‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 340 sur 865 · LE COL SAINT- THKODU LE · texte numérisé non relu

LE COL SAINT- THKODU LE

N. E., le Sassgrat; — à l'E., le petit Mont-Cervin et le Breithorn qui cachent la plus grande partie du groupe du Mont-Rose.

De la chaîne du Mont-Pose, entre le Breithorn et le château des Dames, au N. du Breuil, on voit s'élever les chaînes qui dominent les vallées de Gressoney, d'Ayas et d'Aoste. On remarque surtout les grands placiers du Ruitor et ceux des vallées de Rhèmes et de Cogne. Au N. du col s'élève le Theoduihorn (3i72 met.), du haut duquel la vue n'est guère plus étendue.

On. voyait il y a quelques années sur le col Saint -Théodu le les restes d'une cabane de pierre qu'y bâtit de Saussure pour faire des observations scientifiques. Près de l'emplace- . ment de cette cabane s'élève aujourd'hui une espèce d'auberge habitée pendant trois mois de l'année. On y trouve des provisions, et Ton peut, au besoin, y passer la nuit. A 230 mèt.

au-dessous se montrent encore les débris d une redoute bâtie par les Valai sans.

y. B. Du col Saint-Théodule , on peut gagner, soit l'auberge du Riffel, soit le lac Noir, le Hœrnliet les chalets de la Staffelalp (R. 81), ou faire l'ascension du Breithorn (R. 82) , ou (2 h. 20 min. à 3 h.) du petit Mont- Cervin (3886 mèt., guide nécessaire); ou encore se rendre à San Giacomo d'Ayas (P. ci-dessous).

Du côté de l'Italie, le glacier est plus escarpé et plus crevassé. Quand la neige recouvre les crevasses, il est prudent de s'attacher avec une corde.

Avant d'en sortir, on laisse à g. (V. cidessous) le chemin qui conduit directement à San Giacomo d'Ayas. Quand on en est sorti (45 min. du col), on descend en 2 h. par des pentes semées de rochers épars appelés les Fourneaux, aux premiers pâturages, et, de ces pâturages, à l'hôtel du Mont-Giomen récemment construit par M. Favre et où les voyageurs sont bien accueillis et bien traités. (Mulets pour le glacier, 5 à 6 fr., pour

Chàtillon, 8 à 10 fr. Guides : Luc Meynet, Augustin Perron à Val-Tornanche ou à Chàtillon , J. Carrel , Auguste Pelissier.) A peu de distance de cette auberge sont (2 h. env.

3 h. du col) les chalets du Breuil.

On y découvre une belle vue sur le fond sauvage de la vallée. Les regards sont surtout attirés par le Cervin ou Matterhorn et par la Dent d'Hérens de laquelle se détache la chaîne qui sépare le Val Tornanche du Val Biona ; on remarque aussi le pittoresque Château des Dames qui ressemble aux ruines d'un vieux château.

C'est en partant du Breuil quel'ona tenté de gravir le Cervin (4482 mèt.).

De ce côté seulement il est peut-être abordable. On atteint en 4 h. env.

une sorte de petit sommet d'où l'on descend â peu près de 100 mèt. pour gagner l'arête O.du Cervin. Cette arête offre de très-grandes difficultés. Lorsqu'on la gravit on en prend le sommet pour celui du Cervin, mais, quand on en atteint la cime, on reconnaît qu'elle est reliée au véritable sommet par une crête étroite et qu'il resterait encore environ 300 à 400 mèt.

de rochers absolument à pic à gravir pour s'élever au point culminant.— Le professeur Tyndall et M. Hawkins firent en 18K0 une première tentative et parvinrent assez haut sur l'arête. En 1862 M. Whymper s'établit au Breuil pendant le mois de juillet, planta une tente au milieu de l'arête, y coucha souvent et fit plusieurs tentatives dans l'une desquelles il tomba et se blessa assez grièvement. Il était accompagné par Jean -Antoine Carrel, Pession de Val-Tornanche et Luc Meynet. Quelques joursaprèsledépartde M. Whymper, profitant de la tente qu'il avait laissée à l'auberge à la disposition de ses compatriotes seulement, M. Tyndall, guidé par Carrel, alla coucher sur l'arête. 11 parvint le lendemain en 5 heures au sommet de l'arête où il planta un drapeau, mais là, le véritable sommet lui parut infranchissable et il dut redescendre.

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