ROUTE 83] ASCENSION DU MONT-ROSE
la grande limite que forme, entre la Suisse et l'Italie, la chaîne principale des Alpes. Mais il semble , du reste, que la Suisse a«t voulu dépasser les frontières que lui traçait le Mont- Rose, et, comme l'a dit de Saussure :
« Le Mont -Rose est entouré d'une garde allemande. »
D'où, comment et quand est venue cette population allemande , implantée au milieu d'un peuple gallo-ita- Jien , c'est une question qui n'est pas éclaircie. Les gens du pays, au dire de M. deWelden, racontentàce sujet des histoires merveilleuses. Tantôt ce sont les débris d'une armée allemande battue au pont de Crevola, qui trouvèrent un asile dans ces vallées, tantôt des fuyards échappés aux armes des Suisses pendant la guerre de l'indépendance. M. de Welden ajoute qu'en effet on parle dans ces contrées un idiome qui tient plutôt du saxon que du suisse ; cependant on y parle aussi un patois allemand, mais inintelligible pour un Allemand , et qui est à peu près la seule langue en usage parmi les femmes. Il en conclut que la population de ces Alpes est d'origine valaisanne, et les communications, jadis si faciles entre le Valais et ces contrées, justifient pleinement son opinion. Ce qu'il y a de certain, c'est que dans les vallées du S. et de i'E., qui partent de la base du Mont-Rose comme les rayons d'une étoile, la langue maternelle est l'allemand , ou plutôt un dialecte fort rapproché de celui qu'on parle à Saas et à Zermatt, en Valais.
Spitse. *
12 a 14 h. de l'hôtel du Riflel (aller et retour). — Guides et précautions nécessaires;, Y. p 302 pour le Urif; il faut surtout avoir soin d'emporter des vêtements chauds et des gants épais. — Ascension très-belle, mais pénible et difficile et même, dans la dernière partie, plus difficile que celle du Mont-Blanc.
La première tentative d'ascension date de 1847; elle fut faite par
MM. Ordinaire et Puiseux , qui n'arrivèrent qu'au Sattel, entre le Nordend et la Hœchste-Spitze. Le 12 août 1848, M. Ulrich, accompagné de deux guides, Madutz de Matt, dans le canton de Glaris, et Mathaeus zum Taugwald de Zermatt , parvint aussi au Sattel ; ses deux guides, continuant seuls la course commencée, atteignirent, après de grandes difficultés, le moins élevé des deux pitons de la Hœchste-Spitze. Le 12 août 1849, M. Ulrich , accompagné de MM. Studer et Lauterburg , et des guides Madutz et Johannes zum Taugwald , renouvela la même tentative , sans plus de succès. Le 22 août 1851 , les frères Schlagintweit , avec les guides Peter Taugwaldor et Hans Joseph zumTaugwald, et plus tard, en septembre 1854," MM. Hudson, Smyth , et quelques, jours après M. Kennedy , parvinrent au piton déjà atteint en 1848 par les deux guides de M. Ulrich. La direction suivie dans ces diverses ascensions conduisait au Sattel par les rochers désignés dans la carte de M. Studer, sous le nom de Ob dem See ou de Auf der P latte. Du Sattel, on mettait près de deux heures pour gravir le moins élevé des deux pitons, haut de 115 met. au-dessus du Sattel. Là, s'ouvrait un précipice à pic qui empêchait de parvenir au piton supérieur. Enfin , le 31 juillet 1855, MM. Smyth, Hudson, G. et C. Birkbeck et Stevenson découvrirent un chemin conduisant à ce piton ou à laHœchste Spitze. Depuis lors, cette ascension a été faite chaque année, même par des femmes.
De l'auberge du Riffelberg, on s'élève au Rothc-Kumm, puis, laissant à g. les pentes du Gornergrat , on descend au glacier de Gorner sur lequel on entre en deçà du point désigné sur la carte fédérale sous le nom de Gadmen ; on traverse alors ce glacier jusqu'aux rochers Auf der Flatte ou Blattje (2 h.); puis on monte en 1 h. par un névé aux ro-