OU GLACIER DU RHONE A HOSPENTHAL
PAR LA FDBKA.
Chemin de mulets , 6 h. a 6 h. 30 min. — Un cheval, 'io fr.— Route de voitures qui doit être achevée en l&ôâ et qui mettra Genève en communication directe avec Coire. Cette route, qui décrit de nombreux zigzags, est plus longue, mais plus facile et plus agréable que le chemin de mulets.
La route et l'ancien chemin montent d'abord ensemble au-dessus de la rive g. du glacier du Rhône; mais, après avoir traversé le petit torrent qui descend du glacier de G ratschlucht dominé par le Mutthorn (3103 met.) , la route , se séparant de l'ancien chemin qui monte directement à PE. , gravit par de longs et nombreux lacets POberalp au pied du Furkahorn (3025 mèt.) . A chaque tournant on découvre de belles vues sur le glacier du Rhône et les (ierstenhôrner. La route se di-
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rige ensuite à TE. sur le col de la Furka, qu'elle domine et qui s'ouvre à 2436 mît. entre deux pics très-pointus, ressemblant de loin, aux deux pointes d'une fourche. On peut monter sur celui du S., plus élevé de 182 mèt. que le col. Du sommet, on découvre une belle vue — d'un côté, sur les Alpes Bernoises , le Kastlenhorn, les Strahlhœrner, l'Oberaarborn, le Wannehorn, le Finstcraarhorn et Taré le qui le relie aux Viescherh cerner de Grindelwald , la chaîne duSidelhorn et du Schneehorn — et de l'autre côté , sur la vallée d'Urseren, l'Oberalp, les cimes du Saint- Gothard. Au N., s'élève leGalenstock, et au S. le Mutthorn , qui domine une vallée étroite terminée par des glaciers. Une croix marque les limites des cantons du Valais et d'Uri.
Une petite auberge (20 lits), bonne et aux prix modérés, a été établie depuis quelques années sur la Furka.
Le col de la Furka est une crête qui n'a que quelques mètres de largeur. Dès que l'on a cessé de monter, on commence à descendre. La neige ne fond pas complètement pendant l'été sur le versant N. La descente, en général bien moins roide que la montée, est longue et monotone ; mais elle offre de riches trésors au botaniste. On n'aperçoit pendant longtemps ni arbres ni habitations, rien que la petite forêt d'Andermatt ; partout ailleurs, des pâturages jaunâtres et des rochers sans caractère.
La route ne descend pas comme le chemin de mulets; restant à mi-côte, elle passe aux chalets de la Siedelnalp (2254 mèt.) , dominés par le glacier de ce nom, franchit le Siedelnbach puis le Tiefenbach, et passe aux chalets de VElmetenalp avant de descendre par de nombreux zigzags à Realp, hameau situé a 1542 mèt. où elle rejoint l'ancien chemin. Les capucins, qui y possèdent une chapelle et uu couvent fondés en 1753, y font le commerce de cabaretiers. Leurs crêpes méritent la réputation dont elles jouissent. —
Une auberge {Miel des Alpes, bon), y a été ouverte.
Au S. de Realp s'ouvre le Muttenthal, vallon étroit qui se bifurque en deux branches conduisant : l'une , celle de l'O., au pied du glacier de Mutten (21 70 mèt.) , qui descend du Lechikom (3053 mèt.), l'autre, celle du S., aboutissant au glacier de Wyttenwasser, qui descend aussi du Leckihorn.
Au-dessous de Realp la route traverse la Reuss près des chalets de Steinbcrg, à peu près parallèle à l'ancien chemin, mais, vers le hameau de Zumdorf (1513 mèt.) , elle s'en sépare de nouveau pour gagner, le long de la rive droite de la Reuss, Hospcnthal (K. R. 177).
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A. Par Bâle. .
617 kil. par Mulhouse, et 736 kil. par Strasbourg. — Chemin de fer.
643 kil. ou 524 kil. De Paris à Bâle (R. 187).
De Bâle à Olten.
38 kil. De Baie à Olten (R. 191).
D'Olten à Lu cerne.
55 kil. Chemin de fer. 5 conrois par jour. Trajet en t b. 40 min. et 2 h. pour 5 fr. 80 c, 4 fr. io c, 2 fr. 95 c.
3 kil. D'Olten à Aarburg (R. 127).
Laissant à dr. le chemin de fer de Berne, on pénètre au S. E. dans la charmante vallée de la Wigger.
8 kil. d olten. Zoflngen (hôt. :
Ilœssli, Octis) , petite V. de 3702 hab. réf., bien bAtie, située à 430' mèt.
sur la rive dr. de la Wigger, une des villes les plus importantes de l'Argovie par son commerce et son industrie.
antiquaires, c'est le
Selon auel
]uoii(ue.'
ïobinium des Romains. Détruite par les Barbares, reconstruite au moyen age,el ese soumit, en 1251, au comte de Habsbourg , et demeura sous la
[ROUTE 165] ZOFINGEN. — SEMPACH.
domination de l'Autriche jusqu'en 1415, époque à laquelle les Bernois s'en emparèrent. La révolution de 1798 l'incorpora au canton d'Argovie.
La bibliothèque de Zofingen, fondée en 1695, renferme des lettres manuscrites des réformateurs suisses, un beau médaillier et une collection de dessins et de tableaux nationaux. Ta place d'armes (der heitere Plati) est à 15 ou 20 mm. de la ville, sur une éminence. Zofingen possède de bonnes écoles et des fabriques qui méritent d'être visitées — surtout celles de coutellerie. — Les étudiants de la société dite de Zolingen s'y réunissent tous les ans. — Les salles de danse de la maison de tir sont établies sur les branches de magni fiques tilleuls.
On laisse à g. (5 m.), xum R cerner b ad, propriété où furent découverts en 1826,
les restes d'une grande villa romaine, ainsi que deux magnifiques pavés en mosaïque, de 130 à 230 met. carrés, des bains, des médailles d'argent et de bronze, des débris d'ustensiles.
On sort du canton d'Argovie pour entrer dans celui de Lucerue, puis on dépasse Adelboden (Terre noble), petit village ainsi nommé d'un magnifique tournois qu'y tint, en 1381 , Léopold d'Autriche. A g., sur la colline riche en fossiles qui domine le village de Wyken, se voient les ruines d'un ancien manoir seigneurial, qui se composait de quatre châteaux séparés par un fossé, et détruits en 1415.
Chapelle de Sempacb.
A dr. oit aperçoit Brittnau, village argovien de 2211 hab. réf.
14 kil. Reiden, v. de 1670 hab.
cath., près duquel se voient encore, sur une colline, les bâtiments d une commanderie de Malte, fondée eu 1331, aujourd'hui le presbytère. — On laisse à dr. Langnau.
16 kil. Dagmersellen (hôt. Lœwe, bon), v. de 2077 hab. cath. , à 487 met. La vallée se resserre. On laisse à g. la route de terre pour contourner le Santenburg (701 mèt.).
19 kil. Nebikon (R. de Willisau à dr., R. 128). A dr. s'étend une plaine marécageuse que parcourt la Wigger.
23 kil.
Wa utcyl.
A droite se montre le petit lac de Mauensee ; à l'horizon se dressent les Alpes de l'Oberland Bernois, la Jungfrau , l'Eiger, le M œ n c h , l'Altels.
30 kil.
S u r s e e (hôt.: Sonne, Kreui) entourée de nu t. sur la
petite V. de 1678 hab., murailles, située à 515 Suhr, à 10 min. env. du lac de Sompach. Les tours, servant de portes r sont encore décorées de l'aigle à double tête de l'Autriche, sculptée <Ians la pierre. L'hôtel de ville, construit dans le style de l'architecture allemande bourguignonne, renferme quelques belles boiseries. — Hors de la ville est un couvent de capucins. — A 10 min.
à TE., la chapelle Mariazell offre un délicieux point de vue.
De Sursee à Aarau, n. li>4.
Le lac de Sempach,dont le chemin
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de fer côtoie la rive ()., a 2 h. de longueur, sur 45 min. de largeur et 507 met. au-dessus de la mer; il nourrit, ainsi que la Suhr qui porte ses eaux dans l'Aare, d'excellents poissons et des écrcvisses d'une grosseur remarquable. De charmantes collines, s élevant en amphithéâtre, et couvertes de prairies, de forêts et d'arbres fruitiers, embellissent ses rives, et, quand le temps est pur, le Riffi, le Pilate et les hautes montagnes des Waldstœtten se réfléchissent avec une admirable netteté dans ses eaux d'un beau vert clair.
On dépasse Oberkirch , v. de 1070 hab. catli., puis un laisse a dr. , sur la colline, le château de Tannenfels.
34 kil. Nolhcyl {1107 hab. cath.).
On laisse à dr. le château de Wartensee, détruit après la bataille de Sempach, et rebâti depuis.
40 kil., Station de Sempach, située sur le bord du lac, à une demilieue au S. de la ville.
Sempach (hot. : Kreus, Adler), V.
de 1084 hab. cath. , dont les anciennes mura Ml s tombent en ruines, sans intérêt, mais célèbre par la bataille qui porte son nom.
Léopold, duc d'Autriche , fils du duc du même nom , battu sept ans auparavant à Morgarten ^R.217), et les nobles de son parti, nourrissaient contre les Suisses des quatre cantons forestiers un ressentiment profond qui n'attendait pour éclater qu'une occasion favorable. Les Lucernois ayant démoli le château de Rothenbnrg . dont le seigneur s'était permis d'établir un nouveau péage . et promettant leur secours aux habitants de l'Entlebuch révoltés contre Pierre de Thorberg . cent cinquantesept seigneurs, ecclésiastiques et séculiers, déclarèrent la guerre aux Confédérés dans l'espace de quelques jours, jurant leur perte et leur ruine totale.
«Leopold, dit Henri Zschokke , suivi d'une armée formidable , d'une troupe nombreuse de chevaliers de la plus haute noblesse, et de troupes auxiliaires de tous ses États, marcha de Baden, par l'Argovie et par Sursee, contre Sempach. pour châtier avec une verge de fer les citoyens de cette petite ville, qui venait de se soumet-
tre aux Lucernois. Il voulait ensuite fondre sur Lucerne. Arrivé près de Sempach. il trouva les bannières des Suisses, rassemblés sur une colline devant la ville. Sans attendre son infanterie, il fit mettre pied à terre aux chevaliers, au nombre de plusieurs mille, parce qu'il craignait que les chevaux ne produisissent de la confusion dans un combat sur un pareil terrain, et leur ordonna de serrer leurs rangs et de s'avancer, semblables à des murs de fer. lances baissées, contre la petite armée des Suisses. La noblesse poussa dos cris de joie , mais le baron Jean de Hasenbourg s'écria : « L'orgueil n'est bon à rien 1 » Léopold répondit: «Ici , dans mon pays, je veux triompher pour mon peuple, ou mourir I »
* C'était le temps de la moisson. Le soleil était haut et ardent. Les Suisses tombèrent à genoux et firent leur prière ; pois ils se relevèrent : quatre cents hommes de Lucerne, deux cents des cantons fores tiers, cent de Glaris, de Zug, de Gersau de l'Entlebuch et de Kolh-nburg, tousse précipitèrent avec fureur contre l'armée de fer, mais en vain; elle fut inébranlable. Les Suisses tombaient l'un après l'autre. Déjà soixante d'entre eux nageaient dans leur sang; tous chancelaient.
• Je vais ouvrir un chemin à la liberté, cria subitement une voix de tonnerre ; fidèles et chers confédérés, prenei soin de ma femme et de mes enfants ! m Voilà ce que dit Arnold Struthan de Winkelried, chevalier d'Un:ci walden. —Il embrasse autant île lances ennemies qu'il peut, les enfonce dans sa poitrine et tomb . Les confédérés se précipitent par-dessus son corps dans l'ouverture de la muraille de fer, écrasant tout sous leurs coups terribles ; les casques et les brassards volent en éclats, les cuirasses brillantes se teignent de sang. Trois fois, la principale bannière de l'Autriche échappa à des mains mourante!»
trois fois , on la relève ensanglantée. La terre est jonchée dès cadavres des nobks Le duc lui-même mord la pou>siére : un homme de Schwyz l'a frappé. Les cheva liers. saisis d'une terreur panique, essayent en vain de prendre la fuite, leurs gens se sont sauvés avec leurs chevaux. Accables sous le poids de leurs lourdes armures, rendues brûlantes par l'ardeur du soleil, ils tombent tous» un à un sous les coups des Confédérés qui les poursuivent.... Telle fut l'issue delà bataille de Sempach. livrée le 9 juillet 1386, tel fut le glorieux résultât de l'héroïsme et du martyre d'Arnold de Winkclried. »