‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 300 sur 865 · PAR LE COL DE SON A DON · texte numérisé non relu

PAR LE COL DE SON A DON

9 h. 30 min. à 10 h. dont 6 h. So min. pour la montée. — Course difficile; un guide est nécessaire. — La course de Saint- Pierre au col a été faite pour la première fois, en 1861, par M. F. W. Jacomb. de l'Alpine Club, avec les guides Jean-Baptiste et Michel Croz, de Chamonix.

Après avoir remonté le torrent de Vassorey, d'abord jusqu'au confluent de celui qui descend du col de la Maison-Blanche (R. 59), puis jusqu'au dernier chalet, on arrive (1 h. 30 min.) au pied d'un rocher q\ii semble barrer le passage, mais 15 min. suffisent pour l'escalader par des degrés que les bergers y ont taillés. On se trouve alors dans la partie supérieure de la vallée, que l'ou remonte encore pendant 30 min. A 2 h. 15 min. de Saint- Pierre, M. Jacomb atteignit une hauteur d'où il dominait le confluent du glacier principal de Vassorey avec les glaciers de Sonadon et de Tzeudet : à l'angle de ce dernier et du glacier de Vassorey se trouve le petit lac de la Gouille à Vassu, décrit par de Saussure, plein d'eau au printemps, sec, dit-on. en été, dominé par les escarpements du Mont de la Gouille (3223 met.) et du Tzeudet (2*08 mèt.). Entre les glaciers de Sonadon et de Vassorey se dressent les Aujuillcs-Ycrtcs (3600 met.), qui relient le Combin au Vélan, et dans lesquelles s'ouvre le col de Sonadon. La partie inférieure du glacier de Sonadon est séparée de sa partie supérieure par un formidable^scarpement de glace de plus de 120 mèt. de hauteur et infranchissable; il faut escalader, non sans difficultés ni sans danger, les pentes abruptes et rocheuses qui font partie du Graud Combin ou Graffeneire, et qui dominent le glacier du côté du N. E. Dans cette partie de la course,

on a à redouter, outre la roideur des escarpements , les avalanches , les chutes de pierres et de roches.

Quand on a atteint (5 h. 10 min.) la partie supérieure du glacier de Sonadon , on en gravit facilement la dernière pente en passant au-dessous de superbes séracs et en contournant d'énormes crevasses ; à g., une grêle de pierres tombe presque continuellement du Grand Combin.

6 h. 30 min. à 7 h. Le col de Sonadon (3500 mèt. env.), sera, probablement, dans l'opinion de M. Bail (Western Alps), fréquenté un jour par les montagnards et les touristes; car il ouvre une communication directe entre Zermatt et Chamonix. C'est une dépression couverte de neige comprise entre le Grand Combin , au N. , et un contre-fort des Aiguilles- Vertes, ayant la forme d'une selle, au S. On y jouit d'une vue magnifique sur les contre-forts du Grand Combin, dont le principal sommet est invisible, sur les Aiguilles- Vertes, sur le glacier du Mont-Durand, que dominent, au S., les roches noires de la Tête de By (3422 mèt.) et le Mont-Avril (3341 mtjt.) , au N. sur les escarpements de la Tour de Boussine (3837 mèt.); au loin se montrent déjà les chalets de Chermontane, terme du voyage, le M ont- Gelé (3517 mèt.) et les splendides glaciers d'Otemraa et de Breney séparés par les sommets (3509, 3394 mèt.) del'Otemma.

M. Jacomb ne descendit point do col aux chalets de Chermontane, mais se rendit par la Tète de By, les chalets de By et Ollomont à Aoste (R. 59). La partie du trajet comprise entre le col et Chermontane a été faite (août 1861), en sens contraire, par M. J. F Hardy, qui, parti des chalets à 3 h.

40 min. , gravit les pentes inférieures du Mont -Avril, dans le but d'éviter les deux grandes falaises de glace du glacier du Mont-Durand. Ayant plus de temps qu'il ne lui en fallait pour achever sa course, ce hardi touriste fit à g. l'ascension du col par lequel

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