‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 195 sur 865 · CLARENS. — MONTREUX · texte numérisé non relu

CLARENS. — MONTREUX

De Vevey à Fribourg et à Berne. Des omnibus conduisent. les voyageurs à la station de Chezbres (R. 19) station du chemin de fer de Lausanne à Berne ; — à Fribourg par Bulle, R 23: — à Thun par Bulle et le Simmenthal , R. 134; — à Montbovon par la Dent de Jaman, R. 1 40.

D€ VEVEY A WARTIGNY.

A peine a-t-on dépassé la ville de Vevey que l'on s'arrête à

81 kil. La Tour de Peilx (pension Bellevue, à à 6 fr. par jour). V. de 1343 hab. réf., bâtie et fortifiée, en 1239. par Pierre de Savoie, et brûlée par les Bernois après la bataille de Morat. Le château a été démoli en partie en 1747. Les deux tours rondes qui restent debout sont ornées à l'intérieur de meubles et d'armures antiques. On remarque dans le voisinage la villa de la princesse Licgnitz( 1857).

Entre Vevey et la Tour de Peilz se trouve Bellerive, institut de jeunes gens dirigé par M. Sillig.

Dans les intervalles des tranchées, on découvre à dr. de beaux points de vue sur le fond du lac et la Dent du Midi. A g. le dibly, aux belles prairies encadrées dans des sapins, attire surtout les regards.

83 kil. Buriers, hameau d'oiï divers chemins conduisent, à g., à Chailly, village habité par Mme de Warens, et au château de Châtelard, à dr. à Maladaire. — Après avoir traversé un petit tunnel creusé dans le roc , on franchit la Baye de Clarens, torrent qui a causé de tels dégâts par ses débordements qu'il a fallu lui creuser et lui construire un lit à grands frais.

85 kil. Clarens (auberge, au bosquet de Julie; restaurant, au Fiiiuier; pensions : V Ermitage } au bord du lac, Perret (3fr. 50 c. à 5 fr.^par jour), Dufour (3 fr.), Mury (4 fr.), Mayor Vincent et Genton (3 fr. 50 c.) , Mayor Vautier (4 fr.), Puensieux ^appartement complet avec linge, cuisine, etc., 150 fr par mois), hameau «lépendant de la commune de Montreux. Près du lac on remarque la jo-

SUISSE

lie villa de M. Mirabaud. A 10 min.

au N. s'élève, sur une éminence plantée de vignes, le château de Châtelard, reconstruit en 1441 , et où J. J. Rousseau a placé, dit-on, la scène de la Nouvelle Hé loi se. Un chemin qui passe sous les épais ombrages de Tanel y monte de Clarens. A l'O., en deçà de Châtelard, des châtaigniers séculaires ombragent le coteau des Crêtes, où il faut chercher le Bosquet de Julie, sur l'emplacement duquel M. V. Dubochet a fait construire un beau château en briques et en pierre de Berne (Bellevue). Derrière Châtelard, de beaux vergers couvrent les pentes qui portent les villages de Brent, de Cliernex, de Chaulin et vont se perdre dans les forêts de Cubly.

Bien que J. J. Rousseau eût déclaré, dans sa préface de la Nouvelle Iféloïse, que la topographie était grossièrement altérée en plusieurs endroits, soit pour mieux donner le change au lecteur, soit qu'en effet l'auteur n'en sût pas davantage, la plupart des voyageurs persistent encore à reconnaître parfaitement les lieux si admirablement décrits par les lettres de la Nouvelle Héloïse.

86 kil. Vernex (hôtel du Cygne) est aussi un hameau de la belle et riche paroisse de Montreur (2970 hab. réf.), dont on laisse à g. (10 min.) le village principal, les Planches, (hôt. : de VUnion, du Pont), situé, à 15 min. du lac, sur la BayedeMontreux, torrent aussi redoutable que la Veveyse, et que traverse un pont de 27 mèt. de haut.

L'église paroissiale est presque adossée à un rocher calcaire très-élevé, au pied duquel sort une source abondante qui ne tarit jamais. De la terrasse , ombragée de noyers, on jouit d'une vue magnifique. Dans le rocher escarpé de tuf qui forme cette terrasse, on peut aller visiter une jolie grotte ornée de stalactites. La ceinture de montagnes (Naye, Jaman, Cubly, les Pléiades), qui entoure cette fertile et ravissante contrée, la protège contre les vents du nord.

Aussi le climat, d'une douceur particulière, y rappelle-t-il celui de la Provence. Le figuier, le grenadier, le laurier, y prospèrent en pleine terre; l'olivier même y croissait dans le jardin de la cure. La vigne y produit un vin estimé. Des étrangers dont la poitrine est délicate viennent y passer l'hiver.

Dans toute cette contrée privilégiée, les étrangers qui veulent faire un séjour plus ou moins prolongé ont le choix entre de nombreuses et bonnes pensions, aux prix modérés. Les unes, situées sur les bords du lac ou à peu de distance, sont fréquentées pendant neuf mois de Tannée. On s'y installe en automne pour la cure du raisin (K. l'Introduction), on y passe l'hiver pour s'y abriter du froid, et le printemps pour y admirf r les rapides changements de décoration qu'il opère sur les montagnes voisines.

Les autres pensions, placées sur les hauteurs, ne se remplissent guère que de juin en septembre. On y est à l'abri des chaleurs de Tété, on y respire un air plus pur et on peut y faire aux environs, sans trop de fatigue, des excursions alpestres. Chernex (3 fr. par jour), Glion, les Avents ont leurs pensions (K. ci-dessous). Une bonne route de voitures relie Glion à Montreux et à la station du chemin de fer à Vernex (1 h. pour monter, 3/4 d'heure pour redescendre).

De la région des vignes, de Châtelard, de Montreux, de Ghillon et de l'hôtel Byron, de nombreux sentiers montent dans la région des sapins et des pâturages. Il est impossible de les indiquer tous ici. L'un des plus agréables est celui qui, partant de ChAtelard, pas«e par Chernex, Sonzier , et serpente sur le flanc du Cubly jusqu'au joli village des prés «Titrent, et mène, par i'Alpe et les chalets d'Enjeuve, au pied de la montée de Jaman (R. 140). Un autre, non moins intéressant, part de l'église de Montreux, s'élève jusqu'au village de Glion, où Von trouve deux hôtels-

pensions admirablement situés» : le Rigi-Vaudois ( un hôtel en pierre a été construit en 1864 à côté de l'ancien hôtel en planches; 6 à 7 fr. par jour, cures de petit-lait) et Vhôtel du Midi (4 fr. par iour). puis, serpentant sur les flancs du mont Cau, monte soit à la Dent de Jaman (R. 140), soit à la Dent de Naye. Il communique aussi avec Sonzier par un pont pittoresque jeté au-dessus de la Baye de Montreux.

A 10 min. au-dessus du Rigi-Vaudois, on remarque la villa de M. le comte de Ribeaupierre.

Aacenalon de la Dent de Naye.

Il faut 3 h. à pied pour aller de Glion au sommet de ia Dent de Naye.

Le chemin gravit le Mont-Cau, monte au chalet de Chamossalle, oblique à dr. pour traverser un torrent, et gagne le chemin dit des Recourbes, qui longe le pied des rochers puis s'élève au sommet de la Dent de Naye en le contournant par derrière. Du sommet de la Dent de Naye , dont l'altitude est de 2040 met. , et qa'on appelle la Chaux de Naye, on voit une grande partie de la chaîne des Alpes , les cantons de Vaud et de Fribourg, le L(4nan, le Jura, les lacs de Neuchâtel, de Bicnne et de Morat. La Dent du Midi, les Tours d'Ay et de Mayen, attirent surtout les regards. Du côté du lac, cette montagne, taillée à pic, se présente sous la forme d'une arête; mais la partie opposée ofTre des pentes douces, couvertes d'une belle verdure. Du reste, la Naye est remarquable sous plusieurs rapports. A 10 min. au-dessus du vaste chalet qui porte son nom, on trouve une gùciore naturelle appelée Fairtho d>igryn, mots celtiques (cave qui dégoutte) , entonnoir naturel de 25 met.

de profondeur, contenant un grand

t. Pendant l'été, il faut, dans ces pensions, retenir une chambre plusieurs semaines à 1 avance, tant est grande Taffluence des pensionnaires.

Page 1