‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 236 sur 865 · ASCENSION DU MONT-BLANC. [RÔUTE · texte numérisé non relu

ASCENSION DU MONT-BLANC. [RÔUTE

puis cet accident, par Coultet et la plupart des autres guides. L'ancienne route, dangereuse seulement quand il est tombé de la neige fraîche, est du reste plus facile et plus courîe de 2 h. que la nouvelle, le long de laquelle il n'y a pas. il est vrai , d'avalanches'à craindre, mais où il faut toujours tailler des pas dans la glace et gravir une pente roide et dangereuse (le Mur de la Cote). A partir du haut des Rochers -Bouges et à plus forte raison des Petits Mulets (4666 met.), rochers saillants audessus de la neige, il n'est plus nécessaire de tailler des pas et la pente est comparativement douce. A mesure que Ton s'élève, la respiration devient pénible, le pouls s'accél're; on perd l'appétit, mais on a une soif ardente et une envie de dormir presque irrésistible. On ne peut faire qu'un certain nombre de pas, — les uns 24 , d'autres 40, d'autres 150 — sans s'arrêter. Aussi on met une heure pour monter des Petits Mulets au sommet, qui n'est pourtant pas éloigné.

Le sommet du Monl-Blanc est formé en dos d'ane; il a environ deux cents pas de longueur et 1 mût. de largeur au point culminant: mais il s'élargit et s'arrondit en descendant du côté de l'E., et prend, du côté de l'O., la forme d'une arête aiguë. — Le panorama que l'on y découvre est immense; toutefois, si le temps n'est pas très-pur, les objets paraissent en général un peu confus; on ne voit bien distinctement que les grandes masses, telles que le Jura, les Alpes suisses, les Aines maritimes, les Apennins, etc.

Au N., on remarque le Brévcnt, les Aiguilles Rouges, le Buet, la Dent du Midi et les montagnes de la Savoie; — au N. E. , les Diablerets, la Gemmi, l'Eiger, la Jungfrau et le Finsteraarhorn ; - au S. , le massif appelé Mont-Iséran et le Mont-Cenis; au S. 0., le Mont Viso et les Alpes maritimes jusqu'au col de Tende; — au S. E., les Apennins, éloignés de

plus de 60 lieues ; — à l'E., le Mont- Vélan, le Cervin, et le Mont-Rose, la Furka et le Saint-Gothard ; puis les plaines de la Lombardie; — à l'O., le col du Bonhomme; — et au N. 0., la chaîne du Jura, depuis Lyon jusqu'à Baie.

MM. Martins, Bravais et Le Pileux ont été témoins, au sommet du Mont- Blanc, vers 6 h. 1/2 du soir, d'un phénomène extraordinaire. Nous nous préparions au départ, quand tout à coup, dit l'un d'eux, un spectacle admirable s'offrit à nos regards. L'ombre du Mont-Blanc se projetait sur les montagnes, du côté de l'E.; cette ombre montait comme un cône immense, et bientôt on la vit se dessiner sur le ciel ; les côtés du cône étaient bordés d'une bande rose, et, vers sa base, les ombres des montagnes de second ordre venaient successivement s'ajouter à' l'ombre principale, en s'allongeant comme elle, à mesure que le soleil se rapprochait de l'horizon.

B. Par Saint-Gervei» et le Dôme do Goûter.

Depuis quelques années, de nombreuses tentatives, les unes infructueuses, les autres couronnées de succès, ont été faites pour monter au sommet du Mont-Blanc par une autre route que celle qui vient d'être indiquée.

En 1803. M. Hudson, accompagné de deux guides, s'efforça vainement plusieurs fois de monter au Mont- Blanc par l'Aiguille du Goûter. Deu\ ans après, M. Kennedy et cinq Anglais, qui avaient tenté avec lui sans succès de gravir le Mont-Blanc par les glaciers du Tacul , résolurent de faire une seconde tentative par l'Aiguille du Goûter. Ils partirent de Saint-Gervais accompagnés de deux guides et de plusieurs porteurs, montèrent au village de Bionnassay, et, après avoir, par un sentier de plus en plus difficile, longé la base N. du glacier

ASCENSION DU

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