R. 61] COLS DE C&ÊTE-SÈCHE ET DE LA REUSE
M. Jacomb était descendu dans la vallée d'Aoste. On a, de ce col, une vue superbe sur le Mont-Vélan, la Tète de Cbenailleet les montagnes de la haute Italie. A partir de ce point, M. Hardy, ayant trop incliné à dr., manqua le col de Sonadon, et découvrit un autre passage, ouvert au pied du Grand Combin. Il lui fallut 5 heures de descente , par un glacier très-crevassé , où ses compagnons et lui durent se servir de la corde, pour atteindre enfin, à 2 h. de Saint-Pierre, la vallée du torrent de Vassorey.
En descendant, à partir du col de Sonadon, la partie supérieure du glacier du Mont-Durand, qui n'offre aucune difficulté, puis en se dirigeant vers le S. afin de se tenir, comme M. Hardy, sur les pentes du Mont- Avril, afin d'éviter les escarpements inférieurs du glacier du Mont-Durand, il ne faut probablement pas plus de 3 b. pour atteindre
(9 b. 30 min. à 10 h.) les chalets de Cbermontane (R. 58).
DE CHCRMQNTANE A PRARAYEH,
PAR LE GLACIER DrOTEMMA.
A. Parle col de Crête -Sèche.
9 h. 30 min. à loh..dont 3 pour la montée du col.
3 h. des chalets de Chermontane au col de Crête-Sèche (R. 58. B).
On descend du col de Crète-Sèche par une pente de névé d'où Ton jouit, dans la direction du S. , d'une fort belle vue sur les Alpes Grées , et, en particulier, à g., sur le mont Faroma, qui sépare le Val Pellina et la vallée de Saint-Barthélemy. Après avoir passé près d'une cabane en ruine, où se réfugiaient jadis les douaniers italiens, on descend par des pentes couvertes de pierre (3 h. du col) dans le Val Pellina, à peu de distance d'Oyaceet à 3 h. 45 min. de (9 h. 30 min. à 10 h.) Prarayen. R. 65.
B. Par le ool de la Reuse de l'AroUa.
7 h. dans les conditions les plus favorables. — Ce col a été découvert, en 1861, par M. F. F. Tuckett, accompagné par les guides Bennen et Perrn. Jusqu'alors on avait cru que le glacier d'Otemma était barré, à son extrémité supérieure, par une muraille de rochers infranchissables à laquelle on donnait le nom de Crète à Colon.
La partie inférieure du glacier d'Otemma étant trop crevassée pour que Ton puisse s'y aventurer ( V. R.
58, B.), il faut longer au S. la base d'un contre-tort du *Mont-Gelé, car Nf . Tuckett ayant suivi , au N. , la base du pic d'Otemma % rencontra pour pénétrer sur le glacier de très-grandès difficultés qui eussent été peut-être insurmontables si la saison eût été plus avancée. Dès que l'on a débouché sur la partie supérieure du glacier, la marche devient facile, le glacier montant en pente douce, sans crevasses, dans la direction du N. E.
D'une crête rocheuse qui se dresse au S. et qui se relie probablement au Mont-Colon (3738 mèt.), descend un glacier latéral sur lequel on s'engage.
La pente en est plus roide que celle du glacier principal. Au delà de la bergschrund considérable, que M.
Tuckett franchit sur un pont de neige, il faut se servir un moment de la hache pour monter au col de la Reuse de TArolla, dont la hauteur approximative est de 3500 mèt. , et d'où l'on descend, par des roches escarpées, cà et là recouvertes de neige, sur le plateau de la Reuse de VArolla (lieuse doit être une corruption de Ruixe, qui signifie glacier dans le patois du pays). Ce plateau tombe dans la Combe d'Ôren par une imposante falaise de glace sur laquelle on ne pcflt pas se hasarder, mais que l'on peut contourner à PB., en descendant par des roches abruptes jusqu'à une moraine, d'où l'on gagne le sentier qui vient du col de Colon (R. 65).
DE CHERMONTANE A EVoftENA. [ROUTE 62 J
DE CHERMONTANE A EYOLENA ET A HÉRÉMENCE,
A. Par le col de Chermontane.
12 h. 45 min. dont 6 ou 7 jusqu'à la ligne de faite du glacier d'Otemma. Ce passage a été découvert en 1861 ou décrit pour la première fois par sir T. F. Buxton, MM. E. Buxton, Cowcll, avec le guide Michel Payot, de chamonix, et les porteurs Justin et Louis Felley, de Lourtier. V. Peaks, Passes and Glacier.*.
On suit pendant longtemps le chemin du col de la Reuse de l'Arolla (R. 61 , B) , mais, vers l'extrémité supérieure,on incline du côté N. On atteint en 6 h. le sommet du glacier d'Otemma (le col de Chermontane, 3084 mèt.), vaste névé compris entre le Mont-Colon et la Pigne d'Arolla, et d'une surface si égale qu'il est difficile de reconnaître la ligne départage des eaux. La voie la plus directe serait ensuite de descendre du glacier d'Otemma sur celui d'Arolla par le glacier de Vuibez, mais ce dernier forme successivement deux immenses mureilles de glace qui, vues du glacier •le l'Arolla, d'où elles offrent un magnifique spectacle, paraissent absolument infranchissables.
Il faut, en conséquence, gravir (en 45 min.) la Serra deVuibes (3200 mèt.) qui domine au N. le glacier de Vuibez et d où on embrasse un magnifique panorama sur les vallées, les gorges et les glaciers voisins et sur les innombrables sommets des montagnes du Piémont, de la Savoie, du Valais jusqu'aux pics lointains de l'Oberland Bernois. La descente du glacier île Pièce demande 1 h. 30 min., môtr.e par le coté le plus facile, celui de TO. ; elle offre quelques passages pénibles où l'on doit souvent se servir de la hache. Au glacier succède une moraine immense qu'on ne peut descendre en moins de 30 min., puis viennent encore deux autres moraines
au delà desquelles on traverse la partie inférieure du glacier de Cijorenove, descendu de la Pigne d'Arolla; il faut franchir enfin trois moraines, qui témoignent des anciennes limites des glaciers de la Combe de l'Arolla , avant d'atteindre (9 h. de Chermontane), les chalets d'Arolla (R. 65).
3 h. 45 min. de ces chalets à (|? h. 45 min.) Evolena (R. G5 et 68).
B. Par le col du Mont- Rouge.
14 h. 45 min. jusqu'à Evolena. — Course de glaciers, pénible, faite pour la première fois par M. Melchior Ulrich, et, en 1856, par MM. W. et C. E. Mathews , avec le guide Bernard Trolliet.
— Guide et précautions nécessaires.
Après avoir traverse, au pied des chalets de Chermontane, la partie inférieure du glacier du Mont-Durand (R. 60), glacier qui, d'après MM.
Mathews, est en voie d'accroissement, puisqu'il franchit déjà la Dranse et tend à remonter, sur la rive opposée, les pâturages de Chanrion, on laisse à g. le chemin de la vallée de Bagnes (R. 58), puis on franchit la Dranse, à l'extrémité inférieure du glatier de Breney qui descend du Mont-Blanc de Cheillon (3871 mèt.) et de la Pigne d'Arolla, et que bordent au N. la Serpentine (3691 mèt.), au S. les divers sommets de l'Otemma. Pour éviter les nombreuses crevasses de la partie inférieure de ce glacier, dont la pente serait, d'ailleurs, trop pénible, il faut se tenir, au S., sur les escarpements de l'Otemma. M. W. et C. E.
Mathews ont remarqué, dans ce trajet, que le glacier de Breney diminue chaque, année, tandis que ceux du Mont-Durand et de l'Otemma augmentent.
Arrivé sur le plan supérieur du glacier de Breney, on passe, en évitant de longues crevasses longitudinales, sur le côlé N., et on s'engage dans le névé (dangereux par ses crevasses dissimulées sous la neige) du petit glacier de Lirerouge, qui prend son origine au pied de la Ruinette