CHEMINS DE FER
Au commencement de ce siècle, les chaînes des Alpes qui séparent la Suisse de l'Italie ne pouvaient être franchies qu'à pied ou à dos de mulets.
Des sentiers escarpés, étroits, dangereux en toute saison, impraticables en hiver, mettaient seuls en communication leurs versants du nord et du midi. Aujourd'hui quatre routes de voitures, généralement bien entretenues, difficiles seulement en certains endroits et pendant quelques jours de l'année, d'une largeur qui suffit a tous les besoins, d'une pente assez douce pour être gravies sans grands efforts et descendues au trot sur tout leur parcours, relient Genève, Lausanne, Lucerne, Zurich et Coire à Milan. Ce sont les routes du Simplon, du Saint-Gothard, du Splûgen et du Bernardino. On en a commencé une quatrième qui traversera le Saint-Bernard pour rattacher, par ce passage si célèbre et si fréquenté, la vallée du Rhône à la vallée d'Aoste. Mais ces merveilles de l'art humain , qui ont excité à juste titre l'admiration de nos pères, nous les dédaignons aujourd'hui. Ce n'est plus avec des chevaux, dont l'allure la plus rapide nous semble trop lente, «nie nous voulons franchir les Alpes; c'est avec la vapeur qui dévore l'espace. Pour ouvrir un nouveau passage à ce puissant moteur, de hardis ingénieurs ne reculent pas devant l'idée de percer les Alpes. En jetant les yeux sur une carte des chemins de fer suisses, on ne remarque aucune solution de continuité entre les lignes du Nord et celles du Sud. On va déjà, sur le papier, de Lausanne à Milan par le Simplon, d'Altorf à Bell inzona