DE GENÈVE ET DE LAUSANNE A NEUCHATEL. [R
quelle s'élevaient les cabanes. Leurs dimensions varient de 10 à 30 centimètres de diamètre.
Les objets recueillis les plus rares et les plus remarquables sont les instruments encore fixés à leurs emmanchures, entre autres 5 haches, 16 ciseaux ou tranchets de formes diverses, une pierre enchâssée comme marteau dans un bois de cerf, un ciseau en os fixé dans une emmanchure, une dent d'animal brisée dont la racine est adhérente à un andouiller, des espèces de poinçons en bois sortant de petites poignées coniques, etc.
Au milieu de couches de végétaux plus ou moins décomposés, et à une profondeur d'environ t met. au-dessous du limon, on a trouvé de la mousse parfaitement conservée et qui remplaçait sans doute le crin de nos matelas, et même un petit écheveau de fil retors carbonisé, d'après lequel on voit que l'industrie du fileur était très-développée à cette époque reculée.
Les ossements sortis de la vase sont aussi très-nombreux. On a trouvé des débris humains, et aussi de bœuf, de mouton, de chèvre, de cochon domestique et de chien. Entre les animaux sauvages, l'unis, l'élan, le cerf, le chevreuil, l'ours, le loup et le sanglier témoignent par leurs restes que la chasse était abondante. Trois mâchoires et des vertèbres de brochets montrent aussi que la pèche était tout naturellement l'un des moyens de subsistance des populations lacustres. Quelques grains de froment et des graines diverses expliquent l'usage des meules employées comme moulins.
Au delà de la Rai s se, on entre dans le canton de Neuchâtel à
16 kil. Vauxmarcusy en ail. Famergù, hameau de 179 hab. réf., ou se relient les chemins de fer de POuest-Suisse et Franco-Suisse.
Le siège du beau château de Vauxmarcus, qui appartient aujourd'hui à la famille bûren, de Berne, précéda la bataille de Grandson. Presque en face, sur la rive opposée, est la petite ville d'Estavayer (R. 17).
20 kil. Saint -Aubin (hôt. de la Couronne), v. de 550 hab. réf., à 474 mèt. On peut aller visiter le Creux-du-Vent ( R. lll), et gravir la Mont-Aubert (belle vue). — La
station de Saint-Aubin dessert aussi Gorgier (984 hab. réf.), v. dominé par un beau château. — Le chemin de fer, continuant de monter, s'éloigne du lac.
24 kil. Bevaix (782 hab. réf.), v. dont les vignobles donnent des produits non moins estimés que ceux de Cortaillod , gros v. de 1 1 84 hab. réf. , situé près du lac à 500 mèt. — On franchit la Reuse sur un beau viaduc de onze arches, haut de 38 mèt.
28 kil. Boudry (hôt. la Maisonde-Ville), V. de 1531 hab. réf., patrie de Màrat. — A g. s'ouvre le Val de Travers (R. 111). — Au-dessus de la station, près de Trois -Rod, est une grotte remplie de stalactites.
30 kil. Colombier (1007 hab. réf.).
Ce v., situé sur une éminence entourée de vignobles, de prairies et' d'arbres fruitiers, fut le séjour favori de Keith, ami et général de Frédéric le Grand, et gouverneur de Neuchâtel de 1760 à 1770. Mme de Charrière l'a aussi habité. Le château sert de caserne aux troupes cantonales et fédérales. — Près du lac est la belle maison de campagne Le Bied. — On se rapproche du lac et l'on rejoint la ligne de Paris, par Pontarlier, à la station de
33 kil. Auvernier* en ail. Arernaeh, v. de 703 hab. réf. , où le lac forme une jolie baie et où se récoltent les vins blancs les plus estimés du canton. Audessus d'Auvernier, au delà du chemin de fer de la Chaux-de-Fonds, se montrent sur la colline les villages de Cormondrèche et de CorcelUs.
On découvre de lieaux points de vue sur le lac que l'on domine à une faible distance, et sur la chaîne des Alpes. Le chemin de fer franchit, sur un viaduc de trois arches de 20 mèt. et haut de 30 mèt., la gorge pittoresque de Serrières, où l'on remarque à dr.
le pont construit, en 1807, par le maréchal Berthier, sur une belle rivière dont on aperçoit la source d'un cdtô du pont, et, de l'autre côté, l'embouchure dans le lac, tout son cours n'excédant guère 1000 mèt. Cette