pied de la roche de Trélarce a Morez le- Haut. — Le Bêche t, montagne qui s'élève entre les routes des Rousses et de Saint-Claude, offre d'agréables promenades et de lieaux points de vue.
Au N. du Béchet, se trouve la Hoche- Fetidue, ouverture de 12 mèt. de largeur, dont une partie semble menacer la ville de Morez.
On monte constamment de Morez aux Rousses, en découvrant de belles vues à dr. , surtout près d'une tranchée profonde creusée dans le ro cher pour la route nouvelle.
71 kil. Les Rousses hAt. la Poste), v. de 2581 hab., situé à 1135 mèt., sur un plateau aride et froid formant le point de partage des eaux, qui vont, d'un côté, à l'Océan, par le lac des housses, le lac de Joux, l'Orbe, le lac de NeuchAtel , la Thièle, le lac de Bienne, l'Aare et le Rhin; et, de l'autre, à la Méditerranée, parla Bienne, l'Ain et le Rhône. — Un commissariat spécial de police, un poste de gendarmerie et un bureau principal de douane (visa des passe-ports et visite des bagages) y ont été établis.
En 1813, il n'y avait, sur ce point important de la frontière, aucun ouvrage de fortification, et le prince Schwarzenberg y passa à la tète de 25 000 hommes; en 1815, une autre armée autrichienne, à peu près de la même force, y fut arrêtée 12 heures par 500 Français, grâce à des retranchements inachevés. En 1843, un fort de lr" classe, situé sur une éminence au S.-E. du village, long de 1000 mèt. , large de 180 mèt. sans compter les fossés, entouré de 10 bastions et renfermant trois vastes casernes en pierres de taille , y a été construit.
DE PARIS A GENÈVE
Le petit lac des Rousses a une surface de 84 hect. 86 ares. Il est trèspoissonneux. On y pêche du brochet et de la perche.
Des Rousses à Nyon, à Rolle, à Morges, à Orbe et à Vallorbe, par la vallée de Joux, R. Il; — à la Dole, R. 3.
Au delà des Rousses, la route se bifurque, un bras descend à Nyon par Saint-Cergues, Vautre bras mène à Genève par la Faucille.