‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 182 sur 865 · FRIBOURG ET SES ENVIRONS · texte numérisé non relu

FRIBOURG ET SES ENVIRONS

Renseignements généraux.

Hôtels : Zxhringer-Hof, près du poni (bon, bien situé, bien tenu, prix de tous les grands hôtels de la Suisse, belle vue delà terrasse); — des Merciers , près de l'église, moins bien situé, bon et moins cher.

N. B. Une demi-journée suffit pour visiter Fribourg. On descendra do la gare à la cathédrale , puis au pont suspendu. Ce pont traversé, on passera sur le pont du Gotteron, et, près du hameau de Bourguillon, on tournera à dr. pour gagner la chapelle de Lorette,doû l'on descendra par des escaliers à l'arsenal ; là, prenant à g., on franchira la Sarine sur le pont de pierre et l'on montera à l'hôtel de ville, d'où l'on se rendra à la gare, à moins que l'on ne veuille faire une excursion (aller et retour) au beau pont du chemin de fer (V. R. 19). Dans cette promenade.

on voit Fribourg sous ses aspects les plus pittoresques. — On ne doit pas manquer d'entendre l'orgue de la cathédrale.

Fribourg, en ail. Freiburg, en ital. Friburgo, ch.-l. du canton de ce nom, V. de 10454 hab., dont 9309 cath. et 1125 réf. , moitié allemande et moitié française, est située, à 628 mèt. d'alt. , en partie dans une petite plaine, en partie sur un promontoire de rochers de grès formé par les détours de la Sarine. Ses maisons bâties en amphithéâtre (les toits des maisons de la rue Court-Chemin sont au niveau du pavé de la rue Grande-Fontaine) , la longue ligne de ses remparts crénelés, flanqués çà et là de tours féodales et de portes de fortifications anciennes parfaitement conservées, ses églises, ses couvents, ses ravins, ses ponts, ses jardins, lui donnent, à l'extérieur, un aspect original et pittoresque. Mais l'intérieur ne répond pas à l'extérieur. Elle est divisée en quatre quartiers : le Bourg, Y Auge, les Places et la Neuve-Ville; et cinq ponts, dont deux méritent une mention particulière , mettent ep communication les deux rives de la Sarine.

Histoire.

A en croire certaines traditions, une grande partie du canton de Fribourg était habitée, avant Jules César, par un peuple de même origine que les Celtes ou OaJls, et soumis à la théocratie druidique. Ce qui est plus positif, c'est que les Romains s'y établirent au commencement de notre ère. Quelques siècles plus tard, à l'époque des grandes invasions, les Barbares exercèrent de tels ravages dans tout ce pays, qu'on l'appela désormais le désert des Hehétiens. — Oedland, Uechtland et Desertum, tels furent les noms sous lesquels il fut désigné jusqu'au xv* s.

L' Uechtland, ou encore la Nuithonia, fit d'abord partie du royaume de la petite Bourgogne. Mais, à dater de 1127, les ducs de Zœhringen, charges de gouverner la Tranajurane, comme flef de l'empire, avec le titre de recteurs, y instituèrent le système des bourgeoisies, et y bâtirent des ville», afin d'opposer une barrière aux

déprédations et aux vexations des seigneurs qui cherchaient à se rendre indépendants de l'empire. 11 est déjà question de Fnbur dans une charte de 1162, bien que sa fondation réelle, par Berthold IV, date seulement de 1179. Ce prince donna à la ville nouvelle une constitution semblable à celle de Cologne , et un territoire de trois lieues à la ronde.

Après la mort de son fondateur, Fribourg passa d'abord sous la domination des comtes de Kyburg, puis sous celle des comtes de Habsburg. L'empereur Rodolphe confirma et étendit ses privilèges en 1274. Depuis lors, les Fribourgeois combattirent avec les Autrichiens dans toutes les guerres que ces derniers firent aux Bernois et aux Confédérés jusqu'en 1450, époque à laquelle le duc Albert d'Autriche, dit le Prodigue, les délia de leur serment de fidélité; toutefois ils ne jouirent pas longtemps de leur indépendance. Des troubles intérieurs, des guerres malheureuses contre Berne et la Savoie, et plus encore la tyrannie et les vols de Thuring de Hallweil , gouverneur autrichien , ayant épuisé toutes leurs ressources, le duc de Savoie réclama impérieusement le payement de 200 000 florins qui lui étaient dus. Ne pouvant satisfaire à sa demande, le conseil de la ville se soumit à la domination de son créancier (10 juin 1452). Mais, lorsque la guerre de Bourgogne éclata ( V- Grandson ) , Fribourg embrassa le parti des Confédérés et lutta avec énergie contre le duc de Savoie, et son puissant protecteur, Charles le Téméraire. Immédiatement après la bataille de Morat (P. R. 19), elle vit se réunir dans ses murs, en 1476, une diète brillante, à la suite de laquelle les Confédérés accordèrent la paix au duc de Savoie et à la ville de Genève, et mirent pour la première fois un corps de troupes suisses à la solde des Français qui voulaient reconquérir la Lorraine. Dès l'année suivante, la Savoie abandonna toutes ses prétentions sur la ville de Fribourg, qui fut reçue dans la Confédération en 1481, malgré l'opposition des autres cantons, et grâce a l'intercession de Nicolas de Fluc. (K. Stanz.)

A dater de cette époque, le canton de Fribourg s'agrandit successivement, soit par des acquisitions, soit par des conquêtes et des traités.

Pendant les quatre premiers siècles de son indépendance politique, Fribourg eut une forme de gouvernement purement démocratique, qui, plus tard, devint oligarchique. De là, des haines et des riva-

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