‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 277 sur 865 · ROUTE 52] SAXON. — RIDDES. — SION · texte numérisé non relu

ROUTE 52] SAXON. — RIDDES. — SION

glise et les ruines du château de ce nom, détruit en 1475. Très de la station s'élève l'établissement thermal (avec Casino où l'on joue à la roulette et au trente et quarante).

L'Eau de Saxon (Eau thermale iodurée) , connue très-anciennement et employée comme remède par les gens du pays, probablement dès l'époque romaine, n'est exploitée régulièrement que depuis une vingtaine d'années; elle émerge d'un calcaire dolomitique (rauchwacke, cargneule) qui contient de l'iode en forte proportion. Il y a une source connue dans le pays sous les noms de Fontaine chaude ou Fontaineavx-Croix, parce que les gens qui se trouvaient bien de son usage plantaient sur ses bords de petites croix en bois. — Elle débite en 24 heures 5760 hectolitres, sa température varie, suivant les observateurs, de 24°5 à 25°3; elle s'emploie en boisson, en bains et en douches; elle est limpide et sans goût bien défini, tonique, excitante des systèmes nerveux et musculaires, résolutive et spéci tique dans les affections scrofuleuses, dans certaines affections cutanées et dans les accidents syphilitiques où l'iode est indiqué. C'est, des eaux connues , celle qui contient la plus forte proportion d'iode et de brôme.

En face de Saxon, à g., se trouve SaiUon , village entouré de murs et de tours. Son château a été détruit en 1475.

3 h. (I p.) Riddes, en ail. Riden, v. de 602 hab. cath., d'où un chemin de piétons conduit, par Isérable (864 hab. cath. et en grande partie mineurs , 1120 mèt.), de vastes forêts de pins et le col d'Élablon (2173 mèt.) — d'où l'on découvre une vue magnifique sur la vallée du Rhône, les montagnes de l'Oberland Bernois et le Combin — à Verbier et à Chable, dans le Val de Bagnes (R. 58).

Le chemin de fer traverse le Rhône au-dessous du pont de pierre de trois arches de la route de poste sous la-

susse.

quelle il passe. A peu de distance on laisse h g. Saint-Pierre de Clages , v. de 336 hab. cath. , d'où l'on commence à apercevoir Sion.

« L'église de Saint-Pierre de Clages, érigée sur le lieu où saint Florentin, second évoque d'Octodurum, souffrit le martyre, vers l'an 407, est, dit M. Blavignac , l'un des plus intéressants spécimens des formes que l'art carlovingien affecta dans la Suisse méridionale. Quelques restes de pointures murales se font voir sur la façade. Le bénitier est fort ancien.»

A rdon (station) , v. de 1023 hab.

cath., est dominé par des coteaux couverts de vignobles renommés. — On franchit la Lizerne, qui descend des Diablerets, et qui sort, près d'un établissement de forges, d'une gorge très-étroite.

D'Ardon on peut faire l'ascension du Haut de Cry (2956 mèt.). Le 28 février 1864, un déplorable accident eut lieu sur cette montagne. Deux touristes, l'un' Anglais, l'autre Busse, accompagnés de quatre guides, y furent entraînés par une avalanche.

L'Anglais, qui avait été enseveli dans la neige, parvint à se dégager et en fut retiré à demi gelé. Le Busse fut tué avec le guide Joseph Bennen, un des meilleurs guides de la Suisse.

30 min. Vétros, village où Ton récolte le Malvoisie.

Quand on traverse la Morge, rivière qui prend sa source sur le Sanetsch et qui formait autrefois la limite entre le Haut et le Bas- Valais, on laisse à g. Conthey, dont les vins sont justement estimés.

A g. chemin du col de Cheville, R. 51.

Entre la Morge et Sion, on remarque , sur des rochers élevés , les ruines des deux anciens châteaux de Séon et de Montdorge.

3 h. ou 1 p. de Biddes (6 h. de Marti gny) Sion, ail. Sitten (hôt.: la Poste, le lion d'Or, médiocres tous deux; pension de Mme Muston, hors de la ville), chef-lieu du dizain et du can-

ton du Valais, siège du gouvernement, de l'évèque et du chapitre, lieu de réunion de la diète valaisane, V.

de 4203 hab. (3999 cath., 203 prot., 1 scct.) , située sur la Sionne et sur la rive dr. du Rhône, à 507 mèt. Ses remparts, en partie détruits aujourd'hui, ses tours gothiques, mais surtout les deux rochers d'une forme bizarre qui la dominent, couronnés de vieilles ruines et séparés par une profonde échancrure, lui donnent de loin un aspect pittoresque. Vue de près, elle plaît moins au voyageur.

A l'exception du Crand-Pont, ainsi nommé parce que la Sionne passe audessous, ses rues sont étroites, irrégulières et mal pavées, et, bien que quelques-unes d'entre elles aient eu jadis des balcons dorés, ses maisons paraissent pour la plupart, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, aussi malpropres que leurs habitants.

Le plus ancien des édifices publics de Sion, la cathédrale, a une curieuse tour romane a la galerie crénelée (anciennes peintures au-dessus de la porte) et une nef ogivale remaniée avec deux bas côtés et un chœur absidial. Des peintures en décorent le portail. L'intérieur renferme quinze autels décorés avec le goût le plus affreux dans le style italien, des pierres tombales effacées et des inscriptions romaines en l'honneur d'Auguste. « Le trésor, dit M. Blavignac, conserve un grand nombre d'objets précieux pour l'histoire de l'art. On y admire d'anciens ornements sacerdotaux couverts d'or et de broderies, plusieurs chasses d'argent, un évangéliaire relié en vermeil, orné d'émaux et de pierreries, ainsi que plusieurs autres pièces dont la plus ancienne est probablement une châsse contenant des reliques de la sainte Vierge, et donnée par le saint évêque Altheus, qui occupait e siège de Sion à la fin du vin* s. »

Vhôtel de ville possède une horloge renommée; il renferme en outre le plus ancien monument authentique

relatif à l'exercice public du christianisme dans le Valais : c'est un marbre constatant que, sous le règne de Gratien et sous le quatrième consulat de Mérobaudes, conséquemment l'an 377, le préteur des Alpes Pennines, Ponce Asclépiodote, rebâtit les églises de Sion, probablement détruites 75 ans auparavant, lors de la persécution de Maximien. Nous citerons encore, parmi les édifices publics de Sion.

Y église de Saint-Théodule , rebâtie par le cardinal Schinner et dédiée au patron du Valais; — le palais du gouvernement; — celui de Y évêque;

— la collège des Jésuites; — Yhôpital;

— Varsenal, que les Français dépouillèrent entièrement: — la tour des Kalendes, fondée, dit-on, par Charlemagne : — la tour des Chiens; — le couvent des Capucins, etc.

Le rocher que l'on voit à g. en venant de Martigny, et qui s'élève de 182 m* t. au-dessus de la ville, porte les ruines du château du Tourbillon, bâti, en 1294, par l'évêque Challand, et détruit par l'incendie de 1788.

Du sommet de ses ruines, où conduit un chemin taillé dans le roc, on découvre une belle vue sur une grande partie du canton jusqu'à Leuk, les hautes montagnes qui séparent le Valais du Piémont, les val* lées d'Hérens et de Nendaz et les Mayens de Sion. Le rocher de dr..

moins élevé, plus accessible, et couvert d'un plus grand nombre de bâtiments, porte : les restes du château Valéria, bâti par Valérius, général romain, qui lui a donné son nom; et Yéglise de Sainte- Catherine (église du séminaire), qui possède le tombeau du doyen Will, mort en 1696, en odeur de sainteté, et un évangéliaire des plus curieux, que Charlemagne avait donné à l'abbaye de Saint-Maurice, et qui fut enlevé par les seigneurs du Haut- Valais dans les guerres du xiv» s. — Cette église, appelée autrefois Sainte-Marie de Sion, a la forme d'un rectangle terminé par une abside circulaire à la base,

Sion. — D'après une photographie de MM. Ferrier et Soulier

DE MARTIGNY A BRIEG

polygonale dans le haut, et garnie, de même que les autres parties de l'édifice, de créneaux dont la construction appartient à différentes époques. A TE. se voient ses plus anciens fragments, qui peuvent dater du vin' ou ix- s.; la nef est en grande partie des xn« et xuic s., époque où fut bâti le jubé en pierre qui sépare la nef du chœur, et qui est bien conservé: les stalles du chœur, d'une magnificence peu commune, sont du xvir s. , le chœur même et les chapelles qui raccompagnent portent les caractères du xc.

Au-dessous de Tourbillon etdelaléria, se trouve situé un troisième château appelé Majoria , parce qu'il servit longtemps de résidence aux majors ou anciens gouverneurs du Valais. Habité ensuite par les évêques, il lut en partie consumé dans Hncendie de 1788. Enfin, la gorge qui sépare ces deux rochers ren terme la petite église de Tous les-Saînts.

La promenade la plus fréquentée des environs de Siou est celle des Mayens, belle montagne située sur la rive g. du Hhône, et couverte de hameaux et de maisons de campagne.

Aucune ville de la Suisse n'a él* plus maltraitée que Sion par les éléments et par les hommes. Depuis l'époque où les Romains s'en e m parèrent jusqua TcLtree dune armée française dans ses murs, en 1798.

elle fut plus de trente fois incerftliée, cortquise, inondée ou assiégée. L'incendie de 1788, causé parune imprudence, détruisit plus de deux cents bâtiments cl la maison des archives, où se trouvaient des documents pré* cieux.

LliÎBtoire de Sion résume en quelque sorte 1 histoire du canton dont elle est la capitale. Conquis d'abord par les Romains, le VHlais ou l'ancien pays des Nantuates, des Véragres, des Sedunois et des Vibériens, fut ensuite ravagé par les Barbares, et, pendant plus de quatre siècles, occupé par les Bourguignons et les Franks. Apres l'extinction des Carlovingiens, il appartint,

pendant le ix- s , au second royaume de Bourgogne, et, pendant le xir, à l'empire d'Allemagne. De 1127 à 1218, la maison de Zaïhringen le gouverna; mais, à dater de cette époque, son histoire est, jusqu'au xv« s. , celle des luttes perpétuelles de l'évéque et de la noblesse, qui tantôt se disputent entre eux la souveraineté, et tantôt combattent contre les comtes de Savoie ou contre d'autres seigneurs du voisinage. Enfin , au commencement du xv« s., le peuple se souleva, et, après une guerre de six ans, conquit la liberté et l'indepeudance. Des lors, le Haut-Valais, depuis le Mont Furka jusqu'à Sion, forma une republique étroitement unie à celle du corps helvétique, et conclut, en 1474, un traité d'alliance perpétuelle avec la ville de Berne et les Confédérés.

Quand la guerre de Bourgogne éclata (V. Grandson), le ducde.Savoie et l'évéque de Genève entrèrent dans le Haut-Valais avec loooo hommes; 4ooo Valaisans levés à la hâte se joignirent à 3000 Bernois qui venaient de passer le Sanetsch, et marchèrent sur Sion , près de laquelle ils défirent, le 15 novembre, l'armée ennemie.

(On montre encore le champ de bataille appelé de la l'Iauta.) Puis ilss'emparèrent de tout le Bas-Valais, où ils détruisirent dix-sept châteaux, et dont ils demeurèrent en possession jusqu'en 1798.

La Reforme trouva dans le Valais des partisans nombreux; mais la communion romaine obtint la majorité des suffrages, et la diète rendit un décret qui enjoignait aux dissidents de se rétracter ou de quitter le pays. Pendant les siècles qui suivirent, la paix du Valais ne fut troublée qu'une fois, eu 161f>> au sujet de la charte dite caroline, par laquelle les évéques prétendirent vainement légitimer leur domination sur le pays, car ils se virent bientôt obligés de reconnaître son indépendti rte©

En 1788, à l'approche des troupes françaises, les dizains du Haut renoncèrent à leur domination sur les dizains du Bas, qu'ils faisaient depuis si longtemps gouverner par des baillis; mais bientôt après ils provoquèrent les insurrections de 179b et 1799. Le Valais fit alors successivement partie des républiques éphémères appelées, lune, la république Rhodaniqiie . l'autre , celle de Sarint et Broyé. En 1802, il fut constitué en republique indépendante, sous la protection de la France , en 1810, réuni à l'Empire f/ançais avec le nom du département du Sunpion ; en 1815, rendu à la Confédération

[ROUTE 52] SIERRE. — SUSTEN.

helvétique. A cette époque, les anciens dizains, l'évéque et le clergé, Sion et Sierre, renouvelèrent leurs prétentions a la souveraineté du Ras-Valais; mai"? enfin, aprèsdix mois de la lutte la plus opiniâtre, ils cédèrent aux conseils des ministres étrangers, et, le 12 mai I H ! r. . la diète accepta une constitution qui vécut jusqu'au mois d'août 1839, époque à laquelle une constitution démocratique, établissant enfin une égalité complète entre les anciens maîtres et les anciens sujets, fut votée a une immense majorité. Depuis lors, le parti aristocratique et le parti démocratique se sont disputé le pouvoir les armes a la main, et ils ont tour à tour remporté des victoires et essuyé des défaites.

A l'Ermitage de Longeborgne, R. 68; — à Evolena, dans la vallée d'Hèrens, R. r»8 ;

— à Bex, par le col de cheville, R. 51 ;

— à An der l.enk et à Zweisimmen, par le Rawil, R. 55 ; — à Gsteig et à Saanen, par le Sanetsch, R. 53; —à Lauenen, par le Gelten, R. 54 ; — dans le Val de bagnes par tfendaz et le col d'Établon, R. 58; — à Louèche, R. 56 ; — Hérémence, R. 69.

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