ROUTE 107] LES COLS DE L'ÀLBRUN ET DE VANIN
limites du Valais et de l'Italie. Cette vallée, qui renferme plusieurs villages réunis en une seule paroisse, compte 350 hab., occupés de l'éducation du bétail et de la fabrication d'excellents fromages. M. Desor a constaté dans ses Excursions qu elle était fort intéressante au point de vue géologique. Les botanistes y trouvent des plantes rares. — Après avoir traversé au delà (1 h. 15 min.) d'Ansxerbinn (1330 met.) un torrent qui descend d'une hauteur boisée, entre le Galenbcrg et l'Eggerberg, puis dépassé Santa-Anna, on laisse à dr.
une maison isolée et un pont de bois sur la Binne. Ce pont aboutit au sentier qui conduit à Mœrill (R. 105) par Grengiols.
Le sentier, plus étroit et en partie taillé dans le roc, domine la Binne.
Continuant à monter dans une belle forêt de sapins on voit bientôt s'ouvrir la vallée ; on remarque surtout un glacier qui descend sur la Kriegalp et par lequel on peut se rendre dans le Val Antigorio; puis, tournant à TE., ou aperçoit, au milieu d'un vaste tapis de verdure (1 h. 15 min.) Binn (aub. et chez le curé), v. de 215 hab. cath. situé à 1458 met., dans une position pittoresque au confluent de la rivière de Heiligkreuz avec la Binne. Autour s'élèvent des collines arrondies et allongées semblables à d'immenses tumulus (d'anciennes moraines, selon M. Desor).
De Binn à Andermatten par les cols de Boccareccio et de Valtendra( V. ci-dessous).
A (1 h.) lmfeld (aub. passable), hameau situé à 1574 mèt. un peu au delà du vallon du Feldbach qui descend des glaciers du Hœlslihorn (2990 mèt.), les mélèzes atteignent des proportions gigantesques. A dr. on aperçoit plusieurs glaciers qui ne descendent pas dans la vallée. Le chemin remonte, par des pentes tantôt escarpées, tantôt douces, la Binne, qui sort d'un glacier sur un plateau supérieur , jusqu'aux derniers chalets
valaisans (1 h. 15 min.) , d'où 45 min. suffisent pour s'élever au col de l'Albrun ou d'Arbola, formant la frontière du Valais et de l'Italie et ouvert à 2410 mèt. entre le pic d'Arbola ou Ofenhorn (3270 mèt.) au N. E. et YAlbrunhorn (2900 mèt.) au S. O. De ce col la vue n'a rien de remarquable. On aperçoit, au-dessous de soi, au S. O., le petit lac de Codelago, d'où on peut descendre à l'alpe Devero, 1912mèt. (2 h. du col, V. ci-dessous).
Le sentier, se dirigeant a l'E. , traverse des éboulements escarpés en dominant la jolie vallée supérieure de l'Arbola, où sont disséminés des chalets, puis, au delà, le val di Fornof remonte sur des débris de rochers et des flaques de neige (2 h ) au col di Vanin qui s'ouvre entre le pic del Forno au N. et le Basinhorn au S.
Rien de plus sauvage et de plus désolé que ce passage, sorte de plateau plus élevé que le col du Gries et auquel viennent aboutir plusieurs vallées.
Des pentes escarpées, presque toujours recouvertes de neige, aboutissent à des éboulements, où le pied a de la peine à trouver un point d'appui solide et qui conduisent à des pâturages non moius roidesque pierreux.
Il faut 1 h. 15 min. au moins pour descendre aux chalets du lac Lebendu, entouré de tous côtés de hautes montagnes. Suivant la rive E. de ce lac on gagne en 30 min. une gorge étroite et sauvage par laquelle sort le Lebendu, qui va se jeter dans la Tosa, et qui, 30 min. plus loin, forme une belle cascade. De là , on descend en 1 h. 30 min. à Pommât dans le Val Formazza à travers des forêts et par un chemin fort roide.
30 min. Andermatten (R. 108).
Un col, appelé Nuefelgiu. met en communication le lac de Lebendu et les chalets de Morast au pied du Gries (F. R. 108). Ce passage, sur lequel les renseignements manquent, s'ouvre entre le Banhorn (2953 met.) au N. et le Nuefelgiuhorn au S.
378 DE VIESCH A ANDER M ATTEN, A ISELLA. [ROUTE 107]
Enfin, a l'alpe di Forno, le sentier se bifurque. Celui du S. monte au col de Vanin, celui du N. s'élève par le col de Minojo au col de Busin, entre la Cima Rossa ou Monte Giove (3007 mèt.) au N. E. et le Businhorn au S. E., passe près du lac de Busin et descend dans le Val Antigorio, entre Foppiano et Salecchio, le long du torrent délia Vuova.
De Vies oh à Premfa, par le eol délia Rossa.
12 h. env. — Guide nécessaire. — Passage pénible.
3 h. 30 min. à 4 h., Imfeld (F. cidessus). Le chemin, traversant la Binne, remonte le vallon latéral qui s'ouvre au S. et s'élève parla Messernalp au Ccisspfadsec , situé à 2475 met. entre le Schienhnrn au N. E.
(2949 met.) et le Rathhorn au S. 0.
Le col délia Rossa (env. 2500 met.) est un plateau rocheux , couvert de débris et de flaques d'eau. Vu du S. il est flanqué de deux obélisques.
La descente assoz roide n'offre pas de difficultés. Parvenu à la base des rochers, on pagne cn pCU je temps l'alpe Devero(r. paye 379), d'où l'on descend à Prernia par le Val Dcverïa.
-V. B. l'n autre passage sur lequel les renseignements manquent, conduit du hameau de Heiligkreuz ( V. cidessous) aux chalets de Buscagna (T.
page 381). C'est le col de la Kriegsalp, situé entre la Punta di Boccareccio et le Kriegsalpstock. On compte 7 h. de Vicscli au col. La descente n'offre pas de difficultés, bien qu'elle soit fort roide. Seulement à l'extrémité d'un ravin il faut descendre à dr. 11 n'y a point de passage à g.
De Viesch A Iaella, par le col de Boccarecoio on Rltter Fbsb.
12 à 13 h. — Sentiers difficiles. — Cette course, faite cn 1844 par MM. Desor, Studer et Escher, est indiquée ici d'après les renseignements de M. Desor.
De Viesch à la jonction du Binnenthal et du Langthal, 3 h. env. (K.
ci-dessus).
On remonte la vallée de Heiligkreuz ou Langthal. Le hameau qui donne son nom à la vallée se trouve situé (4'» min.) à l">0ô mèt. au confluent de trois torrents, dont l'un descend de la Kriegsalp au S. E. ; le secoud du Jaffischthal au S. O., et le troisième du col de Boccareccio au S.
La chapelle est un lieu de pèlerinage très- fréquenté. Le Langthal ou Mxttethal , que Ton remonte en partant de Heiligkreuz se divise à son tour près des (1 h.) chalets de Gummen (2083 met.) en deux couloirs. 11 faut suivre non celui qui, conservant le nom de M&'ttethal, va aboutir au glacier de Steinen, au pied du Gibelhorn (28G0 mèt.), mais celui qui remonte au S.
La montée, quoique roide, ne présente aucune difficulté. A mesure que l'on s'élève au-dessus de la région des mélèzes, on découvre les grands pics de l'Oberland Bernois. Parvenu au sommet d'une paroi qui, du bas, peut être prise pour le point culminant (1 h. 30 min.), on se trouve en face d'un immense amphithéâtre, qui a env. 1/4 de lieue de diamètre, dont les parois s'élèvent verticalement de 4 à ôOO mèt. , et dont le fond est occupé par un petit glacier. Il faut 2 h. env. pour atteindre, du fond de ce cirque, le passo di Boccareccio, col élevé de 3000 mét., large de 10 met., dominé par quelques pics, et d'une aridité absolue. On y découvre une vue magnifique sur les glaciers de l'Oberland. Au bord de son escarpement méridional s'ouvre le cirque du Monte- Leone y de 1 lieue de diamètre. « Une immense muraille l'entoure de tous côtés, dit M. Desor, ne lui laissant qu'une étroite issue au S. E. pour écouler ses eaux, et sur cette muraille titanique s'élèvent, comme autant de tours gigantesques, les plus grands pics de la contrée : le Hullehorn, le Bortelhorn, le Furggenbaumhorn , le Wasenhorn, et, le plus imposant de tous, le Monte -Leone, séparés les uns