DE GENÈVE A SIXT
pissent les flancs des montagnes, et, I sur les bonis du Giffre, croissent l'aune et le tremble. La place est ornée d'un tilleul aussi beau que celui de SamoGns.
La Vallée de Sixt se compose de deux vallées distinctes, formant entre elles comme un V : la Vallée des Fonds au S. et à l'O., où coule le Giffre haut, et que remonte le chemin du col d'Anterne (R. 40), et la vallée de la Combe à TE., qu'arrose le Giffre bas. Les voyageurs qui no se rendront pas de Sixtdans le Val d'Uliez (R. 38) devront au moins aller jusqu'au fond de la Combe (3 h., dont l h. 30 min. en chars).
On passe d'abord (8 min.) aux Curtets, puis (25 min.) à Sant-R ride- dessous, et (10 min.) à Sont -Bride-dessus. Sur la rive g. du Giffre la belle cascade du Dard ou Jordane, alimentée par les neiges du Grenier, tombe de pris de 400 mèt. de la montagne appelée les Granges de Commune, et, sur la rive dr., on remarque les cascades de Fontany et de la Gouille. (Cette dernière, qu'il faut visiter, est, à ce que prétendent les habitants de la vallée, l'écoulement du lac Vogealle.) 20 min. plus loin on franchit le Giffre sur un pont de bois, nommé Ponl-oV Eau-Rouge, à cause d'une source ferrugineuse qui se trouve dans les environs. Enfin on atteint (1 h. 15 min. de Sixt) la Croix des Pcllys, et (10 min.) la chapelle Entre -deux-Monts, où les habitants de la vallée se rendent chaque année processionncllement , en mémoire d'un éboulement qui détruisit, en 1602, un grand nombre d'habitations et fit périr 157 personnes.
Après avoir traversé le torrent, on gagne, en quelques minutes (à dr.), une petite plaine appelée le Plan des Lacs (ham. de Frenalay, habité seulement pendant l'été) et l'on se trouve au milieu du Fer-à-Cheval, grande enceinte demi-circulaire, formée par des rochers à pic, au-dessus desquels sont des pâturages qui appartenaient
à la vallée de Sixt, mais qu'elle a vendus a une commune du Valais, à cause de la difficulté que ses propres habitants éprouvaient pour y parvenir. Ces pâturages sont eux-mêmes dominés par des rochers entrecoupés de névés, d'où s'écoulent un grand nombre de torrents qui forment, en été, autant de cascades tombant d'une grande hauteur. Cette enceinte, formée par la Pointe de Tenneverges, — dont les belles formes et la Dent colossale attirent les regards des touristes qui vont de Sixt au fond de la vallée, — par le Grenairon et par la Tête-Noire, offre un paysage des plus grandioses; elle a une grande analogie avec les cirques des Pyrénées, surtout avec celui de la vallée du Lis. Voici les noms des cascades, en allant de g. à dr. Cascades tombant de Tenneverges : le Pdné (Pas-Noir) ; la Pissette appelée aussi la Méridienne, parce que le soleil éclaire à midi la cavité d'où elle sort ; la Pierrette (Perettaz), la plus haute. Cascades tombant du col de Tenneverges : la Pissevache, le Grand-Nant (la plus belle) : elle s'élargit en lyre et forme plus bas le torrent du Joaton; plus loin les cascades de Fénestrelles et le Folly.
Autour du hameau de Frenalay se cultivent encore le seigle et la pomme de terre. A peu de distance d'une source ferrugineuse on trouve (à dr.)un tout petit lac aux eaux bleues.
A g. du Fer-à-Chcval, se prolonge, en se dirigeant vers le N. E., la vallée de la Combe ayant pour parois, d'un côté, la Pointe de Sambet et le Mont- Boré, de l'autre, Tenneverges et le Prazon, et fermée au fond par le Mont- Ruan et par les bases du Sageroux.
En l h. 30 min. on peut aller de la Croix des Pellys au Fond-de-la-Gombe, où l'on voit encore un grand nombre de belles cascades : le Rejon, la Cage, la Scie, la Gouille, le PaïUagon, dont quelques-unes sont alimentées parles hauts glaciers du Mont-Ruan ou Roon et du Prazon. En certains endroits le foin des alpes supérieures, où condui-