LE COL DU GÉANT
avantage de se ménager, pour la plus belle ▼ne, le plaisir de la surprise et de descendre le glacier au lieu de le monter. — N. B. Il
Îr a an Mont-Fréty une auberge (chère) où 'on peut coucher (2 h. 30 min. à 3 h. de Cormayeur). — Tarif de Chamonix : Le col du Géant, et descente sur Cormayeur, retour du guide compris, 60 fr.; porteurs, 30 fr. ; — la course au col du Géant, vue sur l'Italie et retour à Chamonix, 50 fr.
2 h. 30 min. Le Montanvers (R. 33).
On descend sur la Mer de Glace comme pour aller au Jardin, puis, laissant à g. le glacier du Talèfre, on se dirige vers le Tacul (2 h. 45 min.), fond couvert de gazon au bord d'un petit lac, entre l'extrémité du glacier des Bois et le pied d'un rocher qui porte le nom de Montagne du Tacul.
Là commencent les difficultés, car les crevasses deviennent énormes, mais la vue que l'on découvre est de plus en plus belle. On a l'Aiguille Noire à g. et les Aiguilles de Blaitière et du Greppon à dr. En se retournant on remarque surtout les Aiguilles du Moine et du Dru et l'Aiguille Verte.
Le glacier du Géant descend du pied de l'Aiguille du Géant (4019 met.) et du Mont-Mallet (3988 mèt.), pic remarquable, situé un peu au N. E. de l'Aiguille du Géant et qu'il ne faut pas confondre avec elle (Forbes). Au-dessousde l'Aiguille Noire, il est d'une largeur uniforme et peu crevassé, mais, en montant du Tacul au pied de l'Aiguille Noire (3427 mèt.), il se rétrécit et présente parfois des difficultés insurmontables1. On passe le plus souvent sur le côté du N. 0., près de la base du Petit-Rognon, rocher contre lequel tombe le glacier de l'Aiguille du Midi. Le colonel Beaufoyet M. Romilly, de Genève, montèrent presque à la base de cette Aiguille. Plus haut, un autre glacier descend entre le premier et le second Flambeau (3562 mèt., 3533 mèt.), au pied d'un pro-
t. On peut éviter les séracs les plus dangereux en passant par les Noires, mais cetle direction ne peut être suivie que le matin, car dans l'après-midi on serait exposéi la chute des pierres.
montoire, appelé le Capucin (3831 mèt.). Enfin, au delà de la Vierge (3222 mèt.), avant d'atteindre le col, on laisse à dr. une chaîne de pics granitiques, appelée la Tour-Ronde (3775 mèt.), qui se relie à la chaîne principale des Alpes, un peu à 1*0. de la cabane de de Saussure, et qui se termine par une sommité d'une forme remarquable, ou le premier Flambeau. — Durant la dernière partie de la montée, le sommet du Mont-Blanc parait très-rapproché. La chaîne des Aiguilles, qui sépare le glacier du Géant (et non de Tacul, comme l'appelle à tort M. Forbes) de la vallée de Chamonix, borne la vue au N. L'Aiguille du Géant se dresse à g.
Il y a quelques années, M. Ramsay, parti de Cormayeur, gravit le col du Géant, bivouaqua au pied du Petit- Rognon, et atteignit, par le Mont- Blanc-du-Tacul (4229 mèt.) et les Monts-Maudits, un point très-élevé, situé à 1 h. seulement du sommet du Mont-Blanc. En août 1855, six autres Anglais, MM. Kennedy, Stevenson, Hudson , Grenville , Smith et Joad (sans guides) suivirent la même route, arrivèrent à l'arête qui sépare le glacier de l'Aiguille du Midi de celui des Bossons, et gravirent pendant 3 h. les pentes de neige du Mont-Blanc-du- Tacul. De la cime, qu'ils ne purent dépasser, ils voyaient très-bien la tête du Mont-Blanc apparaître entre les deux pointes des Monts-Maudits. Le mauvais temps les empêcha de continuer leur route. Mais depuis, en 1863, MM. Maquetin et Briquet, avec 10 guides de Cormayeur, partis du col du Géant à 5 h. 40 min. du matin, gravirent, en 2 h., le Mont-Blanc-du- Tacul et, en 2 h., le Mont-Maudit; ils descendirent, en 30 min., à l'entrée du Corridor d'où ils montèrent, en 1 h.
45 min. , au Mont-Blanc par la route ordinaire. Ils redescendirent directement à Chamonix. Les guides de Cormayeur ont bâti une hutte au-dessous de l'Aiguille du Midi, entre cette Aiguille et le Mont-Blanc-tlu-Tacul, à 2 h.
DE CHAMONJX
A CORMAYEUR. [ROUTE 46]
du col du Géant et à 300 met. au-dessus de la cabane des Grands-Mulets.
Pour y aller du col du Géant on doit, au delà de la Vierge, passer au-dessus du Grand-Rognon du N. 0.
Il faut 6 h. 15 min. pour monter du Tacul au col du Géant (3370 mèt.), ainsi nommé par de Saussure, parce que la montagne la plus apparente et qui le domine est le Géant, haute cime escarpée que Ton reconnaît très-bien des bords du lac de Genève.
— Ce fut là, entre les glaciers du Mont- Fréty à ÏO. et d'Entrèves à l'E. (on y voyait encore, il y a quelques années," les restes de sa cabane), que le célèbre naturaliste génevois passa seize jours, en juillet 1788, pour faire des observations scientifiques.
La vue que l'on découvre du col du Géant ne saurait se décrire. On a à ses pieds (2000 mèt. de profondeur), le Val Ferret, la vallée de Véni, Cormayeur, les pâturages de Saint-Didier, l'Alléc-Blanche avec ses glaciers, ses lacs et ses torrents. Au delà s'étend à perte de vue un admirable labyrinthe de montagnes et de vallées. On remarque surtout, en face de soi, le Cramont, l'Aiguille de Chavannes et le Mont-Suc ; à l'E. le Ccrvin , la Dent d'Hércns et le Mont-Rose, les sommités ardues du Val Pellina , la chaîne sauvage qui sépare le Val de Cogne du Val d'Aostc, et dont quelques pics atteignent 3333 mèt. à 4000 mèt., comme la Beccadi Nonaou Pic d'Onze-Heures, la montagne de Cogne, le Grand-Paradis, l'Aiguille de la Sassière,ctc, tout couverts de glaciers; un peu plus au S., les montagnes sombres de Champorcher, le Ruitor, le Petit-Saint-Bernard, une chaîne de montagnes neigeuses que domine l'Aiguille de Vanoise , le Mont-Thabor, le Mont-Pclvoux, les Grandes-Rousses, voisines de Grenoble, et enfin la masse colossale du Mont-Blanc, plus haut que le col de 1440 mèt., et vis-à-vis duquel, à g.
du col, s'élève l'Aiguille du Géant.
On compte 5 h. du col du Géant à Cormayeur. La première partie de la descente, que l'on fait sur des rocs incohérents, est pénible, mais sans danger. Cependant trois Anglais, fatigués et peu habitués aux courses de montagnes, y ont péri, le 15 août 1860, à la descente, par manque des précautions nécessaires, avec un de leurs guides Tairraz. Au pied de ces rocs, on entre dans des prairies, audessous desquelles on trouve des bois, et enfin des champs cultivés, par lesquels on arrive à Cormayeur (R. 44).
N. B. — Si l'on veut jouir de la vue du col du Géant sans s'exposer aux fatigues et aux dangers de la traversée de la Mer de Glace, on peut monter de Cormayeur au col et redescendre à Cormayeur. De ce côté, la montée demande au moins 6 h. : — (1 h.)|, Entrèves; ( 2 h. 30 min.), sommet du Mont-Fréty où Ton trouve une petite auberge à 2165 met.; (2 h.
30 min.), col du Géant. C'est une excursion pénible, mais qui n'offre pas de danger.
B. Par 1« col do Triolet.
Le 8 juillet 1864, MM. Reilly et Whymper, accompagnés par les guides Michel Croz, Henri Charlet et Michel Pavot, partirent à 4 h. 30 m.
du Couvercle où ils avaient passé la nuit, et gravirent le glacier du Talèfre, à la g. de l'Aiguille du Triolet (3879 mèt.) dont ils atteignirent la base à 7 h. 50 min. Après l'avoir contournée pendant 15 min., ils montèrent au Col du Triolet (3700 mèt.). 1 h.
30 min. leur furent nécessaires pour descendre, par des pentes escarpées de rochers et de neige, sur le glacier du Triolet d'où ils descendirent d'abord au centre de ce glacier, puis sur les rochers de la rive g. et enfin sur la moraine. A 3 h. 55 min. ils étaient aux chalets de Pré -de -Bar. Cette course ne leur avait donc demandé que 8 h. 35 min. (haltes non comprises), mais l'état des neiges l'avait rendue relativement facile.