‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 170 sur 865 · ROUTE 16] CONCISE. — MONT-AUBKRT · texte numérisé non relu

ROUTE 16] CONCISE. — MONT-AUBKRT

De Grandson, un chemin conduit en 4 h. enriron à Motiers, R. Ht, par Fiez, 521 mèt.-, Fon mines. 5G6 met.; Villars- Burquin, 748 mèt.; et Mauborget, 1176 met. Après avoir franchi un col élevé de 1400 mèt., on descend à Motiers par la vallée de la Reuse.

Le chemin de fer passe sous l'un des murs du vieux château de Grandson, dont les ingénieurs ont conservé une gracieuse tourelle, puis côtoie le lac sur une helle jetée; à g. on aperçoit Fiez, que domine le Jura. On franchit l'Arnonqui descend de Sainte- Croix.

9 kil. Onnens, v. de 330 hab. réf., la station dessert Bonvillars, situé à g. — Près de Coreellet se trouvent plusieurs pierres druidique*.

12 kil. Concise ( hôt. de Y Écu- de- France), v. de 823 hab. réf., situé à 443 met., au bord du lac. A g. viennent mourir les derniers escarpements de la base du Mont-Aubert(\MHmi>t.). On franchit la Diaz près de La Lance, ancienne chartreuse bâtie en 1320 par Othon de Grandson, ainsi nommée parce qu'elle possédait, entre autres reliques, un morceau de la lance avec laquelle un soldat perça le flanc de J.-C. crucifié. Les chartreux, ayant adopté la réformation à la majorité des suffrages, quittèrent leur couvent, dont Berne s'empara après l'avoir sécularisé. C'est actuellement une maison de campagne magnifique.

On a trouvé dans les environs des médailles romaines du Bas-Empire. Le chemin de fer traverse dans de profondes coupures de magnifiques rocs blancs, exploités jadis par les Romains pour leurs constructions de luxe. A ces rocs blancs, qui appartiennent encore au sol vaudois, succèdent, à la limite du territoire neuchâtelois, les rocs jaunes connus sous le nom de pierre de Neuchâtel.

Des fouilles entreprises à Concise en lKf>4, sous la direction de M. Troyon, ont amené de curieuses découvertes ( V. l'Introduction et un intéres-

sant article de M. Elisée Reclus sur l'époque lacustre, Revue des Deux- Mondes, 1862, t. I)

La bourgade lacustre de Concise a été, à ce qu'il parait, l'un des lieux de fabrique les plus importants de l'âge de pierre, et la spécialité de cette fabrique consistait surtout dans le travail des bois de cerf taillés pour des emmanchures de haches, de ciseaux, de tranchets et d'instruments divers. Plusieurs morceaux, plus ou moins ébauchés, sont tombés à l'eau avant d'être achevés; beaucoup de pièces très-bien finies sont intactes ; un certain nombre étaient hors d'usage, et quelques-unes ont été carbonisées par l'incendie. L'os était aussi emoloyé pour de nombreux poinçons, pour des ciseaux, des pointes de flèches, des poignards, des épingles à cheveux et pour quelques instruments d'une destination difficile à saisir. Des espèces de couteaux fort curieux ont été faits avec des défenses de sangliers, dont l'une ne mesure pas moins de î4 centimètres de longueur. Des dénis d'ours percées d'un trou ont été portées comme ornement ou comme amulette.

La série des instruments en pierre renferme do fort belles pièces en roches diverses, mais entre autres en serpentine, en silex étranger à la Suisse. La hache était l'instrument principal. De nombreux échantillons montrent aussi les divers de» grés de la fabrication faite sur place. Les meules à aiguiser, de grès mollasse, témoignent par leur usure d'un usage plus ou moins long. Le fini et le tranchant de bon nombre d'instruments sont d'autant plus remarquables que la pierre ne pouvait être taillée et polie qu'à l'aide de ia pierre.

Les poteries sont le produit industriel du caractère le plus primitif. On a retrouvé un grand nombre de fragments qui permettent déjuger de la grandeur et de la forme des vases employés, soit pour cuire les aliments, soit pour contenir des liquides et des provisions de genres divers.

Les débris d'instruments en bois et de pièces de construction, qui sont de beaucoup les plus difficiles à conserver, présentent un intérêt réel, en ce qu'ils montrent ce qu'on était capable de produire avec de simples outils en pierre. Des miliersde pilotis de chêne, de sapin, de bouleau et d'autres épaves étaient coupes, taillés en pointe et pUnté.- dans le limon du la pour supporter l'esplanade sur la-

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