‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 335 sur 865 · ZERMATT. [ROUTE · texte numérisé non relu

ZERMATT. [ROUTE

à l'endroit où se détache à g. le chemin qui conduit au col Saint-Théodule (R. 85). De cette croix on jouit d'une belle vue sur la vallée de Zermatt.

On suit ii 10. un plateau marécageux pour gravir en zigzags les pentes escarpées des Rothcn- Tschuggen, dont le sommet est couronné d'une croix.

Bientôt après on atteint (2 h. 45 min.) le lac Noir, Schwarzsee , 2400 met.

env. , au bord duquel s'élève la challe de Notre-Dame des Neiges, où, 15 août de chaque année, le curé de Zermatt dit la messe. Ce lac, entouré de hautes montagnes, n'a pas d'écoulement apparent. Sa circonférence est d'envirou 15 min. La vue qu'on découvre au - dessus du Lac Noir, à peu près la même que celle du Hœrnli ( V. ci-dessous), est moins étendue.

Du Schwarzsee on peut faire en 1 h.

l'ascension du Hœrnli (2892 met.), dont les parois escarpées s'élèvent au S. 0. On franchit une colline couverte de gazon. puis, après avoir traversé un torrent, on suit le long des moraines un petit glacier vers le railieu duqtiel une sorte de couloir étroit mène rapidement au sommet d'où l'on jouit d'un admirable panorama, comparable à celui du Gornergrat. On est au pied du Cervin (4482 met.) qui domine le Hœrnli de 1 490 mot. Au S.

on domine le glacier ileFurgge. A ses pieds on voit s'étendre à l'E. le glacier de Gorner jusqu'au Weissthor, entre le Petit Cervin, le Breithorn, les Zwillinge.la Lyskainm et le Mont-Rose au S., et le RitTelberg, le Riffelhoru au N.; derrière le Kifïelberg apparaissent le Strahlhorn,le Rimpfischhorn et l'Allelinhorn, auquel viennent se rattacher 1'Alphn bel et les Mischabelhœrner. A l'O. le glacier du Cervin descend dans celui de Zmutt, que le Stock horn divise en deux bras. En face, au N.,on remarque les deux Gabelhœrner,d'uù tombent les glaciers de Dislcl et dArbe, la pointe de Zinal, l'fcbihorn ou Hohwaenghorn avec !e glacier de Hohwamg , la Dent-

Blanche, d'où descend le glacier de Schœnbûhl. Knfin,à l'extrémité inférieure du glacier de Zmutt, on découvre les chalets de ce nom et, un peu plus au N. K.. Zermatt et une partie de la vallée de la Visp.

Si l'on veut, pour revenir du lac Noir à Zermatt. prendre un autre chemin, on descend par un sentier fort roide au milieu d'un bois de sapins qu'ont ravagé les avalanches jusquaux (45 min.) chalets de la Staffelalp. On suit quelque temps le Znrattbach, que Ton traverse sur un pont très-clevé au-dessus de ce torrent ; on descend ensuite aux chalets de Zmutt. et enfin on gagne Zermatt en 2 h. 30 min.

(total : 3 h. 15 min.).

Du Hœrnli on vient rejoindre ce chemin près de la Staffelalp, en descendant par des pentes roides d'éboulis entrecoupées de flaques de neige. On découvre en descendant une belle vue sur le glacier de Zmutt et les glaciers qui s'y déversent.

Enfin, on peut revenir du lac Noir ou du Hœrnli à Zermatt par le Riffelbeig.Cette excursion, de 8 h. env., est assez pénible, mais fort intéressante. — Du lac Noir on descend en 10 min. par une pente de gazon trèsdouce au glacier de Furgge, uni et facile , que l'on traverse en 10 min.

Montant alors à travers des moraines, on gagne en 40 min. le glacier supérieur de Saint-Théodule, que l'on suit pendant environ 45 min. jusqu'à ce qu'on puisse descendre, par des rochers escarpés et glissants, recouverts de débris d'ardoises (45 min.), au glacier inférieur où Ton rejoint le chemin venant du col Saint-Théodule (H. 85).

Souvent, quand on vient du Piemont, au lieu de descendre directement à Zermatt, après avoir passé le col Saint-Théodule, on gagne le Bjffelberg. Al h. du col env. on sort du glacier pour descendre (45 m.) sur des rochers escarpés, glissants, recouverts de débris d'ardoises, au glacier inférieur de Saint-Théodule, puis au

[ROUTE 81] LE HŒRNLI. — LA CIMA di jazzi.

glacier de Gorner, que l'on traverse et qui forme trois glaciers distincts séparés par des moraines. Cette traversée demande 2 h. 30 m. à 3 h. On se trouve alors au pied d'une paroi presque verticale qu'il faut gravir (45 m.), et du haut de laquelle on atteint en 30 min. L'hôtel du Riffélberg, après être passé près du Riflelhorn et d'un petit lac noir. - On peut donc partir, comme on le voit, de l'hôtel du Riffel pour passer Le col Saint- Théodule et pour monter au Hœrnli.

Le glacier de Findelen.

Promenade d'une demi -journée que l'on peut allonger ou raccourcir à volonté.

En sortant de Zermatt, on remonte la rive dr. de la Visp, que Ton traverse à Winkelmatten, puis, laissant à dr.

le chemin du Riffélberg, on s'élève par une pente roide le long de la rive dr. du Findclenbach. Au delà de Findelen (2075 met.), dont les maisons sont disséminées le long du chemin, on traverse des prairies qui s étendent jusqu'à l'alpe in den Eggen. On peut se procurer du lait aux chalets d'où l'on découvre à l'O. une vue magnifique sur le Cervin. les glaciers de Saint-Théodule , de Furgge et de Zmutt, l'Ebihorn, l'Arbehorn et leurs glaciers, la Dent-Blanche, les Gabelhœrner, le Trifthorn et la pointe de Zinal. On peut de là monter au Fluhberg, escarpement du Rothhorn inférieur qui s'étend le long du glacier en parois abruptes. Le sentier laisse à dr. dans un enfoncement le Stellisee, entouré de gros blocs de rochers. Le glacier de Findelen remonte dans la direction de l'E. sur une Longueur de 2 h. 30 min. , et l'on remarque entre le Strahlhorn et la Cima di Jazzi, une crête anguleuse, de l'autre côté de laquelle les glaciers de Seewinen et de Schwarzenberg descendent dans le fond de la vallée de Saas. Au S. 0. apparaissent par derrière le Grieskumm et la Guglen, le Breilhorn et le Petit Cervin. — De ce point on

peut, sans danger, descendre au bord du glacier, le long duquel on trouve un sentier assez bon, et près de son extrémité inférieure on aperçoit le petit lac Vert {Grùnensee).

La Glma di Jaazl.

0 h. de marche aller et retour en partant de l'hôtel du Riffel. — Course facile et sans danger, faite assez souvent par des femmes. — Guides, provisions et précautions nécessaires.

Après avoir suivi pendant 45 min. environ le chemin du Gornergrat, on le quitte pour se diriger au S. E. entre le Riflelhorn et le Gornergrat, dont on longe la base inférieure pendant 45 min. environ. On marche alors sur le glacier en pente douce et peu crevassé ; plus loin les crevasses obligent généralement à revenir sur les rochers au pied du Stockhorn ; mais, quand on a dépassé le Stockhnûhel (3044 mèt.), on entre sur le névé pour ne le plus quitter. Cette mer de neige immaculée prend des proportions gigantesques. Après avoir dépassé quelques belles crevasses, il faut gravir pendant près d'une heure une pente assez roide. De distance en distance s'élèvent des espèces d'Ilots ou d'écueils; ce sont les montagnes les plus colossales de la chaîne du Mont-Rose, qui ne dépassent pas de 1000 mèt. cette partie du glacier de Gorner. Enfin, à 5 ou 6 h. de l'hôtel du Riffel on atteint la Cima di Jazzi, haute de 3818 mèt. Il faut avoir soin de ne pas trop s'approcher du précipice, car on se trouve sur une sorte de promontoire de neige glacée qui surplombe et qui pourrait se détacher sous le plus léger poids. Le panorama ressemble beaucoup, d'un côté, à celui du Gornergrat; seulement on le voit d'un point de la circonférence au lieu de le voir du centre; dans la direction opposée on découvre à une distance considérable non-seuiement la vallée de Macugnaga, que l'on domine à pic de plus de 2000 mèt., mais tous les chaînons

DE VISP A ZERMATT.

dos Alpes qui forment les vallées de la Lombard ie.

L'ascension de la Cima di Jazzi peut être combinée avec le passage du Weissthor, et l'on peut aussi descendre à Zermatt par le glacier de Findelen; mais cette dernière excursion ne doit être tentée que par des touristes éprouvés.

Ascension du Rothhorn.

8 à 9 h. aller et retour. — Guide nécessaire. <

On peut monter au Rothhorn du Riffel ou de Zermatt : si l'on part de Zermatt, on gagne d'abord le hameau de Findelen (V. page 307). Si l'on part, au contraire, du Riffel, il faut gagner le glacier de Findelen que l'on traverse pour monter par la Flûhalp au sommet de l'Unter Rothhorn. 11 y a, en effet, deux Rothhorn, l'Ober ou Supérieur, haut de 3418 mèt., et l'Unter ou Inférieur, haut de 3106 mèt. seulement, mais plus isolé et offrant une plus belle vue.

Ascension du Mettelhorn.

7 à 8 h., montée en 4 h. 30 min., descente en 3 h. 30 min.; course très-inléressante mais un peu pénible à cause de la roideur des pentes, surtout dans la partie supérieure. Du reste la vue que l'on a à 1 h. au-dessous du sommet est presque aussi belle que celle du sommet luimême. — Guide nécessaire.

Le Mettelhorn est le point le plus élevé d'un gigantesque promontoire qui s'étend à TE. du Rothhorn ou Moming, qu'il ne faut pas confondre avec les Rothhœrnerdont il a été question plus haut. Son point culminant (3410 met.) offre une des plus belles vues, quelques touristes disent même la plus belle, dont on puisse jouir aux environs de Zermatt. En effet, outre toutes les sommités que l'on admire des autres pics voisins, on voit beaucoup mieux et de plus près le Weisshorn qui domine le Mettelhorn de 1100 mèt., et, entre ce pic et les Mis-

chabelhœrner, on découvre une plus grande étendue des Alpes Bernoises.

La montée commence presque au sortir de Zermatt; le sentier est à peine frayé et la pente assez rapide.

On peut contourner la montagne au lieu de la gravir directement. A mesure que l'on s'élève on découvre le Cervin, le Breithorn, la chaîne du Mont-Rose et le Saasgrat. Aux gazons succèdent des pentes de neige et de glace d'où l'on aperçoit le sommet; mais, pour l'atteindre, il faut gravir pendant une heure une pente trlsroide couverte d'éboulis de rochers; de cette pente on jouit d'une belle vue sur le glacier Schallenberg ou Hohlicht, qui remplit une vallée profonde entre le "Weisshorn et le Moming. Le sommet est si étroit que quatre ou cinq personnes peuvent à peine y trouver place. On domine de tous côtés d'affreux précipices.

« Nous avions devant nous, m'écrivait en 1860 un de mes amis, et comme en cercle autour de nous, le WeiSshom que je n'avais pas encore vu si élancé ni si beau, le Rothhorn, le Trifthorn (de Zermatt), le Gabelhorn et ses glaciers, la pointe de Zinal, la Dent-Blanche, le Cervin qui se laisse voir depuis sa base jusqu'au sommet, le Breithorn et toute la grande chaîne et les glaciers du Mont- Rose, le Weissthor, la Cima dî Jazzi, le Strahlhorn et la chaîne des Mischabel; plus loin la chaîne de POberland depuis le Doldenhorn jusqu'au Finsteraarhorn et au Gallenstock. *

Si Von ne passe pas en Italie par le col Saint-Théodule , on peut de Zermatt monter jusqu'au col , en 5 h. ; on y jouit d'une vue admirable. A mesure que l'on s'élève, les aspects des montagnes varient. On peut en redescendre, soit par le Riffel, soit par le lac Noir et le Hœrnli.

Pour l'ascension du Breithorn et des autres pics du Mont-Rose, V. la

[ROUTE 83] LE WEISSHORN.

— LE MONT-ROSE

R. 83 ; pour celle du Weisshorn , F. la R. 82. ;

A Aoste par le col du Val Pellina, R. M; — à Zinal par le col de Trift et le col Durand, R. 74; — an Mont-Rose, R. S3 ; — à Evolena par le col d'Hérens, R. 84; — à Chat il Ion par le col Saint-Théo* dale,R. 85; - à Verre* par le Schwarzthor, R. 86 ; —à Pont-Saint-Martin par les cols du Lyskarom et des Jumeaux, R. 87 ; — à Varallo par le col Sesia, R. 88 ; — à Macugnaga par l'Ait et leNeu Weissthor, R. 89; — à Saas par le col de l'Alphubel, R. 90; — à Saas par les cols d'Allahn, du Neu Weissthor, des Mischabel et l'AdlerPass, R. 94.

LE WEISSHORN.

Le Weisshorn, l'une des plus belles sommités des Alpes, se dresse, â l'O. de Randa, entre les vallées de la Yisp et de la Navisanche. Du pied de son sommet conique, où viennent aboutir trois pentes gigantesques, extrêmement escarpées, descendent trois glaciers : au N., le Biesglelscher, dont les eaux se déversent, par le Biesbach, dans la Visp, à Randa; au S., le Hohiichtglelscher ou Schallenbergyletscher, qui alimente le Schallenbach, autre tributaire de la Visp; à l'O. , le grand glacier du Weisshorn est l'un des principaux réservoirs de la Navisanche.

Le Weisshorn a été gravi pour la première fois, en août 1861, par le professeur Tyndall (F. le chap. vi, de Mountaineering , en 1861, a Vacation Tour, London, 1862), et, depuis, par le Révérend Leslie Stephen,qui a publié le récit de son ascension dans le premier numéro de Y Alpine Journal. Le Rev. L. Stephen avait fait une première tentative, en 1859, puis une seconde en compagnie de M. Howells, avec les guides Melchior Anderegg et Franz Binner, de Zermatt; mais, parti de Zinal, il s'était arrêté aux misérables chalets de Tracuit, reconnaissant que le revers occidental du Weisshorn était trop escarpé

pour pouvoir être gravi. 11 fut plus heureux le 12 août de la même année. 11 avait quitté, à 1 h. du matin, avec le guide Melchior Anderegg , le petit chalet situé au-dessous de la Schallenbergalp , entre Randa et Taesch (R. 81). Après 8 h. 1/2 d'une ascension très-difficile, dans la dernière partie de laquelle il dut se servir de la hache et côtoyer d'épouvantables précipices, il atteignit enfin le sommet du Weisshorn (4512 met.), espace triangulaire, dont les trois côtés correspondent aux trois grands versants de la montagne, et là il jouit d'une vue admirable sur tous les principaux pics de la Suisse, de la France, de l'Italie, du Mont-Viso au Jura, du Mont-Blanc au groupe du Bernina.

LE I0NT - ROSE

Le Mont-Rose a longtemps disputé au Mont-Blanc l'honneur d'être la plus haute sommité des Alpes ; quelques met. d'élévation de plus, telle est l'unique supériorité qu'ait le Mont- Blanc sur cette immense chaîne de colosses qu'on appelle le Monte- Rosa ou la Rose du Valais, parce que, disent les uns, ils se groupent à la manière des feuilles d'une rose, ou parce que, suivant d'autres, ils se couvrent au coucher du soleil de cette belle teinte que revêtent d'ordinaire, à cette heure du soir, les sommets glacés des Alpes.

Le Mont-Rose était appelé dans l'antiquité Mons Sylvius, et peut-être alors confondu avec le Cervin, que les Italiens nomment Monte Silcio; à peine était-il connu et visité, il y a un siècle. Depuis quelques années seulement, les touristes, mieux dirigés, se sont décidés à aller l'admirer.

Avant de Saussure, il n'avait été l'objet d'aucune étude sérieuse. Le savant professeur génevois parcourut, avec sa persévérance accoutumée , les vallées et les contre-forts qui entourent

LE MONT-ROSE

la base de cette chaîne colossale, et fit un relevé détaillé des curieuses observations qu'il recueillit durant son voyage. Mais, ne trouvant pas, dans ce pays à demi sauvage, des guides pour lui ouvrir une route et lui fournir des indications précises, il se contenta d'examiner les sommets et leurs dispositions du haut du Petit Cervin , du Rothhorn et du Pic-Blanc, d'où il mesura les plus élevés et renonça à tenter des excursions plus hasardeuses, auxquelles sa science et son style admirable auraient donné un si grand prix.

Longtemps après, en 1813, le Moniteur publia la relation d'une prétendue ascension au Mont-Rose , par un M. H. Maynard, qui avait tout simplement gravi une des deux cimes au S. K. du col Saint-Théodule.

Le docteur Frédéric Parrot fit, en septembre 1817, un voyage autour du Mont-Rose, dans le but de fixer, par des observations barométriques, la hauteur des vallées qui l'entourent et de leurs principaux passages. 11 voulait aussi observer la limite où la neige cesse de fondre dans les Alpes, par comparaison avec le Caucase elles Pyrénées. {Journal de Chimie et de Physique de Nurenberg , t. XIX). Le docteur Parrot, se trouvant à Noversch, dans le Val de Lys, s'adjoignit un des habitants de ce hameau , M. Zumstein, et tenta avec lui une ascension au Mont- Rose; ils allèrent coucher aux chalets de la Gabietalp, et, le lendemain, partis à 4 h. du matin, ils arrivèrent vers 11 h. à 3914 mût. de hauteur. Le brouillard les empêcha d'aller plus loin.

Enfin, M. Zumstein, inspecteur des forêts dans la vallée de Gressoney, et M. Vincent, directeur des mines d'Indren, se reunirent en 1819, 1820 et 1821 , pour tenter l'ascension du Mont- Rose ou plutôt de ses pointes les plus élevées. Ils n'atteignirent que la troisième en hauteur, et M. Zumstein en fit encore l'ascension en 1822. Les relations de leurs diverses tentatives

ont été publiées dans les Mémoires de l'Académie des sciences de Turin. En 1822, un officierautrichien.M.deWelden, s'étant mis, à Noversch, en relation avec M. Zumstein, reçut de lui les notes prises dans ses excursions, et les inséra, sur sa demande, dans un ouvrage imprimé à Vienne en 1824, sous le titre de Monographie du Montr Rose. M. de Welden a lui-même exploré et gravi plusieurs des sommets principaux du Mont-Rose ; il a mesuré trigonométriquement la hauteur des cimes les plus ''levées. Depuis lors on a trouvé un chemin pour monter à la Hœchste-Spitze , aujourd'hui Dufour- SpiUe (F. ci-dessous) , et le Mont- Rose a été l'objet de plusieurs publications spéciales. parmi lesquelles il est juste de citer surtout : l'ouvrage des frères Schlagintweit , Seue Untersuchungen ûber die physicalische Géographie der Âlpen, Leipzig, 1853.

accompagné de planches et d'une carte du Mont-Rose ; celui de M. Me!

chior Ulrich , Die Seitenth<vler de* Wallis und der Monte Rasa, Zurich, 18 )0, la carte d'une partie des vallées méridionales du Valais, par M. Studer, Zurich, 18Ô3; les publications de Y Alpine Club et la belle carte de l'état-major suisse (F. du reste la Bibliographie).

Le magnifique groupe de montagnes désigné sous le nom de Mont- Rose (Monte Rosa), forme le nœud de deux grandes chaînes des Alpes, qui viennent s'y rattacher, l'une de l'O. à 1 E., et l'autre du N. au S.

La première de ces deux chaînes part à l'O. du Matterhorn ou Mont- Cervin et le col Saint-Théodule en est la limite occidentale. Au S. E. de ce col, on voit s'éiever deux pointes de hauteur inégale : la plus basse est formée par des rochers qui sortent d'une base de glaces; l'autre présente un cône, terminé par une coupole éblouissante de blancheur. Toutes <leux sont coupées à pic du côté du N., tandis qu'au S. elles descendent, par une pente rapide mais accessible,

LE MONT-ROSE

jusqu'aux immenses plaines de neige qui enveloppent leurs bases. Ces deux pointes, confondues longtemps sous le nom de Petit Cervin (Kleine Certin), s'appellent maintenant la première, le petit Mont-Cervin (3886 mèU, la seconde, le Breithorn (4148 mèt.). On peut monter en 3 h.

30 min. env. du col Saint-Théodule au sommet du Breithorn (vue magnifique). F. R. 85 (bon guide au col Antoine Garret).

A l'E. et au s. du Breithorn s'étendent de grands plateaux couverts de neige, qui descendent : au N., à l'immense glacier de Gorner; au S., dans les vallées d'Avas et de Gresso- j nay , où elles forment les glaciers d'Aventine, d'Ayas, de Verra et de Lys ' ou Lésa. Des vallées on ne voit paa le plan où ces glaciers ont leur origine commune, mais seulement le point où ils se plient brusquement de haut en bas en formant une sorte d'arête dentelée. Les Zwillinge (Castor et Pollux ; 4094 mèt. et 423U mèt.) , les Jumeaux, se -d ressent entre le breithorn et le Lyskamm 14638 mèt.; crête de Lys). On nomme ainsi, à cause de sa forme, la pointe qui domine le glacier de Lys et qui présente au-dessus de la vallée de Gressoney l'aspect d'une large crête. Une chaîne de rochers descend du Lyskamm vers le glacier de Lys, et le dernier de ces rochers se nomme die Nasc (le Nez).

On en fait l'ascension depuis le col délie Pescie (F. ci-dessous, R. 86).

M. Hardy a publié dans la seconde série de Peaks, Passes and Glaciers le récit de son ascension. Enfin, le 16 août 1864, MM. Stephen et Buxton, avec les guides J. Anderegg et Franz Biener sont montés au Lyskamm par le versant 0. Partis du Riffel à 3 h., ils atteignirent le col des Jumeaux à 7 h. 45 min. et le sommet du Lyskamm à 11 h. 15 min.

L'arôte qui relie le pic inférieur (0.) au pic supérieur n'est praticable que dans des circonstances exceptionnellement favorables. I

Au delà du Lyskamm et toujours plus à TE. , les glaces et les neiges continuent jusqu'à la pointe située au sommet de l'angle que fait la chaîne du Mont-Rose. Cette pointe, haute de 4211 mèt., est nommée, par M. de Welden. pyramide de Vincent (Vincent- Pyramide), en l'honneur de celui qui la gravit le premier, en 1819.

La finit la chaîne du Mont-Rose, qui va de l'O. à l'E., et qui comprend quatre sommets sur une étendue de 1 3/4 mille ail., suivant les calculs de M. de Welden, soit 13 275 mèt.

La deuxième chaîne du Mont-Rose, qui court du N.au S. et s'étend entre le col délie Pescie et le col du Weissthor, alter Pass, domine la vallée de Macugnaga, d'où on la voit tout entière, et présente neuf pics ainsi décrits et nommés par M. de Welden :

1° La Pyramide de Vincent (die Vincent-Pyramide) , dont l'ascension a été faite en 1819 par M. Vincent.

2° Le Balmenhorn (4245 mèt.) , bloc de rochers à l'O.. et un peu en arrière de la Pyramide de Vincent, qu'il ne dépasse pas en hauteur. On le voit de Verceil et du troisième plateau.

3" Le Schwarzhorn (4295 mèt.), plus à l'E. que le Pic sans nom, composé de rochers noirs, comme son nom l'indique, fendu par le haut, à pic de toutes parts et inaccessible.

4° LiLudwig's-Hœhe (Hauteur de Louis, Pointe Saint- Louis; 4344 met.), ainsi nommée par M . Welden, en mémoire du jour où il l'a grav ie (25 août 1822), au N. du pic précédent, avec lequel elle semble ne faire qu'une masse , et dont elle n'est séparée que par une éch tnerurc.

5" La Parrotspitze (Pointe de Parrot; 4443 mèt.), nommée ainsi en l'honneur du docteur Fr. Parrot, dont il a été question ci-dessus. Elle est, suivant M. de Welden, à 2000 pas de la Pyramide de Vincent, et forme un dôme allongé du N. au S. De nouvelles ascensions de la Parrotspitze

LE MONT-ROSE

ont été décrites dans V Alpine Journal, .t. l#r, p. 199 et 200.

6° La Signalkuppe (Dôme du Signal; 4561 mût.), grande masse de rochers, verticale à l'E. sur Macugnaga. Au S., du côté qui regarde l'intérieur du cirque , elle présente une plaine de neige en pente douce, et par laquelle on peut facilement arriver au sommet. Le curé d'Allagna en a fait l'ascension , en 1842 , et MM. Tuckett et Fox, en 1861, par le versant N.

7° La Zumsteins-Spitze (Pointe de Zumstein; 4563 met.), que M. Zumstein a gravie plusieurs fois et sur laquelle il a élevé une croix de fer; elle forme une pyramide à trois côtés, en grande partie recouverte de neige. L'ascension en a été faite, en 1860, par le Rév. L. Stephen et M. R. Liveing, partis du Ri (Tel.

8° La Hœchste-Spitie (la plus haute pointe ; 4638 met.), qui porte maintenant le nom du général Dufour, sous l'habile direction duquel a été levée et exécutée la belle carte de l'état-major suisse, est peu éloignée de la pointe précédente, dont la sépare une profonde coupure, formant un abîme dans leur intervalle. Elle est composée de deux pitons dont l'un a 7 met. de moins que l'autre.

9° Le Nordend (Extrémité du Nord ; 4612 met.), petite pyramide de rochers à l'extrémité N. du Mont-Rose, réunie à la Dufour-Spitze par une aréle en ligne courbe ou Sattel (4490 met.), s'élève au-dessus du Weissthor, alter Pass, qui la sépare de la Cima di Jazzi. L'ascension en a été faite pour la •première fois, le 26 août 1861, par sir T. F., MM. E. Buxton et J. J.

Cowell avec Michel Pavot de Chamonix. L'arête qui la relie à la Dufour- Spitze est très-difficile : du reste la vue est plus limitée.

Les deux sommets les plus élevés du Mont-Rose, la Dufour-Spitze et le Nordend, sont situés en Suisse; les autres appartiennent au Piémont.

Ici finit le groupe du Mont-Rose,

car la Cima di Jazzi, la première pointe qui s'élève au N. du Weissthor, n'appartient plus à cette chaîne remarquable.

De cette chaîne, ou des deux chaînes réunies qui forment ce groupe, partent de nombreuses ramifications.

— Le bras qui se détache du petit Mont-Cervin , sépare le Val Tornanche du Val Challand. — Celui qui se détache du Lyskamm, sépare le Val Challand du Val Lésa. — Celui qui se détache de la Vincent-Pyramide, sépare le Val Lésa du Val Sesia. — A la Cimadel Pisse, ramification orientale du Monte-Rosa, proprement dit, viennent converger les chaînons qui s'étendent entre le Val Sesia et le Val Sermenza, entre le Val Sermenza et le Val Mastalone , entre le Val Mastalone et la vallée de Macugnaga. A l'E., de l'autre côté de Macugnaga, se prolonge la grande chaîne qui se termine au Gebûden, au-dessus de Visp, et dont les principales sommités s'appellent, à partir de la Cima di Jazzi, Fadhoru , Rothhorn , Monte-Moro, Joderhorn ou Pctersrucken, Spaehnhorn, Jazhorn,Latelhorn,Sonnighorn, PorticngrattWeissmies, Triftgrat, Laquinhorn, Rossbodeiihorn , Simmeli ou Maitwaldhorn. — De la Cima di Jazsi part, au N , l'arête qui sépare le glacier de Fiudelen de celui de Schwar/.enberg, et qui, se bifurquant au delà du Strahlhorn , envoie au N.

le Saasgrat, dont les principales sommités sont le Rimpfischhorn, l'Allalinhorn , l'Alphûbel , les Mischabelhœrner, et le Balferin, et à l'E., le chaînon qui , séparant le glacier de Findelen de celui de Taesch, comprend le Flûhhorn, les Rothhœrner et le Sparrenhom. — Enfin , de la Cima di Jazzi part, à 10., le petit chaînon qui sépare le glacier de Gorner de celui de Findelen et qui prend tour à tour les noms de Stock boni, Hohthxligrat, Rothe-Kumm, Guglen, Riflclhorn, RifTelberg.

Le groupe du Mont-Rose sépare le Valais du Piémont, ou plutôt continue

Page 1