‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 261 sur 865 · ROUTE 47] DE CHAMONIX A ORSIÈRES · texte numérisé non relu

ROUTE 47] DE CHAMONIX A ORSIÈRES

DE CHAMONIX A ORSIÈRES,

PAR LES COLS D'ARGERTIÊRE , DE LA TOUR NOIRE, DU CHARDONNET, DE LA FENÊTRE DE SALENAZ, DU TOUR ET DE CHAMPET.

A. Par le ool d'Ajf entière.

20 h. de marche. — Course pénible, difficile même, surtout la descente dans le val Ferret, qui demande 2 joars (on couche la 1 »• nuit aux chalets de Lognant), et qui ne doit être entreprise, avec de bons guides, que par des touristes éprouvés.

C'est à Auguste Simond qu'est due la découverte du col d'Argcntière, col atteint depuis mais non franchi par MM. Tuckett et Wigram en 1860.

M. Stephcn Winkworth, accompagné d'Auguste, François etTobie Simond, est le premier voyageur qui soit passé par ce col pour aller de Chamonix à Orsières (1861); M. A. A. Reilly est lo second (1862).

Parti à 4 h. du soir de la maison de Simond, au Lavanché (R. 43), M. Winkworth monta à travers des prairies, puis à travers des bois de pins, franchit un torrent descendu du glacier de La Pendant (au N. de V Aiguille du Dru) et atteignit, à l'extrémité N. E. de ce glacier, les chalets de Lognant (habités seulement à partir de juillet) , où il passa la nuit. Reparti le lendemain à minuit 30 min., il s'engagea dans le glacier très-crevassé qui descend de l'Aiguille Verte et qu'aucune moraine ne sépare, d'ailleurs, du glacier d'Argentière, sur la partie supérieure duquel il déboucha vers 4 h.

Le glacier d'Argentière, « le plus grand peut-être et certainement un des plus beaux du massif du Mont- Blanc, » se déverse dans l'Arve, audessous du village d'Argentière; il est borné, au S., par l'Aiguille du Dru, l'Aiguille Verte, les montagnes qui le séparent du glacier du Taièfre, les Tours des Courtes (3692 mèt.) , la

Grande Aiguille du Triolet (3876 mèt.) et le Mont-Dolent (3830 mèt.) , au N.

par les Aiguilles Rouges, YAiguille d'Argentière (4129 met.) et V Aiguille duChardonnet (3823 mèt.) que deux cols, le col du Chardonnet et celui de la Tour-Noire, séparent du glacier de Salenaz. En montant du glacier au col, on peut marcher : soit sur le glacier, où l'on trouve un assez grand nombre de crevasses, soit, en appuyant à g., sur des rocs riches en cristaux de quartz noir. M. Stephen Winkworth atteignit, 8 h. après être parti des chalets (ce trajet peut se faire en 6 ou 7 h.) , le col d'Argentière haut de 3520 mèt., d'où l'on jouit d'une vue plus belle encore que celle du col du Géant. On découvre, à l'E. le Grand Combin, la Dent Blanche, le \Veisshorn;la Dentd'Hérens cache en partie le Cervin ; au N., se laisse deviner la déchirure où coule le Rhône dominé par les blancs sommets, à peine visibles, de l'Oberland Bernois.

M. Winkworth ne tarda pas à apercevoir, à une immense profondeur, les chalets de la Folly vers lesquels il se dirigea. La première partie de la descente se fait dans une espèce de couloir , souvent impraticable , toujours extrêmement dangereux et où il faut s'aider de la corde ; à g. se montre, — entre un contre-fort de rochers et la Tour-ftoire, au fond d'une espèce d'entonnoir que l'on ne voit pas du col, — un petit glacier dont la pente est extrêmement abrupte.

En 1862, « M. Reilly et ses compagnons opérèrent leur descente par la pente septentrionale de ce contre-fort de rochers, mais ils trouvèrent le glacier ci-dessus mentionné tellement difficile qu'ils durent le contourner à son origine, à la base des roches à pic de la Tour-Noire.

Au pied du couloir, on débouche sur le glacier de Laneuvax, qui prend son origine au N. E. de la Tour-Noire, et qu'un col ferait communiquer avec le glacier de Salenaz, si les monta-

Page 1