‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 656 sur 865 · DE GLARIS A LINTHTHAL, ETC. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE GLARIS A LINTHTHAL, ETC. [ROUTE

C'est l'une des sources sulfureuses les plus fortes que Ton connaisse. Le sentier qui y conduit est très -roide et côtoie des précipices. — De l'établissement, on découvre une belle vue sur la Tallée et sur les montagnes voisines.

Parmi les excursions les plus intéressantes des environs de Stachelberg, nous recommanderons surtout la chute du Fxtschbach et du Schreyenbach, la PantenbrQcke , l'Unter-Sandalp, l Oberstaffelbach , l'Ober-Sandalp, et le Bifertengraetli [V. R.222 et 223).

Les guides recommandés pour les excursions de glaciers sont Thomas Thut, Gabriel Vœgeli et Gabriel Zweifel; leurs prétentions sont exagérées.

[L'ascension du Saasberg (très-recommandée) n'offre aucune difficulté, seulement on ne peut atteindre le sommet qu'à pied. On traverse la Linth et le torrent de Durnachthal pour gravir une colline boisée, au delà de (1 h.) un groupe de chalets inclinant ensuite à g. , on continue de monter , tantôt à travers des prairies, tantôt à travers des bois, tantôt sur le flanc de profondes ravines, par une pente roide jusqu'à une clairière, d'où Ton jouit déjà d'une belle vue. Puis le sentier devient de plus en plus roide. — Du sommet du Saasberg (4 h. 30 min.) on découvre un vaste panorama; à ses pieds la vallée de la Linth et la chaîne rocheuse qui domine Stachelberg ; à l'E., le Kœrpfstock et le Butzigstock qui cache les montagnes de la haute vallée de la Sernft, au N. 0., le Glaernisch qui domine Glaris. Au S. s'élèvent les Clarides, avec leurs glaciers, le petit Tœdi , le Selbsanft, le Bifertenstock et le grand Tœdi, dont le sommet dépasse tous les autres, à l'exception du Titlis et du Wetterhom, qui se dressent dans le lointain, au delà du col de Klausen.

L'ascension du Kammerstock ne

demande pas plus de 4 h. Elle a été décrite, dans les Berg- und Gletscherfahrten, par M. Melchior Ulrich qui

gravit cette montagne, en 1858, avec les guides Madutz de Matt et Thomas Thut de Linththal. — On remonte d'abord la rive g. de la Linth , puis, après avoir traversé le Flatschbach, aux belles cascades, on monte en 3 h.

aux chalets les plus élevés de lalfammeralpy d'où un sentierplus roide conduit au sommet (1 h.). Le Kammerstock est le contre-fort extrême de la chaîne qui , reliée aux Clarides par le Geinsfayrenstock (V. ci-dessous), sépare les vallées de la Linth et du Fœtschbach.

Il se compose de trois sommets, dont le plus élevé, celui du milieu, a 2126 mèL On ne voit bien qu'une seule vallée, celle de la Linth jusqu'à Mitlœdi , mais on découvre un trèsgrand nombre de montagnes qui séparent les quatre bassins delà Linth, de la Sema, du Rhin et de laReuss; on remarque surtout le Mûrtschenstock, le Kœrpfstock, le Hausstock, le Ruchi, le Selbsanft, le Bifertenstock, le Tœdi, les glaciers et les montagnes du massif des Clarides. L'échancrure du col de Klausen laisse apercevoir au loin les Spannœrter, le Titlis et le Schlossberg. Au N. la BraunwaldaJp et le Glaernisch bornent ce beau panorama, reproduit par M. Studer, en 1854, avec sa fidélité ordinaire; on en voit un exemplaire dans la salle à manger de l'établissement de bains de Stachelberg.

On peut, comme M. Melchior Ulrich, descendre du Kammerstock aux chalets de Bxrenboden et faire de là en 5 h. (8 h. de Stachelberg) — on laisse à g. le Malor (19% met.) , séjour favori des chamois qui trouvent de vastes pâturages sur son sommet, — l'asceosion du Gemsfayrenstock (2%7 mèt.), d'où la vue est encore plus étendue que celle du Kammerstock; on y découvre surtout mieux les vastes champs de glace des Clarides. Si l'on redescend aux bains, on traverse une belle forêt au-dessus du Schreyenbach.]

De Linththal ou des bains deSUcheJberg àSchwyi, par le Bisithal, B. 176-,- à

[ROUTE 222] LE SAASBERG. — LES CLARIDES.

Altorf, par leKlausen, R. 178;— àÀrasteg, I par les Clarides, R . 221 ; — à Dissentis ou à Trons (ascension du Tœdi), par le Sandgrat, ou la Porta da Spescha R 224 ; — à llanx, par le Kistengrat, R. 223 ; — à l\Eueli, à la Pantenbrucke, à la Sandalp inférieure , et à la Sandalp supérieure, R. 223.

PAR LES CLARIDES.

lô à 18 h. — Course difficile , et même dangereuse-, bons guides nécessaires; on recommande Trœsch du Maderanerthalt Stniff et Stûssi de Linththal. — N. B. On peut coucher dans le Maderanerthal aux chalets de Waldibalm, petite auberge à S lits.

Les Clarides {Claridengrat) , qui, s'étendant de TO..S. 0. à l'E.N. E., parallèlement à la chaîne du Tœdi, forment un massif remarquable pour sa beauté et l'étendue de ses glaciers, séparent les trois bassins du Rhin, de la Linth et de la Reuss. Une arête transversale, le Claridenfirn, vaste plateau de névé irrégulier, les relie au Tœdi, entre le Claridenstock et le Catscharauls. Leurs principaux sommets sont la petite WindgeUe, ou Seevelistock ( Grosse WindgeUe dans le Maderanerthal ) , la Grosse WindgeUe (Kalkstock , dans le Maderanerthal), le Gros Ruchi (AJpgnoferstock dans le Maderanerthal), le JOetn Ruchi ou Bockzingel ou Zingelstock ou Kalkschye, le Scheerhorn , le Kammlislocky le Claridenstock et le Gemsfayrenstock. Hegetschweiler en 1819, 1820, 1822, M. Melchior Ulrich en 1859 et 1860, et le Schweizer Alpenclub en 1863, ont étudié avec détail ce groupe intéressant.

Des bains de Stachelberg à la Sandalp supérieure par la Pantenbrûcke (K. R. 223.)

Des chalets de la Sandalp supérieure , on a le choix entre deux di-

| rections différentes pour atteindre le Claridengrat.

Par la première on s'élève dans le vallon du Beckibach entre le Geissbûtzistock et le Zutreibistock (2648 met.), et l'on monte en 1 h. 15min.au Claridenfirn, glacier en pente douce et facile, par lequel on gagne en 3 h. le Claridengrat, entre le Claridenstock (3264 mèt.) et le Vorder Spitzaelpelistock (2925 mèt.).

La seconde, qui est plus courte et qui n'est autre d'abord que celle du Sandgrat, dont elle ne se sépare qu'en deçà du glacier de Sand, s'élève le long de l'Ober Staffelbach, suit tantôt le glacier, tantôt le rocher, en passant de l'un à l'autre, et débouche sur le Claridengrat (3 h 15 min.

env.), après avoir gravi une sorte de ravin profond qui contourne le Hinter Spitzœlpelistock (3000 mèt. env.) entre ce sommet et le Catscharauls (3063 mèt.). On se trouve alors sur l'immense champ de névé, compris entre le Scheerhorn, le sommet le plus élevé des Clarides (3296 mèt.), le Kammlistock (3234 mèt.), le Claridenstock (3264 mèt.) le Vorder Spitzaelpelistock (2925 mèt.) et le Catscharauls. C'est de ce champ de névé que descendent, à TE., le Sandfirn, d'où découle un affluent du Sandbach ou Linth, et deux autres glaciers plus considérables, le Claridenfirn auN.E., qui alimente le Walenbach, tributaire delà Linth, et le glacier de Hùfi, (à l'O.), réservoir principal du Kaerstelenbach ou torrent du Maderanerthal, affluent de la Reuss à Amstaeg.

[Du Claridengrat, on peut faire l'ascension du Clarldenitoc*, soit par le versant E., soit par le versant S. 0. . en 2 h. 30 min. ou 3 h. — Par le versant E. , l'ascension est beaucoup plus difficile. Il faut tailler des pas dans la glace, et, en approchant du sommet, on rencontre des passages dangereux. Par le versant S. 0. , on peut atteindre le sommet par des ravins où souvent l'on ne trouve pas de glace.]

Du Claridengrat on descend par les terrasses successives du glacier de

Hilfl (2 h. env.), qui se resserre peu à peu entre les contre-forts du Scheerhorn et la chatne qui réunit le Catscharauls au Dûssistock (3262 met.). Le glacier de HUA est l'un des plus remarquables de la Suisse. « 11 ressemble surtout au glacier de Ried dans le Valais, dit M. Melchior Ulrich dans les Berg und Gletscherfahrten. Que Ton s'imagine un fleuve large d'un bon quart de lieue, se précipitant en rapides jusqu'à une profondeur de 300 met. ; que I on se représente les tourbillons, les cavernes qui se creusent dans le tumulte des flot», les jets d'eau que projettent les chocs des courants, puis que Ton solidifie tout cela par la pensée, on aura une image du glacier de Hùti. »

On peut alors, soit incliner sur la g. et suivre les bases du Possistock, comme Vont fait en juin 1863 MM. W. F. Short, Morshead et Moorc avec les guides Christian Aimer, Peter Herrn et Moritz Andermatten, soit se rapprocher de la base du Scbeerhorn, comme l'a fait en 1859 M. Melchior Ulrich avec les guides Thomas Thut et Albert Zweifel. En suivant ces deux directions, on évite la dernière cascade de glace du glacier de HQfi par laquelle on ne pourrait descendre. Par le premier chemin, beaucoup plus court, mais ei posé aux avalanches du Dûssistock, on gagne en 1 h. à travers un dédale de crevasses les rochers que domine le Dûssistock, puis en 20 min. le chalet de la Hûfialp, d'où Ton descend en 1 h. par les rochers en longeant la base du Hûfistock, contre fort du Dûssistock, jusqu'au pied du glacier. On franchit le Lammerbach près d une belle cascade, et l'on dépasse le gros bloc de rochers qui, situé à l'extrémité du glacier de Htifl qu'il barre complètement, marque le progrès ou la diminution du glacier, selon qu'il est plus ou moins couvert par la glace, et qu'il s'élève plus ou moins au-dessus de son niveau. De cet endroit il faut encore 45 min. jusqu'au jhalet de Waldi-

balm. Par le second on suit les contre-forts du Scheerhorn, du Bocfczingel et du Hohenschye, puis on traverse le glacier dans un endroit comparativement praticable, au-dessous de la grande cascade de glace, et on rejoint (2 h.) le premier chemin non loin de la Hûfialp. — Des chalets de Waldibalm (R. 236) on compte 2 h. 45 min. env. jusqu'à Amstaeg.

Les notes suivantes m'ont été communiquées par M. F. F. Tuckett.

20 août 1864. — Parti du chalet de Waldibalm; au glacier Hûfifirnen 2 h. 1/2. — Au col des Clarides, 3 h — Brouillard. — Passé par le glacier des Clarides à TAltenoren. — 2 h. au pied du glacier. — 45 min. Altenorenalp. — Descente facile , belle vue du Tœdi. — 45 min. vallée de Walenbach. — 45 min. Stachelberg.

22 août. — Départ de la Grunhornhùtte. — 30 min. au pied delaSchnee Rosr. — 45 min. Hegetschweilers Platte. — Brouillard. — Renoncé au Tœdi. — 1 h. 15 min. col de la Porta da Spescha entre le Stockgron et le Piz Mellen. — 40 min. sorti de la neige. Belle vue. — 50 min. Chalets de Russein. — 1 h. 45 min. Route de la vallée du Rhin. —45 min.

Dissentis.

ASCENSION DE TŒDI.

A. Ptftol

12 h. — Cette course , difficile , oe doit être entreprise que par des personnes habituées déjà aux montagnes et aux glaciers.

De Linththal, ïm Matt, ou des bains de Stachelberg, on se rend d'abord à Linththal, Im Dorf. Traversant alors des champs, des prairies, et Auen gùter, ham., on trouve, au pied de la paroi escarpée du Gnùswand, les

[ROUTE 223] LA PÀNTENBRÛCKE. — LA SANDALP. 733

deux belles sources appelées Gùtlibrunnen, qui forment, à l'endroit où elles jaillissent, un ruisseau d'une admirable pureté, et qui passent pour l'écoulement souterrain du Muitensee. Le professeur Simler [Der T<rdi- Rusein) croit que les eaux de ce lac s'écoulent plutôt par des canaux souterrains vers le Limmernthal (R.224).

De l'autre côté de la Unth, on aperçoit (40 min. env.) la belle cascade du FseUchbach, qui tombe de PUrnerboden, dans une gorge boisée. Àu delà du petit bois d'aunes et d'érables de /m Gnùs, où jaillissent les belles sources Saint-Félix et Régula, on arrive (1 h. 15 min.) en face de la cascade du Schreyenbach (aub. Im Stalden, où cesse le chemin de mulets) tombant de 70 met. du Kammerstock, et formée par les ruisseaux de Fissmatt et de Schreyen, qui descendent des glaciers de l'Altenoren, (elle mérite un détour.) — Quelques minutes plus loin, au delà de Thierfeld, en franchit la Linth, que l'on voit sortir à 30 min. environ d'une gorge étroite et sauvage dominée en face par lapyramide colossale du Selbsanft, A dr..

par l'Altenorenstock,à g. parle Baumgartenwand, sur le tlanc duquel le Wildwùssibach se précipite en cascades (un bon hôtel pension, trop cher au début, Zum Tœdi, a été ouvert en 1863, sur la rive dr. à l'endroit où le sentier traverse le torrent). Une montée escarpée, au milieu des débris de rochers du Vorderkinzenhorn, suivie d'une petite descente, aboutit à la

(2 h. 30 min.de Linththal) Pantenbrûcke, pont d'une seule arche jeté, à 65 ou 66 met., au-dessus de la Linth , appelée le Sandbach (ruisseau du sable, elle dépose, en effet, beaucoup de sable dans la vallée), à 903 ratM.

d'alt. Le pont, détruit par une avalanche en 1852, a été dernièrement reconstruit. — N . B. En descendant de la Pantenbrûcke à Linththal, on découvre de magnifiques points de vue sur la vallée.

Après avoir traversé la Panten-

brûcke, dans les environs de laquelle on trouve la Malaxis Monophylla, plante rare, on monte en 30 min. sur des rochers à la terrasse d' Ulli ou JEuli, couverte de délicieuses prairies. De deux cabanes souvent visitées par les baigneurs de Stachelberg, on jouit d'une vue admirable sur le Tœdi, qui se présente peut-être sous son aspect le plus majestueux. — On franchit le Limmernbach, qui sort d'une gorge profonde et pittoresque. — D'après M. Escher, on peut, en hiver, quand le Limmernbach est gelé, ou à sec, en remonter la gorge et se rendre en 3 h. à Brigels dans les Grisons, par le Limmernboden, en évitant le Kistenstœckli. Par le Kistenstceckli, il faudrait 8 h.

Le sentier, laissant à g. le chemin du Kistengrat (R. 224), s'engage dans une forêt de hêtres, puis traverse le Sandbach, au-dessus de son confluent avec l'Altenorenbach ou Walenbach, presque vis-à-vis d'une superbe source, qui jaillit entre les racines d'un hêtre. Une montée roide aboutit ensuite à un plateau qu'ombrage une forêt de hêtres ; on y trouve en abondance le Rhododendron hirsutum , et l'on y jouit d'une vue semblable à celle de l'yEuii. Les innombrables cascatelles dir Rhœtibach attirent surtout les regards. Le chemin gravit alors une pente couverte de débris.

A 1 h. 30 min. de la Pantenbrûcke, on atteint la Sandalp inférieure ou Unler Stafel ( 1250 mèt. d'alt. );on y fait, en général, une halte près de trois jolies sources qui sortent du gazon au pied de blocs de rochers domines par les versants du Zutreibstock ; à l'E. et au S. , le Selbsanft se dresse dans toute sa majesté. La Sandalp inférieure a 2 lieues environ de longueur sur 45 min. de largeur. La vue y est bornée par l'Ochsenstock. — Traversant le Sandbach, on s'élève par un sentier en zigzag très-escarpé, à un petit pont sur lequel on franchit le Bifertenbach, qui fait une chute d'une hauteur consi-

dérable. Non loin de là, trois ruisseaux forment, en se réunissant, le Sandbach. - Ce sont : à l'O. , roberstaflelbach; au S., le Rœthibach, qui descend , par le Rœthi , du glacier septentrional du Tœdi ; au S. , le Bifertenbach, qui tombe du glacier de Biferten.

[On peut de là gagner (3 h.) par la Bifertenalp, le chalet construit en 1863 par le Club suisse au Grûnhorn. y passer la nuit et faire l'ascension du Tœdi ( V. cidessous). Ce chemin, qui est le plus court, offre, en outre, un riche butin aux botanistes.]

Après avoir traversé le Rœthibach, le sentier gravit VOchsenblanken, pente gazonnée d'une roideur extrême (45 degrés env.); à mi -hauteur, tombe une cascade du Sandbach, haute de 20 à 30 met., et semblable à celle du Reichenbach, dans l'Oberland Bernois. A peu de distance, le Beckibach fait une chute de plus de 100 mèt. de hauteur.

A 2 h. de la Sandalp inférieure, 4 h. 30 min. à 5 h. de Stachelberg, on atteint la Sandalp supérieure Ober Stafel ( 1938 met. d'alt.), où se trouvent quelques chalets habités pendant un ou deux mois de Tannée seulement, et d'où Ton peut aussi faire l'ascension du Tœdi (F. ci-dessous). On y est entouré de montagnes colossales. On remarque surtout, au N.,les mers de glaces des Clarides et le Geissbûtzistock; à l'O., le Spitzœlpelisiock; au S. O., le glacier de Sandfirn et le Catscharauls; au S., le petit Tœdi ou Crapglarun, le Stockgron (Piz Russein de la carte de l'Etatmajor) et le Tœdi.

Les touristes, qui ne monteront pas au Tœdi ou qui ne tenteront pas de passer un des cols voisins, pourront, de T Un ter Sandalp, monter jusqu'à l'extrémité inférieure du glacier de Biferten, digne d'être compare aux plus beaux glaciers des Alpes, gravir l'Ochsenstock et redescendre à l'Ober Sandalp (4 h. 30 min. env.) par les pentes du Rœthi.

Il faut 3 h. environ pour monter de la Sandalp supérieure au Sandgrat, élevé de 2807 mèt. On passe sur un escarpement occidental du Tœdi, entre le petit Tœdi, appelé, par les Grisons , Crapglarun (Glarnersiein , 3070 mèt.), et le Catscharauls (3063 mèt.). Du point culminant, on découvre une vue magnifique : à 1*E. et à l'O., sur les glaciers et les pics des montagnes voisines; au S. et au N.. sur de profondes vallées. On descend, en 1 h. 30 min., à Talpe grisonne appelée Russein ou Fùrsten (R. 229).

De ce point à (2 h. 30 m. à 3 h.) Dissentis ( V. ci-dessous et R. 229, excursions de Dissentis) ou à Trons (R 229).

B. Par la Porta de SpMCba.

Course de glaciers difficile — 1 9 h. ent. - Il faut coucher auxchaleta de Russeii

De Dissentis aux chalets de Russe* (3 h. env.) ( V. R. 229). — En sortant des chalets, le chemin monte p£ des pentes herbeuses roides à des pâturages étagés en terrasses et terminés au nord par des rochers auxquels succèdent des éboulemcnts. On s'élève ainsi (4 h. des chalets) à un ravin profond occupé par un petit glacier, entre le Piz Mellen (3379 mèt à g. et le Stockgron (3478 met.) àdr Le Stockgron est probablement I?

Piz Rusein de la carte de l'Eu; major. On découvre une belle vue sur le Piz Cavardiras, le Piz Ault et 10beralpstock. Il faut encore envirec 1 h. 30 min. pour parvenir par 1* ravin dont nous avons parlé jusqu'au col appelé Porta da Spescha ec Thonneur du P. Placidus à Spescte qui y parvint le premier en 1824 avec Augustin Bisquolm de Dissentis et Curchellas de Trons. Ces deux chasseurs, quittant le P. Placidus, auraient môme, à ce qu'on assure, fait de là l'ascension du Tœdi.

Du col, au milieu duquel s'élèv?

une petite pointe de rochers, on àè-

LE TŒD1

couvre tout à coup le Piz Urlaun, le Bifertenstock, le glacier de Biferten et le Tœdi. On est à peine dominé à g. par le Piz Mellen dont on peut faire l'ascension en quelques minutes. — Pour gagner le Linththal, on passe au-dessous du Piz Mellen, on côtoie les pentes de glace roides qui descendent du Bleisasverdas (3424 met.) et on gagne le glacier de Biferten par lequel on descend jusqu'à l'Unter StaflTelalp en suivant le chemin ordinaire du Tœdi (F. ci-dessous). De là on descend aux bains de Stachelberg (10 à 11 h. env. du col, soit 15 h. 30 min. à 16 h. des chalets de Russein).

Ascension du ToedJ.

Course difficile. — Guide et précautions nécessaires.

1* De la Sandalp supérieure on peut faire, en 9 ou 10 h. (descente en 6 h. 45 min.) , l'ascension du Tœdi ou Dœdi, la plus haute cime des Alpes Glaronnaises, située sur la frontière du canton des Grisons. — N. B. Il vaut mieux aller coucher à la cabane construite par le Club suisse, au Bifertengraetli ou Grûnhorn, à 3 h. des chalets de l'Ober StaflTelalp, au-dessus du glacier de Biferten.

La sommité antérieure ou septentrionale, le Tœdi proprement dit, a été gravie pour la première fois, après - plusieurs tentatives inutiles, par trois bergers du Linththal, Bernard Vœgeli, Gabriel Vœgeli et Thomas Thut, le 10 août 1837, et, le 18 du même mois, par M. Dûrler, de Lucerne, accompagné de ces trois hardis montagnards. Depuis, le Tœdi n'a été gravi que 6 ou 7 fois et toujours du côté du S., les pentes septentrionales étant tellement roides, que la neige peut à peine y adhérer. Le professeur Ulrich, qui a fait l'ascension du Tœdi, partit des chalets de la Sandbach supérieure, et, se dirigeant à PE., gravit le mamelon de la Hœih, contourna un petit lac, traversa le Rœthibach. passa

au-dessous de POchsenstock , et le long de la base orientale du Tœdi.

S'engageant ensuite sur le glacier de Biferten, où se trouvent çà et là des plaques de neige rouge (F. 17rtfroduction), il atteignit le glacier du Tœdi , et , laissant à g. le Piz Rusein, il parvint enfin sur le sommet du Tœdi, haut de 3623 mèt. Il avait ainsi fait presque complètement le tour de la montagne.

Le second sommet, qu'il ne faut pas confondre avec le Pix Hussein (3478 mèt.) de la carte de PÉtat-major suisse, qui porte, dans le pays, le nom de Stock gr on, s'appelle Pix Roseiny ou Russein ou Roschein. Il a été gravi pour la première fois (7 juillet 1861) par le professeur Théod. Simler, qui a publié le récit de son ascension dans le rapport annuel de la Société d'histoire naturelle des Grisons et dans le Tœdi-Russein. Ce savant , qu'accompagnait M. George Sand, de Saint-Gall, avait pour guides H. Elmer de Matt et Gabriel Zweifel de Linththal. Parti, à 2 h. du matin, de la Sandalp supérieure, M. Th. Simler avait déjà gravi le Rœthi et se trouvait sur POchsenstock, à 4 h. 30 min. ; à 5 h. il déjeunait sur le Biferlengrœtli ou Grûnhorn y où une hutte confortable a été bâtie pour les touristes, et il atteignait, à 6 h., le glacier de Biferien. A 8 h., après avoir longé la base de rochers dans un ravin, appelé Schncerose, où tombent parfois de grandes masses de glace, et après avoir gravi le Gelbe Wond, il avait atteint le plateau calcaire où Hegetschweiler s'arrêta lors de ses tentatives de 1820 et de 1822, et d'où l'on aperçoit déjà le Piz Urlaun, le Stockgron et 'e Bleisasverdas. M. Th.

Simler a donné à ce plateau le nom de Hegetschweilers Plntte. A partir de ce point, les difficultés de l'ascension deviennent moins grandes. A 9 h., l'expédition s? trouvait au pied du Stockgron; là, le glacier tourne au N. ; les voyageurs, remontant dans 'cette direction, aperçurent, à partir

de 9 h. 30 min., les innombrables pics glacés du canton des Grisons.

1^ massif du Tœdi se compose de trois sommets disposés en triangles :

le Sandgipfel (3418 mèt.), le plus septentrional et le plus bas ; le Tœdi proprement dit, que l'on aperçoit du Linththal, et le Piz Hussein, un peu plus élevé que le Sandgipfel et situé plus à l'E. Arrivé sur le plateau d'où s'élèvent le Tœdi et le Piz Russein, M. Simler, laissant à g. le Tœdi, d'un accès très-facile, fit l'ascension du Piz Russein, qu'il atteignit à 11 h. (9 h. de la Sandalp supérieure, y compris les haltes) par une arête assez étroite. Le sommet était un plateau de neige elliptique où vingt hommes tiendraient à peine et d'où l'on embrasse un immense panorama, le plus beau, selon M. Simler, que puissent offrir, en Suisse, les montagnes aussi élevées que le Russein et, en particulier, le Tœdi lui-môme. On aperçoit, en effet, toutes les Alpes centrales, de l'Ortlerspitze au lac de Constance, du lac de Constance au Mont-Blanc et au Mont- Rose. Au N., l'horizon n'est bordé que par le Jura, la Forêt-Noire et les Alpes Wûrtcmbergeoises.

De nombreux glaciers couvrent les flancs du Toedi ; on remarque surtout le Vorder-Tœdifirn, le Mittel-Tœdifirn et le Hinter-Tœdifirn. — Les cimes du Tœdi restent illuminées au coucher du soleil, une heure plus tard que les montagnes environnantes.

Du Piz Hussein, il faudraitune demiheure environ pour gagner le Sandgipfel, situé à 200 mèt. plus bas, et 20 min. pour faire l'ascension du Tœdi proprement dit.

2° Par la Porta da Spescha (cette route est plus facile et moins dangereuse que la précédente). On peut faire l'ascension du Tœdi en partant de Dissentis , ou des chalets de Russein ( V. R. 229) (3 h. de Dissentis), et eu montant à la Porta da Spescha (5 h. 30 min. des chalets) (V. ci -dessus. De là, aprî-s avoir bientôt rejoint le chemin du Tœdi,

décrit ci-dessus, on arrive au sommet en 1 h. 45 min. environ {V. ci-dessus) .

Ascension du Scheorhora.

4 b. env. en partant de la Kammlialp. — 5 h. 30 min. en partant de la Hûfialp.

À. ParleSchaechenttaalet la Kammlialp.

On doit forcément coucher au chalet de la Kammlialp (2100 mèt) situé au-dessus de la belle cascade du Staubi que l'on admire, en passant le Klausen. De là on gravit le glacier de Gries en suivant le pied du Kammlistock (2990 mèt.) et on monte à la Scheerhornlûcke (2825 mèt.), sorte de col qui sépare le Kammlistock du Scheerhorn au pied duquel on se trouve alors. Par des pentes de glace très-roides (il faut s'attacher à la corde et tailler des pas) on s'élève jusqu'au sommet (4 h. à 4 h. 30 min.). Cette ascension a été faite pour la première fois le 9 août 1842 par M. Hoffmann. — On j)eut redescendre par la Scheerhornlûcke sur le glacier de Hûfi. {V. la route B.)

B. Par le Maderanerthal et la Boflelp.

Du chalet de la Hûfialp (F. R. 222) on se dirige directement sur le contrefort K. du Scheerhorn, que l'on atteint en 2 h. 15 min. en traversant le glacier de Hûfi. De là, en remontant le glacier roide qui suit ce contre-fort, il faut 1 h. 30 min. env. pour s'élever jusqu'à la Scheerhornlûcke, où l'on rejointla route précédente et d'où l'on aperçoit leSchœchenthal. De ce point jusqu'au sommet, 1 h. 30 min. sont encore nécessaires. Cette course a été faite le 12 août 1863 par M. Fininger avec les guides Joseph Maria Trœsch de Silenen et Ambrosius Zgraggen d'Amstœg.

Ascension du Vorder Selbsanft.

L'ascension du Vorder Selbsanft a été faite pour la première fois le 15 août 1863 par M. Ha user avec les guides Henri et Rudolf Elraer. — Il faut coucher à la Nûschenalp d'où

[ROUTE 224] LE BIFERTENSTOCK. — LE KISTENGRAT. 737

Ton descend dans le Donnera thaï, Après avoir suivi quelque temps le Limmernboden en se dirigeant vers le glacier de Limmern, on s'élève à dr.

sur des rochers et des éboule ments au (4 h. 30 min. environ) glacier de Gries (26!)3 mèt.). De ce point, il faut encore 1 h. 30 min. pour monter jusqu'au Vorder Selbsanft ( 2749 met.) d abord par le glacier de Gries, puis par un glacier sans nom qui y fait suite, enfin en gravissant une dernière muraille de rochers trôs-roide. Au sommet la vue est limitée.

do Blfertenstock.

Cette ascension a été faite pour la première fois, le 7 septembre 1863, par M. A. Roth, avec le guide H. Elmer. — On va coucher à la Rinkenthalalp (1984 mèt.), d'où l'on atteint en 3 h. 30 min. le Kisten Pass [V.

R. 224). Là, inclinant à l'O., on suit, au-dessus du Frisalthal , la longue chaîne de rochers qui s'étend du Kisten Pass au Bifertenstock. Pendant l h. 45 min. le chemin est assez monotone jusqu'à une sorte île col d'où l'on découvre les cantons do Glans et le canton des Grisons. De ce col on s'élève en 1 h. 30 min. au glacier qui descend du sommet (3425 met.) que l'on atteint en 45 min. (7 h. 30 min. des chais ts). — On se trouve entre les glaciers de Bifertcn, de Gries, de Frisai et de Puntaiglas, et l'on jouit d'une belle vue, très-étendue.

PAR LE KISTENGRAT.

A Trons, 11 h. 3o m.à l'i h.; — [a Ilanz, 13 h. — Course difficile — Bon gui-le et beau temps nécessaires. — .V. li. On peut coucher à Brigels. — Les distances indiquées ne sont pas garanties.

2 h. 30 min. Pantenbrûcke (R. 223).

De la Pantenbrûcke, on monte à l'alpe Baumargten (15 mi 1 1.) — où aboutit

SU ISS I

| aussi, d'Auengûter (R. 223). par le Tritt, un chemin escarpé, — et d'où l'on découvre une belle vue sur la vallée de la Linth et les montagnes qui la dominent. On gravit alors (1 h. 30 min. (?) le versant O. du Nûschcn (2887 met.). Deux chemins conduisent de la NQchsen Alp h la (1 h. 30 min.) Muttenalp. — Le plus commode, plus long d'environ 1 h.r monte, contre le Nûschenstock, sur le Muttenstock, au Muttsec. Ce petit lac, de 30 min. de circonférence, est situé entre le Nûschenstock (2887 mèt.) et les escarpements schisteux du Ruchi (3117 mèt.), à 2442 mèt. dans un enfoncement solitaire, entouré toute l'année de neige et de glace, et l'eau qui s'en écoule se perd à peu de distance dans un entonnoir naturel pour

| aller, suivant les uns, alimenter les superbes sources de GOtlibrunnen

l ( H. 223), suivant les autres, débou-

' cher par des caniu* inconnus dans la vallée du Limmernbach. — Le plus court des deux chemins, que l'on doit bien se garder de suivre, si l'on n'a pas la tête et le pied sûrs, monte au llohloch, et rie là, par des éboulis, ;\ la Muttenalp. le Hohloch est une espèce de fenêtre . percée dans un ro-

! cher calcaire, si étroile qu'une seule personne peut y passer à la fois, et par laquelle on voit au-dessous de soi la gorge profonde du Limmerntobel.

Delà Muttenalp, on monte au (30 min.) petit glacier de Kisten que l'on traverse en 30 min., puis, sur des amas de rochers escarpés, presque toujours couverts de neige (mt), au (1 h.

15 min.) Kistengrat qui forme les limites des cantons de Claris et des Grisons (2500 mèt. ) et que dominent, au X.,de puissants contre-forts du Ruchi, au S. le Kistenstœckli ( 2749 mèt.) . « L'antique légende d'après laquelle on entend une musique céleste, sur les hauteurs solitaires du Kistengrat et de la Sandalp, dit le professeur Théobald [Das Bùndner Oberland), redevient populaire et de nouveaux observateurs prétendent avoir, eux aussi,

DE SCHWANDEN A ILANZ. [ROUTE 22 b,

entendu ces accords féeriques; ils expliquent, il est vrai, le phénomène en comparaut à une harpe éolienne les débris de rochers et les blocs de schiste à travers lesquels s eugouffre le vent. - De ce col triste et sauvage où Ton passe du bassin de la Liinmat dans celui du Rhin Antérieur, on descend, par une pente roide, en 2 h., à une belle source près des chalets de la Rubialp, ou Robialp, et, par de beaux pâturages à (2 h. 15 min. ) Brigels, en roman, Breil (aub. chez Capaut, bonne, bons guides), v. de 905 hab. tous romans, bati à 1300 mèt. environ d'alt., au pied du Kuhraattenberg, sur une terrasse exposée au midi, sous un climat comparativement chaud, près de la Flum, torrent qui arrose la vallée de Frisai. — Nombreuses chapelles. — Très-belle vue sur les pics et les glaciers qui séparent le Rhin de la vallée de la Linth ; le plus remarquable de ces pics est le Brigelserhorn ou Piz Tumbif (3217 mèt.) qui, de loin, semble inaccessible, mais qui, paraît-il, a été gravi jadis par des habitants de Brigels et par le curé de Schlins. On traverse ensuite, au delà du torrent du Val Caschina, les hameaux Dardin et Capedcr, puis, au delà du torrent du Val Pleunca, Srhlaîis (1177 mèt.), v.

de 159 hab. cath. et romans, dans les environs duquel se voit encore l'ancien château féodal. De ce village, d'où Ton découvre une vue magnifique sur la vallée du Rhin Antérieur, on descend en 1 h. à Trous (R. 229).

Si l'on veut gagner à Ilanz, on descend de Brigels à (1 h ) WaUenstburg, ou Ouors, v. de 416 hab. protestants et de langue romane, situé à 1110 met. au confluent de la Flum et du Sadralbach, et possédant, dans les environs, les mines des trois châteaux de Grùnfels, Yogctburg et Kropfenstein. Bientôt on voit s'ouvrir à g.

les gorges de Panix, où court le torrent de Schmuer, descendu des montagnes du col de Panix (R. 225). C'est par ces gorges que Souwarow, fuyant

devant les Français, vainqueurs à Zurich, déboucha dans la vallée du Rhin (R. 225). A 45 min. ou 1 h. de Waltensburg , on descend dans la plaine du Rhin, à l'endroit où vient se jeter dans le fleuve le torrent que Ton a suivi depuis l'alpe Rubi et qui a contourné la montagne de 945 mèt d'alt. appelée en roman Saint Gieii.

en allemand Jœrgenberg. Sur cette montagne se trouvent les ruines d'un château féodal. — Du point de jonction à (1 h.) Ilanz (R. 229).

DE SCHWANDEN A ILANZ.

A. Par la ool de Panix.

1 1 h. à 11 h. 30 m.— De Schwanden à lia excellente route de voitures. Roufe àt mulets d'Elm à Ilanz. Guide nécessaire-

A Schwanden , la vallée de la Luvi se divise en deux branches. La hmche g. ou E., qui s'ouvre entre te Gandstock (2317 met.), dont Yesaspement le plus occidental s'appelk Plattenberg, et le Fœssis 2023 mèt } prend le nom de Sernftthal, à eau* de la Sernft qui l'arrose; mais of Tappelle aussi Klcinthal, ou Petite- Vallée, pour la distinguer de la branche, beaucoup plus large, ou Grosse thaï (V. R. 221). Cette vallée se trouve comprise entre la chaîne des Alpe?

qui sépare le canton de Glaris ik ceux des Grisons et de Saint Gall, et la ramification qui, partie du Hausstock, court au IS\ jusqu'au conflueo.

de la Sernft et de la Linth, sous k nom de Freiberg. Elle est très-étroite et renferme plusieurs vallées latérales, dont les principales sont rilnter thaï, le Kraucbthal et le MùhlethaJ.

On y trouve de belles alpes, plusieurs sources minérales, des carrière^ d'ardoise et de gypse. Mais la population y compte, dans les parties basses, un assez grand nombre de goitreux ei de crétins appelés toljtel. ^

On traverse la Linth . et peu aprtV

[ROUTE 225] LE MUHLETHAL.

la Sernft. Au S. s'ouvre une étroite et profonde vallée, où le Niederenbach fait de belles cascades , et qui contient de beaux pâturages. On découvre une belle vue sur le Kaerpfstock (2798 met.) qui la termine.

Au-dessus de (30 min.) Wart, hameau, on jouit aussi, en se retournant, d'une belle vue sur le Grossthal et le Glacrnisch, puis, gravissant une pente assez roide, on passe devant les belles chutes du Rùblibach ou Hellbarh, et bientôt on atteint (1 h.) Engi, v. de 1115 hab. réf., situé à 774 mèt. à l'entrée du Mùhlethal, et possédant des mines de cuivre en exploitation depuis 1858.

D'Engi un sentier conduit à Wallenstadt par le Mùhlethal et laFlumseralp, ou, par la Baerenalp à Mure;, et à Kerenzen.

L'entrée du Mtthlethal est resserrée entre deux parois de rochers. sur une étendue de plus de 30 min. Ii faut s'élever de près de 360 met. avant de trouver un terrain un peu uni.— Au-dessus du hameau de rubelisthal Cl 19» mèt.), on laisse à g. un vallon latéral d'où descend le tf idersteintrbarh , et que remonte un chemin conduisant à Kerenzen et à Muhlehorn (R. 21 1), parla Widerstein Furkel (2014 mèt.), les trois lacs de la Murgseealp (1823, 1815 et 1633 met.), et le Murgtbal. Les trois lacs , lit-on dans Alpina, sont situés dans une des solitudes les plus complètes et les plus pittoresques des Alpes. — On suit le ruisseau le plus considérable, c'est-à-dire le bras principal de la vallée, qui s'élargit peu à peu jusqu'au (2 h ) MuhUbactistoffel (1954 mèt.), au-dessus duquel on atteint, en 1 h., le col situé entre le Mageren (2528 mèt.) et le Weissmeilen (2480 mèt.) , et formant les limites des cantons de Glaris et de Saint-Gall. Une descente roide conduit sur VOberlfindsalp ou Flumseralp (chalets de Fursch à 1790 met.), puis le long du fougueux Schilzbach, qui, en 1764, détruisit presque entièrement le bourg de Flums. C'est le principal tributaire de la Seez qui forme le lac de Wallenstadt. Il faut 3 h. pour descendre du col à Flums, v. de 2S15 hab. cath.,où l'on rejoint la R. 21 1, et d'où Ton peut se rendre en l h. à Wallenstadt (R. 211), soit par Basrschis, soi t par le» ruines du château de Graepland.

— M ATT. — ELM. 739

Sur la rive opposée de la Sernft, s'élève le Plattenberg , montagne où se trouvent les belles ardoises dont les Glaronnais font un commerce étendu, et dans lesquelles se remarquent de beaux fossiles. On y a découvert récemment des empreintes de serpents, de tortues et celles d'un oiseau. Il faut environ 25 min. pour monter à l'ardoisière.

30 min. Matt, v. de 679 hab. réf., situé, à 826 met., au pied du Wcissberg, à l'entrée du Krauchthal qui s'ouvre entre le Gulderstock et le Camperdunergrat. Des descendants de StaufTacher de Steinen, l'un des fondateurs de la liberté suisse, l'habitent encore. — L'église date do 1261.

Sentier pour Sargans, le passage de Rie seten et la vallée de Weisstannen, R. 226.

Le Sernfthal s'élargit ; on aperçoit* mieux les montagnes colossales qui séparent le canton de Glaris du canton des Grisons, le Tschingelspitz, le Vorab, le Kalzhuber, le Kerbhaus, le Wichlerstock , le Hausstock et la Scheibe. On passe, à (15 min.) Brumbach, sur la rive g. de la Sernft.

45 min. (.'{ h. à pied de Schwanden) Elm (bonne auberge tenue par Jacob Elmer, bons guides H. Elmer et J. Elmer), v. de 891 hab. réf., situé sur la rive g. de la Sernft, à 980 mèt., et tellement entouré de hautes montagnes, à l'exception du côté du N., qu'il ne voit pas le soleil pendant I six semaines de l'année. A LE. d'Elm, on aperçoit dans le Tschingelspitz ou I Segnesspitz (;i118 mèt.) un trou large I de 10 met. env. et nommé le Martinsloch, parce que, d'après la légende, saint Martin l'aurait percé | pour échapper au diable. Le 3, le 4 et 1 le 5 mars, le 14 et le 15 septembre | de chaque année, les rayons du soleil i passent par ce trou et viennent éclairer l'église d'Elm. L'abord en est dangereux (F. ci-dessous).

Aux bains dePfsefTers (13 h. env.), par lUnterlhal, le col de Ramin , et la partie supérieure du Weiastannenthal , R. 226;

DE SCHWANDEN A ILANZ. [RO^E 225 J

— à Ilanz oa à Reichenau par le col de Segnes, F. ci dessous B.

(Il faut 7 h. environ pour se rendre d'Elm à Linththal, par uu sentier de piétons difficile, mais non dangereux, et fort intéressant, surtout si Ton y ajoute l'ascension du Kœrpfstock.

On suit jusqu'à Vnterstaffel le sentier du col de Panix ( V. ci-dessous) , qu'on laisse à g., pour monter à 10. près du Sernftbach. sur la belle Ertsa'p, au pied del'Erbserstock. puis sur la (t h. 15 min ) fmgmatt ou Wirhlenmatt, qui va au N.

se relier au Kaerpfstock, et où se trouvent quelques chalets — En face s'ouvre le Kryttallocfi dans une ramification orientale du Leiterberj?. I h. 4» min. aprèsavoir quitté les chalets, on atteint le RichetUfratli ou Fûrkeli (T2G\ met.), situé entre le Leiterberg '2611 mi t.) au S. et le Kalkstœckli <2â08 mèt.) au N., et d'où l'on découvre une belle vue : — au N. , sur le Glœrniscb -, — au S. , sur le Hausstock et le Vorab; — à 1 E , sur la Wiehlenalp ; — . al'O., sur le Durnachthal. — On descend du col, en I h., au chalet delà liichetltalp, de ce chalet en 1 h. 15 min., à la l>urna< halp, et, de laDurnachalp, en I h. 30 min., à Linththal (H. 220), d'abord le long du Durnacbbach ou Durnagelb . ch, puis, par des bois, en contournant l'escarpement septentrional du Kilohcnstock. Le Durnagelbach qui descend du Ruchiberg est tellement impétueux, que lorsque les Glaronnais veulent parler d'un homme un peu trop vif, ils disent « c'est un vrai Durnagelbnch. »]

On traverse les belles prairies (10 miii.) tfObmoos, de (10 min.) Hintersleimbach et à'Untcrstallel (sentier de Linththal par le Richetligrretli) , trop exposées aux ravages des torrents, puis, passant, au delà de Walenbrugg (30 min.), sur 1 autre rive de la Sernft, on monte, en 40 min. , à la Wiehlenalp, sur laquelle, à 10 min. au S. du chemin, au pied d'une paroi de rochers, jaillissent plusieurs sources ferrugineuses et sulfureuses.

Un établissement de bains avait

été construit en cet endroit, mais il a été emporté par des avalanches, et il n'a pas été rétabli. - Franchissant le Jœtsbach, on atteint en 10 min.

les chalets de la J.vtzalp, couverte de débris, et où cesse la végétation

des arbres. — En face des chalets, de belles cascades tombent de l'alpe Erbs. — Au delà du (20min.) Wallenboden ou Oberstaffel (1703 mèt.), on s'élève, à travers des éboulis, sur le (10 min.) Rinnenkopf, rocher asaez difficile à escalader, quand, le matin, il est, après la pluie ou une forte rosée, couvert d'une légère couche de glace. lit les montagnes , se resserrant, forment le Jxlzschlund ou la Gurglen. — A g., on aperçoit une gorge, ou plutôt un couloir escarpé, à demi rempli de neige, la Crena Martin , par lequel descendent , avec une rapidité effrayante, les habitants de Fellers (Grisons) qui vont en pèlerinage à Einsiedeln. Dépassant (10 min.) un petit lac, avant d'atteindre la Hexeneck. on monte — le plus souvent sur la neige — en 30 min. , au col de Panix, en rorn. Quolm da Pignu, haut de 2194 nu* t., et formant les limites des cantons de Glaris el des Grisons.

Ce col , célèbre par la retraite de Souwarow (F. ci -dessous) , s'ouvre entre un contre-fort du Hausstock (3156 mèt.), à dr., et le Piz Mar (2G26mèt.) à g. —D'ordinaire, les guides font une halte à là RùiplaUe, à 10 min. au-dessous du col.

De la Risi} éboulis assez roides, on descend (un cbemin plus court, mais plus difficile, passe par le Leierli), eu 30 min., à la Meeralp (2060 met.), d'où Ton aperçoit, entre le Flucasa et la Risi, un glacier, à l'extrémité inférieure duquel tombe une cascade.

Traversant le Meeralpbach qui descend de l'aine de Panix, entourée de rochers escarpés, on atteint (25min.) une pierre, en roman Grip Tagliaxi, en allemand Gehauenen-Stein, taillée à coups de ciseau (par les Romains, d'après la tradition), et près de laquelle on peut trouver un abri, dans une misérable hutte construite sous les rochers. — Au delà de (35 min., la Krcuzegg, on rencontre (20 min.) une belle source, et, passant de YRmseralp dans de beaux bois de sapins,

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