MONT-BLANC. [H0UTE 34J
de Bionnassay, ils dépassèrent successivement l'Aiguille de Bellevue, la Tête-Ronde et la Tête-Rouge. A leur droite se dressait abruptement la magnifique Aiguille de Bionnassay. Ils s'arrêtèrent enfin, pour y passer la nuit, à deux cabanes bâties eu 1853 et 1854, et situées à 3050 met. audessus du niveau de la mer, près d'une excellente source d'eau qui sort de la neige Le lendemain matin, ils atteignaient en 30 min. «le marche le rebord inférieur d'un étroit glacier, connu dans le pays sous le nom de couloir. Son inclinaison est de 43°; aussi ne peut-on le gravir que lorsqu'il est couvert d'une couche de neige qui permet aux pieds d'y trouver un appui solide. En été, on est obligé d'escalader les rochers qui le dominent. Pour atteindre le sommet de l'Aiguille du Goûter (3815 met.) , qui dressait sur la g. ses parois en apparence inaccessibles, 1 h. 50 min.
furent nécessaires. De ce point, la vue est magnifique : on a sous les pieds la belle vallée île l'Arve, en face, on aperçoit le Buet, et, au delà du Môle, les eaux bleues du Léman et la chaîne du Jura. Une cabane y a été construite.
a Ln suivant l'arête de rochers qui réunit J'Aiguille du Goûter au Dôme du Goûter (4331 mot.), et au pied de laquelle s'étend le vaste glacier de Bionnassay, on atteint le Dôme sans aucune difficulté, dit M. Kennedy, et l'on voit au S. se dresser le sommet du Mont-Blanc, élevé de 500 met. à peine au-dessus du point où l'on se trouve. De là, il ne reste plus qu'à descendre par nne pente douce vers le Grand-IMateau , et à suivre la route connue par les Rochers- Rouges, le Corridor et le Mur de la Côte. »
3 h. suffirent pour aller du Dôme du Goûter au sommet du Mont- Blanc. Les hardis touristes redescendirent sans guides à Charnu ni x par le chemin pratiqué depuis l'ascension de Saussure.
Au milieu du mois d'août 1856, cinq Anglais, dont M. Vaughan Hawkins , a raconté l'excursion dans Vcaks, Passes and Glaciers {V* série), firent une nouvelle tentative pour atteindre de ce côté le sommet de Mont-Blanc. Partis à 8 h. du col de Vo/a (R. 35), ils montèrent, en 4 b., sans avoir rencontré de grandes difficultés, à la cabane de Guichard, la plus élevée de l'Europe (belle vue sur l'Aiguille de Bionnassay). d'où ils escaladèrent l'Aiguille du Goûter, mais un vent impétueux les empêcha de s'élever à une plus grande hauteur.
Quelques jours après, ils essayèrent de gravir le Mont-Blanc par le col de Miage, qui sépare la partie septentrionale de la partie méridionale du glacier de Miage ; c'étaient les premiers touristes qui fissent cette tentative. Ayant quitté Saint- Gervais à 4 h. de l'apivs-midi, ils se dirigèrent vers Bionnassay, contournèrent l'arête qui sépare la vallée de Bionnassay de celle de Miage, traversèrent le hameau pittoresque de Champel et passèrent la nuit au chalet de la Turche. Repartis à 3 h. du matin, ils avaient atteint, à 6 h., le glacier de Miage. L'ascension du col de Miage leur parut plus pénible peutêtre que celle de l'Aiguille du Goûter. Arrivés, après 7 h. de marche, au col qui doit être plus élevé que celui du Géant, ils constatèrent qu'une longue arête s'étendait à main g., dans la direction du Dôme du Goûter, mais une tourmente de neige les contraignit de revenir aux chalets de Miage, où ils descendirent en 4 h. 30 min. env.
En 1859, M. C. Hudson monta pour la première fois du Dôme du Goûter au sommet du Mont-Blanc par la Bosse du Dromadaire, mais il était monté au Dôme du Goûter par les Grands-Mulets.
Enfin, le 18 juillet 18G1, MM. Leslie Stcphen et F. F. Turkett montèrent au sommet du Mont-Blanc en partant de Saint-Gervais, par le Dôme