BALE. — HISTOIRE
de Habsbourg, et souche de la branche des princes autrichiens, dont le corps fut transporté à Saint-Biaise en 1770; celle d'Érasme (11536) (en marbre rouge à g. de l'autel); des fonts baptismaux en pierre de 1465; quel-
ques boiseries habilement ouvrées; une chaire d'un travail délicat, datant de 1486; un nouvel orgue de Haas de Lauiïenburg, supporté par le jubé de 1381 et qui a coûté 800000 fr. (l'ancien a été envoyé à Saint-Gall).
DE PARIS A BALE
On en joue, en été, de G à 7 h. du soir, une ou deux t'ois par semaine , 1 fr. d'entrée. — Les vitraux sont modernes (Gsell, à Paris, Eckert et Rœttinger à Munich) — La crypte, où Ton voit des restes de peintures murales, contient fi tombeaux de membres de la famille des margraves de Bade- Durlacb.
Du chœur, un escalier conduit à la salle du Concile, petite chambre basse avec quatre fenêtres goti»iques; parfaitement conservée telle qu'elle était à l'époque où se tint le concile. Un banc de bois, scellé dans le mur et jadis recouvert d'un grossier coussin, en fait le tour. Deux clepsy-ires, qui servirent d'horloges aux prélats, sont accrochées au mur, pr*s des débris de la fameuse danse macabre, qui avait été peinte sur le mur du couvent des Dominicains, démoli en
Il parait résulter des recherches qui ont été faites, que l'usage de peindre sur les murs des cloîtres et des églises une série d'images de la mort entraînant, en dansant, des personnages de toutes les conditions , existait avant le xiv* s. Selon les uns, l'idée de ces peintures fut suggérée par des mascarades; selon d'autres, par la grande dépopulation qu'occasionnèrent les difteremes pestes qui ravagèrent alors l'fcurope. D'après Fa bricius, ces représentations prirent le nom de danse macabre, du poète Macaber, qui, le premier, traita ce sujet bizarre dans des vers allemands traduits en latin par Desrey de Troyes, en 1460. A l'époque du concile de Baie et lorsque la peste désolait cette ville, les pères du concile, voulant laisser un monument instructif de ces jours de deuil , tirent peindre une danse des morts sur le mur du cimetière de Saint- Jacques, aj partenaut aux dominicains. Le nom du peintre qui l'exécuta est inconnu. On sait seulement qu'en 1568 Jean-Hugues Klauder retoucha cette fiesi|ue dont les couleurs commençaient a s'altérer, et
qui, retouchée depuis en 1616, 1658 ei 1703, fut enfin détruite en 1805.— Les vers allemands qui y furent ajoutés en 1568, et qui traduisent les poses et les gestes des différents personnages, ne sont pas moins curieux que les dessins.
Une collection d'antiquite's dv moyen âge a été établie il y a quelques années dans la salle du concile et dans la chapelle Saint-Nicolas. — On y voit une réduction de l'ancien pont du Rhin, un meuble sculpté du seizième sièele renfermant une partie du trésor de l'église, et le fameux Lrllenkcenig (F. ci-dessous) enlevé en 1837 à la tour du pont.
Le concile de Bâle se composait de onze cardinaux, trois patriarches, douze archevêques, cent dix évéques quatre-vingt-dix prélats mitres, six princes séculiers, d'un grand nombre de docteurs, des envoyés de la France, de l'Angleterre, de l'Aragon, de la Sicile, du Portugal, du Danemark, et de tous les princes spirituels et temporels, de toutes les villes, de toutes les universités de l'Allemagne.
Il s'ouvrit le K décembre 1431. Son bat principal était de rétablir la paix et l'unité dans la chrétienté, d'opérer la réforme de l'Église, de mettre fin au schisme des hussites, de réunir les Églises de 1 Orient et de l'Occident. Il siégea dans cette ville jusqu'au mois de mai 1447 , époque à laquelle il fut obligé de se retirer à Lausanne, où il se sépara l'année suivante. Qu'avai t-il fait pendant ce long espace de temps? rien de ce qu'il se proposait. Il s'était montré encore plus hostile au pape qu'aux hérétiques, et plus heureux de reprimer les envahissements du samt-sitge au détriment des libertés de l'Église, qan de défendre contre les acbismatiques la pureté de la foi. Dissous et excommunié parle pape Eugène IV, il s'était permis de le déposer, et de nommer à sa place le duc de Savoie, Amédée VIII, sous le nom de Félix V. Ce qui avait cau é de violentes guerres, du temps d Urbain VI, ne produisit alors que des querellts ecclésiastiques, des bulles, des censures, des excommunications réciproques , des injures atroces. Enfin, sous> le pape Nicolas V. le concile se dissipa peu à peu de luimême, laissant l'Eglise dans l'ordre accoutumé.