ROUTE 43] LA BARBERINE. — LA TÊTE-NOIRE
d'abri à vingt ou trente personnes.
Laissant ensuite à dr. le chemin appelé jadis le Mapas, ou Mauvais-Pas, on traverse (30 min.) la R<tche- Percée, galerie de quinze à vingt pas, creusée à l'aide de la mine dans la montagne de la Tête-Soire, et au delà de laquelle on côtoie un profond précipice. — De l'autre côté du torrent s'élève le Bel- Oiseau , et, dans la direction du M.,
on aperçoit la Dent de Morcles et le Graud-Moveran.
A 5 min. env. de cette galerie, s'élève l'hôtel de la Tête-Noire (1280 mèt.) , joli petit hôtel bien tenu, construit en 1851, et où l'on peut maintenant passer la nuit (de la Tête-Noire on peut gagner directement Fiiihaut en 1 h. ; V. ci -dessous). Le chemin tourne alors brusquement à dr., et, s'enfonyant au
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Galerie et hôtel de la Tète-Noire. — D'après une photographie de M. Braun.
travers d'une forêt de sapins dans la vallée du Trient, domine, à une assez grande hauteur, la rive dr. du Trient, qui va se réunir à l'Eau-Noire.
45 min. Trient (auberges: de Trient et des Alpes, chères et médiocres), est situé à la jonction des chemins de la Tête -Noire et du col de Balme, dans la vallée du même nom, terminée par un beau placier.
2 h. 30 min. à 3 h. de Trient à Martigny (3 h. 30 min. en sens inverse), par la Forclaz {Y. R. 31 en sens inverse) 5 h. 30 min., à Chamonix par le col de Balme (R. 31).
B Par Valorsine, Finhaut et Salvan.
8 h. de marche. — Route de chars jusqu'à Argentière, chemin de muleta (tour à tour bon et mauvais en IS64) jusqu'à Vernayaz, chemin de fer et route de voiture de Vernayaz à Martigny. — V. cidessus, j4, le tarif des guides de Chamonix.— N- B. Ce passage est beaucoup plus intéressant que celui de la Forclaz; les mauvais guides empêchent les touristes de le prendre de préférence, parce qu'il demande un peu plus de temps et de fatigue.
4 h. de Chamonix à l'hôtel de Barberine (F. ci-dessus 4).
A 20 min. env. de l'hôtel, on laisse à dr., sur la rive g. de l'Eau-Noire, le chemin de la Téte-Noire qui franchit ce torrent, et, dépassant le hameau du Chatelard, de l'autre côté duquel on aperçoit la cascade des Jeurs, on gravit des rochers escarpes ombragés de beaux sapins. Ce chemin, très-pittoresque, ressemblait en certains endroits à un vértiable escalier, mais il doit être amélioré.
En 25 ou 30 min. de montée, on atteint le hameau de Gétrox d'où l'on découvre la vallée de Trient avec son glacier, et la belle gorge de la Tète- Noire où le Trient et l'Eau-Noire confondentleurseaux. Laissantce hameau à g., oncôtoie à une grande hauteur, par un bon chemin presque uni, le versant 0. du Bel-Oiseau (2624 mot.), à la base méridionale duquel s'ouvre le col de la Gueulaz. Au sortir d'une belle forêt, en partie détruite par les avalanches (40 min.), ou aperçoit Finhaut ou Finshauts (432 hab. cath.), v. situé à 1237 met. et qui offre d'admirables points de vue sur les vallées de l'Eau-Noire et du Trient. Avant d'arriver à l'église (8 min.), on franchit un torrent qui descend du Fontanabran (2697 met.) par un vallon supérieur renfermant le hameau de Fénestral. 20 min.
plus loin, à un détour du chemin, on découvre la vallée du Trient jusqu'à son débouché dans la vallée du Rhône. Ce passage offre les aspects les plus pittoresques, surtout a l'endroit où de magnifiques rochers qui surplombent, couronnés de sapins, dominent la vallée de plus en plus profonde. Sur le versant opposé se dresse le Mont-Arpille (2082 mot.).
On descend alors un escalier de pierre en zigzag à travers de superbes blocs de roches moussues, ombragées de sapins, puis, au delà d'un éboulcment gris et nu de petites pierres, on traverse (30 min.) le hameau de Triquent , dont les maisons, entourées de prairies et de vergers, s'étagent, à 994 met. sur une riante
terrasse1. 5 min. plus loin, on franchit sur un pont de pierre orné d'une chapelle à une grande hauteur audessus de l'ancien pont, la gorge pittoresque d'où descend le torrent d'Êmaney qui se précipite en cascade dans un gouffre d'une profondeur grandiose, aux parois abruptes. Les Alpes de la Suisse et de la Savoie offrent peu de paysages comparables à ce curieux passage. Plus loin, la gorge du Trient présente aussi de magnifiques aspects.
Après avoir traversé un petit plateau couvert de rochers et de vergers, on descend entre des blocs de rochers noirâtres et arrondis, puis à travers des prairies, et bientôt on arrive à (45 min.) Salvan, c. de 159 hab.
cath. située à 925 met. au bord d'une prairie derrière une éminence. Un bon chemin, semblable à une allée de parc, tantôt ombragé de hêtres et de sapins, tantôt serpentant entre des rochers éboulés, aboutit en 15 min. à une curieuse descente en zigzag resserrée dans un petit vallon escarpé.
La route, praticable pour les chars, et ombragée de noyers et de châtaigniers, décrit d'innombrables zigzags (belles vues suf la vallée du Rhône) dont chacun a exigé la construction d'un pont de bois pour le ruisseau, avant d'atteindre (45 min. ; 1 h. eu montant) le terre-plein de la vallée du Rhône à Vernayaz (R. 25), station du chemin de fer, située à 10 min. de la gorge du Trient et à 4 kil. env. de Martigny (R. 25).
i. Un chemin, qui part de Triquent, remonte le vallon escarpé d'Emaney, passe aux hameaux de la Grète et de Tenda, franchit le torrent avant d'atteindre les chaltt* d'Emaney (1851 met.), d'où l'on peut se rendre au N. par le col d'Emaney a%57 mèt.) dans la vallée de Salante aitnee entre la Dent du Midi et les TonrsSallières. De cette dernière vallée des sentiers conduisent à g. à Champéry (R. 28) par le col du Susanfe, à dr., dans la vallée du Rhône. Enfin, en face du col dEmaney, s'ouvre le col de Barberine, qui mène dans la vallée de ce nom.
LE TOUR DU MONT-BLANC
LE TOUR DU MONT-BLANC
DE CHAMONIX A MARTION Y, PAR LE COL DE VOZA, LE COL DU BONHOMME, LE COL DES FOURS, LE COL DE LA SEIGNE, LE COL PERRET ET LE VAL PERRET. — AS- CENSION DU CRAMONT.
35 h. enT. — Chemin de mulets. Guide nécessaire. Excursion de trois jours au moins, que l'on ne doit faire ni sans guide ni par le mauvais temps, et qui n'est intéressante qu'aux cols de Voza, de la Seigne, et Ferret, à Cormayeur et dans l'Allée Blanche. Si Ton trouve ces trois journées trop fortes, on peut aller coucher le premier jour aux Contamines, le deuxième aux Motets, le troisième à Cormayeur et lequatrième à Martigny. Si l'on ne veut pas passer le col de Voza, on peut aller en char à Saint-Gervais, et de Saint-Gervais monter au Nant-Borrant, soità pied, soit à mulet. — 4 h. 30 min.
— N. B. La traversée du col du Bonhomme est dangereuse par le mauvais temps.
Tarif de Chamonix à Cormayeur par le Pavillon de Bellevue, ou Saint-Gervais, les cols qui descendent dans la vallée des Glaciers et le col de la Seigne, en deux jours, 15 fr. ; — en trois jours, 18 fr. ; — retour du guide en plus, 12 fr.;
— la course aux Contamines par le col de Tricot (vue des glaciers de Bionnassey et de Miagej, 15 fr.
^ Qa o h i 2C ûu col du Bonbo n i it\ g .
On suit d'abord la route de Sallanches jusqu'aux Ouches (R. 32), où, la laissant à dr.,on prend le sentier par lequel on monte, en 2 h. 30 min.
(R. 32) , au col de Voza et au Pavillon de Bellevue. On descend, en 1 h.
45 min. env.,àBionnay (R. 32), où l'on rejoint la route de Saint-Gervais. — Un chemin plus court que l'on prend à g., au-dessus de fiionnassay, et qui offre de beaux points de vue, descend directement aux Contamines par les hameaux de Champel et de la fillette.
Remontant alors la vallée de Montjoie sur la rive dr. du Bon-Nant, on traverse (35 min.) Tresse-Dessous et Tresse- Dessus, hameau près desquels
un torrent descend du glacier de Miage; puis (25 min.) le Champ elet.
15 min. Les Contamines (hôt. du Bonhomme, bon), v. situé, à 1202 mèt., au-dessus du torrent qui descend du glacier de la Frasse ou d'Armancettes, entre les Aiguilles de Miage et de Bérenger (3431 mèt.). A la base du Mont- Joli (R. 8), ou remarque le grand village de Saint-NicoIas-de-Véroce.
A Haute-Luce, dans la vallée de Beaufort (R. 8).
On laisse à dr. le chemin qui mène à Notre~Dame-dc-la- Gorge, village situé dans une impasse au fond de la vallée, et où, le 15 août, un grand nombre de pèlerins viennent célébrer la fête de l'Assomption. Continuant de suivre la rive dr. du Bon-Nant, on gravit une côte roide; puis, près du Pontet, franchissant le torrent sur un pont de pierre, au-dessous duquel il fait une belle cascade, on traverse les pâturages au milieu desquels se trouvent, à 1437 met.,
1 h. 45 min. à 2 h., les Chalets de Nant-Borrant (8 h. 30 min. à 9 h. de Chamonix) , auberge où l'on passe d'ordinaire la nuit, mais qui n'est pas toujours bien approvisionnée. — En face, on aperçoit le'glacier de Trélatéte, d'où descend par une gorge sauvage un affluent du Bon-Nant, et au S. duquel s'ouvre un col qui conduit au glacier et à la vallée de l'Allée Blanche (R. 45). Au S. 0. se dresse V Aiguille de Rousselette (3000 met.).
On peut aller visiter le glacier de Trélatète formé de la réunion de trois mers de glace qui se succèdent superposées en amphithéâtre, et dont chacune est entourée presque circulairement de rochers abrupts, parmi lesquels se distingue la colossale Aiguille de Trélatête (3156 met.).
1. Les touristes qui voudraient explorer ce glacier, sans passer les cols du Bonhomme et des Fours, ne seront pas obligés de monter jusqu'au Nant-Borrant. Ils quitteront le chemin à peu de distance des Contamines, et arriveront au glacier par Gugnon, le Plan des Chalets et les chalets
LE TOUR DU MONT-BLANC
On traverse un petit bois avant d'entr erdans les pâturages du Plan de Roulax, dont le hameau de la Bar mai, à 1715 met. (gîte pour la nuit), marque l'extrémité supérieure, et d'où l'on distingue très-bien le rocher auquel appartient proprement le nom de Bonhomme (2695 met.). — « 11 occupe le haut de la montagne, dit M. Pictet; il a la forme d'une tour carrée, et, à côté de lui, au levant, est une autre tour semblable, mais plus petite, qu'on appelle la Femme du Bonhomme. »
En se retournant, on découvre une belle vue sur la vallée de Mon tj oie, jusqu'à l'Aiguille de Varan. Après avoir franchi une espèce de défilé entre les rochers , on monte dans un bassin presque circulaire, fermé par les rochers du Bonhomme et d'autres cimes escarpées, et couvert d'un beau tapis de gazon. Sur ce plateau, nommé le Plan du Mont-Jovet, se trouvent un petit lac appelé le lac Noir (1920 mèt.), et (1 h. 30 min.) les chalets du même nom, dans lesquels on peut, au besoin, passer la nuit.
Une montée roide sur des débris et sur des couches d'ardoises aboutit (20 min.) à un autre plateau semblable au précédent, mais plus nu, plus petit et plus sauvage, le Plan des Dames (2056 met.). Au milieu de ce plateau, on remarque un tertre arrondi de 3 à 4 met. de hauteur et de 5 à 6 met. env. de diamètre. Si l'on en croit la tradition, ce tertre est le tombeau d'une dame et de sa femme de chambre, qui , surprises par un orage, périrent en cet endroit.
En sortant du Plan des Dames, on gravit encore (40 min. env.) une pente roide pour traverser un premier col resserré entre la téte du Bonhomme
de Trélatéte. De là. ils pourront descendre aux chalets de Nant-Borrant par la Combe- Noire. Un pavillon a été construit près du glacier de Trélatéte ( V. R. 15).
t. De ce lac on peut monter en i h., par des éboulis difficiles , au Gol d'En cuve, d'où on descend en i h 30 min.
aux Motets. Ce passage , peu connu, est plus court de a h. I
à g., et la montagne de Rousselette à dr. Ce défilé, un des plus sauvages des Alpes, est très-redouté des guides pendant le mauvais temps. Deux jeunes touristes anglais, MM. Richard Braken et Aug. Campbell, y périrent, le 3 septembre 1830, asphyxiés et glacés par une trombe de neige. Laissant à dr. un sentier qui conduit, par le col de la Sauce (2012 met.) , dans la vallée de Beaufort (R. 8) , on monte en 1 h., sur des éboulis et au bord d'un précipice, de ce col à la Croix du Bonhomme (3 h. 30 min. du Nant-Borrant), à 2485 mèt. Durant ce trajet»
on découvre une belle vue sur les vallées de la Tarentaise, les montagnes de Beaufort, le glacier de Trélatéte, le Mont-Pourri, la vallée de l'Isère, les Aiguilles de l'Arc et de la Vanoise et le massif appelé le Mont-Iséran.
4 h. env.—chemin plus long, mais moins pénible que celui du col des Fours.
Il faut 2 h. env. pour descendre dans la gorge et au hameau du Chapiu , groupe de misérables chalets, qui, situés, à 1509 mèt., au fond d'une espèce d'entonnoir , et entourés de presque tous les côtés par des montagnes à pic, ne sont habitables que pendant l'été.
On y trouve cependant deux auberges :
le Soleil (bon) et le Pavillon. 2 h. suffisent pour gagner les chalets des Motets (Y. ci-dessous) par une vallée triste et nue.
Du Chapiu on peut se rendre en 2 h.
15 min. ou 3 h. à Bourg-Saint-Maurice dans la Tarentaise (R. 9). On descend par la gorge sauvage et désolée de Bellaval aux chalets de Le Crey ( 1308 mèt.), où Ton arrive en franchissant le torrent On découvre une jolie vue sur la vallée inférieure et l'Aiguille de la Vanoise. La végétation reparait, et Ton gagne nonne val, situe au confluent des torrents de la vallée de Bellaval et de Bonneval, à 1084 mèt. On y traverse le torrent de Bonneval, puis le chemin, trèsélevé au-dessus de la vallée, suit la rive droite. Enfin on débouche dans la Taren-