‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 504 sur 865 · ASCENSION DES WETTERHŒRNER. [ROUTE · texte numérisé non relu

ASCENSION DES WETTERHŒRNER. [ROUTE

et surtout le glacier de Gelmer, qui alimente le petit lac du môme nom.

Au fond de la vallée aride de Bœchli un glacier descend de l'arête Hûhnerthaelistock. Le versant opposé est dominé par le Diamantstock (2800 met.) et YMlftlistock (2895 mèt.).

Ascension des Wetterhœrner.

On part généralement de Grindelwald, mais quelques touristes ont fait l'ascension des Wetterhœrner en partant du Grimsel ou de l'Urbachthal.

Les Wetterhorner se composent de trois sommités distinctes, le Wetterhorn proprement dit ou Hasli Jungfrau (3703 mèt.) le plus septentrional, le Mittelhorn (3708 mèt.) ou corne de milieu , et le Rosenhorn, le plus méridional (3691 met.).

L'ascension du Rosenhorn a été faite, pour la première fois, en 1844, par MM.Desor, Dollfus, DupasquieretStengel en deux journées. Le premier jour, ces hardis touristes couchèrent dans les chalets de l'Urneralp (R. 152), d'où ils montèrent au Rosenhorn par le glacier de Gauli , sans avoir eu besoin, vu l'épaisseur des neiges, de se servir d'échelles , de cordes ni de haches. Le sommet du Rosenhorn est couvert d'une couche épaisse de neige formant une coupole, du côté S., et surplombant, du côté N. Quelques arêtes brisées et quelques dalles plus ou moius larges, voilà tout ce que Ton aperçoit du rocher. Il y a place pour une vingtaine de personnes. La vue est admirable.

La région des Wetterhœrner se fait remarquer par la présence d'une grande surface horizontale, d'un véritable plateau, à une hauteur où n'atteignent guère que les pics les plus élevés. Vus de ce plateau, leurs trois pics, si importants qu'ils parais* sent, lorsqu'on découvre leurs sommités par -dessus les chaînes inférieures, n'ont par eux -mômes qu'une importance bien accessoire, puisque le Rosenhorn s'élève à peine de 400 mèt. au-dessus du plateau.

Nulle part la disproportion entre le pic proprement dit et la base qui le porte, n'est aussi sensible qu'ici. Le Finsteraarhorn est à 1500 mèt. audessus du névé de FOberaar; le Schreckhorn à 1200 mèt. au-dessus de celui du Finsteraarhorn, et à 800 mèt. au-dessus de la Slrahlegg, et la Jungfrau dépasse d'autant de mètres environ le névé d'Aletsch. Il en résulte, dit M. Desor, que le véritable soulèvement, celui qui a donné aux Alpes Bernoises leur relief fondamental, loin de .s'affaiblir , de l'O. à PE.. comme on pourrait le croire, en ne tenant compte que des grands pics, a dû au contraire aller en augmentant dans cette direction, puisqu'en faisant abstraction des arêtes, c'est dans les environs des Wetterhœrner que le soulèvement des masses arrive à son apogée. Le plateau des Wetterhœrner déverse à la fois ses neiges dans quatre glaciers différents, le glacier supérieur de Grindelwald, le glacier de Gauli, le glacier de Renfen et le glacier de Rosenlaui.

Le Wetterhorn proprement dit a été gravi pour la première fois, en 1843, par MM. Agassiz, Bovet et Vogt, avec les guides Jaun et Bannholzer, et plus tard, en 1854, par M. A. Wills, qui a publié le récit de son ascension dans les Wanderings among the high Alps. M. Wills partit de Grindelwald , avec les guides Ulrich Lauener et A. Balmat, coucha au Gleckstein, puis monta, par des rochers, au col qui se trouve entre le Wetterhorn et le Mittelhorn, et d'où il s'éleva, en 2 h. env. , au point culminant par une arête de neige glacée de 50 à 58* d'inclinaison. Le point culminant était tellement aigu qu'Ulrich Lauener dut y tailler un siège à coups de hache pour pouvoir s'y asseoir.

En 1860, M. Roth, de Berne, fit l'ascension du Wetterhorn, avec les trois frères Blatter de Meiringen, par le glacier de Rosenlaui (12 h. de montée des bains, à cause de la neige fraîche, 5 h. 1/2 de descente).

[ROUTE 162] LE WETTERHORN. — LE SGHR ECKHORN . 527

JV. B. La vue du Wetterhorn est beaucoup plus belle que celle du Mittelhorn et du Rosenhorn.

Une longue journée. On part du Grimsel, ou mieux du pavillon de l'Aare. — Guides et précautions nécessaires. — Course pénible qui ne doit être entreprise que par des montagnards éprouvés.

Les deux glaciers de Grindelwald sont séparés par le Mettenberg (2873 met.), le dernier escarpement d'un massif qui se continue au S. £. par le G'wxchten (3108 met ) et le petit Schreckhorn (3497 mèt.), jusqu'au Schreckborn (pic de la Terreur), et par les Lauteraarhœrner jusqu'à l'Abschwung, où il tombe brusquement dans le glacier de l'Aare. Ce massif a environ deux lieues de long.

Sur son versant 0. , près du grand Lauteraarhorn , se détache une ramification, le Strahleggkamm qui, se dirigeant vers le S. , sépare le glacier inférieur du Grindelwald ou de Viesch du glacier du Finsteraar, tandis que le Lauteraarjoch . partant du Schreckhorn, sur le versant opposé, dans la direction du N., sépare le glacier inférieur de Grindelwald du glacier du Lauteraar.

Suivant le point d'où on l'examine, le Schreckhorn (4080 mèt.) présente des contours très-différents. Vu de la plaine suisse, il a la forme d'un pic étroit, allongé, très-aminci à son sommet, qui est divisé en deux pointes; du glacier de l'Aare, de la Furka et de la Meienwand, il a l'air d'un immense coin très-effilé ; enfin , du glacier du Finsteraar, à l'O., il se présente comme un massif assez large à sommet pointu. Vu de son faite, il est encore différent. L'arête culminante a la forme d'un arc ou d'un croissant, dont la convexité est tournée au N., et dont les extrémités (les deux pointes que l'on voit de la plaine) sont les parties les plus hautes, mais ne s'élèvent que peu au-dessus de

l'arête. La pointe méridionale, appelée par les guides Gross Lauteraarhorn et Desorhorn, — elle n'a que 30 mèt.

de moins que l'autre — a été escaladée, le 8 août 1842, par MM. Desor, Escher de la Linth et Gérard, avec les guides J. Leuthold, Brigger, Fahner, Bannholzer et Madutz, qui avaient franchi la Strahlegg et gravi le second glacier latéral.

11 est impossible de passer d'un pic à l'autre. En 1861, M. Leslie stephen, qui avait couché dans une grotte près de la Strahlegg, a gravi le pic N.,avec les guides Cnristian et Peter Michel et C. Kaufmann (F. Peaks, Passes and Glaciers, 2* série). L'ascension seule du pic demanda 4 h. 1/2 et la descente ne put se faire en moins de temps. M. Stephen coucha la seconde nuit dans la même grotte (Kastenstein), après une journée de 14 h.

« La vue dont on jouit du Schreckhorn est unique dans son genre , dit M. Desor, et surtout fort différente de celle de la Jungrrau. On est ici au centre du monde alpin, entouré de toutes parts de grandes cimes , tandis que la position de la Jungfrau, plus excentrique, offre par cela même un caractère diamétralement opposé. Sous le rapport pittoresque, la proximité du Finstcraarhorn , au midi, donne a celle du Schreckhorn une supériorité réelle , en formant un premier plan d'une rare magnificence, par sa forme hardie autant que par sa teinte sévère, qui contraste d'une manière saisissante avec les cimes blanches des Viescherhœrner, à dr., et du Studerhorn , à g. Une seconde cime qui excite l'admiration, à cause de l'effet grandiose qu'elle produit, c'est l'Aletschhorn au S. 0. »

Ascensioa du rinsteraarhorn.

On part de l'Eggischhorn (40 à 50 fr. par guide) , pour venir coucher au Faulberg, ou, comme le Faulberg est trop éloigné, soit dans une grotte située à la base S. E. du Rothhorn,

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