ROUTE 44] LES COLS DES FOURS ET DE LA SEIGNE
taise, et Ton rejoint, 20 min. en deçà de Bourg Saint •Maurice, la grande route, après avoir descendu une série de terrasses cultivées.
Du ool du Bonhomme à Cormayeur, par les ools des Fours et de la Soigne.
8 h. 15 min.
De la Croix du Bonhomme on gagne quelquefois le hameau du Glacier par le Chapiu (V. ci-dessus, p. 208), mais le plus souvent on se dirige sur (45 min.) le col des Fours (2719 met.), dominé par une sommité arrondie que de Saussure a nommée la Cime des Fours, et dont l'ascension, pénible mais courte , doit être recommandée (belle vue). Descendant ensuite une pente roide, on laisse à g. r Aiguille de Bellaval (2891 met.), et on atteint, en 2 h. env., l'Oratoire du Glacier (1981 mèt. ), audessous duquel sont situés les Chalets des Motets (1890 met.), où Ton trouve maintenant deux auberges (la meilleure est la plus rapprochée du col de la Seigne).
Des chalets des Motets, on monte pendant 1 h. 30 min. pour atteindre le col de, la Soigne (2532 met.). Ce col forme les limites de la France et du Piémont. On y découvre une vue magnifique sur Y Allée -Blanche, le val Yeni et la vallée d'Entrèves, qui en est le prolongement, terminée par le col de Ferret, au-dessus duquel apparaissent les pics blancs du Vélan et du grand Combin,lacha1nedu Mont-Blanc et ses glaciers, à g., et la chaîne qui va se réunir au Cramont, à dr. Les eaux qui descendent du côté de l'Allée- Blanche se jettent dans le Pô et dans la mer Adriatique. A g. du col se dressent trois pics très-rapprocbés, les Aiguilles du Glacier (3834 met.), de V Allée - Blanche (3474 met.) et de Trélatête (3Iî>6 met.). Au delà de cette dernière, la dépression, occupée par le glacier de Miage, permet d'apercevoir la masse centrale du Mont-Blanc.
« Vu de ce côté, dit M. Manget, le Mont-Blanc tait l'effet d'un groupe
d'arcs-boutants et de piliers de granit, soutenant dans les airs un dôme immense, dont ils ne laissent voir que la coupole. Des champs de glaces et de neiges éternelles remplissent les intervalles que laissent entre elles ces sommités, et descendent jusque dans la vallée le long des profondes déchirures qui sillonnent les flancs de la chaîne. Trois cimes inférieures se détachent ici transversalement de la partie la plus centrale du massif, à peu près comme le Dômeiït l'Aiguille du Goûter se projettent en avant-corps du côté de Chamonix. Le Mont-Broglio, la plus haute des trois sommités et la plus occidentale, touche de trèsprès à la cime du Mont-Blanc; il s'appuie au N. E. sur le Mont-Rouge, ainsi nommé à cause de la couleur de ses rochers taillés à pic à une hauteur considérable au - dessus de F Allée- Blanche. V Aiguille de Péteret , la moins haute et la plus orientale, est une pyramide isolée presque depuis la base, qui fonrie le saillant le plus considérable du groupe. Quant à la cime du Mont-Blanc, vue de l'entrée de l'Allée-Blanche, elle se présente sous l'aspect d'une calotte surbaissée, traversée par quelques arêtes vers le bas. »
Au delà du Mont-Blanc l'Aiguille du Géant et les Grandes-Jorasses attirent surtout les regards.
Après avoir traversé des pentes de neige roides, on atteint en 1 h. env.
un plateau couvert de débris et de pâturages,â l'extrémité duquel se trouve les chalets connus sous le nom de chalets de Y Allée-Blanche (WiQ met.).
Les laissant à g. , ainsi que le glacier de YEstelette, on va passer au pied du magnifique glacier de YAllée- Blanchey formé par la réunion de trois vallées de glaces qui aboutissent à un seul et mi'me bassin. On descend ensuite en 1 h. dans une plaine de forme ovale que termine le petit lac Combal (17G0 met.) , dont l'écoulement, gêné ou favorisé à volonté par des écluses, donne naissance à la
SUISSE
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LE TOUR DU MONT-BLANC [ROUTE 44
Doire de l'Allée-Blanche. La digue qui retient le lac passe pour avoir été construite par les Romains.
Avant d'arriver au lac Combal, on peut tourner à dr. et se rendre à Cormayeur par le col de Chécruit (F. ci-dessous).
On suit alors pendant 15 min. env.
un sentier très-étroit sur la pente roide d'une montagne dont le lac Combal baigne le pied. Au N. 0. s'élève le Mont-Suc (les Aiguilles Rouges), qui sépare le glacier de l'Allée-Blanche d'un autre grand glacier nommé glacier de Miage, que cache encore sa moraine, haute de 30 à 45 met. En quittant les bords du lac, on traverse sur un pont le torrent qui en sort, et on marche pendant 1 h. entre ce torrent et la moraine de la Ruize de Miage. On entre alors dans une vallée riante, couverte de prairies, et d'où, en se retournant, on découvre le pied de l'immense glacier dont on vient de parcourir le rempart, et, devant soi, dans le fond, à g., l'Aiguille du Géant. A l'entrée de ces prairies, où se trouvent les chalets de la Visaille, la vallée change de nom et prend jusqu'à Cormayeur celui de Vallée de Véni.— Au delà du Géant, on remarque le Mont-Fréty, continuation du Mont-Maudit, au S. E. et plus loin encore le groupe des «Forasses.
Le chemin, qui des chalets de Véni conduit à l'ancienne chapelle de Notre-Dame de Bon Secours, de Guérison ou du Berrié (Berria, en patois, rocher), offre, au travers des branches des arbres de la forêt de Saint-Nicolas, de belles vues sur la paroi verticale du Mont-Blanc et sur le grand glacier de la Brenva. Ce glacier, qui traverse complètement la vallée, car la Doire passe dessous, est séparé du glacier de Miage par le Mont-Péteret et le Mont-Rouge. Bientôt après avoir dépassé cette chapelle, on tourne à dr.
au-dessous du Mont Chétif ou Pain de Sucre et on entre dans la vallée de Cormayeur; on franchit la Doire sur le pont des Chèvres avant d'ar-
river à la Saxe (hôt. Monl- Blanc, cher) , où l'on rejoint le chemin qui conduit au col Ferret, et où se trouve un établissement de bains d'eaux minérales sulfureuses très-fréquenté.
1 h. 30 min. (11 h. 15 min. du Nant-Borrant, 8 h. 15 min. du col du Bonhomme, G à 7 h. des Motets), Cormayeur, Cormaggiore (hôt. :
Royal, bon et cher; Angelo, bon et mômes prix; Union, 2e cl.; guides recommandés les frères Proment, Valentin Rey, Laberge , Otto Bion), VAuri Fodinœ des Romains, bourg de 3000 hab. , est situé à 1240 met., au fond d'une vallée, sur la rive g. de la Doire, un peu au-dessus du confluent des eaux qui descendent du col de la Seigue et du col Ferret. — Des sources minérales, qui se trouvent dans ses environs, lui ont donné une certaine célébrité, et y attirent tous les ans pendant l'été un nombre considérable de malades.
Malgré la grande élévation du sol, Cormayeur doit à son exposition méridionale un climat beaucoup plus doux que celui de Chamonix. Mais, bien que les environs présentent un grand nombre de sites remarquables, le Mont-Blanc n'est pas visible de Cormayeur même. L'horizon se trouve borné au S. et au N. par deux massifs de montagnes, le Mont-Dolina et la Montagne de la Saxe, le Mont-Chétif et le Mont-Cormet, qui ne laissent apercevoir que l'Aiguille du Géant et d'autres pics appartenant au même groupe. Pour revoir le Mont-Blanc, il est nécessaire de gravir quelques-unes des sommités voisines.
Cormayeur peut être le point de départ de plusieurs excursions :
1° Les personnes qui redoutent la fatigue feront l'ascension du Mont- Chétif ou de la montagne de la Saxe (Monte di Sasso) Le Mont-Chétif, appelé aussi Dolina et Pain de Sucre, est la montagne isolée qui cache à Cormayeur la vue du Mont-Blanc. Pour s'y rendre, on suit le chemin du col de Chécruit (V. ci-dessous) et, 30 min.