‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 160 sur 865 · PAR LA ROUTE DE TERRE · texte numérisé non relu

PAR LA ROUTE DE TERRE

12 1. ou 4 p. 3/8. — Route de poste.

1 poste 1 /8, Coppet ; — r>/8 poste, Nyon;— 6/8 poste, Rolle; —1 poste, Morges ; — 7/8 poste , Lausanne.

(V. pour la description de cette route et des localités qu'elle traverse, les pages 75, 76 et suivantes.)

Hôtels. — Hôtel Gibbon, place Saint- François, près de la poste (on l'aperçoit de la gare). — L'hôtel Gibbon, l'hôtel le mieux situé de toute la Suisse, a été bâti dans le jardin de la maison habitée autrefois par le célèbre historien de ce nom, et où, la nuit du 27 juin 17»7, entre onze

heures et minuit, il écrivit les dernières lignes de son Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain ; — Hichemond (pension), dépendant de l'hôtel Gibbon ; — du Faucon, rue Saint-Pierre, bon ; - Bellevue, sur la promenade du Casino ; — du Grand-l'ont ; — du Nord ; — Heitaurant et hôtel des Alpes, avec jardin près delà gare, bien situé.

Cafés. — Sur la place Sain t -François.— Au Casino, sur la promenade de ce nom, avec restaurant. ,

Pension Duanon, rue du Grand-Chene.

Cercle littkraike.— SurlaplaceSaint- Francois; les étrangers y sont admis sur la présentation d'un sociétaire.

Poste aux lettres et Diligences. — Place Saint-François. Le bureau du télégraphe est au Ier étage.

Libraires. — Delafontaine et Ronge ; Cuantrens; Blanc (Samuel) ; Duret-Corbaz; Mme Haubenreiser ; Martignier et Chavannes ; Meyer ; Michoud.

Situation et aspeot général.

Le Jorat, en allemand Jurten , qu'il ne faut pas confondre avec le Jura , est une petite chaîne de montagnes située entre les Alpes et le Jura, et remarquable surtout en ce qu'elle sépare les eaux qui coulent dans l'Océan de celles qui se jettent dam la Méditerranée. Ses limites générales sont le lac Léman au S. , les lacs de Neuchatel et de Moral au N. , la Sarine et laVeveyse à l'E., la Venope et l'Orbe à l'O. C'est sur le versant méridional de cette chaîne de montagnes que se trouve située, à 144 met. au-dessus du lac de Genève, à 519 mèt. au-dessus de la mer, Lausanne,^, de 20 515 hab., dont 18782 réf., 1G01 catholiques, 72 sectaires, 60 israélites, capitale du canton de Vaud, qui occupe trois collines et leurs vallons intermédiaires, au confluent du Flon et de la Louve. Depuis quelques années, de grands tra\aux ont été entrepris pour assainir et embellir Lausanne, hn plan conçu par Pichard (mort en 1841), adopté par le Grand-Conseil en 1838, a créé autour des pentes rapides de la ville ancienne et de ses rues montueuses une

route nouvelle, d'une pente insensible.

D'un côté, un pont à deux rangs d'arches, jeté sur le Flon (le pont Pichard) et servant aux routes d'Yverdun et de Genève, a relié la colline de Saint-Laurent à celle de Bourg et la route d'Yverdun et d'Orbe à celle de Genève; de l'autre, un tunnel passant au-dessous du Château unit les collines de Bourg et de Saint-Laurent, et relie la rouie de Berne à celle d'Yverdun.

Le Pont Pichard a 24 mèt. de haui teur. 0 m<t. 90 cent, de largeur, 180 mèt. de longueur; les arches inférieures sont au nombre de cinq, les arches supérieures au nombre de dix-neuf. 11 aboutit à la place Saint- François, entre les bâtiments neufs des postes et l'hôtel du Grand-Pont.

On y découvre un beau poiut de vue.

Histoire.

Lorsque la chute de la montagne de Tauretunura , qui , l'an 563 de 1ère chrétienne, tomba dans le lac entre Meilierie et Saint-Gingolph, eut, en refoulant le» eaux du lac sur la rive opposée, détruit l'ancienne Lausonium ( V. Meilierie), ses habitants allèrent s'établir sur les hauteurs voisines, autour de l'ermitage que le Vénitien Protasius y avait bâti au commencement du vi« siècle. Mari us, gentilhomme bourguignon et évèque d'Avenches, usant de son droit de seigneur de ces contrées, transféra, en 580, son siège épiscopal dans la nouvelle ville, appelée d'abord du nom de l'ancienne, et devenue depuis successivement Lausodufium, Lausanum, Losène, et enfin Lausanne.

La translation du siège épiscopal, suivie bientôt de celle des reliques de saiute Anne et d'autres non moins précieuses, que l'on conservait dans l'église de Notre- Dame, et qui y attiraient un grand nombre de pèlerins, contribuèrent à l'agrandissement de la nouvelle Lausanne.

L'évéque et ses chanoines s'étaient établis sur les hauteurs dans la Cité ; les nobles sur la colline de Bourg; les marchands et le peuple proprement dit sur le sol marécageux du Ponl-de-la-Palud et sur le coteau de Saint-Laurent. Autant de quartiers, autant de communautés distinctes j chacune avait son patron, sa ban-

nière, sa loi. Plus tard, les droits *e réunirent sans se confondre dans le plaid général, La réunion de la ville haute et de la ville basse ne s'accomplit que vers la fin du xv« siècle (1481); bientôt après, la ville de Lausanne se constitua sur le modèle des villes suisses. Elle se donna des conseils des Soixante, des Deux-Cents, changea ses syndics en bourgmestres, et s'allia avec Berne et Fribourg (1525 ,\

La Reformation fut accueillie & Lausanne, comme à Genève, avec un vif enthousiasme. Lorsque, en 1536, les Bernois curent déclare la guerre au duc de Savoie, l'évéque de Lausanne prit d'abord parti pour ce dernier, mais il ne tarda pas à s'enfuir. Tout le pays de Vaud fut conquis, et sa capitale céda volontairement aux Bernois les droits qu'avaient exerces ses évéques, en se réservant toutefois les franchises et privilèges dont elle jouissait dès l'an 1219. Depuis ce temps les évéques habitèrent Fribourg, et leur château de Lausanne servit de résidence aux baillis bernois. La domination de Berne dura jusqu'en 1798, époque à laquelle Lausanne devint le siège des autorités provisoires, puis définitives, du canton de Vaud, désormais libre et indépendant.

Au xvnr» s. Lausanne jouit d'une certaine célébrité littéraire. Voltaire, qui y passa « les jours les plus heureux de sa vie, » invita l'univers à se rendre dans cette ville «• où l'on retrouverait l'âge d'or avec les agréments du siècle de fer. » Cet appel fut entendu. Longtemps après son départ, Fox, Raynal, Mercier, Servan, Brissot, Zimmermann, s'y rencontraient avec une foule d'étrangers de distinction aux êamediâ de Mme de Montolieu et Mlle Suzanne Curchod, depuis Mme Necker, alors l'objet des plus tendres pensées de Gibbon. Court de Gibelin travaillait dans la retraite du Timonct à son Monde primitif

Depuis l'époque gauloise jusqu'à la fin du siècle dernier, le canton de Vaud, dont Lausanne est aujourd'hui la capitale, a été soumis tour à tour aux Romains, aux Bourguignons et autres peuples barbares, aux Franks, aux rois Rodolphiens, aux empereurs d'Allemagne, aux recteurs de

t. Lausanne est encore une des villes les plus littéraires de la Suisse: ainsi la Société historique de la Suiite romane, fondée en 1857, compte un grand nombre de membres dans les cantons de Vaud, Fribourg, Neuchatel, le Jura Bernois et Genève. Elle publie d'importants mémoires.

Zahringen, aux comtes de Kyburg, aux barons de Vaud et comtes de Savoie , aux évéques de Lausanne et enfin aux Bernois. La révolution de 1789 le rendit, comme son chef-lieu, libre et indépendant ; mais ce fut seulement le 2 février 1803 qu'il devint ce qu'il est aujourd'hui : car, de 1798 à 1803, il fut successivement république lémanique, puis partie intégrante de la république rhodanique, puis canton du Léman sous la république helvétique.

Sa constitution actuelle est démocratique.

Le canton de Vaud est le dix-neuvieme canton de la Confédération par l'ordre de son admission, le quatrième par son étendue (3157 k il. carrés), et le troisième par sa population (213 157, dont 199 452 réf., 12790 catholiques, et 396 Israélites). Il parle la langue française. Sa plus grande longueur est de 16 lieues ; sa plus grande largeur de 15 lieues. Il touche, au N., à la France, à Neuchâtel et à Fribourg-, à l'E., à Fribourg et à Berne ; au S., à la Savoie et à Genève ; à 10., à la France.

Monuments. — Curiosités.

Le monument le plus remarquable de Lausanne esi sa cathédrale, «qui la coiffe comme une tiare, » selon l'expression de M. Victor Hugo, c'est-àdire qui la domine à l'extrémité du plateau étroit et escarpé de la Cité, sur lequel sont groupés, à peu de distance l'Académie, là maison cantonale et le Château.

La pince Saint- François est en général le point de départ de tous les étrangers *. Le temple Saint- François, qui la limite au S., repose sur des bases anciennes , mais il a été reconstruit en 1442 par le pape Félix V.

Les rues montucuses de Bourg et Saint-Pierre continuent à l'E. la place Saint-François. La rue Saint- Pierre se termine à l'hôtel du Faucon, où elle se divise en trois branches :

l'une conduit par le faubourg de l'Êtraz à la route de Vevey; l'autre (la rue de Martheray) monte à la route de Ifoudon et de Berne; la troisième, ou la route neuve, laisse à dr. le théâtre et vient se développer sur le

1. Pour visiter Lausanne on peut suivre l'itinéraire que nous indiquons ici.

LAUSANNE

versant oriental du ravin du Flon. On l y découvre sous leurs aspects les plus pittoresques, Lausanne et suFtout La Cité, qui couronne le versant opposé du ravin. Cette belle route se bifurque au-dessous de la douane. Le bras de dr. monte à la route de Berne. Si l'on continue à remonter le ravin du Flon, que domine à dr. le Champ-de-I'Air, après avoir dépassé le Solitaire et la Solitude, on franchit le Flon; de là au lieu de traverser le tunnel, on peut monter au Château, vaste cube en pierres de taille , construit au xv« s. et surmonté de quatre tourelles en briques. Il fut pendant longtemps la résidence des évêques de Lausanne, puis des baillis bernois. Du côté de Î'E. il s'appuie à la vieille tour de Saint-Marius, l'un des premiers évêques de Lausanne. Le conseil d'Etat siège aujourd'hui dans ses murs. Une terrasse ( belle vue ) le relie aux maisons cantonales , dans lesquelles s'assemble le Grand-Conseil et où siège le tribunal cantonal.

Du château, la rue de la Cité- Devant conduit à la cathédrale, en passant devant le collège académique, qui, construit en 1587, renferme, outre les salles consacrées à l'enseignement, l'école normale, le musée cantonal, un beau cabinet de physique, la bibliothèque cantonale (40000 vol.), etcellcdes étudiants (7000 vol.).

— La Bibliothèque cantonale, ouverte toute l'année, excepté le dimanche, les jours de fêtes légales et la première quinzaine de septembre, de midi à 4 h. (de nov. à mars) , et de 1 h. à 5 h. (de mars à nov.), est plutôt riche en ouvrages utiles et d'une valeur scientifique réelle qu'en raretés proprement dites; les curieux examinent surtout quelques manuscrits à miniatures, des autographes de Voltaire, de belles éditions incunables ou du premier siècle de l'imprimerie, et un superbe Pline l'Ancien, édition de Venise, à la reliure deGrolliez, célèbre amateur du temps de François Le Musée cantonal, |

fondé en 1818, est ouvert les dimanche, mercredi et samedi, de 11 h. à 3 h. (concierge, Cité-Devant, n° 3, au premier) ; il renferme une collection des minéraux de la Russie, don de l'empereur Alexandre I*r au général Laharpe; une collection des minéraux de Bex et un plan de ses salines; des collections mi né ra logiques, botaniques et zoologiques, parmi lesquelles on distingue la collection ornithologique et entomologique de M. Chavannes; la belle collection de fossiles d'eau douce donnée par M. de Charpentier; une collection de médailles suisses, une collection d'antiquités lacustres provenant de fouilles faites dans les lacs de Genève et de Neuchatel ; un certain nombre d'antiquités découvertes dans les environs (un des objets les plus remarquables est un miroir étrusque, représentant le jugement de Pâris) ; divers objets légués par Napoléon à son valet de chambre Noverraz ( de Lausanne ) :

entre autres, la clef de la maison de Longwood, trois selles, des fusils de chasse et un fragment de l'enveloppe extérieure du cercueil de l'Empereur.

L'Académie de Lausanne compte 3 facultés (droit, théologie, sciences et lettres), 20 professeurs et environ 160 étudiants. L'enseignement supérieur est réparti entre plusieurs établissements : le collège , l'académie et l'école des ingénieurs ou école spéciale qui forme «les ingénieurs (civils, mécaniciens, chimistes) et des architectes.

La Cathédrale de Lausanne (ouverte le jeudi, les autres jours il faut s'adresser au marguillier) , l'une des plus belles églises de la Suisse, fut fondée, l'an 1000 de notre ère, par l'évêque Henri, sur les ruines d'une chapelle que Marius avait élevée à Notre-Dame-de-Pitié; reconstruite au xii» s. à la suite d'un incendie, consacrée en 1275 par le pape Grégoire X, en présence de l'empereur Rodolphe l*r; en partie reconstruite par l'évêque Boni face et son succes-

seur ; enfin réparée en 1506, par l'évôque Aymon de Montfaucon. Au mois d'octobre de l'année 1536. il s'y tint, en présence de commissaires bernois, une conférence religieuse, à laquelle assistèrent Farci, Viret et Calvin, et qui amena la translation de l'éveché à Fribourg.

La cathédrale de Lausanne a la forme d'une croix latine : la base de la croix est au grand portail, au couchant; le haut forme le chœur.

Sa longueur est de 93 mèt.

Le grand portail, qui s'ouvre entre les deux tours de la façade, date de la fin du xvc s. et des premières années du xvi1 s. La tour du Midi, la seule achevée, contient : daus sa partie inférieure, les archives d'Etat; dans sa partie supérieure, le beffroi.

245 marches montent jusqu'à Ja terrasse qui recouvre le beffroi, et qui, élevée de 47 mèt. au-dessus du sol, offre un beau panorama. Une flèche à huit pans la domine de 13 mèt.

Le beffroi renferme cinq cloches.

La plus grosse, la Marie-Madeleine, sonne pour la convocation du Grand- Conseil. La deuxième, la Clémence, que l'on sonne pour les assemblées électorales, dans les cas d'incendie, et que l'on sonnait jadis lors de l'exécution d'un criminel, porte l'image d'une femme à genoux sur l'échafaud , et que l'exécuteur s'apprête à frapper, quand un auge descendu du ciel apporte sa grâce.

La tour du Couchant, restée inachevée, renferme la chapelle qui sert au culte en hiver.

Vintérieur de la cathédrale de Lausanne (il a subi de nombreuses mutilations) se compose : d'un vestibule entre deux chapelles, d'une nef, divisée en huit travées; d'un transsept acecompagné de deux chapelles, et d'un sanctuaire, entouré d'un passage destiné au parcours des processions. On y compte mille colonnes.

Le jour y pénètre par soixante-dix fenêtres. L'ornementation, partout variée, appartient presque entièrement

au règne végétal. On y remarque surtout : 1° Une fenêtre ronde appelée la rose, et garnie de vitraux de diverses couleurs, qui représentent des sujets de l'histoire sacrée; elle a été plusieurs fois restaurée; 2J les stalles sculptées (1509) et trop ornées qui font face à la chaire; 3° les stalles qui étaient autrefois dans le chœur, et qui ont été reléguées dans une chapelle haute du transsept. M. Alfred Ramée a publié une intéressante description de ces dernières stalles dans la première livraison du t. XVI «les Annales archéologiques. Elles étaient au nombre de 5G en 1853.

Elles garnissaient les deux côtés du chœur et venaient s'appuyer, vers l'occident, sur un magnifique jubé en pierre, aussi du xm* s., qui séparait le chœur de la nef, et qui a été démoli dans cette désastreuse année; il n'en reste que 14 disposées sur les trois côtés de la chapelle; les stalles hautes sont seules conservées, les stalles basses ont disparu.

Le plus curieux des tombeaux du chœur est celui d'Othou de Grand»

son, appelé dans une vieille chronique le chevalier sans pair, tué en duel par Gérard d'Estavayer, à Bourg-en -Bresse, le 7 août 1397, et dont la statue n'a pas de mains. On explique ainsi cette mutilation volontaire :

En 1393, Gérard d' Esta vayer, jaloux des soins que rendait à sa femme, la belle Catherine de Belp, le sire de Grandson, prit le parti, pour se venger de lui et pour dissimuler la véritable cause decette vengeance, de l'accuser d'être l'auteur d'un empoisonnement dont le comte Amédée VI H de Savoie avait manqué d'être victime : en conséquence , il lui offrit le combat à outrance comme témoignage de la vérité de son accusation. Othon de Grandson , quoique affaibli par une blessure encore mal fermée, crut de son honneur de ne point demander un délai , et accepta le défi. Il fut donc cou venu que le coni-

LAUSANNE

bat aurait lieu le 9 août 1393, à Bourg-en-Bresse, que chacun des combattants serait armé d'une lance, de deux épées et d un poignard; et que le vaincu perdrait les deux mains, à moins qu'il n'avouât , si c'était Othou , le crime dont il était accusé, et, si c'était Gérard, la fausseté de l'accusation. Othon fut vaincu; Gérard lui cria d'avouer qu'il était coupable.

Othon répondit en lui tendant ses deux mains, que Gérard abattit d'un seul coup.

Le tombeau situé près de la porte du transsept passe, peut-être à tort, pour celui de Victor- Amédée, qui fut duc de Savoie, évêque de Genève, pape sous le titre de Philippe V, mais qui se démit successivement de toutes ces dignités pour aller finir ses jours

Cathédrale de Lausanne.

dans le couvent de Ripaille, sur la ' rive opposée du lac (R. 25).

Parmi les autres tombeaux, nous gnalerons ceux : de la princesse russe Orloff, empoisonnée, dit-on, par l'ordre de Catherine II; de la duchesse de Courlande; de Raymond | de M "in faucon ; du vénérable Bernard de Menthon, fondateur de l'hospice du Grand-Saint-Bernard, auquel il donna son nom; de Marius, premier

'évêque de la ville; de Christine, comtesse de Valmoden, et enfin celui en marbre blanc (par Bartolini) d'Henriette, première femme de M. Straiïord Canning, avec cette inscription : « Harriet- Canning , née Raikes, décédée le 17 juin 1817. »

Une table incrustée contre le mur du transsept, rappelle la mémoire de Davel , a martyr des droits et de la liberté du peuple vaudois, » exécuté

le 24 avril 1723, pour avoir voulu délivrer le pays de Vaud de la domination bernoise.

Le clueur est surmonté d'une lanterne, d'abord rectangulaire, puis octogone, haute de 40 mèt., et qui se termine par une aiguille en charpente, de forme élancée, qui en a remplacé une plus ancienne, deux fois incendiée par le feu du ciel, en 1657 et 1825.

La chapelle absidiale qui termine l'édifice et qui ne se trouve pas sur le prolongement de Taxe, mais qui dévie du côté du N., est ornée de pilastres cannelés et de charmants chapiteaux.

Si l'on est entré dans l'église par le grand portail, on en sort par celui du midi, nommé la porte des Apôtres.

Ce porche est à lui seul un monument. Il se compose de soixantedouze colonnes et d'ogives surmontées d'un fronton aigu. Au-dessus de la porte sont figurées la mort , la résurrection et la consécration de la Vierge.

M. de Caumont (Bulletin monumental, t. X, 30e vol.) signale aux artistes et aux antiquaires les deux beaux anneaux de bronze ciselés et ornés de feuillages , portés par des tûtes de lion, qui ornent les battants de la porte occidentale. Il les croit duxni's.

Trois tours et plus de la moitié de l'ancien palais des évoques (aujourd'hui une prison) ont été abattues en 1707, pour construire la terrasse, plantée de marronniers, qui s'étend devant la cathédrale et d'où l'on découvre une admirable vue sur la ville, le lac et les Alpes.

De la cathédrale, un escalier couvert descend aux places de la Riponne et de la Palud. La place de la Riponne (Ripœ unda) a été construite sur des voûtes de plus de 16 mèt. de profondeur, dans un ravin creusé par la Louve. — En face de la halle aux blés ou grenette, inaugurée en 1840, s'élève le musée cantonal des Beaux-Arts, appelé, du nom du peintre qui en a fait don à

sa patrie, le Musée Arlaud. — Ce

musée, ouvert les mêmes jours et heures que le Musée cantonal (concierge au rez-de-chaussée) , contient :

au rez-de-chaussée, une école de dessin et une salle de sculpture, et, à l'étage supérieur, une galerie de peinture et de sculpture. On y remarque un Rosenlaui et la Forêt de Finges , par Diday , le Lac de Brienz par Calame, la Mort du major Davel et les Romains passant sous le joug, par Gleyre, des aquarelles de Ducros et des tableaux des peintres vaudois. Celui des portraits qui attire le plus l'attention est le portrait de Mme de Warens. — Derrière le musée, et dans le même corps de logis, sont les salles des écoles primaires de la ville.

Au couchant, la Riponne est dominée par la terrasse d'une maison d'orphelins, nommée Yécole de charité, et par le temple qu'a fondé, en 1834, Véglise catholique de Lausanne.

La nouvelle rue Haldimand relie la place de la Riponne au Grand-Pont :

elle passe devant le temple de Saint- Laurent, autour duquel rayonne un dernier quartier de la ville. Plusieurs rues , partant d'une petite place, relient ce quartier à ceux de la Palud, de Saint-François, et au pont Pichard. A l'angle "que forment les routes d'Orbe et d'Yverdun s'élève Va file des aveugles qui, fondé par M. Haldimand et Mlle de Cerjat, renferme un hospice et un institut.

L'hôpital, le seul de ce genre qui existe en Suisse, est ouvert toute l'année, sans distinction de nationalité, moyennant une rétribution modique, à tous les individus qui souffrent des yeux. Les pauvres y sont traités gratuitement.

La place de la Riponne communique par la rue de la Madeleine avec la place de la Palud, sur laquelle s'élève V hôtel de tille, siège des autorités communales et judiciaires du district; le syndic l'habite; la police y a ses bureaux. Tous les samedis,

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