ROUTE 104] LA COLMA
VARALLO.
44 kil. Qttarona, village situé au pied de la Cima dei Turri, en face de Doccio. On y franchit la Cavaglia.
Locarno se montre plus loin à g. au débouché du Val Duggia.
48 kil. Rocca, en face de Parone.
On y traverse le Pasconei — plus loin, au delà de Gambararo et du château de Barhavara, on laisse à g. Cn-vola.
51 kil. Varallo (Albergo d'Italia, bon, maischer, l'hôtel le plus fréquenté des étrangers ; — la Posta, belle vue;
— Falcone nero), V. de 3270 hab., hâtie, à 462 mèt. d'altitude, dans une charmante vallée où s'étagent jardins, vignobles et vergers, au confluent de la Sesia et de l'important torrent de Mastallone. Elle doit sa réputation à son Montc-Sacro, dont le sommet boisé la domine au N. — Une école de dessin et de sculpture en bois y a été établie. — L'église de San-Gaudcnzio possède un retable de Gaudenzio Ferrari en six compartiments dont le plus grand représente le mariage de sainte Catherine. — L'église de Santa- Maria délie Grazie, qui s'élève sur la place Ferrari, est attenante au couvent franciscain des Minori Osservanti. Un corridor voisin de la porte, du couvent renferme une Pietà de la jeunesse de Ferrari. La chapelle Sainte-Marguerite est décorée de fresques de Ferrari exécutées en 1507 mais ruinées par le temps. Les peintures de la voûte sont signées Gaudentius 1507.
— C'est au mur qui sépare la nef du chœur qu'on remarque une des plus belles productions de Gaudenzio Ferrari (l'histoire du Rédempteur en 21 compartiments). — A l'église San- Pietro, à l'entrée du Val Mastallone, on voit encore les restes d'une fresque représentant sainte Pétronille et peinte, dit-on, en une nuit, au clair de lune, par Ferrari.
Le Sacro Monte ou la Nuova Jérusalem net Sacro Monte di Varallo, comme on l'appelle, s'élève immédiatement au-dessus de la ville, à 604 met. d'altitude, c'est-à-dire à près de 150 mèt. au-dessus de la jonction des deux
rivières. Un chemin ombragé, mais encombré de mendiants insupportables, qui serpente sur les flancs de la coHine, et qui à chaque détour offre de délicieux points de. vue, conduit jusqu'au sommet (15 min.). Avant d'arriver au point culminant, on passe devant une chapelle et un crucifix élevés par un sergent-major allemand, nommé Jean Pschel, en l'honneur de Dieu et de la Vierge Marie. — Outre la grande église et de nombreuses fontaines, on trouve sur le Sacro Monte 46 chapelles ou oratoires qui contiennent divers groupes de personnages de grandeur naturelle, modelés en terre cuite, peints, habillés et disposés de manière à former des tableaux. Les principaux événements de l'histoire du Christ, depuis la chute de l'homme, l'Annonciation, la Visitation, etc., jusqu'à la Crucifixion et l'Assomption, y sont aussi représentés. Dans le premier oratoire on voit Adam et Cve au milieu d'animaux de toutes sortes et de toutes grandeurs; dans le 5*, l'apparition de l'étoile aux mages. Le n° 11, le Massacre des Innocents, se compose déplus de 60 figures. Le dix- septième, la Transfiguration sur le Mont-Thabor, n'a pas moins de 33 mèt. de hauteur. — Le 38* représente la Crucifixion. — Leurs vêtements, leurs perruques et leurs couleurs éclatantes donnent à quelques-unes do ces figures un certain air ridicule, cependant la plupart ne manquent pas d'expression. — Quant aux fresques, les meilleures sont dues à Gaudenzio Ferrari et à Pellegrini Tibaldi.
L'église est bien t*atie,et les cloîtres qu'habitent les prêtres sont situés dans une admirable position. On y découvre des vues magnifiques sur Varallo et le Val Sesia.
Parmi les divers objets que viennent vénérer plus particulièrement les fidèles a Varallo, on doit surtout mentionner un escalier appelé la Scala Santa, et construit, comme l'apprend une inscription placée sur une tablette à son extrémité inférieure, à
368 D'ARONÀ ET DE BAVENO A ALLAGNA. [ROUTE 104]
l'imitation exacte de la Scaîa Santa de Saint-Jean de Latran à Rome. On voit à toute heure de nombreux pèlerins ramper sur cet escalier, car une bulle du pape Clément Xll accorde une indulgence plénière à tous ceux qui en monteront les vingt-huit marches sur leurs mains et sur leurs genoux, diront un Pater, un Ave et un Gloria à chaque marche, et baiseront chaque marche avec dévotion.
Le Sacro Monte doit son origine à Bernardino Caimo , noble milanais qui, en i486, obtint du pape Innocent VII l l'autorisation de le fonder.
Dans le principe Caimo construisit seulement deux ou trois chapelles; mais ce lieu de pèlerinage acquit en peu de temps une telle réputation, qu'un grand nombre de princes et de riches particuliers s'empressèrent de contribuer à son embellissement.
A Ponte-Grande par le Val Mastallone (R. 100, A ) -, - à Omegna (R. 100).
De VaraUo à Allaçna.
42 kil-, 7 à 8 h. env. — Route de voitures jusqu'à Piode.— Route de chars de Piode à Mollia. — Chemin de mulets de Mollia à Allagna.
On laisse à dr. le Val Mastallone (R. 100, A) pour remonter la rive g.
de la Scsia , dont la riche et pittoresque vallée se rétrécit. La route traverse : (30 min. ) Valmaggia , puis (1 h.) Voce a aux nombreux hameaux, avant d'atteindre (2 h. 10 min.) Balmuccia, village où la Sermcnza, sortant d'une gorge étroite , passe sous un joli pont et se jette dans la Sesia.
De Balmuccia à Ponte-Grande et à Quarazza dans le Val Anxasca par Rimasco et Carcoforo, R. 91.
On continue de remonter la rive g.
de la Scsia, par :
2 h. 50 min. Scopa (bonne auberge de Giuseppe Topino).
3 h. 30 min. (17 kil.) Scopello (auberge chère) , village où se trouvent les hauts fourneaux des mines de cuivre d' Allagna.
3 h. 40 min. Pila.
4 h. (20 kil.) Piode. La vallée se resserre et devient plus aride. On prend la direction du N.
4 h. 45 min. Camperiogno.
5 h. 15 min. (31 kil.) Mollia (bonne auberge, albergo Valsesiano).
6 h. 15 min. Boccorio.
7 h. (38 kil.) Rira (auberge médiocre), dernier village italien de la vallée (70J hab. ), occupe à 1152 mèt. le confluent de la Sesia et de la Vogna. La façade de l'église est couverte presque en entier par une fresque du xvi* s. représentant le jugement dernier et due au pinceau de Melchiorre d'Enrico, connu aussi sous le nom de Tanzio d'Allagna.
a M. Carestia, curé de Riva, dit M.
Bail , est un excellent botaniste. 11 connaît parfaitement la flore des vallées méridionales et orientales du Mont-Rose, dont les plantes spéciales, rares ou inconnues ailleurs, sont, en particulier, le Senecio uniflorus, la Campanula excisa, la PotentiUa grammopetala , la Saxifraga sténopetala. Une découverte très-intéressante est celle que M. Carestia a laite du Cherleraia imbricata , sur le Nex et près de la Vincenthûtte, au-dessus du glacier de Lys. »
De Riva à Gressoney par le col di Val-
Dobbia, R. 91.
Plus on approche d'Allagna, plus on découvre de belles vues sur le Mont-Rose, qui se dresse au fond de la vallée. A rai-chemin on remarque les ruines d'une usine assez considérable, et l'entrée d'une galerie d'une mine de cuivre; à coté tombe une cascade dont on entend quelquefois le bruit d'Allagna.
8 h. env. (42 kil.) Allagna (hôtel du Mont-Rose, bon, propre, notes obligeants, mais des prix exorbitants y sont demandés pour les guides ou pour les mulets), village allemand, situé, à 1205 mèt. d'altitude, dans un bas sin où viennent se réunir la Sesia, le torrent du col du Moud, celui du Val
d'Ollen et celui du Val d'Otro, et que dominent au N., le Mont-Turlo (3139 met.), à PO., le Mont-Ollen (2533 mèt.) et le Corno Rosso ou Rothhorn, à PE., le Pigliamohorn, le Moudhorn (27% mèt), le Tagliaferro et la Cima Carnera (2739 mèt.).
On peut faire, dans les environs d'Ailagna , plusieurs excursions intéressantes, soit aux mines (4 ou 5 h.), soit à la yallée d'Embours et à la Pile Alp, soit à la Cima del Pisse ou au Monte délie Loceie.
Les mines d'or et d'argent exploitées près de Ronch (45 min. d'Ailagna) produisent si peu de bénéfices que le gouvernement piémontais trouve avec peine des concessionnaires pour les exploiter. Les bâtiments, qui jadis ont dû avoir quelque importance, tombent aujourd'hui en ruine; mais le vallon que l'on suit pour s'y rendre, et au fond duquel coule là Sesia, offre un grand nombre de sites pittoresques.
D'Ailagna à la Trinité par le col d'Ollen, R. 91; — à Macngnaga par le col da Turlo, ou par le col délie Loceie, même route; — à Zermatt par le col Sesia, R. 88.
0E BRIES AU GLACIEB DU RHONE.
DE BRIEQ A VIESCH.
A. Par la vallée du Rhône.
3 h. 45 min. à 4 h. — Route de voitures; service d'omnibus.
On traverse le Rhône en deçà de 20 min. Naters (anc. Narres), v. de 964 hab. cath. (grand charnier près de l'église) dominé par les ruines des anciens châteaux de Weingarten (jardin de vin) et d'Auf der Fluh (Supersax , sur les rochers) , berceau de l'illustre famille de ce nom, qui a joué un grand rôle dans l'histoire du Valais. On y découvre une belle vue sur Brieg, l'entrée de la gorge de la Saltine, leGlyshorn, le Klenenhorn,et les
SUISSE
sommités qui dominent le col duSimplon. — En face de Termen, on traverse (30 min.) la Massa, torrent qui descend de l'énorme glacier d'Aletsch (K. ci-dessous, B) par le Blindtobel.
La vallée se rétrécit; on ne tarde pas (25 min.) à apercevoir, près de rauberge solitaire de la Matt, sur une paroi de rochers de plus de 100 mèt.
de hauteur, la chapelle de pèlerinage Hochfluh (des Hautes- Roches).
30 min. Mœrill,en ail. McsrelÇhàU de YEggischhorn, tenu par Schneider), v. de 220 hab. cath. , à 820 mèt. d'altitude, près duquel on remarque les ruines des châteaux de Mangepan et de Dirrenberg, détruits en 1262.
A g. sentier pour le glacier d'Aletsch (V. cl-dessous B).
Laissant à dr. (10 min.) le pont de Bister, on continue de remonter la rive dr. du Rhône, mais, au-dessous de Belten, on passe sur la rive g. qu'on suit jusqu'au (30 min.) pont de Grengiols (1060 mèt. d'altitude), village qui domine le confluent pittoresque du Rhône et de la Binne, que remonte le chemin du col d'Albrun (R. 107). Le Rhône franchi , on monte en zigzag à (45 min.) Deisch, hameau d'où l'on découvre une belle vue (le Weisshorn en arrière). Le climat est déjà changé. La route s'élève par des pâturages et des bois au-dessus du Rhône, et fait un grand détour le long d'un profond ravin avant de monter à (30 m.) Lax (hût. Kro-ne), village situé à 1122 mèt. et d'où l'on peut monter en 4 h. 30 min. à PEggischhorn . Plus loin on traverse le torrent qui descend du glacier de Viesch, et bientôt on arrive à
30 min. (3 h. 45 min. à 4 h.) Viesch (V. ci-dessous).
B. Par le glacier et le lao d'Aletsch.
11 à 12 h.— On peut aller à mulets jusqu'au placier d'Aletsch. — Course très-recommandée. — Guide nécessaire.
1 h. 45 min.Mœrill ( V. ci -dessus ,4).
On gravit le Natersberg. A mesure
DE BRIEG A VIESCH.
que l'on s'élève , on découvre des points de vue de plus en plus beaux, de plus en plus ('tendus.
A 45 min. au-dessus de Mœrill, on traverse iltW (1201 met. d'altitude), puis, en sortant des prairies, on entre (40 min.) dans une magni fique forêt de sapins, au delà de laquelle on trouve (45 min.) une chapelle élevée au milieu de beaux pâturages, et (40 mm.) tes chalets de Med (chez le vicaire), situés à 1947 mot. On y jouit d'une vue admirable sur la chaîne du Mont - Rose et les montagnes qui dominent le passage du Simplon.
A 45 min. de ces chalets on atteint le sommet des M,rrilleraipen ou Mederalpcn (2345 mot.) où un hôtel (3 h. de Brieg et de Viesch) a été construit en 1864. De là on aperçoit à ses pieds le (15 min.) glacier d*Aletsch. Ce placier, l'un des plus grands de la Suisse, car il n'a pas moins de 6 à 7 lieues de long, descend de la cime méridionale de la Jungfrau, dans une direction S. E., entre TAletschborn à l'0.,et les Viescherhœrner à l'E. Son altitude, à son origine, est de 2993 mèt. Arrivé à l'entrée de la vallée que forment ces deux ramifications des Alpes Bernoises, il tourne subitement au S. 0.
(2789 mèt.) et descend jusqu'auprès de la Hochfluh dans la vallée du Hhone (1566 met.) entre la base de l'Aletschhorn au N. , et les Mœrilleralpen au S. Il occupe ainsi le milieu de cette immense mer de glace qui s'étend pour ainsi dire sans interruption de la Gemmi au Grimsel. Le torrent qu'il alimente, la Massa, est un des affluents les plus importants du Rhône dans le Valais.
C'est par le glacier d'Aletsch que Ton monte à la Jungfrau, à l'Aletsehhorn,au Finsteraarhorn,etc. (R. 162).
Nous renverrons aussi à cette route pour toutes les excursions qu'on peut faire, soit sur le glacier, soit en le prenant comme point de départ.
Du sommet des Mœrilleralpen,d'où on peut monter en 2 h. 30miu.àl'Eg-
gischhorn (F. ci-dessous) ,2 h. 30 min.
sont nécessaires pour aller jusqu'au Merjelen See, situé à la base des Walliser Viescherhœrner, qui Iwrnent la vue au N. E. Cette partie du chemin est difficile et pénible; on perd souvent la trace de l'espèce de sentier suivi par les chèvres, d'abord le long d une paroi escarpée, puis sur des blocs de rochers tombés du Bettenhorn (2802 met.) et del'Eggischhorn.
En certains endroits, il est plus commode et plus court de passer sur le glacier. A mesure que Ton avance, on découvre la partie supérieure du glacier d'Aletsch , qui devient de moins en moins crevassé, et qui présente une surface presque unie, d'une blancheur éblouissante. Au fond apparaissent successivement les sommités de l'Eiger, du Mœnch et de la Jungfrau. Enfin on arrive audessus du lac de Merjelen. situé à 2350 mèt., dans une région désolée, entre le pic méridional des Strahlhœrner , au N., et l'Eggischhorn (T. ci-dessous) au S.
« Ce lac, dit M. Agassiz, était autrefois plus étendu qu'il ne l'est maintenant; et, lorsque la Tonte des neiges et des glaces devenait très-forte, il arrivait souvent que toute cette masse d'eau se frayait avec violence une issue sous le glacier et causait de grands ravages dans le fond de la vallée. Pour obvier à cet inconvénient, on a creusé, dans la direction du glacier de Viesch, un écoulement artificiel à ce lac, qui ne peut plus maintenant dépasser un certain niveau. La glace ne repose pas immédiatement sur l'eau; il y a, au contraire, entre le fond du glacier et la surface de l'eau, un espace de quelques centimètres, occasionné par la température du lac, qui est constamment au-dessus de celle du glacier pendant Tété.
A raison de ce vide, il se détache souvent d'énormes blocs de glace, qui flottent à la surface du lac et imitent parfaitement le glaces flottantes des régions boréales. »
[R. 105] LAC DE MSRJELEN.
— GLACIER DE VIESCH. 371
Une heure suffit pour atteindre l'extrémité E. du lac de Merjelen et les chalets de ce nom.
Au N. s'élèvent les Walliser Yiescherhœrner (3864 et 3905 mèt.) , dont le sommet le plus méridional , nommé le Wannehorn (3717 mèt.) va se relier au Strahlgrat (3080 mèt.) et dont la seconde pointe, appelée le Dislelgrat (3085 mèt.) domine presque à pic le glacier de Viesch. — En face du Distelgrat,à TE., on aperçoit le
Setzonhorn (3079 mèt.) qui se relie au N. au Wasenhorn (3467 mèt.) ; sa base couverte de pâturages sert de digue au glacier de Viesch. Au S. se dresse le sombre Eggischhorn ; on peut monter au sommet en 2 h. ( V. cidessous.)
Des chalets de Merjelen ou descend eu 30 min. par une pente roide aux chalets su Stock, d'où l'on découvre presque entièrement le beau glacier de Viesch, qui est aussi cre-
Glacier d'Aletsch. — D'après une photographie de M. Braun.
vassé et hérissé d'aiguilles que celui d'Aletsch est uni. Il descend en tournoyant comme un immense neuve gelé, entre deux chaînes de montagnes à pic, de la hase du Rothhorn et de l'uberaarhorn. Le sentier étroit que l'on suit le domine pendant longtemps, et permet au voyageur de contempler à loisir, sous différents aspects, ce magnifique spectacle. Enfin, 1 h. 30 min. après avoir quitté les
chalets zu Stock , on atteint l'extrémité du glacier de Viesch, dont les vastes moraines latérales et terminales attirent aussi l'attention, et qui, à sa base, est partagé en deux bras par une hauteur appelée Aufdem Titer. On traverse ensuite deux fois la Viesch et plusieurs hameaux.
Viesch (hôt.du Glacier de Viesch, cher ; voitures à 1 cheval pour Brieg et pour Munster, 10 fr.). v. de 327 hab.
cath., situé à 1163 met, au confluent du Rhône et de la Viesch.
Ascension de l'Eggiichhorn.
4 h. 30 min. à 5 h. pour monter, 3 b. 30 min. pour descendre; 9 h. aller et retour. — Bons guides à Viesch; 8 fr.
50 c. pour un cheval de Viesch à l'hôtel de la Jung fr au. — Excursion trèsrecommandée. — Admirable panorama.
Pour monter de Viesch à l'Eggischhorn, on suit d'abord la rive <!r. du torrent, puis, après avoir dépassé l'église et un groupe de maisons, on gravit une pente roide dans une forêt, au sortir de laquelle (2 h.) on trouve, sur de belles alpes, les chalets inférieurs d'où Ton s'élève en 1 h. à \ hôtel de la Jungfrau, situé à 2200 mèt. d'altitude, tenu par Wellig, construit en 1856, agrandi en 1861 , bon, hôte complaisant surtout pour les Anglais, pension, 5 fr. par jour. Si Ton veut y faire un séjour plus ou moins prolongé, on doit débattre et régler le prix à l'avance.
A peu de distance de cet hôtel, on découvre déjà une fort belle vue, du haut d'un plateau qui le domine. La montée devient fort roide ; on gravit des pentes de gazon avant d'atteindre une espoce de bassin couvert de débris sur l'un des flancs duquel s'élève le sentier qui ,à 45 min. env.de 1 hôtel, cesse d'être praticable aux mulets.
En deux ou trois endroits où la paroi est à pic, des rampes de bois ont été étabbes, des degrés taillés. A 1 h. 30 min .ou 2 h. de l'hôtel , on parvient sur l'arête d'où quelques minutes suffisent pour escalader le sommet , composé , eomme celui du Sidelhorn (H. 1G2), d'amas de roches fracassées. Les habitants de Viesch y ont porté processionnellement uue croix de bois déjà brisée par les orages (1850).
La vue du sommet (2941 mèt.) diffère peu de celle de Taré te; elle s'étend seulement un peu plus sur le glacier d'Aletsch. On découvre de ces deux points un panorama magnifique. AuN.
se dresse la chaîne desWalliser-Viescherhœrner que domine le Finster-
aarhom , à TE. duquel on remarque le Rothhorn, roberaarhorn et le col de TOberaar qui conduit de Viesch au Grimsel par le glacier de Viesch.
A ses pieds on a le glacier d'Aletsch et le lac de Merjelen, où Ton croirait pouvoir lancer une pierre. (Si l'on n'est pas sujet au vertige, on peut, accompagné d'un bon guide, descendre, par le versant oriental, à ce lac en moins d'une heure.) Au-dessus du placier s'élèvent l'Eiger, le Mœnch, la Jungfrau, difficile à reconnaître de ce côté pour les touristes qui les ont vus de l'Oberland. On peut suivre du regard le chemin que Ton prend pour monter au sommet de la Jungfrau.
On remarque encore au-dessus du glacier d Olmèn (glacier d'Aletsch du milieu) l'Aletschhorn , à l'O. duquel le glacier de Jœgi (glacier d'Aletsch supérieur) descend dans la grande mer de glace, pais, en se retournant, on voit, de 10. à l'E., le Strahlhorn, le Nesthorn ou Bietschhorn, le Combin et le Mont-Blanc , la chaîne qui sépare la vallée de Saint-Nicolas de celle de Tourteinagne , le Weisshorn , le Cervin, les Mischabelhœrner et le Saasgrat, une partie du groupe du Mont- Rose, le Rossbodenhorn, le Fletschhorn, le Mente-Leone, la gorge de la Saltine que remonte la route du Simplon, le Binnenthal et les montagnes qui le dominent, le passage de brun, plus près le Faulhorn et l'Eggerhorn, au-dessous desquels le Galen étale ses riches pâturages et s'étendent les maisons éparses de Muhlebach et d'vErnen; — à l'E. TOfenhorn et le Rappenhorn, les Blascnhœmer d'où descend le glacier de Gries; — au N. E. , les Mutthœrner, le Crispait et le Galenstock qui bornent l'horizon, — à l'E. N. E. au delà du col de la Furka, quelques-uns des pics de la chaîne du Tœdi.
On peut revenir à Viesch par le même chemin en 3 h. 30 min., ou rejoindre, soit aux chalets de Ried, soit aux chalets de Merjelen, le chemin de Brieg à Viesch par le glacier
L'EGGISCHHORN.
d'Aletsch (F. ci-dessus B), ou enfin, au-dessus des chalets inférieurs, suivre une prise d'eau et descendre, soit par la belle forêt de Lax, soit en tournant une gorge profonde, au lac Betta et à Talpe de Ried. 2 h. de Mœrill (V. ci -dessus, .4).
M. G. Studer a publié un panorama de
lEggischhorn dans ses Excursions tupoyraphiques dans les Alpes.
De l'hôtel de l'Eggiscbliorn au lac Mcrjelen, au glacier d'Alelsch, à la Jungfrau, au Finsteraarhorn, à l'Aletschhorn, H. 162; — à Lauterbrunnen par le Lauwinenthor, le Jungfraujoch, l'Eigerjoch, R. 1*6; — & l'hôtel de la Bellalp, R. 106; — au Grim-
Le glacier d'Aletsch et le lac de Merjelen. — D'après une photographie
de M. Braun.
sel par l'Oberaarjoch , et le Studerjoch, R. 163 i — à Grindelwald, par le Mœnchjoch.R. 146;— parle Viescberjoch, R. 146.
7 h. env. — Route de voitures achevée en 186%. — Service d'omnibus.
Au delà de Vîesch la vallée se resserre de nouveau, et on côtoie dans
une foret les précipices formés par le Rhône en laissant, à dr. , .Emen et Mùlhebach, patrie du cardinal Schinner, à g., Belwald (K>93 mèt.).
1 h. 15 min. Siederwald (aub. Zam guten Freund) possède une source magnifique, qui jaillit à côté de la route.
1 h. 40 min. lllitzîngen.
2 h. 15 min. Selkingen (forges).
2 h. 25 min. Biel (1380 mèt.) avec un vieux château des comtes de Blandra (1335 inèt.). — Cette contrée est très-exposée aux avalanches. — Durant la nuit du 16 au 17 janvier 1827, une avalanche y détruisit quaiantesix bâtiments outre une mine considérable, et engloutit quatre-vingtneuf personnes, dont trente-huit seulement furent retirées vivantes, mais plus ou moins grièvement blessées.
— Le souvenir de ce terrible événement est rappelé au voyageur par un monument situé sur la route, à TE.
de l'église de Biel, et portant cette inscription : Mort de 52 personnes à Selkingen et à Biel par une avalanche , l'année 1827, le 17 janvier.
2 h. 30 min. Hitzingen (1333 mèt.).
2 h. 50 min. Gluringen.
3 h. Beckingen (belle église, chapelle de Saint-Antoine).
3 h. 30 min. Munster (Goldenes Kreuz, chez Guntrcn, bon et prix modérés ; voiture a 1 cheval, 18 fr.
pour Brieg, 20 fr. pour Viége, sans le pourboire), v. de 412 hab. cath., possède une belle église et une chapelle, visitées par de nombreux pèlerins. Les arbres fruitiers deviennent rares. Le seigle ne se moissonne qu'au mois de septembre. La vallée prend un caractère de plus en plus alpestre, calme, uniforme.
Ascension du LœfTelhom.
8 h. aller et retour.— Montée assez pénible pendant la dernière demi-heure. — Un guide et des provisions sont nécessaires. — Bons guides : Pierre Guntrcn etC.hristian Sœlinen.
En sortant de l'hôtel, on prend immédiatement à g., mais, après quelques minutes de marche, on incline à dr. On monte en zigzag à travers des pâturages et quelques sapins. 2 h. environ après avoir quitté Munster, on trouve des chalets. On s'élève ensuite en droite ligne, ayant devant soi un petit lac (le Trutzitec), vers l'extrémité inférieure d'un glacier. On incline à dr. pour contourner ce lac , puis, quand on l'a dépassé, obliquant
à g., on monte en 15 ou 20 min. à travers la neige et des rochers jusqu'à la partie supérieure du glacier, que l'on traverse. On s'élève ensuite tantôt sur la neige, tantôt sur des pierres peu solides, jusqu'au sommet du Lœflelhorn, haut de 3090 met., et où 7 ou 8 personnes seulement peuvent se tenir 1 une à côté de l'autre. On y jouit d'une vue plus belle que celle du Sidelhorn (R. 160) qui est un peu moins élevé. On découvre beaucoup mieux le Mont-Rose et toute sa chatne. Au-dessous de soi, on voit le glacier de l'Oberaar. Le Finsteraarhorn attire surtout les regards. On peut ne pas revenir par le même chemin, en descendant, du côté opposé à celui par lequel on est monte, à travers des neiges et des éboulis de rochers, où aucun sentier nVst tracé ; on arrive près du glacier de Munster, au bord de rochers à pic. Là il est difficile de trouver un chemin. On côtoie ensuite le côté gauche de la partie inférieure du glacier, on suit la rive gauche du torrent et on arrive à Mûnster à l'endroit même d'où l'on est parti. Ce chemin est beaucoup plus court mais aussi beaucoup plus pénible. L'ascension de ce côté serait fatigante surtout à partir du glacier de Munster.
Le village de Mflnster et les trois autres qu'on rencontre plus loin en remontant la vallée furent les premiers qui, dès 1 an 1400, se rendirent entièrement indépendants. « Près dd lichen, à droite de la route qui conduit à Obergestelcn, on voit, dans un pré, dit Ebel , deux monuments «les luttes qu'eurent à soutenir les anciens Valaisans pour leur liberté : ce sont deux croix de bois portant ces inscriptions gravées en vieux allemand :
« Ici le duc Berthold de Zaehringen « a perdu une bataille en 1211; ici les « Bernois ont perdu une bataille. »
3 h. 55 min. Gcschenen (1340 mèt.).
4 h. 30 min. Ulrichen (1338 mèt.), village en face duquel s'ouvre la vallée d'Kginen, d'où Ton peut se rendre par les cols de Nufenen et de Gries à Àiroloetà Pommât (R. 108 et 109).
5 h. Obergestelen , en français, Haut - ChAtillon (hôt. : du Cheval- Blanc, chez Bertha, bon), v. de 265 hab. cath. , situé à 1349 mèt. , au pied
[ROUTE 106] LA BELLALP ET LE BIRCHGRAT. 375
du Grimsel, à la jonction des routes du Gries. de la Furka, du Grimsel et du Valais, et servant d'entrepôt pour»
les fromages qui s'expédient du Hasli en Italie. Les maisons de ce village ainsi que celles de la plupart des autres villages situés dans la partie la plus élevée du Valais, sont tout à fait noires. Cette couleur provient de l'action du soleil sur la résine que con- > tient le bois de mélèze dont elles sont bâties.Obergesteien montre encore les ruines du château qui servait à défendre le passage de la montagne et, sous le portail de l'église, une croix dont l'inscription rappelle la chute de l'avalanche qui, en 1770, ensevelit en cet endroit 84 personnes.
[Deux sentiers de mulets montent dObergesteien à i hôtel du Grimsel (R. 157). Le plus long (3 h. env.) et le plus facile passe par Oberwald (V.
ci-dessous); le plus court, mais le plus pénible, tra\erse ,1 Itstaffel (1820 mèt.) puis la Ttcereck ; là il rencontre le sentier d'Oberwald pour laisser à dr. le lac des Morts (Todtensee) et atteindre la Hauseck ^R. 757) d'où l'on descend rapidement à l'hôtel.]
D'Obergestelen à Pommât et à Domo d'Ossola par le Gries, R. 108; — à Airolo par le col de Nufenen, R. 109.
On continue do remonter la rive dr. du Rhône ; en se retournant on aperçoit encore la belle pyramide du Weisshorn ; en face se dressent Le Galenstock et le Mutthorn.
5 h. 45 min. Oberwald (auberge de la Maison ntttte).V. de 326 hab. , situé à 1349 mot. dalutudc. En face, à Unterwasser, s'ouvre le Gère u thaï.
Au-dessus d'Oberwald , la route monte en grande partie à travers des forêts, le long des rapides du Rhône, encaissé dans une gorge étroite. C'est la partie la plus sauvage de la vallée supérieure du Haut-Valais. Après avoir traversé Saint- Nicolas (Ikhb mèt.), on longe la base du Grimsel jusqu'à (7 h. environ) l'hôtel du Glacier du Rhône, bon (R. 157). .
DE BRIEG A KIPPEL,
PAR LA BELLALP ET LE BIRCHGRAT.
1 1 h 19 h. — Passage de glaciers facile. — Ce col a été franchi, le 31 juillet 1863, par M. le comte de Beurges et M. Arthur de Saint -Joseph avec ks guides François Devouassoud, de Chamonix, et Franz Andermatten, de Saas. — Mulets, de Brieg à la Bellalp, 10 fr. et 2 fr. de pourboire; — porteur, 5 fr.
20min. De Brieg à Naters (R. 105).
On monte en . 1 h. 30 min. de Naters à Blatten par un chemin pierreux, à travers des prairies parsemées de chalets. De blatten on fait un grand détour pour monter ensuite dans des prairies et des bois à (1 h. 30 min.) l'hôtel récemment établi de la Bellalp (bon), qu'on n'a pas perdu de vue. Cet hôtel est situé à 2100 mèt. environ, sur le Lusgengrat, arête qui sépare les deux torrents dont la réunion forme le torrent de Naters, et non à l'endroit appelé Bellalp ( 2052 mèt. ) sur la carte de L'état-major suisse. On y découvre une trés-belle vue ; on a en face la partie inférieure du glacier d'Oher Aletscb, une partie du grand glacier d'Aletsch. l'Fggischhorn, les montagnes du Valais depuis l'Albrun jusqu'au Weisshorn.
Do l'auberge de la Bellalp on peut soit faire l'ascension du Sparrenhorn (.'5014 mèt., belle vue) en 2 h.; soit aller à l'hôtel de l'Eggischborn en 4 h. 30 min. ou ."> h. par l'hôtel des Hiederalpen, ou par la partie inférieure du grand glacier d'Aletsch; soit enfin faire l'ascension difficile de l'Aletschhorn (V. R. 162).— 9 h.
pour monter et 8 h. pour descendre. (Bons guides : Anton Kggel et Kmmanuel Kuppen de Blatten.)
Pour aller au Birchgrat on descend sur des rochers en avant à sa dr.
le glacier d'Ober Aletscb, le long duquel on ne tarde pas à remonter et
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dont on atteint les moraines en 1 h.
15 min., au pied du Sparrenhom.
On aperçoit alors le col du Birchgrat sur lequel on se dirige en droite ligne. Après avoir traversé la moraine (15 min ), on marche sur le glacier qui est dans toute son étendue uni et très-faiblement incliné. En 30 min. on arrive au confluent du glacier de Ja?tri. On remonte a dr.
ce glacier lorsqu'on fait l'ascension de l'Aletschhorn, qui apparaît à côlé du Dreieckhorn (3822 mèt.). De là on continue à remonter cette grande plaine de glace plate et triste en ayant , à sa g., rUnterbéechhorn (3542 mèt.) et le Gross Nesthorn (3820 mèt.) et, à sa dr., l'Aletschhorn et le Dreieckhorn. Après 1 h. de marche, on se trouve au pied des rochers qui dominent l'extrémit^ supérieure du glacier, et d'où, enlh., tantôt sur les rochers, tantôt sur la neige, on s'élève au Birchgrat ou col de Birch (3000 mèt. env.). La vue s'étend au S. sur les montagnes du Binuenthal et le Fletschhorn ; au N. sur le Grosshorn, le Breithorn, la Wetterlûcke, le Tschingelhorn, le Lœtschenthalgrat, le Schildhorn, le Lœtschen Pass, le Lœtschenthal. Audessous du col s'étend le glacier de Dis tel qui est fort roi ie,raais,en remontant à g. pendant quelques minutes on se trouve au-dessus de pentes plus faciles, et, passant tantôt sur la glace, tantôt sur les moraines, tantôt sur la neige et les rochers, on atteint en l h. 50 min. un pont situé en face de Gletscherstaffel , groupe de chalets qu'on laisse à dr. On découvre alors derrière soi la Lœlschenlûcke, où aboutit le glacier peu pittoresque de Lœtschen, par lequel on passe sur le glacier d'Aletsch (R. 57). 5 min. plus loin on franchit sur un pont le torrent de rinner-Pfafflerthal, puis sur un autre pont (15 min.) le torrent de l'Ausser-Pfafflerthal. Des glaciers tombent au fond de ces deux vallées. On traverse ensuite (5 min.) Kùhmatten (1648 mèt.), d'où l'on voit très-bien le
Bietschhorn (3953 mèt.) , dont l'ascension se fait de ce côté. De là on descend la vallée par: (20 min.) Ei$Un, — (5 min.) Platten (1550 mèt.) où on franchit le Tellibach,— (15 min.) Jtod.— (30 min.) Wyler et — (15 min.) Kippet (1420 mèt.) (V. R. 57). A partir de l'extrémité inférieure du glacier de Distel , la vallée parcourue par le torrent de la Lonza, qui va se jeter dans le Rhône à Gampel , n'offre pas de paysages pittoresques.
DE VIESCH A ANDERMATTEN, A ISELLA ET A P REMI A.
De Viesch à Anderxnatten, par le Mnnenthal et l'Albrun.
12 à 13 h. — Passage difficile : guide uécessaire.— La montée de Pommât au col étant très-roide, il vaut mieux passer de Viesch à Pommât, que de Pommât k Viesch. — on trouve des guides à Viesch ou à Binnen. — On peut partir de Mœrill et rejoindre Binnen par Grengiols, R. 105.
On redescend la vallée du Rhône du côté de Lax (R. 105), village en deçà duquel on se dirige vers le fleuve qu'on traverse (15 min.) pour gravir (30 min.) par Sieder-Srnen-, une pente roi de et ombragée (1375 mèt.) (belle vue sur la vallée de Viesch, la montagne iWErnen1, v. de 418 hab., le glacier de Viesch, le Martinsberg, l'Eggischtiorn, la Kuh et les Alpes Bernoises et Valaisanes). On domine alors la rive dr. de la Binne qui descend au Rhône par une gorge étroite en inclinant à l'O. Le Binnenthal, qu'arrose ce torrent, s'étend dans la direction du S. E. puis de i'E.t sur une longueur de 5 h. env. , jusqu'à la chaîne des Alpes, qui forme les
1. jErnen (1251 mèt.) est la patrie de l évéque valaisan, Walter auf derFloh(Supersax), qui reconquit le Bas- Valais sur les Savoyards. Près de l'église, fort ancienne, on voit encore les ruines de l'ancien manoir des nobles d'Aragno, seigneurs du village.