ROUTE 198] CONSTANCE. — MONUMENTS
présente Abraham; — 7° une grande urne allemande avec une patère et des images d'idoles; — '8" une idole de pierre ; — 9° de petites statues de pierre et de métal trouvées dans les environs; — 10w une collection de beaux vitraux peints; — 11e une collection de divers objets sculptés ; — 12° une collection de tableaux à l'huile; — 13° enfin une belle vue sur le lac.
Le concile de Constance, personne ne l'ignore, eut pour but et pour résultat de mettre tin au grand schisme d'Occident, en déposant les papes Jean XXIII et Benoit Xlll, et en nom-
mant Martin V. Il jugea et condamna au feu le chef d'une nouvelle secte religieuse qui, adoptant les doctrines de Jean Wiclef, rejetait l'autorité du pape, les indulgences, les excommunications, le culte de la Vierge et des saints, la communion sous une seule espèce. Excommunié par le pape Alexandre V, Jean Huss, recteur de 1 université de Prague, en appela au concile de Constance. Il s'y rendit avec un sauf-conduit de l'empereur Sigismond ; déclaré hérétique, il refusa de se rétracter, et, malgré son sauf-conduit, il fut brûlé vif, en 1415, dans le faubourg Bruhl. On désigne
Gottlieben.
encore la place où il mourut avec un courage admirable, et qui est aujourd'hui un immense verger. On s'y rend par le faubourg du Paradis, dont les habitants (principalement des jardiniers) ont conservé des mœurs et un langage particuliers. — Le 30 mai 1416, son disciple et son défenseur, Jérôme de Prague, fut brillé à son tour au môme endroit. Il montra aussi une noble fermeté.
Une partie des anciennes enceintes fortiliées existent encore avec leurs tours garnies de leurs hourds en bois.
M. Viollet-le-Duc cite entre autres celle qui ferme le pont traversant le
Rhin. Ce pont est couvert, comme la plupart des ponts en Suisse , et la tour est munie de ses défenses du xv" s.
Sur beaucoup de points les anciennes courtines ont été renversées, mais on a eu soin de laisser debout les portes et les tours qui ont, la plupart, conservé leurs couronnements de bois.
La cathédrale {Munster) a été fondée en 10.Y2 et achevée du xni* au xvi# s. Malbeureusement, comme l'a constaté M. Viollet-le-Duc dans ses Lettres d'Allemagne, on s'occupe à la gAter sous le prétexte de la restaurer. « Elle contient, ajoutait-il, une grande quantité de grilles en fer forgé et en
tôle repoussée des xv et xvr* s. d'un très-beau travail ; on les remplace en ce moment (1856) par des grilles en fonte de fer, d'un style gothique, rappelant les modèles exposés sur le quai de la Ferraille, n
La four, réédiflée après l'incendie de 1511, a été surmontée, de 1850 à 1857, par une flèche percée à jour comme celle de Fribourg en Brisgau, mais en grès blanc, sous la direction de Hûbsch. Un écriteau placé près de la porte du S. indique l'entrée. La plate-forme offre un beau point de vue.
Les portes de l'entrée principale de la cathédrale sont décorées de vantaux en chêne sculpté d'un beau travail ; ces vantaux sont divises par panneaux représentant en relief l'histoire de" la Vierge et la Passion de Notre-Seigneur ; l'un d'eux laisse voir dans sa partie supérieure une demifigure d'homme, grandeur naturelle, au bas de laquelle est sculptée cette inscription : Simon Haider artifex me fecit, 1470.
A l'intérieur de la cathédrale nous signalerons : — l'orgue, de 152 i (24 kr. de pourboire), restauré en U;80 dans le style de la Renaissance ; — dans la grande nef, à seize pas de l'entrée, la pierre sur laquelle Jean Huss se tint debout quand on lui lut son arrêt de mort; — dans Tune des chapelles du bas côté S., une Mise au Sépulcre du Christ, par le sculpteur Hans Moring ; — dans la chapelle du bas côté N., les tombeaux de la famille Weller et de l évêque Otto de Sonnenberg ;— dans le bas côté N. du chœur, la Mort de la Vierge, sculpture du xv* s. , et tout auprès un escalier de pierre orné «le sculptures et de statues ; — dans la chapelle à l'E. du chœur, le tombeau de l'évéque Otto III, margrave de Hachberg-Rœteln , mort en 1432, et les tableaux de l'autel ; — dans le chœur, de belles stalles du sculpteur Nicolas Lerch, de Strasbourg, «peintes à l'huile, trois couches couleur cha-
de 1 426 orné de miniatures ; — dans la sacristie, un vieux tableau de 1524 (Crucifixion)* faussement attribué à Holbein , et les écussons armories de 87 évêques qui ont occupé le siège épiscopal de Constance.
« Dans les dépendances, en partie conservées, du cloître de la cathédrale est comprise, dit M. Viollet-le- Duc dans ses Lettres d'Allemagne datées de 1856, une salle capitulaire du xiv* .s. , au milieu de laquelle s'élève un édicule du xnr s., d'un style gothique italien, conservé et reposé là. Cet édicule est un simulacre du Saint-Sépulcre; il se compose d'une rotonde à jour décorée d'arcatures supportées par des colonnettes. A l'extérieur, au pourtour, sont posées, contre les pieds-<iroits , des statues demi-nature d'un beau travail, représentant l'Annonciation .
la Naissance du Christ, l'Adoration des bergers et des mages; au-dessous les douze Apôtres. A l'intérieur (car on peut entrer dans cette rotonde, qui a environ 2 met. de diamètre} sont d'autres statues représentant un ange, les trois saintes femmes venant visiter le tombeau du Christ, avec des cassolettes dans leurs mains :
doux groupes de soldats endormis et un homme costumé en docteur, ayant devant lui une table sur laquelle sont posés deux vases ; il remue quelque chose dans l'un d'eux ; dans sa main gauche il tient une cuiller large et ronde; il est coiffé d'un bonnet carré. Après lui vient une femme qui le montre du doigt à deui autres femmes tenant deux vases fermés. Je laisse à plus savant que mot le soin d'expliquer ce singulier sujet, que je signale à 1 attention des archéologues Ces dernières figures sont comme celles du dehors, demi-nature. •
A l'E. de la cathédrale se trouve l'ancienne Domschule, dans laquelle on peut visiter une collection de peintures sur verre et d'antiquités (1 fr. d'entrée).
mois; » — dans le trésor, un missel \ V église Saint-Ëtienne, fondée an