‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 510 sur 865 · ROUTE 166] LUCERNE ET SES ENVIRONS · texte numérisé non relu

ROUTE 166] LUCERNE ET SES ENVIRONS

Le corpa du duc Léopold et ceux de ' corps francs, le 8 décembre 1844 rixante comtes furent transportés et in- ; le 3 1 mars 1845. On franchit l'Emn

et

soixante comtes furent transportes et in- ; le? 31 mars 1845. On franchit l'Emme, humésàKœnigsfelden (R. tyn. Les vain- puis |ajssant à g. le chemin de fer de queurs restèrent trois jours sur le champ Zug.Zurich 0n entre dans la belle

de bataille, enterrèrent à ^«^f.1^ i vallée de la Reuss dont on remonte mortels de Gundoldin^n.l avouer de Lu- ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^

tunnel en arrivant à

55 kil., 6 (93 kil. de Bâle) Lucerne (R. 16fï). U gare est établie près du débarcadè re des bateaux à vapeur, en face des principaux hôtels.

U. Par Neuchatel et Berne.

691 kil. Chemin de fer.

..», et de deux c^nts autres de leurs guerriers, après avoir élevé une chapelle sur le lieu même où le duc était tombe, et fondé un service annuel pour le repos de l ime de tous ceux qui ava ent péri dans ce jour, sans distinction ; ils se retirèrent ensuite, emportant quinze bannières que possèdent aujourd'hui les arsenaux de Locerne , d'Unterwalden , de Schwyx , dUri, de Gersau et de Zug.

L » Chapelle de Sempach, située à 30 min. env. des murs de la ville, porte pour toute inscription 1» date du mémorable événement qu'elle consacre, c'est-à-dire, du 9 juillet 138K. Au centre se voit un crucifix, des deux côtés duquel Léopold et Gundoldingen sont représentés dans l'attitude de la prière. Quant aux murs intérieurs, ils offrent pour tout ornement les noms et les écussons des comtes et des chevaliers, ainsi que les noms des guerriers des Quatre- Cantons qui périrent sur le champ de bataille. Un tableau plus que médiocre, placé au-dessus de la porte, représente l'action héroïque d'Arnold de Winkelried. On y lit, écrites au pinceau, les paroles mêmes de la chanson de Sempach, improvisée, après la victoire, par Hans Suter, de Luceme.

Au delà de Sempach, on laisse à dr. Neuenkirch. A mesure que l'on approche de Lucerne, les paysages deviennent plus variés et plus beaux. A dr. on aperçoit les dernières pentes du Napf ; en face, on voit les flancs déchirés du Pilate ; à g. le Rigi.

45 kil. Rothenimrg (1 357 hab. cath.) , ville détruite en 1385 par les Lucernois. Le château est en ruines. Le beau pont sur le Rothbach a 52 uièt.

de longueur et 8 met. de largeur.

50 kil., 7. Emmenbrûcke ou Pont de l'Emme, station d'Emmen. Près de là ont eu lieu les combats des

569 kil. De Paris à Berne (R. 111).

122 kil. De Berne à Lucerne (R.

Hôtels : Schtceiserhof, bon , mais cher et souvent encombre ; d'Angleterre, bon et cher, belle vue sur le lac; Schwan; du Rgi; Wage ou les Balances (prix modérés j; Adlcr { bon); de la Poste, Hirsch, Kreuz, Mtrhren. etc.

Pknsions : Aï se h marin (près de la Kapellbrucke\ bonne, 6 fr. par jour, si l'on reste plus de deux jours; WorUy : Pietsker.Morel; Kaufmann sur le Felsberg (belle vue, charmante situation, prix modérés); Damann; de Tivoli (15 min.) avec bains du lac et restaurant (plus chères) ; Seeburg ou liellcvue, au bord du lac, mais plus éloignée de la ville .'20 min ) ; Blxtt- 1er, au Rotzloch ; S >n»enberg (i h.), etc.

Bains : Dans le lac près de l'église collégiale et près de la pension Tivoli.

P08TE ET TÉLÉGRAPHE U CÔté de l'église

des jésuites.

Lucerne, en ail. Lusern, chef-lieu du district et du canton de ce nom , est située à 450 mèt., û l'endroit où la Reuss. qui la divise en deux parties inégales, la grande et la petite ville, sort du lac des Quatre-Cantons.

Elle compte U 522 hab., dont 10850 sont cath. Ses ponts, ses clochers, ses vieilles tours féodales, ses murailles crénelées, ses collines couvertes de maisons de campagne , la font parai -

tre de loin plus pittoresque , plus grande et plus belle qu'elle ne l'est réellement; mais ce qui la place au premier rang parmi toutes les villes de Suisse, c'est sa position, unique peut-être, dans une contrée ravissante, au bord du plus beau lac que l'homme puisse admirer, entre le Pilate, d'un côté , et le Rigi , de l'autre, en face des Alpes de Schwyz et d'Engelberg , couronnées de neiges éternelles. (V. le panorama.)

Trois ponts traversent la Reuss. Le plus beau (le plus court), ou pont des Moulins (Mùhlenbrùcke), est orné de trente tableaux de la Danse des morts, par Meglinger. Le second pont, la Reussbrûcke , est le seul qui ne soit pas couvert, et sur lequel puissent passer les voitures; le troisième, ou Kapellbrùcke , long de 324 mèt., fut construit en 1303, et traverse l'embouchure de la Reuss, dont on voit les eaux limpides se précipiter sous les arches avec la rapidité d'un torrent des montagnes. 11 conduit les piétons de la gare du chemin de fer aux hôtels. Les pièces de bois qui supportent le toit sont ornées de cent cinquante-quatre tableaux. Cèux que Ton voit en passant de la rive dr. à la | rive g. représentent la vie et les principales actions de saint Léger et de saint Maurice, patrons de Lucerne; les sujets de ceux que l'on voit en suivant une direction opposée sont empruntés à l'histoire suisse. Vers le milieu de ce pont s'élève hors de l'eau une tour pittoresque appelée Wasxerthurm (la tour d'eau), formant un des anneaux de la chaîne des fortifications féodales de la ville. Cette tour servait autrefois de fanal ou de phare (lucerna) aux barques qui entraient dans la Reuss, et de son ancien nom on a fait, dit-on, celui de Lucerne. Elle contient aujourd'hui les archives de la ville. A l'extrémité N. du pont s'élève la chapelle de Saint-Pierre (xir* s.), décorée de quatre tableaux d'autel, par Paul Deschwanden.

regards sont attirés par l'église abbatiale et paroissiale de Saint-Léger ou Leodegar, Hof ou Stifts-Kirche.

Cette église , reconstruite au xvir s.

(16G3), après un incendie, mais dont les tours sont plus anciennes, possède : de belles orgues, réparées en 1862 par Hans de LaufTenburg (on joue de l'orgue tous les lundis, mercredis et vendredis, de 6 h. 1/4 à 7 b. 1/4 du soir, de 4 h. à 5 h. après le 15 août ; 1 fr. par personne), une sonnerie harmonique remarquable (de l'angelus) , qui se fait entendre les samedis; un beau tableau de maître-autel (le Christ au mont des Oliviers), de Lanfranc; de beaux vitraux et deux beaux groupes de figures (mort de la sainte Vierge, descente de croix) du xv* s. Le cimetière à arcades (celles du S. 0. sont décorées de peintures de Deschwanden) , qui l'environne, a un aspect tout méridional. Belle vue.

V église des Jésuites (1676), située presque en face de Y Hôtel des Balances, sur la rive g. de la Reuss, renferme un tableau de maître-autel de F. Torriani, un des élèves du Guide.

Dans une chapelle on conserve la robe de Nicolas de Fluh. — Derrière les hôtels du quai s'élève la nouvelle église protestante, achevée en 1861 et sans aucun mérite architectural.

Du quai on découvre une vue charmante. « A TE., dit Ebel, le Rigi verdoyant et d'un aspect agréable, au S. le sombre et sauvage Pilatc, et, entre ces deux montagnes, les rochers escarpés du Bûrgenstock, en avant duquel on voit le lac et ses rives gracieuses; au-dessus du Bûrgenstock, la Blumalp, dans le canton d'Unterwalden, remarquable par sa forme singulière ; on en distingue facilement les chalets vers le soir; à TE. et à l'O., le Titlis, près de la Blumalp, le Crispait, entre la Blumalp et le Pilate. » (V. le panorama ci -joint et l'indicateur du quai.)

L'Arsenal, situé rive g. de la Reuss, près du pont des Moulins (50 c. à 1 fr.

Sur le quai, au delà des hôtels, les | de pourboire), près de la porte de

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LUCERNE

Berne, renferme quelques armures anciennes et plusieurs trophées de la valeur des Suisses, tels que la bannière jaune de l'Autriche, des éperons de chevaliers et de nobles pris à la bataille de Sempach; la cotte de mailles que portait à cette bataille le duc Léopold d'Autriche; le collier de fer garni de pointes aiguës que les Autrichiens destinaient à Gundoldingen, l'avoyer et le général de Lucerne; la bannière de la ville, encore tachée du sang de ce grand homme, mort après la victoire; une partie du butin fait, en 1476, dans les batailles de Morat et de Grandson ; une épée de Guillaume Tell; et une hache d'armes portée par Ulrich Zwingle à la bataille de Cappel ; des étendards turcs pris à la bataille de Lé pan te par un chevalier de Malle, natif de Luceine; des vitraux de 1606 représentant des armoiries des 23 cantons, etc.

Vhôtel de ville (Stadihaus), sur la rive dr. de la Reuss , un peu en aval de la Kapellbrùcke, sert de lieu de réunion au conseil du canton. Ses salles principales sont ornées de tableaux relatifs à l'histoire de la Suisse, et des portraits des avoyers. Les sculptures sur bois datent de 1605.

Près de la porte se trouve le Muséum, qui contient : la bibliothèque cantonale (60000 vol.) et le cabinet d'histoire naturelle. Au rez-de-chaussée est un cabinet de lecture où les étrangers sont admis. — Véglise voisine des Franciscains est décorée des copies de tous les étendards conquis à Sempach par les Lucernois ; — la bibliothèque de la mile (à peu de distance du Muséum) possède 10000 volumes de la bibliothèque de l'historien Félix Balthasar et une ancienne collection de gravures et des drames populaires qui étaient joués au xv* siècle dans la ville et les villages du canton.

Une des principales curiosités de Lucerne est le Lion, monument élevé à la mémoire des soldats suisses qui moururent en défendant la famille

royale de France, le 10 août 1792. Ce monument, situé dans un jardin, à 10 min. environ de la ville, au delà de la porte de Weggis, fut composé par le fameux sculpteur Thorwaldsen et exécuté par un jeune artiste de Constance nommé Ahorn. Un lion de grandeur colossale (9 mèt. de long et 6 mèt. de haut), percé d'une lance, expire en couvrant de son corps un bouclier fleurdelisé, qu'il ne peut plus défendre et qu'il soutient dans ses pattes. Il est sculpté en bas-relief dans une grotte peu profonde, creusée elle-même dans une paroi de rocher absolument verticale, que couronnent des plantes grimpantes, et du haut de laquelle se précipite un filet d'eau dans un bassin fait tout exprès pour le recevoir. Au-dessus du lion sont gravés les noms des soldats et des officiers morts le 10 août, avec cette inscription :

« Helvetiorum fidei ac virtuti. »

A quelques pas de là, on voit une petite chapelle avec cette inscription :

« Invictis pax. »

La garniture d'autel de celte chapelle, qui a été brodée par madame la duchesse d'Anjroulème , est conservée avec le modèle de Thorwaldsen dans la salle d'un restaurant voisin, où se trouve aussi une collection de livres de voyages.

Parmi les fontaines de Lucerne on remarque surtout celle du Weinmarkt, qui date de 1481.

Le plan en relief d'une partie de la Suisse , par le général Pfyfter.

moins étendu et moins bien fait que celui de Zurich (1 fr. d'entrée) , intéressera vivement les voyageurs qui se proposeront de visiter les montagnes voisines. (Au premier étage de la maison 64, sur la place de l'église protestante, à côté de l'Englischer Hof.)

Près de la porte de Weggis on peut aller visiter les panoramas du Rigi et du Pilate, par M. Meyer (1 fr. d'entrée). Le Rigi est exposé «lu

bki)

matin à midi , et le Pilate de 1 h. au coucher du soleil.

Le musée Stauffer, voisin du lion (entrée 1 fr.) , renferme des groupes intéressants d'animaux des Alpes empaillés (50» à 600).

Les sommets de toutes les collines qui avoisinent la ville, telles que la I Musegg, le Dictschenberg (45 min.), ' le Gûtsch (lô min.), rober-Wartenfluh , le Homberg , l'Uttenberg , le I Hitzliberg (15 min.), le Halden, le Sonnenberg (1 h.), etc., offrent des | points de vue aussi beaux qu'étendus.

Parmi les nombreuses promenades que j Ton peut faire à pied ou en voiture ' aux environs de Lucerne, nous nous I bornons à indiquer (15 min.) la villa j Allentcinden (à tous les vents), au sommet de la colline qui domine la ville du coté de la porte de Weggis, | Gibraltar, hauteur située sur la rive opposée de la Heuss, près de la porte de Râle (nouvelle pension de M. Gloggner Huber) , et surtout les trois til- \ leuls (4ô min. à 1 h.), non loin du couvent des capucins de Wesemlin (très-beau panorama) .

On ignore l'époque de la fondation de Lucerno. Vers la ûn du vncs , un seigneur du pays, nomme Wickard, bâtit le cou- . vent de Saint-Léger sur la colline , alors solitaire, au pied de laquel e la ville sciera par la suite. Il en fut lui-même le premier abbé, et lui assigna des possessions sur l'Atbis. En 768 . Pépin le Bref donna ce couvent, ainsi que la ville ou commune qui s'était développée à l'en-, tour, aux abbés de Murbacb, de la Haute- j Alsace. Mais, ver» la fin du xiii's., l'abbé ileMurbach vendit à l'empereur Rodolphe de Habsbourg et à ses (ils les droits qu'il : possédait sur la ville, ainsi que le couvent et vingt châteaux ou bailliages, eutre autres, Kùssnacht, Alpnacb , Malters , etc.

Fatiguée des guerres qu'il lui fallait soutenir, surtout contre ses voisins , les habitants des WaldsUetten , ou cantons forestiers, et ne pouvant pluB supporter la domination autrichienne, Lucerne contracta, en 1332, une alliance perpétuelle avec les trois cantons d'Uri, Schwyz et Unterwalden , alliance à laquelle on a donné le nom de ligue des quatre Waldsta-tten. Malgré l'opposition de la no- '

blesse autrichienne , cette alliance fut maintenue.

Depuis la bataille de Sempach (R. 165"! jusqu'en 14*6, Lucerne se créa, par ses conquêtes ou par d'autres acquisitions, un territoire qui comprenait le canton de Lucerne tout entier, tel qu'd existe aujourd'hui. Dans la suite, l'Autriche renonça formellement à toutes ses possessions, et, en 1479, la ville se racheta de tous les droits qu'exerçaient encore sar elle les chanoines de Saint-Léger.

Jusqu'en 17*8, les habitants du canton restèrent sujets de la ville, dont le gouvernement avait fini par to nber entre les mains d'un fort petit nombre de famille? nobles ou patriciennes Le 31 janvier de celte année , la constitution votée à la suite d'une révolution fut bientôt remplacée par celle de la republique helvétique. Si Lucerne eut alors l'honneur d'être pendant quelque temps le siège du gouvernement central, elle eut aussi sa part des malheurs qu'enfantèrent tour à tour l'invasion étrangère et la guerre civile. Le renversement de l'acte de médiation y opéra une reaction aristocratique qui dura jusqu'en 1830. Mais l'année suivante, une constituante rédigea une constitution nouvelle , qui a été révisée en 1840 et 1842, dans le sens aristocratique.

Lucerne a joué un grand rôle dan* l'affaire dite du Sonderbund. Le 24 novembre 1847, attaquée par l'armée fédérale que commandait le général Dufour.

eHe dut capituler après deux jours do combat (l\ 1 Introduction).

Le canton de Lucerne est le quatrième canton de la Confédération , par ordre d'admission, le neuvième par son étendue 27 mil carrés), et le sixième par sa population (130 504 hab., dont 127 844 eu thol. et 2641 réf.;. Il parle la langue allemande. Sa plus grande longueur est de lu h. 46 min.; sa plus grande largeur d*> 8 h. 20 min. Il touche au N., au canton d'Argovie ; à 10., au canton de Berne *, au S., aux cantons de Berne et d'Un 1er wal den; à l'E., aux cantons de Schwyx, de Zug et d'Argovie.

De Lucerne au Rigi, R. 169; — à Aarau R. 194; — au Pilate, R. 170; - à Fluelen, R lr>8; — à Baie, R. 16S ; — à Zurich, R. 1t>7 ; — à Sarnen et à Brienz, R. 156 ; -àSchwys, R. 175 à Berne, R. 127 ; — à Thun, R. 132; — À Brugg et à Baden R. 195 ; — à Soleure, R. 1*7 , — à Engelberg, R. 171 ; — à Milan, par le Saint-Gothard, R. 177.

[ROUTE 167] GHAAM.

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