‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 263 sur 865 · ROUTE 47] COLS DE LA TOUR-NOIRE ET DU TOUR · texte numérisé non relu

ROUTE 47] COLS DE LA TOUR-NOIRE ET DU TOUR

car ils croyaient avoir passé le col d'Argentière. 6 heures et demie avaient été employées à descendre cette muraille escarpée, haute, d'après leurs calculs, de 800 met. Suivant malheureusement des traces de pas remarquées sur la neige, ils aboutirent à l'endroit où le glacier de Salenaz tombe dans un étroit vallon par une pente fort roide. Les crevasses devinrent de plus en plus nombreuses, de plus en plus larges. On avançait lentement, car il fallait sans cesse tailler des pas dans la glace. La nuit vint; force fut de s'arrêter sous un rocher; il plut de temps en temps, mais les nuages qui cachaient la vue du ciel rendirent le froid plus supportable. 7 heures se passèrent ainsi; à 3 heures et demie on se remit en marche, mais les provisions avaient été presque entièrement épuisées la veille. Enfin, après une descente en zigzags à travers les crevasses, descente qui avait demandé 1 heure et demie, les voyageurs atteignirent, sur le côté g. du glacier, une moraine si impraticable qu'ils durent rentrerdansleglacieroù ils trouvèrent, à 15 min. de marche, un plateau uni mais que la pluie avait rendu glissant. Enfin, 3 heures environ après avoir quitté le rocher sous lequel ils avaient passé la nuit, ils entrèrent, à leur grande satisfaction, sur la terra firma, et, suivant le côté g. du glacier , ils atteignirent en 40 min. un groupe de chalets. Là ils trouvèrent des pommes de terre pour apaiser leur faim et ils apprirent qu'ils avaient découvert par erreur un passage dont personne ne soupçonnait l'existence; ils constatèrent en effet que le glacier par lequel ils étaient descendus était le glacier de Salenaz, et que l'Aiguille d'Argentière des Savoisiens était la Pointe des Plines des Suisses. — l h.

30 min. après leur départ des chalets (31 h. après leur départ d'Argentièrc), ils arrivaient à Orsières. — M. George, en terminant son récit, conseille aux touristes qui seraient tentés de passer le col de la Tour-Noire d'assurer leur

vie avant de se mettre en route, ou de prendre pour guides Anderegget Aimer.

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