DE PORRENTRUY A SIENNE
Par bellelay.
12 1. 5/8. — Route de peste.
3 h. 45 min. Glovelier. (F. R. 118.)
On suit la route -de Délémont (R. 118) pendant 20 min., puis, se dirigeant au S., on gagne (10 min.) Brelincourt}où l'on remonte la rive g.
de la Sorne. On laisse ensuite à g.
(25 min.) les forges d'Underuelier, puis on monte a
15 min. Underrelier, en ail. Undersicyler (hôt. des Galeries-de- Pichoux) , v. industriel de 581 hab.cath., situé dans un étroit bassin dominé par des rochers boisés et pittoresques.
Près du village se trouve la grotte de Saint-Colomba n> large de 20 mèt. et profonde de 25 On traverse ensuite (30 min.) le tunnel ou galerie de Pichour, long de 40 met.; on passe à côté d'une cascade, puis on gravit une côte fort roide dans une gorge étroite; enfin, on passe (20 min.) dans un second tunnel non maçonné, de 42 met. de longueur, et, longeant toujours la rive g. de la Sorne devenue un ruisseau, on monte à
(30 min.). Chételat, hameau d'où l'on continue à monter jusqu'à
(25 min.). Bellelay, ancien couvent de Prémontres, fonde en 1136, et entouré de tous côtés de bois de sapins , de prairies et de pâturages.
L'abbé de Luce avait créé dans ce couvent un des meilleurs instituts d'éducation qu'il y eût dans toute la Suisse; mais, quand 1 evôcbé de Baie passa sous la domination française, cet utile établissement fut remplacé par une manufacture, devenue aujourd'hui une brasserie. — On fabrique
dans les environs des fromages mous, appelés têtes de Moine ou de Bellelay, qui pèsent 6 à 7 kil. , et qui ont obtenu les honneurs de la contrefaçon.
Au delà de Bellelay, on laisse à" dr.
un petit étang, à travers lequel coule la Sorne, puis des marécages, et l'on monte au point culminant de la ramification qui sépare la vallée de la Sorne de celle de la Trame. Un autre lac fait mouvoir les roues d'une scierie. — A peu de distance du hameau de Fuety bâti en amphithéâtre, on franchit la Trame. La route monte et descend jusqu'à
1 h. 20 min. Tavannes (R. 189).
2 h. 45 min. De Tavannes à Bienne (R. 189).
12 1. 5/8. Bienne (R. 111).
NEUCHATEL ET SES ENVIRONS
Renseignements généraux. — Situation.
Neuchâtel, ail. Neuenburg (hôt. :
de Beilevue sur le bord du lac, nouvellement construit et recommandé ; bains, prix de pension du 15 oct. au 15 mai ; le Faucon, bon, avec café, dans la ville; des Alpes, au bord du lac ; du Lac ; du Commerce, café restaurant au palais Rougemont; — omnibus, de la gare en ville et vice versa, 20 c. par voyageur, 15 c. par
COlis ; — BUREAU TÉLÉGRAPHIQUE ,
à la poste ; — école de natation dans le port en face de l'hôtel Bellevue), capitale du canton de ce nom, V. de 10382 hab., dont 8717 réf., 1512 cath., bâtie en amphithéâtre, au pied du Jura, à l'embouchure du Seyon, sur la rive O. du lac qui porte son nom, S3 compose de deux parties bien distinctes, Tune moderne, occupant un terrain plat, formé peu à peu par les alluvions du Seyon et les travaux des hommes; l'autre ancienne, s'élevant sur deux collines du Jura, entre lesquelles coule le torrent qui va se jeter à quelques
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pas plus loin dans le lac. C'est une ville peu intéressante , surtout pour les touristes qui connaissent déjà la Suisse, plus industrielle que commerçante (l'horlogerie y occupe un assez grand nombre d'ouvriers), propre, inanimée, mais assez agréable par un beau temps quand les Alpes se laissent apercevoir à l'horizon.
L'église, le inusée et les manuscrits de Jean-Jacques Rousseau méritent surtout d'être signalés aux étrangers qui y feront un séjour plus ou moin* prolongé.
Du temps des Romains, l'une des cinq villes des Séquaniens , nommée Noidenolex, occupait remplacement où fut bâtie plus tard la ville actuelle. Détruite à l é- • poque des invasions , Noidenolex fut remplacée , au v« s., par une grosse tour (A'oeum Castrum), qui, en 1 1 3i>» fit donner à la ville, que le comte Ulric de Vinetz reconstruisit, et à tout'son territoire, le nom de Neuchâtel. Ce petit pays dépendit du royaume de Bourgogne jusqu'au xi* s., époque à laquelle il fut réuni à l'empire germanique. Dans le siècle suivant, l'ancienne maison des seigneurs de Neuchâtel, alors très-puissante, se divisa en quatre branches, savoir : celles de Neuchâtel, de Vallengin, d'Aarberg et de Nidau. Rollirt ou Rodolphe, comte de Neuchâtel proprement dit, ayant cédé sa seigneurie à l'empereur Rodolphe de Habsburg, celui-ci la donna (1288) à Jean de Châlons, qui à son tour en investit le jeune Roltin. En lio3, Jeanne, mariée à Louis d'Orléans Longueville, en hérita du comte de Hochberg, dont le père en avait hérité d'Isabelle, dernier rejeton des comtes de Neuchâtel. La maison d'Orléans- Longueville s'éteignit en 1707, dans la personne de Marie, duchesse de Nemours, et quinze prétendants se présentèrent pour recueillir cette succession. Le 3 novembre de la même année, les trois Etats décernèrent la souveraineté du paya au roi de Prusse, qui descendait, par les femmes, de la maison de Châlons. En 1806, Napoléon, voulant récompenser les services de Berthier, le nomma prince du pays de Neuchâtel qu'il s était fait céder par la Prusse; mais, au mois de janvier 1814, le roi de Prusse reprit possession de son ancien domaine, qui , le 12 sept, suivant, fut admis comme 21* canton dans la confédération suisse.
Après diverses vicissitudes inutiles à rappeler ici (1848, 1850), le 26 mai 1858, un traité signé entre les grandes puis* sances européennes a garanti l'indépendance de Neuchâtel, qui d'après la constitution de 1848, forme une république démocratique.
Neuchâtel est le 21» canton de la confédération par l'ordre de son admission, le 13e par son étendue (34 7/to 1. carrées fédérales, ou 792 kil. carré?), le 15e par sa population (87 369 h., dont 67 096 réf. et 9223 cath. — Les habitants parlent tous lu langue française. — Il touche au N. O. et à l'O. â la France, au S. â Vaud et à Fribourg, à l'0.#et au N. 0. à Berne. Sa plus grande longueur est de 8 h. 30 min.; sa plus grande largeur de 3 h. 45 min. â 4 h.
Édifices. — Curiosités.
Le vieux château, bâti sur une colline au xur s. servait de siège au gouvernement et de demeure au gouverneur royal. Il est occupé aujourd'hui par le conseil d'Etat.
V église {le temple d'en haut) de Notre Dame, située près du château, a la forme d'un rectangle. Elle est divisée en trois nefs, terminée par des absides circulaires. « La forme de la croix est, dit M. Blavignac, accentuée, dans le plan intérieur, par la différence de h;iuteur des voûtes.
— La croisée, place de la tète du Christ, s'élève en dôme formant à l'intérieur une coupole lumineuse, et, sur le lieu correspondant au côté percé du Sauveur, les arêtes saillantes des voûtes se croisent de manière à embrasser à la fois deux travées; ces disposi lions mystiques, peu communes, méritent d être notées. »
L'église de Neuchâtel, brûlée et reconstruite partiellement en 1249 et 1269, peut-être môme déjà en 1049, n'a conservé de sa construction primitive que les parties orientales qui paraissent appartenir à la première moitié du x" s. Les sculptures en sont généralement traitées avec beaucoup de soin. — La tour date jdô 1276.— A l'intérieur on remarque près du mattre-autel (à dr.) le monument
NEUCHATEL ET
gothique dos comtes de Neuchâtel, érigé en 1372, récemment restauré. — Un cloître est attenant au mur nord de l'église. — On découvre une vue magnifique de la terrasse ombragée de superbes tilleuls, et sur laquelle le réformateur Farel a été enseveli à six pas environ de la grande porte , du côté du nord.
V Hôtel de ville, situé dans la partie basse de la ville, est un vaste édifice moderne (1784) avec un portique grec. — Le Temple neuf ne mérite qu'une simple mention. — Le Gymnase ou collège, sitiié près du lac, élevé en 1835, aux frais de la ville, renferme un Musée très- intéressant d'histoire naturelle , enrichi surtout par les soins de M. Agassi/ , bien connu dans le monde savant.
Le Musée de tableaux, transféré du bâtiment de Y École des filles dans le Palais Rougemont ou cercle du musée (faubourg N. E. ), contient le Mont-Rose et le glacier de Rosenlaui, de Calame, les Huguenots, et lady Claypole reprochant à son père, Cromwell, la mort de Charles Pr, de Karl Girardet, Marino Faliero, de Gros Claude, Rome moderne, pâturage, le lac de Wallenstadt , de Max de Meuron, deux tableaux (St-Paul hors des murs à Rome, bœufs romains), de Léopold Robert, des tableaux d'Éd.
Girardet (les mauvais sujets, dîner de famille interrompu par un ours, la bénédiction paternelle) , etc., une collection de portraits de princes et de généraux prussiens, etc.
V Hôpital Pour ta lès , fondé en 1810 par le riche négociant de ce nom, est ouvert aux malades de toutes les religions et de tous les pays. — V Hôpital de la bourgeoisie a été bâti, ainsi que l'hôtel de ville, aux frais d'un autre négociant neuchâtelois, David Pury , mort à Lisbonne, qui légua, en 1796, 4 millions de francs à sa ville natale. — Sa statue (par David d'Angers) a été érigée, en 1854, près du lac. — La Maison des Orphelins a été fondée par
J. J. Lallemand. — L'Observatoire est moderne. — Un magnifique asile ct'alic'ncs a été fondé, il y a peu d'années, à Préfargier (1 h. de Neuchâtel) par M. de Meuron. Il a coûté 1 million 500000 francs.
Les Fontaines, surmontées de figures gigantesques et représentant des guerriers du xv* s., sont dignes d'attirer l'attention des amateurs.
La bibliothèque de Neuchâtel est riche en manuscrits de Jean -Jacques Rousseau. Ils y furent déposés par son ami du Peyrou, bourgeois de cette ville, qui lui resta fidèle, maigre les orages passagers de leur liaison.
J. J. Rousseau l'avait constitué dépositaire de ses papiers, et, quand l'apparition subreptice de la seconde partie des Confessions eut fait soupçonner du Peyrou d'avoir abusé de la confiance de l'auteur en faisant publier cette suite avant le temps fixé, il se justifia facilement ; mais, pour mettre les manuscrits de son ami à l'abri de toute espèce de coup de main, il fit le dépôt de ces volumineux papiers, des lettres de Jean- Jacques et de celles qui lui étaient adressées, dans la bibliothèque publique de Neuchâtel, où le tout est resté. Ces précieux manuscrits sont conserves, on le comprend, avec un soin religieux. M. Félix Bovet, bibliothécaire de la ville de Neuchâtel, a consacré à leur examen un mémoire intéressant dans le Recueil des actes de l'Institut gêner ois.
Au nombre des principaux manuscrits de Jean-Jacques Rousseau que possède la bibliothèque de Neuchâtel, nous citerons : la Traduction du premier livre de Tacite; les Rêveries du promeneur solitaire; le lévite d'Éphraim; Considérations sur le gouvernement de Pologne; Pyornalion ; les Confessions (première et seconde parties); Y Engagement téméraire ; Émile et Sophie; les Amours de Claire et de Marcellin; Deux livres de notes sur l'histoire de Genève, oui ont servi pour la composition des
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