ROUTE 25] DE LAUSANNE
A M ART l ON Y.
Sentiers pour Boltigen . dans le Simmenthal, en 4 n. 15 min., par la Wallop- Alp., R. 134; — Lac Bfllegarde, 2 h.
environ, R. 1 35 ; — àCharmey, 3 h., R. 1 35.
Au delà des bains, la route devient praticable aux voitures. A l'extrémité du lac on traverse la Singine chaude pour descendre bien au-dessous de la chapelle tm Rohr le long de la rive dr. On franchit deux autres fois la Singine.
1 h. 30 min. Gutmannshaus et in der Friestmatt , fermes situées à 867 raèt., à la jonction de la Singine froide, qui vient du lac du Ganterisch. et de la Singine chaude.
A Berne, par Schwarzenburg, R. 133.
De Gutmannshauss on remonte à l'E. la Singine froide dans une vallée resserrée entre deux hautes montagnes. Traversant de beaux pâturages, on s'élève d'abord aux bains sulfureux de Schtcefel (1394 mèt.), fréquentés seulement par les habitants des environs (2 h.\ puis au col situé entre le Seelibiihl (1 7.'»2 mèt.) et le Hoch-Ganterist , 2177 mèt. (2 h ). — Les sommets de ces deux montagnes, assez difficiles à gravir, ofTrent de l>elles vues. — Du col on descend par des pâturages et des forêts (2 h.
30 min.) aux bains de Blumenstein . (R. 1 33), d'où Ton gagne en 2 h. Thuu (R. 123 et 130) par Thierachern.
DE GENÈVE A MARTJGNY.
128 kil. — Chemin de fer. — Deux convois par jour. — Trajet en 5 h. environ. — 14 fr. 10 c; 9 fr. 70 c; 7 fr. — Billets d'aller et retour et billet de plaisir du samedi au lundi pendant Pété.
N. B. Dans tout ce trajet, il faut avoir le soin de se placer à dr. dans les voitures du chemin de fer, pour jouir de la vue. A g. on ne voit le plus souvent que des talus ou des murs.
Nous recommandons surtout aux touristes qui visitent pour la première fois
ce beau pays, Vevey, Montreux, le Rigi vaudois, Chillon, Bex, Pissevache, et la gorge du Trient.
60 kil. de Genève à Lausanne (R. 14).
Lausanne et ses environs (R. 15).
DE LAUSANNE A MARTtGNY.
68 kil. — Trois convois par jour. — Trajet en 2 h. 40 min. et 3 h. 25 min. — 7 fr. SOC.; 5 fr. 15 c; 3 fr. 70 c.
Après avoir laissé à g. le chemin de fer de Fri bourg, qui gravit la montagne, on continue de longer à une faible élévation le lac sur lequel on découvre de beaux points de vue.
On laisse à dr. Pully (1387 bab.
réf.). Sur la pente S. du Jorat s'étend, de Pully jusqu'auprès de Vevey, le fameux vignoble de Ixl Faux, chefd'œuvre d'économie agricole , que dominent les monts de Saint-Saphorin , de Villette , de Lutry et la tour de Gourze.
Au sortir d'une tranchée, on aperçoit à g. le beau viaduc du chemin de fer de Fribourg (R. 19), jeté sur la Paudèze que l'on franchit, puis on passe dans un petit tunnel au-dessus de Pauder.
67 kil. Lutry (but la Couronne), V. anc. de 2ô4ô bab. réf. (jolie promenade , le Grand-Pont). Au-dessus sont les hameaux de Corsier et de Savouy, dominés par de Beimont. Au delà d'un tunnel, on passe près du domaine du Chatelard, et l'on se rapproche du lac pour laisser à g. Villette et Gramltaux.
70 kil. Cully (hôt. Maison -de- Ville), V. de 1202 hab., dont 939 réf., au fond d'un petit golfe du lac. — Sur la place d'Armes qui joint la ville au rivage, le major Davel passa en revue, le 31 mars 1723, les milices de La Vaux avant de marcher sur Lausanne et d'inviter le pays de Vaud à secouer le joug de Berne. Il n'avait confié son projet à aucun de ses officiers; il échoua et fut pris pour un insensé. Un siècle après, ses conci-
toyens lui ont élevé un monument comme à un martyr de la liberté.
On passe dans une tranchée audessous de Riez et d'Epesses. A g. se dresse la tour antique de Marsans.
Le chemin de fer, croisant la route de poste, longe le lac sur lequel on découvre une vue admirable.
75 kil. Rivaz-Saint-Saphorin. Cette station dessert Rivaz et Saint-Saphorin, entre lesquels se trouve, au bord du lac, GléroUes, vieux château bâti sur des rochers, autrefois habitation d'été des évêques de Lausanne.
Rivaz est dominé par Sallaz et Chexbres (789 hab. réf.), derrière lequel s'élèvent les pentes hardies et gracieuses des monts de Puidoux, couverts d'habitations. Du signal de Chexbres (580 mèt.), on découvre une vue admirable sur le lac, le pays de Vaud, les montagnes du Valais et de la Savoie. Le Forestay, sorti du lac de Bret (R. 19), après avoir fait tourner les roues de quelques moulins, tombe de rochers en rochers dans le lac, au moulin de Rivaz. Un milliaire de Claude, marquant 37 milles d'Avenches, est enchâssé dans le mur occidental de l'église de Saint- Saphorin, où l'on découvrit en le réparant, en 1820, un fragment d'un autel consacré à la Fortune. Le vin rouge de ce village passe pour le meilleur vin des environs.
Après avoir croisé la route de terre, on franchit la Veveyse au-dessus du pont de pierre de la route.
80 kil. Vevey ( omnibus, 20 c. , 1 colis, 10 c, de la gare aux hôtels, hôt. des Trois-Couronnes , un des plus beaux hôtels de la Suisse, fondé par M. Monnet, et admirablement situé sur le lac, qui vient baigner sa terrasse italienne; belle vue du belvédère, prix de 1T# classe; du Lac; des Trois-Rois, restauré (bains, chevaux , voitures) ; du Pont (près de la gare); hôtel Bellerue, à 45 min. sur la route de Bulle (bon et bien situé) ; de la Croix-Blanche. Pensions : du Château, près du lac (6 à 8 fr. par
jour); Delessert (maison Ludlow), 4 et 5 fr. ; Turin, rue des Promenades, surtout pour des dames seules; Mail' lart, Nicoud, Chemenin. — Café du \alc. — Bateaux pour promenades :
1 fr. l'heure sans rameurs; 2 fr. avec
1 rameur; 3 fr. avec 2 rameurs. Par kil., 6 fr. avec 1 rameur; 10 fr. avec
2 rameurs. — Bains chauds et froids ; poste, rue du Lac; télégraphe, à la poste), en allemand Vivis, V. de 6494 hab. dont 5645 réf., située sur les bords du lac, au pied du mont de Chardonne, l'une des ramifications de la chaîne du Jorat, près de l'embouchure du torrent impétueux de la Veveyse, qui y a causé souvent de grands ravages. Elle est la patrie de Labelye, l'architecte du pont de Westminster à Londres.
Fondée, dit-on, par les Gaulois, devenue ensuite une cité romaine, tour à tour envahie et détruite par les Barbares, reconstruite sous les empereurs, agrandie sous les ducs de Zaehringcn et plus tard sous les barons de Vaud, ravagée parla peste en 1450, mise à feu et à sang en 1476 par le bailli bernois du Simmenthal, pour avoir fourni des secours à Charles le Téméraire, puis enfin soumise pendant plusieurs siècles aux Bernois, Vevey ne regagna son indépendance que lors des événements de la fin du siècle dernier. Elle est aujourd'hui la seconde ville du canton de Vaud par son étendue et sa population, la première par son industrie et son commerce (vins, Champagne vaudois, bois, exploitation de marbres, ateliers de machines, éducation de vers à soie, transit), et aussi par la beauté de sa position.
Divers ouvrages de Jean-Jacques Rousseau ont contribué a rendre Vevey célèbre.
n J'allai à Vevey, dit-il dans se? Confaiions (part. I«, liv. iv), loger à la Clef, et, pendant deux jours que j'y restai sans voir personne, je pris pour cette ville un amour qui m'a suivi dans tous mes voyages et qui m'y a fait établir enfin le héros
[ROUTE 25] LUTRY. — CQLLY. — VEVEY. 127
de mon roman. Je dirais volontiers à ceux qui ont do goût et qui sont sensibles : Allés à Vevey, visitez le pays, examinez les sites , proraenez-vous sur le lac , et dites si la nature n'a pas fait ce beau pays pour une Julie, pour une Claire et pour un Saint-Preux ; mais ne les y cherchez pas. »
En fece de Vevey, de l'autre côté du lac, se dressent, au-dessus des rochers de Meillerie, les Dents d'Oehe, qui mordent les nuages, selon l'expression de M. Victor Hugo. En suivant la courbe que fait le Léman à son extrémité, on découvre successivement : la Chaume ny , au-dessus de Saint-Gingolph ; la Dent du Midi, dont le groupe majestueux forme cinq pics; le Catogne, à la cime conique, dominé au fond de la vallée par le Vélan, la plus haute sommité de la chaîne du Saint-Bernard; la Dent de Mordes , les Tours d'Ay etdeMayen; les Crêtes d'Arvel; la crête ardue de Kaye, d'où descendent les pâturages de Caur, parsemés de chalets; le sombre Cubly , qui sert de base à la Dent de Jaman; le Folly à la tête boisée ; les Pléiades et leurs ravins. A FO. , le bleuâtre Jura apparaît au delà du Pèlerin.
Saint- Martin, fondée en 1458, est située hors de la ville, au milieu des vignes, sur une terrasse plantée d'arbres (belle vue). Le service divin n'y est célébré que pendant Pété. Edmond Ludlowet Broughton, deux des juges qui condamnèrent à mort le roi Charles I**, y ont été inhumés. Exclu de l'acte d'amnistie de Charles II, Ludlow s'était vu forcé de se réfugier à Vevey , où il écrivit ses Mémoires durant les trente années de son séjour. Non - seulement les Bernois, alors maîtres de la ville, refusèrent constamment de livrer l'exilé au roi d'Angleterre, qui le leur demanda plusieurs fois, mais ils déjouèrent tous les complots tramés contre lui par des assassins salariés. On voit encore, dans la rue qui conduit à la Tour de Peilz, la maison qu'habita
Ludlow. L'inscription suivante 1 la désignait à la curiosité publique :
Omne solum forti patria est, quia patris.
L'église Saint-Martin renferme aussi la tombe du voyageur Matte, et le monument élevé par ses concitoyens reconnaissants à la mémoire de Martin Cou vreu, bienfaiteur de sa ville natale, mort en 1738, à 93 ans.
Les autres édifices publics (peu intéressants) de Vevey sont : V église Sainte -Claire, qui sert au culte l'hiver; V Hôtel de ville (1755); la Cour aux Chantres, ancienne résidence des rois Rodolphiens; la Douane: le Casino; les Prisons; Y Hôpital, construit en 1734; le Château, occupé jadis par les baillis; la Grenette, ou halle au blé, petit monument orné de dix-huit colonnes toscanes, qui occupe le milieu de la grande place du Port; le Collège, construit en 1838, et qui réunit les écoles primaires moyenne et supérieure; et enfin la Fontaine, à laquelle M. Perdonnet, son fondateur, adonné son nom, et qui porte cette inscription :
Civis civium commodo, urbis, patri» , ornaracnto. 1817.
Parmi les maisons particulières, on remarque la maison Couvreu, prèn du lac, pastiche de divers styles. Le jardin, ouvert au public trois jours par semaine, de 10 h. à midi, est digne d'une visite (pourboire au jardinier).
Un limnimètre a été construit auprès du port.
Vevey possède une bibliothèque publique de 12 000 vol.; une bibliothèque religieuse et populaire, fondée en 1826; un grand nombre d'établissements d'instruction publique et de bienfaisance; des sociétés de divers genres, parmi lesquelles nous mentionnerons seulement celle de l'abbaye des Vignerons, ayant pour
1. Une dame anglaise, du sang de Ludlow, a obtenu du propr.étaire de cette maison la permission d'emporter cette inscription en Angleterre.
devise ces mots : Ora et labora (prie et travaille). Le but de cette société célèbre est d'améliorer la culture de la vigne. A cet effet, elle envoie, chaque printemps et chaque automne, des experts passer en revue toutes les vignes du district, et, sur leur rapport, elle décerne aux plus habiles et aux plus industrieux vignerons des couronnes, des médailles et des serpettes d'honneur. De plus, pour se conformer à une ancienne coutume, peut-être d'origine païenne, elle célèbre cinq ou six fois par siècle une fête qui s'appelle la fête des vignerons, procession allégorique où figurent plu$ de 1000 personnes. Les deux dernières ont eu lieu les 8 et 9 août 1833 et 1851.
Vevey est entourée de belles promenades entretenues avec soin. Le quai du Rivage, voisin du port, est relié au quai de la Veveyse et aux Bosquets de Rouvenas. Ces Bosquets, coupés de sentiers nombreux, se prolongent jusqu'à une maison de tir et aux délicieuses retraites de GUlamont. Un chemin, récemment construit, ramène vers la ville en passant auprès de la terrasse de l'église Saint-Martin, appelée la terrasse du Panorama (on y a établi une table d'orientation). De Saint- Martin on suit les promenades du Panorama , du Clos et des Chenerières, pour arriver à l'entrée orientale de la ville. Une dernière promenade, celle Entre- deux -Y illes, est baignée par le lac entre Vevey et la Tour.
Les environs de Vevey offrent un grand nombre de promenades et d'excursions intéressantes; nous nous bornons à indiquer ici les plus rapprochées, en renvoyant pour les autres aux routes partant de Vevey.
1° Le Pèlerin ou Mont de Chardonne (par la route de Chàtel on fait, si l'on veut, une partie du trajet en voiture). Du sommet, haut de 1216 mèt. , on découvre le lac tout entier, et, du coté du N.3 les contrées sauvages que parcourt la Veveyse depuis
le Moléson. Il faut 2 à 3 h. pour y monter à pied. On passe par Corseaux et Chardonne , ou par Corsier et Jongny. De Chardonne et de Jongny des sentiers mènent au sommet.
T Hauteville (45 min.), parc délicieux aux charmants points de vue.
3° Le château de Blonay, 15 à 20 min. au delà de Hauteville ; et le Signal peu éloigné du château.
4° La ferme de la Pleyau ou des Pléiades, située à 1363 mèt (1 h.
plus haut que le Signal). On y découvre une vue magnifique.
5° Les baitis de V Allias (2 h. de Vevey et de Montreux), situés à une assez grande hauteur au-dessus de la rive g. du torrent de la baie de Qarens, entre le Plan de Châtel et les Pléiades (629 mèt. au-dessus du lac, 1400 mèt. au-dessus de la mer), fréquentés dès le xve s., abandonnes depuis, et reconstruits en 1813. — Le site en est un peu sévère, mais la vallée des Villars offre de jolis paysages, et, outre les Pléiades, on peut visiter dans les environs — le chalet et la montagne de Prinfomavau, qui domine la vallée de Caudon, où la Veveyse prend sa source et d'où l'on voit la Dent de Lys, le Moléson et une partie du canton de Vaud jusqu'au lac de Neuchâtel ; — le Folly (1759 mèt.); d'où l'on découvre six lacs; — le vallon d% Orgeraux ; — le Scex que plliau (le rocher qui pleut).
Cette roche présente une section de cercle d'env. 200 mèt. De son sommet, qui surplombe, il dégoutte continuellement de l'eau filtrant de l'intérieur, car la partie extérieure, bordée d'alisiers, de genévriers et de sapins, n'offre aucune trace d'humidité. Au-dessous du Scex que plliau sont les Fours des Fees, excavations naturelles arrondies, et le chalet de Cornau , près duquel sort, au milieu d'un marais, une source sulfureuse inexploitée. De ce chalet on peut descendre à Clarens par Ta vol, ou à Vevey par Brent, Chailly elles Buriers.