‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 597 sur 865 · ROUTE 198] ARENENBERG. — CONSTANCE · texte numérisé non relu

ROUTE 198] ARENENBERG. — CONSTANCE

les châteaux de Hard et de Wolfsberg.

Ce dernier (30 min.) appartient à une famille anglaise et jouit d'une belle vue. — La rive g. est moins pittoresque. Le lac se rétrécit et redevient un fleuve. Au delà de l'île de Reichenau on aperçoit le chAteau de Hegne, ancien rendez-vous de chasse descvêques de Constance. A TE., Constance occupe le premier plan , et quand le temps est clair on distingue les sommets dentelés des Alpes.

Rive g. Gottlieben, bourg d'environ 300 hab., dont le château fort, fondé, dit-on , au x* s. , servit de prison au pape Jean XXIII, à Jean Huss, à Jérôme de Prague et au chanoine zuricois Félix Hœmerlin. qui fut enseveli vivant dans le couvent des carmes déchaussés de Lucerne. Lors du siège de Constance, en 1633, le général Horn y établit son quartier général. Un bailli y résida jusqu'à la révolution, et le prince Louis-Napoléon Bonaparte , l'ayant acheté en 1837, le fit restaurer, puis démolir et reconstruire en partie.

Rive g. T.rgerjnjlcn, joli village dominé par une vieille tour et un cbfltcau moderne. Après avoir dépassé le faubourg Paradies et le couvent de Petershausen, le bateau à vapeur passe sous le pont du Rhin (F.

ci-dessous) et s'arrête dans le port de

Constance (hôt. : Hecht (Brochet) sur le lac, avec une belle ?U8j Adler: Krone ou Pott; Badischer Hof ; Kreuz sur le port ; café Léo, sur la place du

marché; école de natation dans le lac) , ville située sur le lac du môme nom, à l'endroit où le Rhin en sort, pour se jeter, à peu de distance, dans le lac inférieur. Elle ne renferme plus aujourd'hui que "810 hab., au lieu de 40 000 qu'elle comptait autrefois. Un pont de bois la réunit au village de Petershausen et au duché de Bade, dont elle fait partie. L'ancien pont couvert, brillé en 1 856, datait du commencement du xm* s. et portait un grand moulin qui lui avait fait donner le nom de Mùhlenbrucke (pont du moulin). Bien que l'aspect général

de la ville ne réponde aucunement à l'idée que Ton s'en forme lorsqu'on lit son histoire, son agréable position , les événements qui l'ont illustrée et les monuments qu'elle possède encore, la rendent cependant digne d'une visite.

Arenenberg.

Sous le d'Auguste Romains truisirent forteresse,

règne

, les consune nom

mée Valeria, sur le lieu même qu occupe aujourd'hui la vi Ile de Constance. Détruite par les Allemanni, cette forteresse fut rebâtie en U97 par Constance Chlore, qui lui donna son nom, et qui fonda une ville alentour. En 630, Dagobert y transporta le siège de 1 evéché de Windisch. Durant le moyen Age, la nouvelle Constance ou Costnitz, comme on l'appelait alors, fut mise au rang des villes impériales, et. vers le milieu du xv« s. , elle était arrivée à un tel degré de prospérité que sa population totale s'élevait à près de 40 000 habitants. Ses fabriques de toiles jouissaient alors d'une réputation européenne. Mais le concile qui porte son nom, et qui se tint de 1414 a 1418. y attira une telle aftluence d'étrangers (cent mille hommes et trente

mille chevaux), que la cherté des vivres et des logements fit émigrer à Saint-Gall la majeure partie des habitants industrieux.

Au commencement du x vi« s., Constance demanda, mais en vain, à être admisedans la Confédération. La Réformation s'y étant propagée, Berne et Zurich conclurent avec elle un traité de combourgeoisie pour protéger leurs coreligionnaires. Mais ce traite ayant été rompu , le culte catholique fut rétabli à Constance , qui se vit contrainte, en 1559, de se soumettre à la maison d'Autriche. La paix de Presbourg (1B05) l'a incorporée au grand-duché de Bade.

Depuis rétablissement du Zollverein , son commerce et son industrie se sont développés en même temps que sa population.

Son évècbé a été sécularisé en 1802.

« Le premier monument public qui attire forcément l'attention du voyageur, en entrant dans le petit port de Constance, dit M. Viollet-le-Duc , est une douane , bâtie à la fin du xiv" s.; une inscription de l'époque, placée au-dessus de la porte d'entrée, fait remonter sa construction à 1388.

Ce bâtiment est un des plus curieux édifices que l'on puisse voir, car je ne sache pas qu'il existe nulle part une douane aussi aucienne et aussi bien conservée. Le rez-de-chaussée se compose d'une grande salle divisée en trois nefs par deux rangs de poteaux de chône qui n'ont pas moins de quatre-vingt-dix centimètres d'équarrissage. Ces poteaux, coupés en fourchette à leur extrémité supérieure, viennent porter et moiser de fortes poutres, encore soulagées par des corbeaux et sur lesquelles sont posées les solives du plancher. Des chambres s'ouvrent sur cette salle, d'un côté, et sont destinées aux bureaux. A g. de la salle monte un large escalier droit donnant sur le dehors, conduisant au premier étage divisé de même en trois nefs par deux rangs de poteaux moins gros, mais disposés comme ceux du rez-de-chaussée, avec arêtes abattues sur les angles. Dans cette salle du premier étage se tint le concile de Constance eu 1414. Entre autres objets étranges, abandon-

nés depuis des siècles et conservés religieusement dans cet immense magasin , j'ai vu un char de la fin du xv# s., ce que l'on appelait alors un coche ou voiture de voyage....

« Un grand comble couvert en tuiles plates couronne la salle du premier étage; il est accompagné, à sa partie inférieure, d'une galerie de bois en encorbellement , posée comme les hourds des anciennes fortifications ; cette galerie est formée de planches verticales avec couvre-joints, planches qui sont découpées par le bas de façon à former une riche dentelure ; de petites meurtrières, ouvertes de distance en distance, font supposer que cette galerie, donnant sur le port, pouvait au besoin servir de défense.

Au-dessus d'elle, aux deux angles du bâtiment, faisant face au dehors de la ville, sont posées en diagonale et en encorbellement sur les hourds, deux bretèches également tapissées de planches verlieules et flanquant ces angles. Les bretèches pénètrent dans le comble; les hourds en planches de sapin sont intacts et datent dé la construction primitive. »

Dans l'angle situé à l'extrémité septentrionale, du côté du lac , se trouve une espèce de baraque eu boU dont l'entrée coûte l fr. par personne, et où un soi-disant antiquaire montre aux voyageurs des antiquités vraies ou prétendues : — 1° l'ancien trône et le fauteuil du pape Martin et de l'empereur Sigismond, devant lesquels sont rangés des boucliers de croisés; — 2° sur une tribune élevée en face du trône, Jean Huss, Jérôme de Prague et le père Célestin; — 3- la prison dans laquelle Jean Huss fut enfermé; — 4° la belle cassette dorée et ornee de bas - reliefs dans laquelle eut lieu, en 1417, le scrutin pour l'élection de Martin V; — 5° l'autel gothique, le missel (manuscrit de parchemin avec des peintures et des dorures), le calice gothique et la crosse du pape Martin V ; — 6' une statue de grandeur naturelle qui re-

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