C. Par le col do Tour
1 jour 1/2.— Course très-difflcile,faite pour la première fois par Jean Mugnîer, du Tour, pour la seconde fois, par le professeur Forbes(l8so)et pour la troisième fois par M. Alfred Wills, qui a rendu compte de son excursion dans Peaks, Passes and Glaciers. — La course du col du Tour et la descente sur Orsières par le placier de Salenar ou le glacier d'Orny, est tarifée à 40 fr. ; — la course au sommet du col du Tour et retour à Chamonix, 20 fr.
« Le glacier du Tour, dit M. Alfred Wills, est peut-être le moins connu des grands courants de glace qui descendent au N. de la chaîne du Mont- Blanc. Il se trouve en effet si éloigné des chemins frayés, qu'on n'en soupçonne guère l'existence que lorsqu'on arrive en face de la gorge par laquelle il tombe dans la vallée de Chamonix.
Les chemins de la Tête-Noire et du col de Balme, les seuls points d'où il soit visible pour la masse des touristes, en sont si rapprochés, et la dernière pente qu'il descend est si longue et si escarpée, que l'observateur le plus attentif ne peut, en en contemplant la partie inférieure, se faire une idée de la vaste étendue de sa portion supérieure. Le glacier du Tour est le plus oriental des glaciers de la chaîne du Mont-Blanc qui descendent dans la vallée de Chamonix. Le massif de rochers qui en ferme l'extrémité supérieure peut être comparé au moyeu d'une roue dont les glaciers du Tour, de Trient, d'Orny et de Salenaz sont les rais, avec cette différence toutefois que les glaciers de Trient et d'Orny, situés à TE. du glacier du Tour sur un côté de la chaîne principale, et le glacier de Salenaz sur l'autre côté, ont une origine commune dans un vaste champ de neige d'où le premier descend au N. l£. et le second à TE. Le glacier du Tour a sa direction générale au N. 0. et le glacier
DE CHAMOînX A ORSIÈRES. [ROUTE 47]
de Salenaz, plus sinueux, un peu au S. E. Aussi ces quatre glaciers, qui se touchent presque dans les régions supérieures où ils prennent naissance, sont-ils très-éloignés l'un de l'autre à leur extrémité inférieure ; leur niveau n'est pas le même ; le glacier du Tour est le plus élevé , et le glacier de Salenaz, le plus bas des quatre, est à 400 mèt. environ au-dessous du plateau le plus haut du glacier du Tour. »
Du col du Tour, on peut descendre dans le val Ferret, soit par le col de la Fenêtre de Salenaz et le glacier de Salenaz, soit par le glacier d'Orny.
— Ce dernier passage est beaucoup plus direct et plus facile.
Quand on veut passer le col du Tour, on va coucher au col de Dalme d'où Ton part le lendemain de bonne heure: on évite ainsi l'extrémité inférieure du glacier. Une courte mais pénible montée aboutit au sommet d'une arête d'où l'on domine de 300 mèt.
le côté E. du glacier. En descendant de cette arête , on peut rester encore 30 min. sur les rochers avant d'entrer sur le glacier dont la partie moyenne est tres-crevassée; du reste, l'état des crevasses varie, comme toujours, selon les années'et selon l'époque de la saison. On contemple l'Aiguille d'Argentière sous ses plus beaux aspects. Il est plus facile et plus direct de passer au S. de l'Aiguille du Tour sur le grand plateau de neige d'où descendent les glaciers de Trient et d'Orny. Se dirigeant alors à l'E., on gagne le point où le glacier d'Orny commence à descendre dans la vallée et d'où l'on découvre les Alpes bernoises. La descente n'offre pas de difficultés extraordinaires, et, de la base du glacier on descend par un petit vallon dans le val Ferret, entre Somla-Proz et Ville d'Issert, à 1 h.
d'Orsières. a La distance du col de Balme à Orsières est de 11 h., » dit M. A. M., cité par M. Bail.
La descente par le col de la Fenêtre de Salenaz et le glacier de Salenaz est beaucoup plus longue et plus dif-
ficile, mais plus intéressante. Le col de la Fenêtre de Salenaz s'ouvre à 3413 mèt. dans la crête d'aiguilles qui sépare à l'E. le glacier du Tour du glacier de Salenaz. Il n'a pas deux mètres de largeur.
D'après M. Forbes, ce serait une très-bonne station pour des observations scientifiques puisque ce col tresélevé est à 4 h. seulement de l'auberge du col de Balme. On y jouit d'une vue intéressante sur les aiguilles et les pics qui entourent l'extrémité supérieure du glacier de Salenaz, parmi lesquels l'Aiguille de la Tour- Noire attire surtout l'attention, sur le Mont- Vélan, le seul sommet éloigné qui soit visible, enfin sur la chaîne qui court au N. du glacier, de la base de l'Aiguille du Tour au milieu du glacier de Salenaz, et que Ijf. Forbes a appelé Aiguilles dorées. La descente, très-difficile, a été en partie décrite dan* les passages du col de la Tour- Noire; il n'y a pas de direction à indiquer; on passe où l'on peut, selon l'état du glacier.
Le 17 août 1864, M. Heathcote, avec le guide Moritz Andermatten , a fait, en passant le col du Tour, l'ascension de l'Aiguille du Tour (3537 mèt.). Cette ascension n'offre pas de difficultés sérieuses, et la vue du sommet est bien plus belle que celle du col. Treize heures suffirent à M. Heathcote pour aller d'Orsières à Argentière , en y comprenant l'ascension de l'Aiguille du Tour.
D. Par le» cols du Chardonnet et de la Fenêtre do Balenai.
Le Col du Chardonnet, qui s'ouvre à (?) mèt. entre l'Aiguille du Chardonnet (3828 mèt.) et l'Aiguille d'Argentière, met en communication les glaciers d'Argentière et de Salenaz.
Mais, comme la descente du glacier de Saleuaz est très-difficile, on passe, au delà du col du Chardonnet, par le col de la Fenêtre sur le glacier d'Orny où l'on rejoint le chemin du col du Tour pour descendre à Orsières. M. Reilly,