PAR LES BAINS DE LOUÈ3HE, LA GEMM1 ET KAN DEBSTEG
DE SIERRE AUX BAINS DE LOUÈCHE.
4 h. 30 min. — Route de mulets.
A 30 min. de Sierra, on traverse la Raspille pour monter à (30 min.) Saignes, en ail. Salgeseh, village situe à 70ôimt.,au milieu d'excellents vignobles, puis à (45 min.) Varan , en ail. Varen (aul>.), village situé à 782 mèt. — Belle vue du Bvrdenhubel , colline qui domine l'ancien chemin.
De Varen à Leuk, par le pont du Diable (pont de la Dala), 40 min.
Au delà de Varen, on traverse deux galeries courtes et rapprochées taillées dans une paroi de rochers à pic, le long d'un profond précipice, au fond duquel mugit la Dala. Afin de garantir ce passage de la chute des pierres, on l'a recouvert d'un toit de distauce en distance. Kn 1799, les Valaisans, insurgés contre le gouvernement helvétique et les Français, arrêtèrent, pendant plusieurs semaines, à ce détilé, les troupes envoyées pour les réduire. Plusieurs centaines de Valaisans et de Français furent tour à tour précipités dans l'anime.
—On aperçoit le village d'Albinen, sur la rive opposée de la Dala.— ^Â. lf> min. de la seconde galerie, on atteint Inden, où se réunissent les routes de Sierra et de Leuk (V. ci-dessus).
1 h. 30 min. les Rains de Louèche.
DE SUSTEN AUX BAINS DE LOUÈCHE.
3 h. — Route de voitures.— Tous les jour» part de Sion un omnibus qui monte aux bains de Louèche en 7 h.— Le prix d une place est de 7 fr. 30 c. — Voitures à volonté, prix variables.
Au hameau de Susten (R. f)2) la roule des Bains de Louèche quitte celle de
Sion à ttrieg, traverse le Rhône sur un pont de bois couvert, et monte par une pente assez douce à Louèche, en ail. Leuk (bût. la Couronne), b. de 1 123 hab cath., situé à 117 met. au-dessus du confluent de la Dala et du Rhône, à 79."» met. d'ail. On y découvre de belles vues sur la vallée du Rhône, surtout du côté de Sion.
Sa situation avantageuse procura souvent à Leuk l'honneur d'être le siège des diètes du Valais. De loin, il offre un aspect assez pittoresque. Il renferme deux églises, un hôtel de ville, et il est dominé par les ruines de deux châteaux que les Valaisans détruisirent en 1414.
De Louèche on peut aller visiter (2 h.) outre l'ermitage pittoresque de Theel, une chapelle de Notre-Dame, située au-dessus d'Erschmatt, sur la rive dr. du Rhône, et se rendre, soit dans la vallée de Lœtsch. en passant à Gampel, R. 57, soit à Varen (V. ci-dessus), par le pont de la Dala.
Des sentiers, plus courts que la belle et pittoresque route récemment construite, conduisent de Louèche au beau pont (1 h. 1 r» min.) jeté sur la Dala, et près duquel on icjoint la route de Sierra en deçà de
4ô min. Inden (aub ), v. de 70 hab.
cath. , situé à 1 176 mèt., dans la gorge de la Dala. — Remontant alors la rive dr. du torrent, ou laisse à dr. , sur la rive g., le village d'Albinen, et. plus loin, les Échelles qui y conduisent (V. ci-dessous).
1 h. 30 min. Les Bains de Louèche, en allemand Leukerbad (hôt. : des Alpes (bon); de Belleiue: de Franee (bon); Grand bain, pensions G fr., prix plus élevés pour les voyageurs de passage ; de Y Union: Maison-Blanche; Brunner h'reuz, pensions, etc.) v.
de 54â hab. cath., sont situés à 1415 mèt., au fond d'un vallon sauvage et triste, dominé au N. O. par la sombre Gemmi : à 10. par le Daubenhorn, 2880 mèt., le Lvmmernhorn, 3113 mèt., et la Trubelnstok, 2985 mèt., au N. par le Plattenhorn, 2849
LOUÈCHE-LES-BAINS .
mèt., le Rinderhorn, 3466 mît., et YAltels, 3634 mèt.; au S. E. par le Mainghorn ou Torrenthorn , 2950 mèt. ; et le Cher mignon ou Galmhorn, 2463 mèt. Ces bains renommés sont fréquentés chaque année par un grand nombre rie malades, principalement des Suisses et des Français, qui y passent seulement les mois de juillet et d'août, bien que les hôtels soient .ouverts de mai à octobre.
Au xii° s. seulement quelques colons vinrent s'établir près des sources qu'avaient découvertes des chasseurs ou des bergers. A cette époque, Jean Mans bâtit une tour pour protéger le " nouveau village et le mettre îi Faftri des anciens habitants de la vallée, c'est-à-dire des ours et des loups.
Quelques seigneurs valaisans y élevèrent par la suite une chapelle dédiée à sainte Barbe, et plusieurs maisons. En 1501, le fameux cardinal Schinner fit construire des bâtiments de bains vastes et commodes ; mais, deux cent dixhuit ans après, une avalanche les emporta avec soixante et une personnes.
En 1758, une autre avalanche détruisit un nombre de maisons plus considérable encore. Ces avalanches tombent du haut d'une montagne située à FE., à une si grande distance du village, qu'on ne croirait pas qu'il pût y avoir quelque danger à en redouter. Au reste, elles n'ont lieu qu'au printemps et jamais dans la saison des bains, et une forte digue a été construite derrière le village.
Le cimetière de Louèche renferme un monument élevé à six chasseurs de chamois emportés, il y a quelques années, par une avalanche. Le charnier du côté S. de l'église excitera la curiosité des touristes qui n'en ont pas encore vu.
Les bains sont administrés dans le Bain-Neuf construit en 1852. Le Bain- Vieux ne sert qu'aux indigents.
C'est la source Saint-Laurent qui alimente ces deux établissements, mais le bain de l'hôtel des Alpes reçoit la source de Cuérison.
« L'habitude à Louèche est de se baigner dans des piscines, grands carrés d'une profondeur d'environ i met. et pouvant contenir trente à quarante personnes. Une petite galerie, bordée d'une balustrade de bois, règne tout autour du bâtiment, et permet aux visiteurs de venir pendant le bain faire la conversation avec les malades, car tous les malades, hommes, femmes, enfants, vieillards, militaires, prêtres, religieuses, se baignent péle-méle, revêtus de longues tuniques de laine : chaque baigneur a une table flottante sur laquelle il dépose son livre, sa tabatière, son ouvrage ou son goûter. Si l'on se baigne en commun, c'est qu'on reste sept à huit heures dans l'eau, cinq ou six le matin, et deux l'après-midi avant le diner. On commence par des bains d'une demi-heure à une heure, puis on augmente d'une heure par jour. Après s'être baigné sept à huit heures par jour pendant douze jours environ, on diminue successivement et dans la même proportion le nombre des heures, de manière à revenir au point de départ. La durée totale du traitement est en moyenne de vingt-cinq jours. »
Les eaux de Louèche (eaux thermales salines), connues depuis le xn" s., émergent d'un terrain essentiellement composé de schiste argileux (ardoises bleues) et de calcaire, et dans lequel on trouve des cristaux de quartz et des pyrites.
On compte env. vingt sources dont les principales sont : source Saint- Laurent ; source d'Or (Goldbrunleiti) ; source du Bain des Lépreux ; source du bain de Guérison. Au milieu de ces sources à température élevée on en voit jaillir une (Liebfrauenbrunnen) à (r\7. L'ensemble des sources fournit, dit-on, 100000 hectol. par 24 h.; la source Saint-Laurent à elle seule 20000 hectol. (Morin).
Leur température est de 36°, 9 à 50°, 7- C'est une eau limpide, un peu gazeuse, inodore, insipide ; elle colore en jaune doré les pièces d'argent qu'on y plonge, ce que l'on attribue à ce qu'une partie de l'oxyde de fer contenu dans l'eau se déposerait à la surface de l'argent, par un phénomène galvanique probablement.