‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 320 sur 865 · ROUTE 73] SAINT-LUC ET LA BELLA TOLA · texte numérisé non relu

ROUTE 73] SAINT-LUC ET LA BELLA TOLA

sor, on rencontre une foule de prises d'eau détachées de la Navisanche et conduites le long de pentes qu'on serait quelquefois tenté de croire à peu près inaccessibles, tant elles paraissent roides , et sur lesquelles on est certes loin de soupçonner des cours d'eau. Ce n'est pas tout :

le moindre ruisseau , le plus petit filet d'eau qui descend des arêtes supérieures est saisi au passage et emprisonné dans une rigole, pour aller porter la fertilité sur quelque point éloigné. »

Les femmes sont chargées de presque tous les travaux pénibles, entre autres de réparer les canaux d'irrigation, lorsqu'ils sont endommagés par les pluies. « La galanterie, à plus forte raison , n'a point encore pénétré jusqu'ici, écrivait encore M. Desor dans la Revue suisse. La femme est plus ou moins l'esclave de l'homme.

Le mari et la femme s'en vont-ils ensemble à la plaine avec leur mulet, c'est toujours monsieur qui monte sur la bête, tandis que la femme est obligée de trotter à côté. La première fois que je fus témoin de cet usage, cela m'indigna, et j'aurais volontiers fait une leçon au maroufle qui se prélassait ainsi sur son mulet. Mon compagnon m'apprit l'usage de la vallée. Il paraîtrait même que l'idée de réclamer sa part du mulet, quand elle est avec son mari, ne vient à l'esprit d'aucune Anniviarde. Dans de telles conditions, la beauté des femmes ne peut pas être de longue durée. J'ai vu des femmes auxquelles on aurait donné cinquante ans et qui n'en avaient pas trente. Ce qui m'a surtout frappé chez elles, c'est un certain air masculin , qui se trahit dans leur physionomie aussi bien que dans leur maintien, et qui est encore augmenté par leur habitude de faire de grands pas. Cette allure est sans doute trèsrationnelle dans les montagnes, mais elle n'est rien moins que gracieuse. >»

On suit la route de Brieg jusqu'au bois de Pfyn (30 min.) pour monter

SUISSE

à dr. à travers une forêt jusqu'à l'entrée du Val d'Anniviersoù l'on rejoint le chemin venant de Chippis, v. de 185 hab. cath., situé à 502 met. sur la rive g. de la Navisanche.

Restant sur la rive dr. du torrent , on monte par le curieux chemin des Pontis, d'où l'on découvre, près des ruines d'un vieux château, une belle vue sur la gorge étroite au fond de laquelle coule la Navisanche, sur le Cornier, la Dent-Blanche, la pointe de Zinal. le Gabelhorn et le Weisshorn, sur la vallée du Rhône et sur les montagnes qui la dominent. Le chemin s'élève au-dessus de la vallée, traverse ensuite des bois et les hameaux de (1 h. 30 min.) .Vtoueetde (45min.) Bar mes, entre lesquels il fait de grands détours à g. dans des ravins sauvages, en côtoyant des précipices d'une profondeur extraordinaire. Trois galeries ont'dû être creusées dans le roc. Laissant à g., sur la montagne, Sussillon et Cliandolin, que domine Ylllhorn (2724 mèt.), on passe au-dessus de (25 min.) Fang, pittoresquement situé au milieu d'une forêt de noyers.

X. B. On peut monter directement de Fang à Saint-Luc en 1 h. 30 min.

env. C'est le chemin que suivent les touristes qui veulent faire l'ascension de la Bella Tola, V. ci-dessous. — Il est inutile d'aller jusqu'à Vissoye.

1 h. (4 h. environ de Sierre) Vissoye, le chef-lieu de la vallée , situé sur un promontoire de rochers qu'on aperçoit de loin , compte 307 hab.

cath. et possède une l>elle église et deux chapelles. ( On peut loger chez le curé.)

Salnt-Lao et la Bella Tola.

Excursion et ascension très- recommandées. — On trouve à Saint-Luc un assex bon hôlel, et M. Griolet a fait construire un petit chalet au-dessous des sommets de la Bella Tola, d'où l'on découvre un des plus beaux panoramas de la chaîne des Alpes.

On monte, en 45 min., de Vissoye à Saint-Luc (hôt. de la Betla Tola,

tenu par les propriétaires S. Zufferey et P. Pont, bon, hôtes prévenants, prix modérés, pension 4 fr. par jour) , y. de 45? hab. cath. situé sur une pente dénudée d'où Ton jouit d'une belle vue. Il a été incendié en 1844 et 1858. On peut visiter, à 130 met.

an N., la Pierre des Druides (les habitants l'appellent la Pierre des Sauvages) , pointe de rocher partagée en deux blocs.

A Tonrtcmagiie par le Pas-du-Bœof, R.

76 ; — à Zmeidon et à Saint-Nicolas par les cols de Zmciden et de lu Forcletta, R. 80.

L'ascension de la Bella Tola (guide recommandé, Pont), faite seulement depuis quelques années, demande 3 h. au moins, 4 h. au plus. Les mulets (6 fr.) montent jusqu'à 45 min. du sommet, haut de 3028 mèt. Sur la crête on domine le glacier tres-ercvassé de Bella Tola. Le point culminant, fort étroit, offre un .admirable panorama gravé par Ritz. Le Dom , le Wcisshorn (on n'aperçoit qu'une pointe du Mont-Rose), le Ccrvin, la Dent-Blanche, le Mont-Blanc-de-Cheillon, le Mont-Blanc, la Dent-du-Midi, les Diablerets, le Wildhorn, le Rinderhorn au-dessus de la gorge de la Dala , tous les sommets des Alpes Bernoises que domine le Bietschhorn ot le Monte- Leone attirent surtout l'attention.

De la Bella Tola, on peut descendre à Tourtemagnc par le Pas-du-Bœuf (R. 76).

Au delà deVissoye, les bois font place aux prairies.

Si l'on continue à remonter la rive dr. de la Navisanehe, on traverse divers hameaux et (45 min.) Mission, avant d'atteindre (30 min.) Ayer, v.

de 769 hab. cath., situe à 1450 met., où l'on peut trouver du vin et des œufs, et au besoin passer la nuit; — bon guide, Viennin.

Au-dessous d'A ver, la vallée se divise en deux bras appelés : le bras oriental, le Val Zinal; le bras occi-

dental, le Val Torrent. La chaîne de montagnes qui sépare ces deux vallées part de la Dent-Blanche et court dans la direction du S. au N. Ses principales cimes se nomment , en partant de la Dent-Blanche, le C.rand-Corhier, la Pigne de V Allée, la Garde de Bordon et la Corne de Sorcbois. La vallée de Zinal s'étend jusqu'à la ramification qui court de la Dent-Blanche au Rothhorn, en passant par le Gabelhorn supérieur. Les Diablons (3607 mèt.).

le Se* de la, Vache, la Montagne de VArpitettax et Inu Besso (les Jumeaux, dont on a fait en français l'Obeche), la séparent des glaciers de Tourtemagne et de Durand.

Au-dessus d'Ayer, un sentier, qui traverse la Navisanehe et le torrent descendu du glacier de Moiry, conduit à Gremcnx. En continuant à remonter la vallée, on peut se rendre à Evolena par les cols de Lona, de Torrent, du Zate et de Bréonna (R. 71) ou à Zinal par les cols de Sorebois, du Grand-Corn ier et de Moiry (K. 72). De Gremenz on monte, en 2 h., aux chalets de Torrent situés près rie l'extrémité inférieure du glacier de Moiry qui descend du Grand-Cornier (3960 mèt.) dominé par la Dent-Blanche entre la Pigne de l'Allée à l'E. et Zatalana a l'O.

Si l'on veut aller visiter le glacier de Zinal, on continue à remonter la rive dr. de la Navisanehe, que Pon traverse deux fois avant d'atteindre (1 h. 45 min.) les chalets de Zinal (hôt. Durand, tenu par Baptiste Epinay qui sert de guide), situés è 1678 met. à 1 h. du glacier, dont l'abord est assez pénible.

En montant plus haut, à travers un bois de pins, à Talpe et a?rx chalets de V Allée (1 h.), on découvre une partie du glacier dans toute son étendue. — La vue est plus belle sur l'alpe A rpittitax , située de l'autre côté du glacier, à la base N. de te« Besso (VO bêche) : on voit à ses pieds le glacier de Zinal, et, à PE. de ce gfa-

DE SIERRE A ZINAL.

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