ROUTE 54] DE SAANEN A SION PAR LE GELTEN
sants; cest à peine s'il tente, par hasard, quelque hardi chasseur de chamois. Presque oublié depuis longtemps, même des montagnards, il a été retrouve en quelque sorte par MM. Ulrich et Gottlieb Studer en 1852. En 1858, ce dernier le traversa de nouveau avec deux compagnons et descendit à Sion par la vallée de la Sionne. Il vaut mieux aller de Saanen à Sion, que de Sion à Saanen, car les pentes escarpées du Rothtbal peuvent offrir à la descente des difficultés sérieuses et souvent même do danger.
Une bonne route de chars monte de Saanen à
2 h. Lauenen (hôt. Bar, simple mais bon), v. de C49 hab. réf., sur le Luibach, affluent de la Sarine, à 1260 mèt. d'alt. La vallée à laquelle il donne son nom, et où l'on trouve souvent de la neige au mois de mai , s'ouvre entre le Geltenhom (2840 mèt.), le Fallhorn (2253 mèt.), et le Wasserengrat (2212 mèt.), a l'E., le Spitzhorn (2840 mèt.) , le Muttenhorn (2260 mèt.), le Wallis AVindspillen (1983 mèt.) et le Stand (1944 met.) à 1U
A Gsteig par le Chrinnen, n. 137; — à An der Lenk par le Trûtlisberg, R. 137;— dans la vallée d lfûgen, 6 h.;R. 137.
1 h. 45 min. sont nécessaires pour monter de Lauenen à la Kùhdungelalp. groupe de chalets au-dessous desquels on remarque la belle cascade de Dunyelschuss.
Après avoir longé ensuite une muraille de roches calcaires, on arrive à un passage appelé Celtentritt, où une échelle d'une douzaine d'échelons a été placée pour les voyageurs et les bergers. Enfin (2 h.
15 min. de Lauenen) on atteint la Geltenalp.
Un autre chemin plus facile, mais plus long de 15 min., suit le fond de la vallée jusqu'au-dessous de la Geltenalp, où l'on monte en longeant la rive dr. du Geltenbach. Ce chemin passe près des lacs de Lauenen, situés à 1389 mèt. , et entourés de prairies et de sombres forêts de sapins; le plus
grand est long de 791 mèt. et large de 324.
A 1 h. de la Geltenalp, le fond de la vallée de Lauenen se trouve resserré, à l'E. et au S. E. , entre les parois à pic de rochers rougeâtres d'une altitude de plus de 300 mèt., et d'où tombent souvent des pierres ou des blocs de glace. — Les rochers du versant E. forment la base du Hahnenschrilthorn et des contre-forts du Wildhorn. Cette vallée , qui contient un petit lac, est appelée Roththal (vallée rouge) ou Gespensterthal (vallée des fantômes), dénominations qu'elle doit à la couleur de ses rochers ou aux légendes qui en font le séjour de tous les damnés de la vallée de la Sarine. Au S. O., les rochers sont moins élevés, et une branche du glacier de Gelten descend presqu'au niveau du fond de la vallée. On monte du côté du N., ou à g., sur les rochers qui, quoique moins abrupts , paraissent inaccessibles , mais on y trouve un passage. On gravit ensuite une pente de débris fort roide, sillonnée par des torrents qui vont se jeter dans le Roththal. Les chasseurs de chamois appellent ce passage difficile Ilahnenschritt. Enfin, après avoir franchi la moraine du glacier de Gelten, on aborde le glacier légèrement incliné et peu crevassé, et, en 1 heure, on atteint
Le col du Gelten (2830 mèt.), dont la dépression est bien marquée, et qui forme les limites des cantons du Valais et de Berne, entre le Wildhorn (3268 mèt.) au N. E., et le Gelteugrat (3078 mèt.) au S. 0., tous deux couverts de neiges éternelles.
On y découvre une vue splendide, comparable à celle du Rawil et de la Gemmi (K. 56 et 55), sur la vallée du Rhône, les montagnes du Valais et de la Savoie, du Mont-Hose au Buet, sur l'Oberland Bernois, sur les principales sommités du canton de Fribourg, et enfin sur la chaîne du Jura.
Le Wildhorn, dont la hauteur dépasse I de 17 met. celle des Diablerets et qui est,